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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-1903783

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-1903783

mercredi 19 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-1903783
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantPERSICO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 juillet 2019 et 24 novembre 2020, M. A B, représenté par Me Persico, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 261 260 euros ainsi que les intérêts au taux légal à compter du 17 mai 2019 et la capitalisation de ces intérêts, en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi en raison des fautes commises par les services du rectorat de l'académie de Nice ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'administration a commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat dès lors que son état de santé est en lien direct avec ses conditions de travail ;

- elle a commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat en refusant son inscription sur la liste d'aptitude des professeurs certifiés pour la rentrée 2013 ;

- elle a commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat en refusant de le nommer au poste de directeur délégué aux formations professionnelles et technologiques en établissement ;

- elle a commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat en refusant de lui accorder des heures supplémentaires ;

- elle a commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat en refusant de le nommer à des fonctions de professeur principal ;

- elle a commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat en refusant illégalement de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie ;

- en raison de son état de santé il n'a pu être muté en Nouvelle-Calédonie, ce qui a lui a causé un préjudice financier à hauteur de 108 000 euros et un préjudice moral à hauteur de 10 800 euros ;

- en raison de son placement en congé de longue durée, il n'a pu réaliser l'heure supplémentaire hebdomadaire à laquelle les enseignants sont tenus soit un préjudice financier à hauteur de 5 500 euros ;

- le refus fautif de l'inscrire sur la liste d'aptitude des professeurs certifiés pour la rentrée 2013 lui cause un préjudice moral à hauteur de 10 000 euros ;

- le refus fautif de lui accorder des heures supplémentaires lui cause un préjudice financier à hauteur de 5 800 euros ;

- le refus fautif de lui accorder les fonctions de professeur principal lui cause un préjudice financier à hauteur de 4 800 euros ;

- en raison de son placement en congé de longue durée, il a subi un préjudice de carrière qui se chiffre à la somme de 17 280 euros ;

- son état de santé lui cause un trouble dans les conditions d'existence qui peut être évalué à la somme de 20 000 euros ;

- les difficultés financières auxquelles il a dû faire face en raison du refus illégal de reconnaitre l'imputabilité au service de sa maladie lui ont causé un préjudice moral qui peut être évalué à la somme de 20 000 euros ;

- en raison de son état de santé et de sa perte de revenus, il n'a pu finir les travaux de l'appartement qu'il souhaitait mettre en location ce qui lui a causé un préjudice financier de 50 000 euros ;

- la régularisation a posteriori de sa situation a entrainé le paiement de 4 500 euros d'impôts au titre de l'année 2018 alors qu'il aurait dû être non imposable si le rectorat n'avait pas refusé illégalement de reconnaitre l'imputabilité au service de son affection.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 6 octobre et 28 décembre 2020, le recteur de l'académie de Nice conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 30 décembre 2020, la clôture d'instruction a été fixée au 3 mars 2021.

Les parties ont été informées, sur le fondement de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de ce que la responsabilité sans faute de l'Etat est engagée à l'égard de M. B, victime d'une maladie professionnelle, en réparation des préjudices patrimoniaux d'une autre nature que les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par la maladie ainsi que des préjudices personnels subis du fait de la maladie professionnelle (Conseil d'Etat, ass. 4 juillet 2003, Moya-Caville, n° 211106 complété par Conseil d'Etat, 16 décembre 2013, Centre hospitalier de Royan, n° 353798).

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code civil ;

- le code de l'éducation ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 92-1189 du 6 novembre 1992 ;

- le décret n° 2000-815 du 25 août 2000 ;

- la circulaire n° 2016-137 du 11 octobre 2016 ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 28 septembre 2022 :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,

- et les observations de Me Persico, représentant M. B.

Une note en délibéré présentée pour M. B a été enregistrée le 3 octobre 2022.

Considérant ce qui suit :

1. M. B est professeur titulaire au lycée Pierre et Marie Curie de Menton depuis 2002. Il a été placé en congé de longue durée à compter du 24 août 2010 et jusqu'au 23 août 2015. Par un courrier du 18 juin 2014, il a sollicité la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie. Par une décision du 12 mai 2015, le recteur de l'académie de Nice a refusé de faire droit à sa demande. Par un jugement du 21 novembre 2017, le tribunal a annulé cette décision et a enjoint au recteur de prendre une décision reconnaissant l'imputabilité au service de son affection et de placer M. B en congé de longue durée imputable au service pour la période susmentionnée. Par un courrier reçu le 20 mai 2019 par le rectorat, M. B a demandé la réparation du préjudice qu'il estime avoir subi en raison des fautes de l'administration. Aucune réponse n'a été apportée à sa demande. M. B demande la condamnation de l'Etat.

