LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-1904444

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-1904444

jeudi 10 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-1904444
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSELARL RAMPONNEAU & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 13 septembre 2019 et les 16 et 30 septembre 2022, la société World Properties, représentée par la SELARL Ramponneau et Associés, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés mise à sa charge au titre de l'exercice 2014, pour un montant total de 633 786 euros, en droits et pénalités ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les impositions auraient dû être établies selon la procédure de rectification contradictoire, dès lors que la déclaration 2065 a été communiquée au service vérificateur le 18 mars 2016 ;

- elle aurait souhaité être destinataire des éléments obtenus par l'administration fiscale dans le cadre de l'exercice de son droit de communication ;

- il n'est pas établi que M. A était l'occupant du bien ; en tout état de cause, l'identité de l'occupant est sans incidence sur les impositions ;

- le service vérificateur a choisi d'écarter la méthode prescrite dans le guide de l'évaluation des biens immobiliers élaboré par l'administration fiscale elle-même, afin d'obtenir la valeur vénale la plus élevée possible ;

- c'est la surface utile qui doit être retenue en tant qu'unité de mesure, ainsi que le préconise d'ailleurs l'administration fiscale dans son guide de l'évaluation des biens immobiliers ;

- c'est à tort que l'administration fiscale a exclu les deux premiers termes de comparaison ;

- s'agissant des biens non similaires retenus comme termes de comparaison, il convient d'appliquer une décote de 5 % par étage supérieur, ainsi qu'une décote de 10 % pour les biens dont la surface est nettement inférieure à celle du bien litigieux ;

- il convient d'appliquer un taux de rendement de 2,5 % aux valeurs vénales ainsi calculées, ce qui conduit à retenir une valeur locative de 78 500 euros pour les années 2008 et 2009, de 77 750 euros pour l'année 2010, de 79 000 euros pour l'année 2011, de 77 250 euros pour l'année 2012, de 83 500 euros pour l'année 2013 et de 24 937,5 pour l'année 2014 ;

- la somme de 25 000 euros intervenue en remboursement du séquestre constitue une charge déductible dont il est justifié ;

- les relevés de charges de la copropriété mentionnent la nature de chacune des charges permettant ainsi de déterminer leur caractère déductible ;

- tout ce qui a trait à la détention d'un immeuble en France relève de la fiscalité française ; les honoraires d'avocat engagés pour l'établissement des déclarations 2746 relatives à la taxe patrimoniale de 3 % sont donc des charges déductibles, ainsi que les dépenses mentionnées dans les factures du 14 novembre 2012 et du 30 décembre 2013 relatives, respectivement, à une vacation auprès d'un agent immobilier en vue d'une vente non aboutie du bien litigieux et à une réponse à une demande de renseignements du centre des impôts de Cannes.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 19 février 2020 et le 28 septembre 2022, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la société requérante n'établit pas avoir déposé la déclaration 2065 préalablement à la mise en demeure du 21 décembre 2016 ; dès lors, la procédure de taxation d'office a été régulièrement mise en œuvre ;

- la charge de la preuve du caractère exagéré des impositions litigieuses pèse sur la société requérante en application des dispositions de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales, dès lors qu'elles ont été établies dans le cadre de la procédure de taxation d'office ;

- le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales manque en fait, dès lors, d'une part, que la société requérante a été informée, en page 3 de la proposition de rectification, de l'exercice du droit de communication par le service auprès de sa compagnie d'assurance et, d'autre part, que la société requérante n'a effectué aucune demande tendant à obtenir la communication des documents ainsi obtenus ;

- la société n'apporte aucune justification probante de nature à démontrer l'exagération des bases d'imposition établies d'office ;

- la somme de 25 000 euros correspondant au remboursement du séquestre pourrait être admise en déduction si elle pouvait être justifiée par la production de pièces comptables confirmant que l'engagement de cette dépense ; aucun justificatif n'a été produit malgré les demandes du service vérificateur en ce sens ;

- les éléments produits ne permettent pas de justifier que les sommes comptabilisées au regard des appels de trimestriels de fonds émanant du syndic correspondent à des charges de copropriété, seules déductibles ; aucun justificatif n'a été produit malgré les demandes du service vérificateur en ce sens ;

- s'agissant des " provisions ", les sommes considérées ne sauraient revêtir la qualité de dettes certaines de l'exercice ;

- les honoraires d'avocat engagés pour la souscription de la déclaration de la taxe de 3 %, ainsi que les frais engagés en vue de la cession du bien litigieux et d'une réponse à une demande d'éclaircissements émanant du centre des impôts de Cannes ne sont pas déductibles pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés, car ils relèvent de prestations reçues incombant à la société du fait de la détention d'un immeuble en France et non de son exploitation.

