jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1905457 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BERNION |
Vu :
- la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Panama en vue d'éviter les doubles impositions et de prévenir l'évasion et la fraude fiscales en matière d'impôts sur le revenu (ensemble un protocole) du 30 juin 2011 ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cherief conseiller ;
- et les conclusions de Mme Perez, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Les Villas de Miami est propriétaire d'un immeuble situé 6 avenue Fernand Dunand à Beaulieu. Elle a conclu, avec M. A B, un bail de location à usage d'habitation secondaire le 26 décembre 1999 relatif à un appartement, ainsi que toutes les dépendances, terrasses et parking auxquels sont attachés les millièmes des parties communes générales. À l'issue d'une vérification de comptabilité, portant la période du 1er novembre 2012 au 31 octobre 2015, l'administration fiscale a assujetti la société requérante à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés, au titre des exercices clos en 2013, 2014 et 2015 ainsi qu'à des cotisations supplémentaires de retenue à la source et de contribution sur les revenus locatifs au titre des années 2013, 2014 et 2015. Suite au silence gardé par l'administration fiscale sur sa réclamation contentieuse formée le 17 mai 2018, la société Les Villas de Miami demande au tribunal de prononcer la décharge partielle des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2013, 2014 et 2015 à hauteur d'un montant, en droits et pénalités, de 24 407 euros ainsi que des cotisations supplémentaires de retenue à la source et de contribution sur les revenus locatifs qui ont été mis à sa charge au titre des années 2013, 2014 et 2015, à hauteur d'un montant respectif, en droits et pénalités, de 102 625 euros et de 3 020 euros.
Sur l'étendue du litige :
2. En premier lieu, dans son mémoire en défense l'administration fiscale fait valoir qu'elle a fait droit aux deux moyens soulevés par la société requérante à l'appui de ses conclusions tendant à la décharge partielle des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés qui ont été mis à sa charge au titre des exercices 2013, 2014 et 2015. A cet égard, elle produit un avis de dégrèvement, en date du 12 mai 2020, postérieur à l'enregistrement de la présente requête, duquel il ressort qu'un dégrèvement de 24 403 euros a été accordé à la société requérante au titre de l'impôt sur les sociétés. Dès lors, la société Les Villas de Miami doit être regardée comme ayant obtenu satisfaction. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à la décharge partielle des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles la société a été assujettie au titre des exercices clos en 2013, 2014 et 2015.
3. En deuxième lieu, à l'appui de son mémoire en défense, l'administration fiscale produit un avis de dégrèvement du 12 mai 2020 accordant à la société requérante un dégrèvement de 22 130 euros en raison de l'application du taux de 3 % pour la détermination du taux de rendement de l'immeuble en litige, réduisant l'assiette de la retenue à la source à un montant de produits locatifs fixé à 92 432 euros. Dès lors, les conclusions de la requête tendant à la décharge de cotisations supplémentaires de retenue à la source auxquelles la société Les Villas de Miami a été assujettie au titre des années 2013, 2014, et 2015 sont devenues sans objet à hauteur du dégrèvement accordé.
4. En troisième lieu, à l'appui de son mémoire en défense, l'administration fiscale produit un avis de dégrèvement du 12 mai 2020 accordant à la société requérante un dégrèvement de 432 euros en raison de l'application du taux de 3 % pour la détermination du taux de rendement de l'immeuble en litige. Par suite, les conclusions de la requête tendant à la décharge partielle des cotisations supplémentaires de la contribution sur les revenus locatifs auxquelles la société Les Villas de Miami a été assujettie au titre des années 2013, 2014, et 2015 sont devenues sans objet à hauteur du dégrèvement accordé.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la retenue à la source :
5. En premier lieu, aux termes de l'article 111 c du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () c. Les rémunérations et avantages occultes ; () ". Aux termes de l'article 119, bis du même code : " 2. Les produits visés aux articles 108 à 117 bis donnent lieu à l'application d'une retenue à la source dont le taux est fixé par l'article 187 lorsqu'ils bénéficient à des personnes qui n'ont pas leur domicile fiscal ou leur siège en France () ". Aux termes de l'article 187 du même code : " 1. Sous réserve des dispositions du 2, le taux de la retenue à la source prévue à l'article 119 bis est fixé à : () / - 30 % pour tous les autres revenus () ". Aux termes de l'article 1672 du même code : " () / 2. La retenue à la source prévue au 2 de l'article 119 bis est versée au Trésor par la personne établie en France qui assure le paiement des revenus. () ". Aux termes de l'article 48 de l'annexe II de ce code : " 1. La retenue à la source mentionnée au 2 de l'article 119 bis du code général des impôts est liquidée sur le montant brut des revenus mis en paiement. () ".
6. Lorsque la personne qui assure le paiement des revenus visés par le 2 de l'article 119 bis du code général des impôts n'a pas opéré la retenue à la source prévue par cet article ou ne l'a pas versée au Trésor, le montant brut des revenus mis en paiement sur lequel doit être appliquée la retenue à la source comprend, en plus des produits effectivement versés au bénéficiaire, un montant égal à l'avantage résultant, pour ce dernier, de ce que la somme reçue n'a pas supporté la retenue.
