mardi 25 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1902729 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SCP EGLIE-RICHTERS - MALAUSSENA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés les 7 juin 2019, 25 août 2022 et 24 avril 2023, la société AR-VAL, représentée par Me Faure, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le syndicat mixte d'élimination des déchets du moyen pays des Alpes-Maritimes à lui verser la somme de 697 922,89 euros TTC en paiement des prestations réalisées en qualité de sous-traitant (principal et intérêts compris) ;
2°) d'assortir cette somme des intérêts moratoires et d'ordonner leur capitalisation ;
3°) de mettre à la charge du syndicat mixte d'élimination des déchets du moyen-pays des Alpes-Maritimes la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- le syndicat mixte d'élimination de déchets du moyen-pays des Alpes-Maritimes a acquiescé aux faits, les écritures en défense que ce dernier a présentées l'ayant été après l'expiration de la mise en demeure de produire et sont donc tardives ;
- elle remplit les conditions pour bénéficier du paiement direct pour les prestations qu'elle a réalisées ;
- elle justifie du montant de sa créance ;
- la circonstance que des dysfonctionnements auraient été constatés sur les prestations qu'elle a réalisées est sans incidence sur son droit au paiement direct ;
- elle a droit au versement des intérêts moratoires compte tenu du non-respect du délai de paiement de la facture non honorée au titre du paiement direct à compter du 12 mars 2018 ;
- elle a droit à la capitalisation des intérêts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2023, le syndicat mixte d'élimination des déchets du moyen-pays des Alpes-Maritimes (SMED) conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que la société VALEOR soit condamnée à la garantir et la relever indemne de toute condamnation susceptible d'être prononcée à son encontre et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société AR-VAL en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le SMED fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable pour tardiveté ; en tout état de cause, à supposer que la demande du 7 mars 2019 s'analyse comme une seconde demande de paiement direct, la décision implicite née sur cette demande est alors purement confirmative de la décision de rejet du 12 avril 2018 devenue définitive ;
- à titre subsidiaire, la société AR-VAL n'est pas fondée à demander le paiement direct :
- dès lors que la procédure de paiement direct mise en œuvre par la société AR-VAL est irrégulière ;
- dès lors qu'il n'était pas tenu de faire droit à cette demande en raison du refus motivé opposé par la société VALEOR dans le délai de 15 jours suivant la réception de la demande de paiement direct ;
- dès lors que le montant des travaux dont elle demande le paiement n'est pas justifié ;
- dès lors que les travaux réalisés n'ont pas été exécutés conformément aux stipulations du marché ;
- l'ouvrage étant en fonctionnement depuis de nombreuses années, le dépérissement des preuves est acquis ;
- à titre infiniment subsidiaire, la société VALEOR est tenue de le garantir de toute éventuelle condamnation en application du protocole transactionnel conclu entre eux le 15 mars 2019 ;
- en tout état de cause, la société AR-VAL n'a pas droit au paiement d'intérêts moratoires en raison du refus opposé par la société VALEOR à la demande de paiement direct, contraignant alors le SMED à ne pas exécuter le paiement.
Par trois mémoires en défense, enregistrés les 6 novembre 2020, 21 octobre 2022 et 25 avril 2022, la société VALEOR, représentée par Me Zimmer, conclut au rejet de la requête, au rejet de l'appel en garantie formé par le SMED à son encontre et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société AR-VAL en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ; la décision née sur la demande de paiement direct reçue par le SMED le 11 mars 2019 est confirmative de la décision née sur la demande de paiement direct reçue le 12 février 2018 ;
- à titre subsidiaire, la société AR-VAL n'a pas droit au paiement direct dès lors que, d'une part, elle ne justifie pas du montant de la créance dont elle sollicite le paiement, d'autre part, les prestations dont elle demande le paiement n'ont pas été exécutées conformément aux stipulations du marché, et qu'enfin, elle n'a pas respecté les formalités procédurales liées au paiement direct qui s'imposaient à elle ;
- à titre infiniment subsidiaire, aucune condamnation ne peut être prononcée à son encontre ; en tout état de cause, seul le SMED pourrait être condamné au versement de la seule somme de 470 866,44 euros TTC à la société requérante ;
- l'appel en garantie formé par le SMED doit être rejeté :
- dès lors que le protocole d'accord transactionnel du 15 mars 2019 ne peut servir de fondement à une telle demande dans le cadre de l'instance en cours ; une telle demande doit en tout état de cause faire l'objet d'un litige distinct concernant spécifiquement l'exécution du protocole ;
- dès lors qu'aucune stipulation de ce protocole ne prévoit que la société VALEOR devrait prendre en charge la rémunération des prestations réalisées par son sous-traitant dans le cadre du marché en cause ; le protocole ne peut au demeurant pas faire échec au droit au paiement direct d'un sous-traitant par le maitre d'ouvrage tel que cela résulte de la loi du 31 décembre 1975 ;
- dès lors qu'elle ne saurait garantir le SMED de la facture n° 18-01-34 sous peine d'excéder le montant du préjudice subi par le syndicat qui a été fixé dans le cadre du protocole transactionnel ;
- dès lors que l'article 10 de ce protocole ne saurait intégrer dans son champ d'application l'action en paiement direct de la société requérante à l'encontre du SMED.