Sur la responsabilité :

2. Le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux, d'une autre nature que les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle, ou des préjudices personnels, peut obtenir de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice. Il peut également exercer une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette personne publique.

3. En premier lieu, contrairement à ce que soutient M. B, la reconnaissance de l'imputabilité au service de la maladie d'un agent public n'implique pas nécessairement l'existence d'une faute de l'administration. Il appartient au requérant qui sollicite la réparation intégrale du dommage qu'il estime avoir subi de démontrer que celui-ci présente un lien de causalité direct et certain avec une faute commise par l'administration.

4. En l'espèce, s'il résulte de l'instruction et notamment de la lecture du jugement n° 1503741-1602061 du tribunal du 21 novembre 2017 que l'état dépressif de M. B est en relation directe avec les conditions difficiles dans lesquelles l'intéressé exerçait son service au lycée professionnel de Menton, où il a notamment été victime d'agressions physiques et verbales de la part d'élèves et a rencontré des difficultés relationnelles avec certains membres de sa hiérarchie, entraînant ainsi la reconnaissance de l'imputabilité au service de son affection, ces éléments ne sont pas suffisants pour démontrer que l'état de santé du requérant serait imputable à une faute commise par le rectorat de nature à engager la responsabilité de l'Etat. Il suit de là que M. B n'est pas fondé à soutenir que l'administration aurait commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat dès lors que son état de santé est en lien direct avec ses conditions de travail.

5. Toutefois, en application de la responsabilité sans faute de l'administration, M. B peut obtenir réparation des préjudices patrimoniaux d'une autre nature que les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par la maladie professionnelle, ou des préjudices personnels subis du fait de la maladie reconnue imputable au service. Il suit de là que la responsabilité sans faute de l'Etat doit être engagée.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 26 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat dans sa rédaction applicable au litige : " En vue de favoriser la promotion interne, les statuts particuliers fixent une proportion de postes susceptibles d'être proposés au personnel appartenant déjà à l'administration () par la nomination de fonctionnaires () suivant l'une des modalités ci-après : / () / 2° Liste d'aptitude établie après avis de la commission administrative paritaire du corps d'accueil, par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents ".

7. D'une part, il résulte de l'instruction et notamment du formulaire transmis par M. B au syndicat national des collèges et des lycées (SNCL) que ce dernier lui a attribué un barème total de 162 points et qu'aucun point ne lui a été attribué pour le volet relatif aux titres acquis au 31 octobre 2012. Or, il résulte des éléments transmis par le requérant au SNCL que celui-ci avait obtenu un diplôme d'ingénieur à l'institut universitaire des systèmes thermiques industriels (IUSTI) de Marseille en 1989 et qu'il avait été admissible au CAPET Equipements techniques énergie en 1997, 2000 et 2001 et bi-admissible au CAPES de sciences physiques en 1994 et 1995. Au regard de ces éléments, le SNCL aurait dû alimenter le barème relatif aux titres acquis par M. B à hauteur de 70 points et lui attribuer ainsi un barème total de 232 points.

8. D'autre part, il résulte de l'instruction et notamment de l'avis défavorable rendu par la commission administrative paritaire académique le 22 mars 2013 que celui-ci a été rendu sur ce barème erroné de 162 points. Toutefois, à supposer que l'avis du recteur d'académie ait également été rendu sur la base de ce même barème, cette circonstance n'est pas de nature à établir l'existence d'une faute de l'administration dès lors que l'erreur commise l'a été par le syndicat national des collèges et des lycées (SNCL). Il suit de là que M. B n'est pas fondé à soutenir que le rectorat aurait commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat en refusant son inscription à la liste d'aptitude des professeurs certifiés pour la rentrée 2013.

