jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1902796 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BOURDIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 juin 2019, Mme E F, décédée à ce jour, et M. B D, représentés par Me Bourdier, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le département des Alpes-Maritimes a rejeté leur demande indemnitaire préalable ;
2°) de condamner le département des Alpes-Maritimes à verser la somme de 28 585 euros à M. B D et la somme de 2 000 euros à Mme E F en réparation des préjudices subis ;
3°) d'assortir ces sommes des intérêts au taux légal ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
5°) et d'ordonner l'exécution provisoire de la décision à intervenir.
Ils soutiennent que :
- la responsabilité du département des Alpes-Maritimes peut être engagée sans faute ;
- la responsabilité du département des Alpes-Maritimes est engagée en raison d'un défaut de surveillance à l'origine des préjudices subis ;
- ils sont fondés à demander réparation des préjudices qui en sont résultés, à hauteur des sommes suivantes :
*** en ce qui concerne M. D :
* une somme de 300 euros en réparation de son préjudice esthétique temporaire ;
* une somme de 1 000 euros en réparation de son préjudice esthétique permanent ;
* une somme de 135 euros en réparation du déficit fonctionnel temporaire ;
* une somme de 3 900 euros en réparation du déficit fonctionnel permanent ;
* une somme de 4 000 euros en réparation des souffrances endurées.
* et une somme de 19 250 euros au titre des frais médicaux ;
*** en ce qui concerne Mme F :
* une somme de 2 000 euros au titre de son préjudice moral.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2021, le département des Alpes-Maritimes, oppose la prescription quadriennale à la demande formée par Mme F, au surplus conclut principalement au rejet de la requête, et subsidiairement à ce que la Fondation Patronage Saint Pierre Actes le garantisse des condamnations éventuellement mises à sa charge par le jugement à intervenir.
Le département soutient :
- que la demande indemnitaire formée par Mme F est prescrite par l'effet de la prescription quadriennale ;
- au surplus et à titre principal : que sa responsabilité ne peut être retenue, quel que soit son fondement (la responsabilité sans faute ne pouvant être recherchée en l'espèce, et en l'absence de toute faute imputable au département) ;
- à titre subsidiaire, que si une condamnation devait être prononcée à son encontre, il y aurait lieu d'ordonner que la Fondation Patronage Saint Pierre Actes le garantisse de cette condamnation.
Par courrier en date du 28 septembre 2022 du conseil des requérants, ces derniers entendent se désister de la demande indemnitaire formée par Mme F, décédée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code civil ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique du 12 janvier 2023 :
- le rapport de M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président ;
- les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique ;
- et les observations de M. C, pour département des Alpes-Maritimes.
Considérant ce qui suit :
1. M. B D, né 16 décembre 1995, a été confié le 12 juin 2009 au département des Alpes-Maritimes, par ordonnance de placement provisoire prise par le juge pour enfants de A, en application de l'article 375 du code civil. Le 5 février 2010, M. D a fait une chute d'environ cinq mètres depuis la fenêtre de sa chambre du foyer " Le Salvaret ", géré par la Fondation Patronage Saint Pierre Actes, au sein duquel il était placé. Par une demande préalable en date du 9 février 2019, sa mère Mme E F et lui-même ont sollicité le département des Alpes-Maritimes aux fins de les indemniser pour les préjudices subis du fait de la chute susmentionnée. Cette demande ayant été implicitement rejetée, ils demandent au tribunal, d'une part d'annuler la décision de rejet de leur demande préalable, et d'autre part de condamner le département des Alpes-Maritimes à leur verser une somme totale de 30 585 euros.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. La décision implicite par laquelle la demande préalable formée par les requérants a été rejetée a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de sa demande. Les intéressés, en formulant des conclusions indemnitaires, ont donné à l'ensemble de la requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Au regard de l'objet d'une telle demande, qui conduit le juge à se prononcer sur son droit à percevoir les sommes qu'ils réclament, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision qui a lié le contentieux, sont sans incidence sur la solution du litige. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation susmentionnées doivent être rejetées.