Un mémoire présenté par le SMED, enregistré le 10 mai 2023, n'a pas été communiqué en application des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 ;
- le décret n° 2016-360 du 25 mars 2016 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 juin 2023 :
- le rapport de Mme Gazeau,
- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,
- et les observations de Me de Premare, substituant Me Faure, représentant la société AR-VAL, de Me Eglie-Richters, représentant le syndicat mixte d'élimination des déchets du moyen-pays des Alpes-Maritimes et de Me Hardy, substituant Me Zimmer, représentant la société VALEOR.
Une note en délibéré présentée par la société AR-VAL a été enregistrée le 28 juin 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte d'engagement en date du 6 octobre 2016, le syndicat mixte d'élimination des déchets du moyen-pays des Alpes-Maritimes a attribué à la SASU VALEOR le marché global de performance pour la conception et la réalisation de travaux d'optimisation du process existant et l'exploitation du centre de valorisation organique du Broc modernisé. Par un acte de sous-traitance, la société AR-VAL s'est vue confier, par la société VALEOR, titulaire du marché, l'exécution des prestations de conception et réalisation du process de centre de tri pour un montant maximum TTC de 4 071 546 euros. Le pouvoir adjudicateur a accepté l'entreprise sous-traitante et agréé ses conditions de paiement le 28 novembre 2016.
2. Le 5 février 2018, la société AR-VAL a transmis, au titre du paiement direct, à l'entrepreneur principal, la société VALEOR, une demande de paiement de deux factures d'un montant total de 878 021,04 euros TTC. Cette même demande a été adressée le 9 février 2018 au syndicat mixte d'élimination des déchets du moyen-pays des Alpes-Maritimes. Par un courrier du 15 février 2018 adressé à la société AR-VAL, la société VALEOR s'est opposée au paiement direct de son sous-traitant, au motif de dysfonctionnements constatés sur l'installation. Le maitre d'ouvrage n'a, pour sa part, pas répondu explicitement à cette demande de paiement direct. Par courrier adressé en lettre recommandée avec accusé de réception à la société VALEOR le 7 mars 2019, la société AR-VAL a adressé une nouvelle demande au titulaire du marché aux fins de paiement direct de la dernière facture non acquittée d'un montant de 470 866,44 euros TTC. Copie de ce courrier a été adressée le même jour au pouvoir adjudicateur. Ni la société VALEOR ni le SMED n'ont explicitement répondu à cette demande. La société AR-VAL demande au tribunal administratif de condamner le SMED, en sa qualité de maître d'ouvrage, à lui verser la somme actualisée de 697 922,89 euros TTC au titre du paiement direct (principal et intérêts compris), ainsi que les intérêts de retard dus sur cette somme.
Sur la recevabilité des écritures en défense du SMED et l'acquiescement aux faits :
3. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ".
4. Le SMED a produit un mémoire en défense le 7 avril 2023 après le délai fixé par le tribunal dans sa mise en demeure du 8 octobre 2020. Bien que ce mémoire ait été produit après la clôture immédiate de l'instruction prononcée le 24 février 2023, le SMED a fait état, dans un courrier adressé à la juridiction le 31 mars 2023, de difficultés liées à l'instruction de ce dossier concernant notamment l'obtention de l'ensemble des pièces du dossier. Dans ces circonstances particulières, et alors que le juge a toujours la faculté de rouvrir l'instruction pour communiquer un mémoire, le SMED ne peut être regardé comme ayant acquiescé aux faits exposés par la société AR-VAL.
