mardi 11 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1905900 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | MARTY-ETCHEVERRY |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi en date du 3 décembre 2019, le tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Nice, en application de l'article du R. 312-14 code de justice administrative, la requête présentée pour M. F et autres.
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 17 octobre 2019 et 11 octobre 2022, M. A F, M. D F, M. H F et Mme I F née G, représentés par Me Marty-Etcheverry, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre des affaires étrangères et l'office national des anciens combattants et victimes de guerre ont refusé de faire droit à leurs demandes d'indemnisation ;
2°) de condamner l'Etat à leur verser, en leur qualité d'ayants-droits B J F et de Mme E F née C, la somme de 1 274 930 euros à titre de dommages et intérêts, tous préjudices confondus (valeur au 31 décembre 2017), sauf à parfaire au jour de la décision rendue ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 560 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable dès lors que le courrier du 15 juillet 2019 lie le contentieux ;
- la prescription quadriennale ne leur ait pas opposable ;
- ils ont droit à obtenir une indemnisation complète au titre de la loi n° 61-1463 du 26 décembre 1961 et du second volet prévu par les articles 66 et 71 de la loi n° 70-632 du 15 juillet 1970 ;
- la responsabilité de l'Etat français doit être engagée en raison des erreurs dommageables nées de l'attitude équivoque des autorités gouvernementales ; l'Etat français a commis une faute pour avoir créé, par les lois d'indemnisation promulguées et lors de la négociation et du contreseing des accords d'Evian, une apparence de garanties de la sauvegarde des biens des rapatriés et de leurs personnes ; l'Etat français a défailli dans l'application complète de la loi ;
- la responsabilité de l'Etat français doit être engagée sur le terrain de la faute en raison de la carence de l'Etat français à rechercher par la voie de négociations le recouvrement de la créance internationale publique qu'il détient sur l'Algérie au titre des dépossessions de biens des rapatriés, tel que prévu par l'article 66 loi du 15 juillet 1970 ;
- la responsabilité de l'Etat doit être engagée sur le terrain de la rupture de l'égalité devant les charges publiques en raison du préjudice grave, anormal et spécial subi par les rapatriés du fait des choix de l'Etat français de ne pas exiger le respect des accords d'Evian et à ne pas prendre toute mesure coercitive aux fins de forcer l'Etat algérien à verser l'indemnisation due ; la spoliation de leurs parents trouve directement sa source dans les choix politiques opérés par l'Etat français en son temps ;
- la responsabilité de l'Etat doit être engagée sur le terrain de la rupture de l'égalité devant les charges publiques ;
- l'attitude et le comportement de l'Etat français constituent une violation des droits fondamentaux reconnus par la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire, enregistré le 16 septembre 2020, l'Office national des anciens combattants et des victimes de guerre (ONACVG) conclut à sa mise hors de cause.
Il fait valoir que le présent litige indemnitaire né d'un préjudice lié à la dépossession de biens immobiliers situés en Algérie en 1962 relève de la seule compétence du ministre des armées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 août 2022, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
S'agissant des conclusions d'annulation de la décision du 20 août 2019 et des décisions implicites rejetant la demande d'indemnisation :
- les moyens soulevés sont inopérants ;
S'agissant des conclusions indemnitaires :
- à titre principal :
- elles sont irrecevables en raison de l'absence de liaison du contentieux ;
- la créance invoquée est prescrite ;
- à titre subsidiaire :
- la responsabilité de l'Etat français ne saurait être engagée sur le terrain de la faute dès lors qu'aucune faute n'a été commise ;
- la responsabilité de l'Etat français ne saurait être engagée sur le terrain de la rupture de l'égalité devant les charges publiques ;
- le préjudice invoqué doit être évalué à la date du 1er janvier 2000, date du décès du dernier parent survivant des requérants.
Par un mémoire distinct, enregistré le 8 octobre 2020, M. F et autres demandent au tribunal de transmettre au Conseil d'Etat, aux fins de transmission au Conseil constitutionnel, une question prioritaire de constitutionnalité portant sur la conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution, de l'exclusion du principe d'une indemnisation intégrale des rapatriés Français d'Algérie, sur sa justification par un but d'intérêt général et son caractère proportionné à ce but, qui résulte des dispositions suivantes :
- des articles 1, 4, 6, 7, 11, 15, 16, 17, 22, 25, 27, 30-1, 32, 41 et 71 de la loi n° 70-632 du 15 juillet 1970 relative à une contribution nationale à l'indemnisation des Français dépossédés de biens situés dans un territoire antérieurement placé sous la souveraineté, le protectorat ou la tutelle de la France ;
- des articles 1 et 2 de la loi n°78-1 du 2 janvier 1978 relative à l'indemnisation des Français rapatriés d'outre-mer dépossédés de leurs biens ;
- des articles 1, 4, 5, 6 de la loi n°87-549 du 16 juillet 1987 relative au règlement de l'indemnisation des rapatriés.