7. La société Les Villas de Miami fait valoir que M. B a acquitté diverses dépenses pour son compte dont il convient de tenir compte dans la détermination de l'assiette de la retenue à la source prévue par les dispositions précitées du 2 de l'article 119 bis du code général des impôts. A cet égard, elle produit un relevé émanant de la société Agence Dumas, syndic de la copropriété, duquel il ressort que M. B a effectué plusieurs règlements sur le compte propriétaire de la société requérante les 16 juin 2014, 19 février 2015 et 9 juillet 2015 pour des montants de 1 289,06 euros, 5 000 euros et 5 680,05 euros. Toutefois, le document ainsi produit ne permet pas d'établir les motifs pour lesquels M. B, qui a occupé les fonctions de président directeur général de la société requérante jusqu'au 4 septembre 2014, a effectué ces versements ni s'ils ont été effectués pour le compte de cette dernière. Dès lors, la société Les Villas de Miami, qui ne conteste pas que l'appartement a été mis gratuitement à la disposition de M. B, n'est pas fondée à faire valoir que les sommes ainsi acquittées par ce dernier devaient être déduites de la base de calcul de la retenue à la source à laquelle elle a été assujettie. Par suite, et à le supposer opérant, ce moyen doit être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes, aux termes de l'article 4 de la convention entre la France et le Panama en vue d'éviter les doubles impositions et de prévenir l'évasion et la fraude fiscales en matière d'impôts sur le revenu signée le 30 juin 2011 : " Au sens de la présente Convention, l'expression " résident d'un Etat contractant " désigne toute personne qui, en vertu de la législation en vigueur de cet Etat, est assujettie à l'impôt dans cet Etat, en raison de son domicile, de sa résidence, de son siège de direction, de son lieu d'enregistrement ou de tout autre critère de nature analogue et s'applique aussi à cet Etat ainsi qu'à toutes ses collectivités territoriales et aux personnes morales de droit public de cet Etat ou de ses collectivités territoriales. Toutefois, cette expression ne comprend pas les personnes qui ne sont assujetties à l'impôt dans cet Etat que pour les revenus de sources
situées dans cet Etat. () ". Aux termes de l'article 10 de cette convention : " 1. Les dividendes payés par une société qui est un résident d'un Etat contractant à un résident de l'autre Etat contractant sont imposables dans cet autre Etat. / 2. Toutefois, ces dividendes sont aussi imposables dans l'Etat contractant dont la société qui paie les dividendes est un résident, et selon la législation de cet Etat, mais si le bénéficiaire effectif des dividendes est un résident de l'autre Etat contractant, l'impôt ainsi établi ne peut excéder : a) 5 pour cent du montant brut des dividendes si le bénéficiaire effectif est une société (autre qu'une société de personnes) qui détient directement au moins 10 pour cent du capital de la société qui paie les dividendes ; / b) 15 pour cent du montant brut des dividendes, dans tous les autres cas. / Le présent paragraphe n'affecte pas l'imposition de la société au titre des bénéfices qui servent au paiement des dividendes. / 3. Le terme " dividendes " employé dans le présent article désigne les revenus provenant d'actions, actions ou bons de jouissance, parts de mine, parts de fondateur ou autres parts bénéficiaires à l'exception des créances, ainsi que les revenus soumis au régime des distributions par la législation fiscale de l'Etat contractant dont la société distributrice est un résident. () ".
9. La société requérante fait valoir que M. B étant ressortissant du Panama, le taux de retenue à la source ne saurait excéder 15 % en application des stipulations de l'article 10 de la convention fiscale franco-panaméenne du 30 juin 2011. Elle produit à cet effet une carte de résident permanent du Panama de laquelle il ressort que M. B est résident de cet Etat depuis le 16 avril 2014. Toutefois, ce document ne permet pas d'établir que le requérant était assujetti à l'impôt dans cet Etat, au titre des années en litige, et qu'il possédait par conséquent la qualité de résident au sens des stipulations précitées de l'article 4 de la convention fiscale franco-panaméenne du 30 juin 2011. Par suite, le moyen tiré de ce que le taux de retenue à la source ne saurait excéder 15 % en application des stipulations de l'article 10 de la convention fiscale franco-panaméenne du 30 juin 2011 doit être écarté.