9. En troisième lieu, aux termes du III. B. de la circulaire du 11 octobre 2016 relative aux missions des directeurs délégués aux formations professionnelles et technologiques : " La maîtrise des compétences attendues d'un directeur délégué aux formations professionnelles et technologiques est évaluée par une commission académique, placée sous la responsabilité du recteur, dans le cadre d'un dispositif d'habilitation. Ce dispositif doit contribuer à la constitution d'un vivier. / La commission est composée d'un président, désigné par le recteur de l'académie, de membres issus des corps d'inspection territoriaux, de personnels de direction, et de directeur délégué aux formations professionnelles et technologiques titulaires de la fonction. / () / La commission a pour fonction d'examiner les dossiers qui lui sont adressés, d'en réaliser une première sélection, et de recevoir en entretien les candidats retenus afin de valider leur maîtrise des compétences attendues, telles qu'elles figurent dans le paragraphe B du référentiel métier. Elle doit également motiver toutes les candidatures non retenues. / () ".

10. Si M. B soutient que l'administration a commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat en refusant de le nommer au poste de directeur délégué aux formations professionnelles et technologiques en établissement, les éléments produits par le requérant au soutien de ce moyen, notamment la reproduction d'une synthèse des appréciations de la commission académique non datée et non signée, ne permettent pas d'en apprécier le bien-fondé. Il suit de là que ce moyen doit être écarté.

11. En quatrième lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 25 août 2000 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique de l'Etat et dans la magistrature : " La durée du travail effectif est fixée à trente-cinq heures par semaine dans les services et établissements publics administratifs de l'Etat ainsi que dans les établissements publics locaux d'enseignement. / Le décompte du temps de travail est réalisé sur la base d'une durée annuelle de travail effectif de 1 607 heures maximum, sans préjudice des heures supplémentaires susceptibles d'être effectuées. / () ". Aux termes de l'article R. 421-10 du code de l'éducation : " En qualité de représentant de l'Etat au sein de l'établissement, le chef d'établissement : / 1° A autorité sur l'ensemble des personnels affectés ou mis à disposition de l'établissement. (). Il fixe le service des personnels dans le respect du statut de ces derniers ; / () ".

12. Le juge administratif, lors de la contestation d'une décision dont il est soutenu qu'elle serait empreinte de discrimination, doit attendre du requérant qui s'estime lésé par une telle mesure qu'il soumette au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer une atteinte au principe de l'égalité de traitement des personnes. Il incombe alors au défendeur de produire tous ceux permettant d'établir que la décision attaquée repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si la décision contestée devant lui a été ou non prise pour des motifs entachés de discrimination, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

13. D'une part, s'il résulte de l'instruction et notamment de la fiche de vœux pour l'année 2017/2018 produite par le requérant que celui-ci a manifesté le souhait d'accepter une heure supplémentaire au-delà de l'heure imposable, M. B n'apporte aucun élément démontrant qu'il aurait formulé le même vœu pour l'année scolaire 2016/2017. D'autre part, s'il n'existe pas pour les enseignants de droits acquis à la réalisation d'heures supplémentaires, il résulte de l'instruction qu'un contingent de 8 heures supplémentaires a été réparti entre les deux collègues de M. B à hauteur de 4 heures chacun sur l'année scolaire 2017/2018 et que M. B n'a pas bénéficié de ce contingent alors qu'il avait expressément formulé le souhait de réaliser une heure supplémentaire par semaine en plus de l'heure imposable. Le recteur ne produit aucun élément en défense permettant d'établir que le refus d'accorder ces heures supplémentaires à M. B reposerait sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que le rectorat a commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat en refusant, sans raison objective, de lui accorder deux heures supplémentaires au titre de l'année scolaire 2017/2018.

14. En cinquième lieu, si M. B soutient que le refus de le nommer à des fonctions de professeur principal qui lui aurait été opposé serait empreint de discrimination, les éléments qu'il produit au soutien de son moyen, et qui consistent uniquement dans la production de sa fiche de vœux pour l'année scolaire 2017/2018, ne sont pas suffisants pour faire présumer une atteinte au principe de l'égalité de traitement des personnes. Il suit de là que le requérant n'est pas fondé à soutenir que le rectorat aurait commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat en refusant de le nommer à de telles fonctions.

15. En sixième lieu, il résulte de l'instruction que par un jugement du 21 novembre 2017, le tribunal, a prononcé l'annulation de la décision du 12 mai 2015 par laquelle le recteur de l'académie de Nice a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'affection de M. B et a enjoint au recteur de prendre une décision reconnaissant cette imputabilité ainsi que de le placer en congé de longue durée pour maladie imputable au service entre le 24 août 2010 et le 23 août 2015. Il en résulte qu'en refusant illégalement une telle reconnaissance, le recteur a commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat.