Par une ordonnance en date du 19 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 4 octobre 2022. Par une ordonnance en date du 6 octobre 2022, l'instruction a été rouverte.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Kolf, rapporteure,

- et les conclusions de M. Herold, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La société anonyme de droit luxembourgeois World Properties était, jusqu'au 1er avril 2014, propriétaire d'un appartement situé sur la Croisette à Cannes, qu'elle a mis à disposition gratuite d'un tiers. A l'issue d'une vérification de comptabilité, le service a estimé que cette mise à disposition gratuite était constitutive d'un acte anormal de gestion et que les recettes comptabilisées à ce titre par la société avaient été sous-évaluées. Il a par conséquent mis à la charge de la société, dans le cadre la procédure de taxation d'office, en application du 2° de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales, une cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés au titre de l'année 2014, assortie de pénalités. La société demande la décharge de cette imposition et des pénalités y afférentes.

Sur les conclusions à fin de décharge :

En ce qui concerne la régularité de la procédure :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales : " Sont taxés d'office : () / 2° à l'impôt sur les sociétés, les personnes morales passibles de cet impôt qui n'ont pas déposé dans le délai légal leur déclaration, sous réserve de la procédure de régularisation prévue à l'article L. 68 () ". Aux termes de l'article L. 68 du même livre, dans sa rédaction applicable : " La procédure de taxation d'office prévue aux 2° et 5° de l'article L. 66 n'est applicable que si le contribuable n'a pas régularisé sa situation dans les trente jours de la notification d'une mise en demeure () ". Aux termes de l'article 221 du code général des impôts : " 1. Dans le cas de cession ou de cessation, en totalité ou en partie, d'une entreprise industrielle, commerciale, artisanale ou minière, ou d'une exploitation agricole dont les résultats sont imposés d'après le régime du bénéfice réel, l'impôt sur le revenu dû en raison des bénéfices réalisés dans cette entreprise ou exploitation et qui n'ont pas encore été imposés est immédiatement établi. () 3. Les contribuables assujettis à un régime réel d'imposition sont tenus de faire parvenir à l'administration, dans un délai de soixante jours déterminé comme indiqué au 1, la déclaration de leur bénéfice réel accompagnée d'un résumé de leur compte de résultat () ".

3. Il résulte de l'instruction que la société World Properties n'a pas souscrit dans les délais sa déclaration de résultats, prévue par les dispositions précitées, au titre de l'exercice 2014. Si elle soutient l'avoir communiquée à l'administration fiscale au soutien de sa demande de sa réclamation en date du 18 mars 2016, soit préalablement à la mise en demeure du 21 décembre 2016, elle ne l'établit pas, en se bornant à produire sa réclamation du 18 mars 2016, qui n'avait pas pour objet l'assiette de l'impôt sur les sociétés et faisait état de la souscription par " la société Immibel SA " de la déclaration modèle n° 2065 au titre de l'année 2014, et en ne produisant pas la copie entière de ladite déclaration. Dans ces conditions, et alors qu'il résulte de l'instruction que la déclaration n° 2065 souscrite par la société World Properties n'a été portée à la connaissance de l'administration fiscale, dans le cadre de la procédure de contrôle, que le 3 février 2017, soit postérieurement au délai qui avait été imparti à la contribuable dans la mise en demeure de produire en date du 21 décembre 2016, le service vérificateur a régulièrement mis en œuvre la procédure de taxation d'office.

4. En second lieu, aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande ". Il incombe à l'administration, quelle que soit la procédure d'imposition mise en œuvre, et au plus tard avant la mise en recouvrement, d'informer le contribuable dont elle envisage soit de rehausser, soit d'arrêter d'office les bases d'imposition, de l'origine et de la teneur des renseignements obtenus auprès de tiers qu'elle a utilisés pour fonder les impositions, avec une précision suffisante pour permettre à l'intéressé de demander que les documents qui contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition avant la mise en recouvrement des impositions qui en procèdent.

5. Il résulte de l'instruction, et notamment de la proposition de rectification en date du 16 juin 2017, que le service vérificateur a informé la société World Properties de l'exercice de son droit de communication auprès d'agences immobilières et de l'origine et de la teneur des informations ainsi obtenues. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que la société requérante aurait adressé une demande au service vérificateur tendant à ce que les éléments obtenus dans le cadre de l'exercice de ce droit de communication lui soient transmis. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir qu'elle aurait dû obtenir communication desdits éléments conformément aux dispositions de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales.