En ce qui concerne la contribution sur les revenus locatifs :
10. Aux termes de l'article 29 du code général des impôts : " Sous réserve des dispositions des articles 33 ter et 33 quater, le revenu brut des immeubles ou parties d'immeubles donnés en location, est constitué par le montant des recettes brutes perçues par le propriétaire, augmenté du montant des dépenses incombant normalement à ce dernier et mises par les conventions à la charge des locataires. Les subventions et indemnités destinées à financer des charges déductibles sont comprises dans le revenu brut. Il n'est pas tenu compte des sommes versées par les locataires au titre des charges leur incombant. Dans les recettes brutes de la propriété sont comprises notamment celles qui proviennent de la location du droit d'affichage ou du droit de chasse, de la concession du droit d'exploitation des carrières, de redevances tréfoncières ou autres redevances analogues ayant leur origine dans le droit de propriété ou d'usufruit. ". Aux termes de l'article de l'article 234 nonies du même code : " I. - Il est institué une contribution annuelle sur les revenus retirés de la location de locaux situés dans des immeubles achevés depuis quinze ans au moins au 1er janvier de l'année d'imposition () / III. - Sont exonérés de la contribution les revenus tirés de la location : / () 5° à vie ou à durée illimitée () ". Aux termes de l'article 234 duodecies de ce code : " I. - Lorsque la location est consentie par une personne morale ou un organisme devant souscrire la déclaration prévue au 1 de l'article 223, à l'exclusion de ceux imposés aux taux de l'impôt sur les sociétés prévus à l'article 219 bis, la contribution prévue à l'article 234 nonies est assise sur les recettes nettes définies à l'article 29 qui ont été perçues au cours de l'exercice ou de la période d'imposition définie au deuxième alinéa de l'article 37. / II. - La contribution est déclarée, contrôlée et recouvrée selon les mêmes règles et sous les mêmes garanties et sanctions qu'en matière d'impôt sur les sociétés. / III. - La contribution est payée spontanément au comptable public compétent, au plus tard à la date prévue au 2 de l'article 1668. / Elle donne lieu au préalable, à la date prévue pour le paiement du dernier acompte d'impôt sur les sociétés de l'exercice ou de la période d'imposition, à un acompte égal à 2, 5 % des recettes nettes définies à l'article 29 qui ont été perçues au cours de l'exercice précédent. Lorsque la somme due au titre d'un exercice ou d'une période d'imposition en application du deuxième alinéa est supérieure à la contribution dont l'entreprise prévoit qu'elle sera finalement redevable au titre de ce même exercice ou de cette même période, l'entreprise peut réduire ce versement à concurrence de l'excédent estimé. ".
11. La société Les Villas de Miami est propriétaire d'un appartement qu'elle a mis en location aux termes d'un bail écrit conclu le 26 décembre 1999 avec M. B, qui a occupé les fonctions de président-directeur général au sein de cette société jusqu'au 4 septembre 2014. Il est constant que ce bail a été conclu pour une durée de trois ans avec tacite reconduction. Ainsi, la société requérante ne saurait être regardée comme ayant consenti une location à durée illimitée. En outre, la société requérante ne conteste pas, dans sa requête, avoir mis gratuitement à disposition de M. B cet appartement, l'administration fiscale relevant, dans la proposition de rectification du 20 juillet 2016, que le contrôle n'avait pas permis d'identifier le paiement de loyers en contrepartie de cette mise à disposition. Une société propriétaire d'un bien immobilier qui renonce sans contrepartie à percevoir des recettes qu'une gestion normale de son bien lui eut procurées, doit être regardée comme ayant retiré un revenu de la location de ce bien au sens de l'article 234 nonies précité. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a assujetti la société Les Villas de Miami à la contribution sur les revenus locatifs à raison des recettes que la société a renoncées à percevoir, estimées par le service à un montant de 92 432 euros pour l'année 2015 et résultant de la mise à disposition de la villa dont elle est propriétaire. Par suite, le moyen tiré de ce qu'à défaut de revenu brut au sens de l'article 29 susvisé, la société requérante ne peut être assujettie à la contribution sur les revenus locatifs en application des dispositions de l'article 234 duodieces du code général des impôts doit être écarté.
12. Il résulte de ce qui précède que conclusions à fin de décharge présentées par la société Les Villas de Miami doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin de sursis à paiement :
13. Le présent jugement se prononce sur le fond de l'affaire. Les conclusions de la requête tendant au sursis de paiement des impositions contestées se trouvent donc privées d'objet.
Sur les frais liés à l'instance :
14. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à la décharge partielle, à hauteur d'un montant, en droits et pénalités, de 24 403 (vingt-quatre-mille-quatre cent-trois) euros, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles la société Les Villas de Miami a été assujettie au titre des exercices clos en 2013, 2014 et 2015.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à la décharge partielle de cotisations supplémentaires de retenue à la source auxquelles la société Les Villas de Miami a été assujettie au titre des années 2013, 2014, et 2015 à concurrence de la somme, en droits et pénalités, de 22 130 (vingt-deux-mille- cent-trente) euros.
Article 3 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à la décharge partielle des cotisations supplémentaires de la contribution sur les revenus locatifs auxquelles la société Les Villas de Miami a été assujettie au titre des années 2013, 2014, et 2015 à concurrence de la somme, en droits et pénalités, de 432 (quatre-cent-trente-deux) euros.
Article 4 : L'Etat versera à la société Les Villas de Miami la somme de 1 000 (mille) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la société Les Villas de Miami, ainsi qu'au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mear, présidente,
Mme Kolf, conseillère,
M. Cherief, conseiller,
assistés de Mme Sussen, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.
Le rapporteur,
signé
H. CHERIEF
La présidente,
signé
J. MEAR
La greffière,
signé
C. SUSSEN
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
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Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
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