Sur les conclusions tendant au paiement direct des prestations de sous-traitance exécutées :
5. Aux termes de l'article 3 de la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance : " L'entrepreneur qui entend exécuter un contrat ou un marché en recourant à un ou plusieurs sous-traitants doit, au moment de la conclusion et pendant toute la durée du contrat ou du marché, faire accepter chaque sous-traitant et agréer les conditions de paiement de chaque contrat de sous-traitance par le maître de l'ouvrage ; l'entrepreneur principal est tenu de communiquer le ou les contrats de sous-traitance au maître de l'ouvrage lorsque celui-ci en fait la demande () ". Aux termes de l'article 6 de cette loi : " Le sous-traitant direct du titulaire du marché qui a été accepté et dont les conditions de paiement ont été agréées par le maître de l'ouvrage, est payé directement par lui pour la part du marché dont il assure l'exécution () ". Aux termes de l'article 8 de cette même loi : " L'entrepreneur principal dispose d'un délai de quinze jours, comptés à partir de la réception des pièces justificatives servant de base au paiement direct, pour les revêtir de son acceptation ou pour signifier au sous-traitant son refus motivé d'acceptation. / Passé ce délai, l'entrepreneur principal est réputé avoir accepté celles des pièces justificatives ou des parties de pièces justificatives qu'il n'a pas expressément acceptées ou refusées. / Les notifications prévues à l'alinéa 1er sont adressées par lettre recommandée avec accusé de réception ". Aux termes de l'article 136 du décret n° 2016-360 du 25 mars 2016 relatif aux marchés publics : " I. - Le sous-traitant admis au paiement direct adresse sa demande de paiement au titulaire du marché public, sous pli recommandé avec accusé de réception, ou la dépose auprès du titulaire contre récépissé. / Le titulaire dispose d'un délai de quinze jours à compter de la signature de l'accusé de réception ou du récépissé pour donner son accord ou notifier un refus, d'une part, au sous-traitant et, d'autre part, à l'acheteur ou à la personne désignée par lui dans le marché public. / Le sous-traitant adresse également sa demande de paiement à l'acheteur ou à la personne désignée dans le marché public par l'acheteur, accompagnée des copies des factures adressées au titulaire et de l'accusé de réception ou du récépissé attestant que le titulaire a bien reçu la demande ou de l'avis postal attestant que le pli a été refusé ou n'a pas été réclamé. / L'acheteur ou la personne désignée par lui dans le marché public adresse sans délai au titulaire une copie des factures produites par le sous-traitant. / L'acheteur informe le titulaire des paiements qu'il effectue au sous-traitant () ".
6. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que, pour obtenir le paiement direct par le maître d'ouvrage de tout ou partie des prestations qu'il a exécutées dans le cadre de son contrat de sous-traitance, le sous-traitant régulièrement agréé doit adresser sa demande de paiement direct à l'entrepreneur principal, titulaire du marché. Il appartient ensuite au titulaire du marché de donner son accord à la demande de paiement direct ou de signifier son refus dans un délai de quinze jours à compter de la réception de cette demande. Le titulaire du marché est réputé avoir accepté cette demande s'il garde le silence pendant plus de quinze jours à compter de sa réception. A l'issue de cette procédure, le maître d'ouvrage procède au paiement direct du sous-traitant régulièrement agréé si le titulaire du marché a donné son accord ou s'il est réputé avoir accepté la demande de paiement direct. Cette procédure a pour objet de permettre au titulaire du marché d'exercer un contrôle sur les pièces transmises par le sous-traitant et de s'opposer, le cas échéant, au paiement direct.
7. Il résulte de l'instruction que, par courrier du 5 février 2018, la société AR-VAL a sollicité, auprès de la société VALEOR, titulaire du marché, le paiement direct des prestations qu'elle a exécutées pour un montant de 878 021,04 euros TTC, correspondant à deux factures non honorées (facture n° 17-07-13 de 407 154,60 euros TTC et facture n° 18-01-34 de 470 866,44 euros TTC). Elle a également adressé une demande de paiement direct pour ce même montant au SMED, maître d'ouvrage, à laquelle étaient annexées, notamment, la copie du courrier précité du 5 février 2018 transmis à la société VALEOR ainsi que les factures impayées dont elle sollicitait le règlement. Le maître d'ouvrage a réceptionné ce courrier le 12 février 2018 et n'y a pas répondu explicitement.