En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :

6. En vertu des articles L. 193 et R. 193-1 du livre des procédures fiscales, il appartient au contribuable qui entend contester devant le juge de l'impôt le bien-fondé de l'imposition de sommes régulièrement taxées d'office d'apporter la preuve du caractère exagéré des impositions mises à sa charge. La société Coordination Bâtiment Ltd, qui n'a pas déposé, ainsi que cela a été dit au point 3 du présent jugement, dans les délais impartis la déclaration de résultats au titre de l'exercice 2014, a ainsi été régulièrement taxée d'office en application des dispositions de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales. Par suite, il lui appartient de prouver l'exagération des impositions mises à sa charge.

S'agissant de l'existence d'un acte anormal de gestion :

7. En premier lieu, si la société requérante conteste avoir mis le bien litigieux à disposition gratuite de l'un de ses dirigeants, M. A, il résulte de l'instruction, d'une part, que l'identité de l'intéressé était renseignée sur les déclarations déposées par la société relative à la taxe de 3 %, et, d'autre part, que le contrat d'assurance habitation concernant le logement a été souscrit en son nom. Dans ces conditions, et alors que la société World Properties ne produit aucun élément de nature à établir l'identité de l'occupant de l'appartement, c'est à bon droit que l'administration fiscale a considéré qu'il avait été mis à la disposition de M. A.

8. En second lieu, il résulte de l'instruction que pour déterminer la valeur locative du bien détenu par la société requérante, constitué d'un appartement d'une surface de 237 m2 situé au premier étage et de deux places de stationnement, et disposant d'un droit de jouissance d'une terrasse et d'un jardin d'environ 150 m2 avec vue mer, le service vérificateur a déterminé sa valeur vénale pour chaque exercice vérifié, en recourant, pour les années 2008 et 2009, aux dix termes de comparaison proposés par la société requérante elle-même correspondant aux ventes, entre février 1991 et 2007, de dix biens situés dans le même immeuble que le bien litigieux, et, pour les années 2010 à 2014, à entre trois et sept termes de comparaison correspondant aux ventes, au cours de l'année ou des deux années précédant les exercices concernés, de biens de standings équivalent tous situés boulevard de la Croisette à Cannes. Le service a, fait application d'une décote de 5 % pour les biens dont la surface est nettement inférieure à celle du bien litigieux, ainsi que d'une décote allant de 5 à 10 % pour les appartements situés à partir des 5ème et 8ème étages des immeubles, pour tenir compte du fait que l'appartement à évaluer était situé au 1er étage, retenant des valeurs vénales de 3 511 000 euros pour les années 2008 et 2009, de 3 900 000 euros pour les années 2010 et 2011, de 4 320 000 euros pour l'année 2013 et de 4 975 000 euros pour l'année 2014. Le service a ensuite fait application d'un taux de rendement locatif de 4,5 % aux valeurs vénales ainsi déterminées.

9. D'une part, en se bornant à soutenir que l'administration fiscale doit déterminer, selon le guide de l'évaluation des biens immeubles qu'elle a elle-même édité, la valeur vénale du bien litigieux en prenant en compte comme unité de mesure la surface utile des termes de comparaison retenue et non leur surface privative, la société requérante ne saurait valablement contester la méthode par voie d'appréciation directe appliquée par l'administration, qui n'est ni radicalement viciée dans son principe ni exagérément sommaire.

10. D'autre part, si la société requérante fait valoir que deux ventes intervenues en mars 2011 doivent être retenues par l'administration comme termes de comparaison, elle n'établit pas en quoi ces termes de comparaison seraient plus pertinents que ceux retenus par l'administration fiscale, tandis que cette dernière fait valoir en défense, sans être contredite, que la prise en compte desdits termes de comparaison aboutirait en tout état de cause à une valeur vénale plus importante que celle retenue par ses services. En outre, si la société requérante fait valoir que des décotes plus importantes doivent être appliquées aux termes de comparaison relatifs à des appartements situés à des étages supérieurs, afin de tenir compte des critères de nuisances sonores ou de la vue, et aux appartements d'une superficie significativement inférieure, elle se borne à des affirmations générales et n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause la pertinence des décotes dont le service vérificateur a fait application. Enfin, en se bornant à soutenir que le service vérificateur a refusé de reconnaître un caractère exceptionnel au bien à évaluer s'agissant de la détermination du taux de rendement et à affirmer qu'un taux de 2,5 % doit être appliqué, la société requérante n'apporte pas la preuve de l'exagération des bases d'imposition. Dans ces conditions, et alors qu'il apparaît que les termes de comparaison retenus par l'administration sont suffisamment nombreux pour être représentatifs et relatifs à des cessions intervenues, s'agissant des termes de comparaison retenus par l'administration, à des dates peu éloignées dans le temps de celle du fait générateur, la société requérante n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, de l'exagération de l'évaluation réalisée par l'administration en vue de fixer la valeur locative du bien dont elle est propriétaire.