16. Il résulte de tout ce qui précède que la responsabilité sans faute de l'Etat est susceptible est engagée ainsi que sa responsabilité pour faute en raison du refus, sans raison objective, d'accorder à M. B deux heures supplémentaires au titre de l'année scolaire 2017/2018 et en raison de l'illégalité de la décision du 12 mai 2015 par laquelle le recteur a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'affectation de M. B. Ces faits générateurs n'ouvrent droit à indemnité que dans la mesure où le requérant justifie d'un préjudice direct et certain imputable à ceux-ci.

Sur l'indemnisation des préjudices :

17. En premier lieu, les pièces produites par le requérant ne démontrent pas que son affectation en tant que professeur de lycée professionnel en Nouvelle-Calédonie avait été acceptée mais seulement qu'il avait obtenu un avis favorable de la commission administrative paritaire compétente. Dès lors, le caractère certain du préjudice invoqué n'est pas démontré.

18. En tout état de cause, il résulte de ce qui a été précisé au point 4 du présent jugement que M. B n'est pas fondé à soutenir que son placement en congé de longue durée serait constitutif d'une faute du rectorat de nature à engager la responsabilité de l'Etat. Par suite, à supposer même que son affectation en Nouvelle-Calédonie aurait été définitivement acceptée, l'existence d'un lien de causalité direct entre le préjudice invoqué par M. B et une faute commise par l'administration n'est pas établi. Par ailleurs, les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par une maladie imputable au service ne peuvent être indemnisés dans le cadre de la responsabilité sans faute de l'administration. Il suit de là que M. B n'est pas fondé à demander réparation de ce chef de préjudice.

19. En deuxième lieu, aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires dans sa rédaction applicable au litige : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire. () ". Aux termes de l'article 30 du décret du 6 novembre 1992 relatif au statut particulier des professeurs de lycée professionnel dans sa rédaction applicable au litige : " () / Les professeurs de lycée professionnel peuvent être tenus d'effectuer, dans l'intérêt du service, une heure supplémentaire hebdomadaire en sus du service hebdomadaire défini au premier alinéa ci-dessus ".

20. Il résulte de ces dernières dispositions que la réalisation d'une heure supplémentaire en sus du service hebdomadaire n'est pas un droit auquel peuvent prétendre les professeurs de lycée professionnel mais une obligation à laquelle ils sont tenus à la demande du chef d'établissement. Par suite, en l'absence de service fait, M. B n'est pas fondé à solliciter la réparation du préjudice qu'il estime avoir subi en raison de la non réalisation d'une heure supplémentaire hebdomadaire durant la période où il a été placé en congé de longue durée imputable au service.

21. En tout état de cause, il résulte de ce qui a été précisé au point 4 du présent jugement que M. B n'est pas fondé à soutenir que son placement en congé de longue durée serait constitutif d'une faute du rectorat de nature à engager sa responsabilité. Par suite, l'existence d'un lien de causalité direct entre le préjudice invoqué par M. B et une faute commise par l'administration n'est pas établi. Par ailleurs, les pertes de revenus et l'incidence professionnelle ne peuvent être indemnisés dans le cadre de la responsabilité sans faute de l'administration. Il suit de là que M. B n'est pas fondé à demander réparation de ce chef de préjudice.

22. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été précisé au point 8 du présent jugement que M. B n'est pas fondé à soutenir que le refus de l'inscrire sur la liste d'aptitude des professeurs certifiés pour la rentrée 2013 serait constitutif d'une faute du rectorat. Par suite, il n'est pas fondé à demander réparation à l'Etat d'un chef de préjudice à ce titre.

23. En quatrième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 13 du présent jugement que le rectorat de l'académie de Nice a commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat en refusant, sans raison objective, de lui accorder deux heures supplémentaires hebdomadaires au titre de l'année scolaire 2017/2018. Il sera fait une juste appréciation du préjudice financier et moral subi par le requérant en le fixant à la somme de 3000 euros.

24. En cinquième lieu, il résulte de ce qui a été précisé au point 14 du présent jugement que M. B n'est pas fondé à soutenir que le refus de le nommer à des fonctions de professeur principal serait constitutif d'une faute du rectorat. Par suite, il n'est pas fondé à demander réparation à l'Etat d'un chef de préjudice à ce titre.