Sur le désistement partiel :
3. Il est constant que la demande indemnitaire formée par Mme F, décédée en cours d'instance, a été abandonnée par courrier en date du 28 septembre 2022 du conseil des requérants. Rien ne s'oppose dès lors à ce qu'il soit donné acte de ce désistement partiel.
Sur le surplus des conclusions indemnitaires :
4. La décision par laquelle le juge des enfants confie la garde d'un mineur, dans le cadre d'une mesure d'assistance éducative prise en vertu des articles 375 et suivants du code civil, à l'une des personnes mentionnées à l'article 375-3 du même code, transfère à la personne qui en est chargée la responsabilité d'organiser, diriger et contrôler la vie du mineur. En raison des pouvoirs dont la personne publique se trouve ainsi investie lorsque le mineur a été confié à un service ou un établissement qui relève de son autorité, sa responsabilité est engagée, même sans faute, pour les dommages causés aux tiers par ce mineur et sans qu'y fasse obstacle la circonstance que le mineur ne se trouvait pas, au moment des faits, sous la surveillance effective du service ou de l'établissement qui en a la garde. Cette responsabilité n'est susceptible d'être atténuée ou supprimée que dans le cas où elle est imputable à un cas de force majeure ou à une faute de la victime. La responsabilité du département des Alpes-Maritimes est susceptible, le cas échéant, d'être engagée pour les dommages subis par le mineur qui lui a été confié en raison des éventuelles fautes commises dans l'exercice de la mission de surveillance administrative et sanitaire qui lui incombe au titre du service d'aide sociale à l'enfance.
5. En premier lieu, en l'absence de dommages causés par M. D à des tiers, la responsabilité sans faute du département des Alpes-Maritimes ne peut dès lors être recherchée.
6. En second lieu, il résulte de l'instruction que le 5 février 2010, vers 15h30, M. D, qui était enfermé à clé dans sa chambre, a tenté de rejoindre la chambre d'un de ses amis, également enfermé dans sa chambre, en passant par la fenêtre. Il a cependant glissé et chuté au sol, entraînant un trauma facial sans perte de connaissance. Le requérant soutient que sa chute est la conséquence d'un défaut de surveillance. Toutefois, et d'une part, le fait pour M. D de se dérober à la mesure de règlement interne qui le maintenait enfermé dans sa chambre en tentant d'en sortir en passant par la fenêtre ne pouvait être anticipé par l'administration et ne saurait en tout état de cause révéler, à lui seul, un défaut de surveillance imputable à l'administration. D'autre part, si le requérant fait valoir que la gouttière était graissée, cette circonstance, qui révèle une mesure de prévention du risque d'escalade du toit de l'établissement par ses pensionnaires, ne saurait là encore révéler un défaut de surveillance imputable à l'administration. Dans ces conditions, et alors qu'il n'est au demeurant ni établi ni même allégué que le régime de surveillance appliqué à M. D n'aurait pas été adapté, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la responsabilité du département des Alpes-Maritimes devrait être engagée pour faute.
7. Il résulte de tout ce qui précède, en l'absence d'engagement de la responsabilité du département des Alpes-Maritimes, que les conclusions susmentionnées doivent être rejetées, tout comme doivent l'être, par voie de conséquence, les conclusions de la requête au titre des frais liés au litige.
Sur l'exécution provisoire du jugement :
8. Aux termes de l'article L. 11 du code de justice administrative : " Les jugements sont exécutoires ". Par suite, les conclusions tendant à ce qu'il soit ordonné d'exécuter provisoirement le présent jugement ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1 : Il est donné acte du désistement partiel relatif aux conclusions indemnitaires formées par Mme F.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au département des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
Mme Le Guennec, conseillère,
M. Combot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 2 février 2023.
Le président-rapporteur,
signé
F. SILVESTRE-TOUSSAINT-FORTESA
La greffière,
signé
C. SUSSENL'assesseur le plus ancien,
signé
B. LE GUENNECLa République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
C. SUSSEN
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026