S'agissant des charges dont la déduction a été remise en cause :

11. Aux termes de l'article 209 du code général des impôts : " I. - () Les bénéfices passibles de l'impôt sur les sociétés sont déterminés d'après les règles fixées par les articles 34 à 45 () et en tenant compte uniquement des bénéfices réalisés dans les entreprises exploitées en France, de ceux mentionnés aux a, e, e bis et e ter du I de l'article 164 B ainsi que de ceux dont l'imposition est attribuée à la France par une convention internationale relative aux doubles impositions () ". Aux termes de l'article 39 du même code : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges () ". Il résulte de la combinaison des dispositions précitées des articles 209 et 39 du code général des impôts que les charges d'une société, que son siège soit situé en France ou hors de France, déductibles pour la détermination du bénéfice net imposable à l'impôt sur les sociétés sont celles qui se rattachent directement aux entreprises qu'elle exploite en France.

12. En premier lieu, la société requérante, à qui incombe la charge de la preuve, ne démontre pas avoir effectivement engagé la dépense de 25 000 euros correspondant au remboursement d'un séquestre. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration a remis en cause la déductibilité d'une telle charge.

13. En deuxième lieu, l'administration a remis en cause la déduction de charges de copropriété au titre des exercices 2008 à 2014. Les décomptes de charges produits par la société World Properties permettent de justifier du principe et du montant de la déductibilité de ces charges à hauteur de 1 122,77 euros au titre de l'exercice 2011 et de 606,36 euros au titre de l'exercice 2012. Pour le reste, la seule production par la société requérante de bordereaux d'appels de fonds ne permet de justifier qu'elle se serait acquittée des sommes correspondantes. Par suite, il y a lieu d'admettre en déduction les sommes de 1 122,77 euros au titre de l'exercice 2011 et de 606,36 euros au titre de l'exercice 2012 et de prononcer la correction correspondante des déficits de ces exercices et la décharge de la cotisation d'impôt sur les sociétés mise à la charge de la société Word Properties dans la mesure correspondante à la prise en compte de ces charges pour le calcul du déficit imputable sur l'impôt sur les sociétés établi au titre de l'exercice 2014.

14. En troisième et dernier lieu, le service vérificateur a remis en cause la déductibilité d'honoraires d'avocat. D'une part, si la société requérante fait valoir qu'une part de ces honoraires étaient relatifs à des vacations particulières ayant trait à l'exploitation de son immeuble en France, elle n'en apporte pas la preuve. D'autre part, si elle soutient que le reste des honoraires avaient traits au règlement de la taxe de 3 %, cette taxe n'est pas, ainsi que le fait valoir l'administration en défense, une charge déductible de l'impôt sur les sociétés et n'est pas rattachable à l'activité de location de la société requérante en application des articles 990 D et 990 E du code général des impôts. Il en résulte que c'est à bon droit que l'administration a rejeté la déduction de ces honoraires d'avocat.

15. Il résulte de tout ce qui précède que la société World Properties est seulement fondée à demander la réduction de ses bases d'imposition des sommes de 1 122,77 euros et 606,36 euros respectivement au titre des années 2011 et 2012 et la correction correspondante des déficits de ces exercices et la décharge de la cotisation d'impôt sur les sociétés mise à la charge de la société Word Properties dans la mesure correspondante à la prise en compte de ces charges pour le calcul du déficit imputable sur l'impôt sur les sociétés établi au titre de l'exercice 2014.

Sur les frais liés au litige :

16. L'Etat n'étant pas la partie perdante au principal dans la présente instance, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à sa charge au titre des frais engagés par la société requérante et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les bases de l'impôt sur les sociétés auquel la société World Properties a été assujettie au titre des exercices 2011 et 2012 sont réduites respectivement, des sommes de 1 122,77 (mille cent-vingt-deux euros et soixante-dix-sept centimes) euros et 606,36 (six-cent-six euros et trente-six centimes) euros pour la détermination des déficits imputables.

Article 2 : La société World Properties est déchargée de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés mise à sa charge au titre de l'année 2014 résultant de la réduction des déficits résultant de la déduction des charges définies à l'article 1, et des pénalités correspondantes.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société World Properties et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.

Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Mear, présidente,

Mme Kolf, conseillère,

M. Cherief, conseiller,

Assistés de Mme Sussen, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.

La rapporteure,

signé

S. KOLF

La présidente,

signé

J. MEAR

La greffière,

signé

C. SUSSEN

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances, de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14
← Retour aux décisions
Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026