8. Il est constant que par courrier du 15 février 2018, la société VALEOR s'est opposée à cette demande de paiement direct au motif que les équipements réalisés par son sous-traitant n'étaient pas conformes aux stipulations du marché. Il résulte toutefois de l'instruction que le SMED a mandaté le paiement de la facture n° 17-07-13 d'un montant de 407 154,60 euros TTC au profit de la société AR-VAL le 14 mai 2018. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que la société AR-VAL a adressé le 7 mars 2019 à la société VALEOR une nouvelle demande de paiement direct de la facture n° 18-01-34 d'un montant de 470 866,44 euros TTC. La société requérante a adressé au SMED, par courrier daté du même jour et réceptionné le 11 mars suivant, la copie de cette mise en demeure de paiement direct faite auprès de la société VALEOR, accompagnée de ses annexes dont la facture impayée. Le silence gardé sur cette demande a fait naitre une décision implicite de rejet de paiement direct de cette facture, laquelle revêt dès lors, ainsi que le font valoir le SMED et la société VALEOR en défense, un caractère confirmatif de la décision rejetant, notamment, la demande de paiement direct de cette même facture.
9. Ainsi qu'il a été exposé au point précédent, la société VALEOR s'est opposée à cette demande de paiement direct par un refus motivé dans le délai de 15 jours prescrit par l'article 116 du décret du 25 mars 2016 précité, suivant la réception de la demande de paiement direct. Si, par un mandat de paiement du 14 mai 2018, le SMED a ordonné le règlement de la facture n° 17-07-13, cette circonstance est néanmoins sans incidence sur la validité du refus opposé par la société VALEOR le 15 février 2018 à la demande de paiement direct de la facture n° 18-01-34. Ainsi, en l'absence d'accord expresse ou tacite du titulaire du marché à la demande de paiement direct de la facture n° 18-01-34, le SMED, qui n'est lié à la société requérante par aucun contrat, n'était pas tenu de procéder au règlement de cette facture dans le cadre de l'action en paiement direct. Dans ces conditions, la société AR-VAL n'est pas fondée à se prévaloir des dispositions citées au point 5 pour obtenir du SMED le paiement de la facture n° 18-01-34 qu'elle a établie en sa qualité de sous-traitant agréé de la société VALEOR. Il suit de là qu'il n'y a pas lieu d'examiner les autres moyens soulevés par la société AR-VAL à l'appui de ses conclusions tendant au paiement direct de cette facture.
10. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête, que la société AR-VAL n'est pas fondée à demander la condamnation du SMED à lui verser la somme de 697 922,89 euros TTC. Ses conclusions à fin de condamnation du SMED à lui verser la somme de 697 922,89 euros TTC doivent dès lors être rejetées, ainsi que celles, par voie de conséquence, tendant au paiement des intérêts moratoires et à leur capitalisation.
Sur l'appel en garantie formé par le SMED :
11. Le SMED ne faisant l'objet d'aucune condamnation par le présent jugement, il n'y a pas lieu de faire droit à l'appel en garantie qu'il a formé à l'encontre de la société VALEOR.
Sur les frais liés au litige :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à la charge des parties les frais qu'elles ont exposés au titre du litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société AR-VAL est rejetée.
Article 2 : L'appel en garantie présenté par le syndicat mixte d'élimination des déchets du moyen-pays des Alpes-Maritimes est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par le syndicat mixte d'élimination des déchets du moyen-pays des Alpes-Maritimes et la société VALEOR relatives à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société AR-VAL, à la société VALEOR, au syndicat mixte d'élimination des déchets du moyen-pays des Alpes-Maritimes et aux administrateurs judiciaires Me Cabooter et Me Riquelme.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Chevalier-Aubert, présidente,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2023.
La rapporteure,
signé
D. Gazeau
La présidente,
signé
V. Chevalier-Aubert La greffière,
signé
B-P. Antoine
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026