25. En sixième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, le placement d'un agent public en congé de longue durée est sans influence sur l'avancement d'échelon, qui se fait à l'ancienneté. Le recteur produit ainsi l'arrêté du 21 décembre 2012 par lequel M. B a été promu au 9e échelon de son grade, date à laquelle il était placé en congé de longue durée. Il suit de là que le caractère certain du préjudice invoqué n'est pas établi.

26. En tout état de cause, il résulte de ce qui a été précisé au point 4 du présent jugement que M. B n'est pas fondé à soutenir que son placement en congé de longue durée serait constitutif d'une faute du rectorat de nature à engager sa responsabilité. Par suite, l'existence d'un lien de causalité direct entre le préjudice invoqué par M. B et une faute commise par l'administration n'est pas établi. Par ailleurs, les pertes de revenus et l'incidence professionnelle ne peuvent être indemnisés dans le cadre de la responsabilité sans faute de l'administration. Il suit de là que M. B n'est pas fondé à demander réparation de ce chef de préjudice.

27. En septième lieu, le requérant invoque un trouble dans ses conditions d'existence résultant de son état de santé qu'il évalue à la somme de 20 000 euros. Pour justifier de l'existence de ces préjudices, M. B fait notamment valoir qu'il a été contraint d'abandonner la pratique du vélo à la suite de sa dépression. S'il produit des coupures de presse faisant état de sa participation à des compétitions cyclistes dans les années 1990, il ne justifie pas d'une pratique récente. Toutefois, les rapports médicaux du docteur D, expert en psychiatrie font état d'un syndrome anhédonique, d'angoisses agoraphobiques et de ruminations professionnelles particulièrement anxiogènes. Tout cela lui a nécessairement causé des troubles dans les conditions d'existence dont il sera fait une juste appréciation en évaluant ce chef de préjudice à la somme de 8 000 euros.

28. En huitième lieu, M. B fait valoir que le refus illégal de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie a entrainé le versement d'un demi-traitement durant deux ans et que les difficultés financières entrainées par cette situation, bien que régularisées ultérieurement, lui ont causé un préjudice moral. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 3 000 euros.

29. En neuvième lieu, d'une part, il résulte de ce qui a été précisé au point 4 du présent jugement que M. B n'est pas fondé à soutenir que son état de santé ou son placement en congé de longue durée serait constitutif d'une faute du rectorat de nature à engager la responsabilité de l'Etat. Par suite, l'existence d'un lien de causalité direct entre le préjudice de loyers invoqué par M. B et une faute commise par l'administration n'est pas établi.

30. D'autre part, M. B n'apporte aucun élément tendant à démontrer qu'il aurait entrepris des travaux qui auraient été interrompus en raison des difficultés financières rencontrées suite à la décision illégale du recteur ni qu'il avait l'intention de louer l'appartement qu'il possédait ou qu'il aurait procédé à de tels travaux et à une telle location suite à la régularisation de sa situation financière. Il suit de là que le requérant n'est pas fondé à demander réparation de ce chef de préjudice.

31. En dernier lieu, il résulte de l'instruction qu'avec la mise en place au 1er janvier 2019 du prélèvement à la source, l'imposition sur les revenus non exceptionnels de 2018 a été annulée par le crédit d'impôt modernisation recouvrement et que le montant de l'impôt de M. B au titre des revenus de l'année 2018 est de 0 euro et non de 4 500 euros comme il le soutient. Par suite, le préjudice invoqué ne présente pas de caractère réel et M. B n'est pas fondé à en demander réparation.

32. Il résulte de tout ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser à M. B la somme de 14 000 euros.

Sur les intérêts :

33. Lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires dus en application de l'article 1153 du code civil courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine.

34. M. B a droit aux intérêts au taux légal correspondant à l'indemnité de 14 000 euros à compter du 20 mai 2019, date de réception de sa demande indemnitaire préalable par le rectorat.

Sur les intérêts des intérêts :

35. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 26 juillet 2019. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 20 mai 2020, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les frais liés au litige :

36. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. B la somme de 14 000 euros avec intérêts au taux légal à compter du 20 mai 2019. Les intérêts échus à la date du 20 mai 2020 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la rectrice de l'académie de Nice.

Une copie pour information sera adressée au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

Délibéré après l'audience du 28 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Bonhomme, président,

Mme Soler, conseillère,

M. Holzer, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2022.

La rapporteure,

N. C

Le président,

T. BONHOMME La greffière,

M.L. DAVERIO

La République mande et ordonne à la rectrice de l'académie de Nice en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière,

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TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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