mercredi 19 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1903012 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | COROUGE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 25 juin 2019 et 31 mars 2020, la société à responsabilité limitée (SARL) de droit luxembourgeois Pointe du Colombier Investissement, représentée par Me Viard et Me Corouge, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer le rétablissement des déficits reportables au 31 décembre 2013 ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser, en application de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales, des intérêts moratoires complémentaires ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 10 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la proposition de rectification est insuffisamment motivée ;
- la charge de la preuve de l'acte anormal de gestion incombe à l'administration ;
- aucun acte anormal de gestion n'est caractérisé dès lors que les loyers pratiqués correspondent au prix du marché et à la valeur locative réelle de la villa ;
- l'administration retient une valeur vénale de la villa au titre de l'exercice 2013 sur la base de critères erronés et ne prend notamment pas en compte la date de conclusion du contrat de bail ;
- elle aurait dû se fonder sur la méthode de rendement pour reconstituer le montant des loyers au lieu de retenir la méthode par comparaison dès lors qu'elle n'a pas pris en considération la situation locative réelle de la villa ;
- le service aurait dû prendre en compte la surface de construction autorisée par les documents d'urbanisme et pas uniquement la surface habitable stricte pour déterminer la valeur vénale de la propriété ;
- en ne le faisant pas, l'administration fiscale a comparé la villa qui est dans un état quasiment neuf à des villas anciennes devant être démolies et détruites ;
- l'administration fiscale a comparé la villa à des propriétés disposant de vues panoramiques sur mer et côte alors qu'elle ne dispose pas d'une telle vue ;
- la villa étant affectée à une activité locative de long terme et n'étant pas, par suite, disponible à la vente, sa valeur vénale doit faire l'objet d'un abattement de 20 % ;
- la référence au contrat de prêt bancaire pour déterminer la valeur vénale de la villa n'est pas pertinente dès lors qu'elle n'est pas en possession d'informations utilisées par l'établissement bancaire ;
- l'administration n'a jamais contesté, lors de précédents contrôles, la valeur vénale du bien en litige et n'a pas contesté les loyers pratiqués.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 janvier 2020, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête n'est pas fondée.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'octroi des intérêts moratoires prévus par l'article L. 208 du livre des procédures fiscales, faute de litige né et actuel entre le comptable et les requérants au sujet de tels intérêts.
Par ordonnance du 12 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 9 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 octobre 2022 :
- le rapport de Mme Chevalier, conseillère,
- et les conclusions de M. Ringeval, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) de droit luxembourgeois Pointe du Colombier Investissement est propriétaire d'une villa située sur la commune de
Saint-Jean-Cap-Ferrat. A l'issue d'une procédure de vérification de comptabilité ayant porté sur l'exercice clos en 2013, l'administration fiscale, après avoir considéré que cette villa était louée pour un loyer sous-évalué, a réintégré dans les résultats de la société, en tant que constitutif d'un acte anormal de gestion, le montant des loyers qu'elle aurait dû percevoir. Elle a, par conséquent, remis en cause les résultats déficitaires de l'exercice clos en 2013. La société requérante demande au tribunal de de prononcer le rétablissement des déficits fiscaux reportables au 31 décembre 2013.
Sur les conclusions à fin de rétablissement des déficits fiscaux reportables :
2. Aux termes de l'article 38 du code général des impôts : " () le bénéfice imposable est le bénéfice net, déterminé d'après les résultats d'ensemble des opérations de toute nature effectuées par les entreprises, y compris notamment les cessions d'éléments quelconques de l'actif, soit en cours, soit en fin d'exploitation () ".
3. Il résulte de ces dispositions qui sont applicables à l'impôt sur les sociétés en vertu de l'article 209 du même code, que le bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés est celui qui provient des opérations de toute nature faites par l'entreprise, à l'exception de celles qui, en raison de leur objet ou de leurs modalités, sont étrangères à une gestion commerciale normale. Constitue un acte anormal de gestion l'acte par lequel une entreprise décide de s'appauvrir à des fins étrangères à son intérêt.
4. Il appartient, en règle générale, à l'administration, qui n'a pas à se prononcer sur l'opportunité des choix de gestion opérés par une entreprise, d'établir les faits sur lesquels elle se fonde pour invoquer le caractère anormal d'un acte de gestion.
5. Il résulte de l'instruction que la SARL Pointe du Colombier Investissement a donné en location à un tiers à la société la villa dont elle est propriétaire à Saint-Jean-Cap-Ferrat par un contrat de bail à usage d'habitation nu conclu le 14 janvier 2008 pour une durée de six ans. Le loyer annuel était initialement de 800 000 euros et a été porté, par un avenant du
30 septembre 2010, à 900 000 euros en raison des travaux de rénovation dont la villa a fait l'objet. L'administration fiscale a considéré que ce loyer était inférieur à la valeur locative du marché qu'il a fixé à 1 407 672 euros sur la base d'une valeur vénale de 46 922 400 euros par application d'un taux de rendement locatif de 3 %.
6. L'administration fiscale fait valoir qu'en louant son bien pour une valeur largement inférieure à la valeur locative du marché, la société, dont l'objet social est la location de ce bien immobilier, a accompli un acte étranger à ses intérêts. Toutefois, il résulte de l'instruction que ce bien a été loué à un tiers à la société et l'administration n'établit ni même n'indique le lien existant entre ce tiers et ladite société. En outre, elle n'apporte aucun élément de nature à établir l'intention conjointe de la société requérante d'accorder, par le loyer pratiqué, un avantage sans contrepartie et du locataire de recevoir cet avantage consenti à titre gratuit. Par suite, l'administration fiscale ne démontre pas, quand bien même le loyer serait sous-évalué, un appauvrissement intentionnel décidé à des fins étrangères à l'intérêt social de la société requérante, témoignant d'un acte anormal de gestion.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la société requérante est fondée à solliciter le rétablissement du montant des déficits reportables au titre de l'exercice clos en 2013.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu de mettre à la charge de l'État, partie perdante, le versement d'une somme de 1 500 euros à la SARL Pointe du Colombier Investissement, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le montant des déficits reportables de la SARL Pointe du Colombier Investissement au titre de l'exercice clos en 2013 est rétabli.
Article 2 : L'Etat versera à la SARL Pointe du Colombier Investissement une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Pointe du Colombier Investissement et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Emmanuelli, président,
Mme Chevalier, conseillère,
Mme Bergantz, conseillère,
assistés de M. Crémieux, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2022.
La rapporteure,
Signé
C. CHEVALIER
Le président,
Signé
O. EMMANUELLI Le greffier,
Signé
D. CREMIEUX
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026