Par un second mémoire distinct, enregistré le 9 octobre 2020, M. F et autres demandent au tribunal de transmettre au Conseil d'Etat, aux fins de transmission au Conseil constitutionnel, une question prioritaire de constitutionnalité portant sur la contrariété aux droits et libertés garantis par la Constitution, de la jurisprudence du Conseil d'Etat sur la portée effective des dispositions suivantes :
- de l'article 4 de la loi n°61-1439 du 26 décembre 1961 relative à l'accueil et à la réinstallation des Français d'outre-mer ;
- des dispositions des articles 1, 4, 6, 7, 11, 15, 16, 17, 22, 25, 27, 30-1, 32, 41 et 71 de la loi n°70-632 du 15 juillet 1970 relative à une contribution nationale à l'indemnisation des Français dépossédés de biens situés dans un territoire antérieurement placé sous la souveraineté, le protectorat ou la tutelle de la France ;
- des dispositions des articles 1 et 2 de la loi n°78-1 du 2 janvier 1978 relative à l'indemnisation des Français rapatriés d'outre-mer dépossédés de leurs biens ;
- des dispositions des articles 1, 4, 5, 6 de la loi n°87-549 du 16 juillet 1987 relative au règlement de l'indemnisation des rapatriés.
Par une ordonnance du 22 décembre 2020, la présidente de la 2ème chambre du tribunal administratif de Nice a refusé de transmettre au Conseil d'Etat les questions prioritaires de constitutionnalité soulevées par M. F et autres par des mémoires distincts enregistrés les 8 et 9 octobre 2020.
En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que les conclusions tendant à l'engagement de la responsabilité pour faute de l'Etat français du fait de son attitude équivoque lors de la proposition et de la négociation de l'accord franco-algérien du 23 avril 1987 et des accords d'Evian du 19 mars 1962 se rattachent à la conduite des relations entre la France et l'Algérie et échappent ainsi à la compétence de la juridiction administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du 22 décembre 2020, par laquelle la présidente de la 2ème chambre du tribunal a refusé de transmettre les questions prioritaires de constitutionnalité soulevées par M. F et autres.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- les déclarations gouvernementales du 19 mars 1962 relatives à l'Algérie, dites " accords d'Evian " ;
- l'accord franco-algérien du 23 avril 1987 ;
- la loi n° 61-1439 du 26 décembre 1961 ;
- la loi n° 70-632 du 15 juillet 1970 ;
- la loi n°72-650 du 11 juillet 1972 ;
- la loi n° 87-549 du 16 juillet 1987 ;
- le décret n° 70-1010 du 30 octobre 1970 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 mars 2023 :
- le rapport de Mme Gazeau,
- et les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. J F et Mme E F, parents et beaux-parents des requérants qui en sont ainsi les héritiers, décédés respectivement en 1978 et 2000, étaient propriétaires de biens en Algérie où ils s'étaient établis. Après la signature des accords d'Evian le 18 mars 1962, M. et Mme F ont quitté définitivement l'Algérie, accompagnés de leurs 4 enfants, en novembre 1962. Ayant été dépossédés de trois biens immobiliers sis en Algérie, ils ont perçu la somme globale de 1 005 821 francs au titre de l'avance provisoire et forfaitaire au sens de l'article 1er de la loi n° 70-632 du 15 juillet 1970 relative à une contribution nationale à l'indemnisation des Français dépossédés de biens situés dans un territoire antérieurement placé sous la souveraineté, le protectorat ou la tutelle de la France. Estimant avoir été dépossédés de la somme de 50 000 francs résultant du solde de la vente de leur résidence principale en Algérie et d'un atelier de réparation automobiles, laquelle serait bloquée par le Trésor public Algérien et pour laquelle ils n'auraient reçu aucun dédommagement de la part de l'Etat français, les enfants et la belle-fille B et Mme F ont sollicité, par lettres du 15 juillet 2019 adressées au ministre des affaires étrangères et à l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG), l'obtention d'une décision administrative aux fins d'indemnisation complète et intégrale de la dépossession alléguée. Ces demandes ont été rejetées, d'une part, du fait du silence gardé par le ministre des affaires étrangères, d'autre part, par une décision expresse du 20 août 2019 de l'ONACVG au motif que la mesure d'indemnisation sollicitée était atteinte de la forclusion prévue par l'article 4 de la loi n° 87-549 du 16 juillet 1987 relative au règlement de l'indemnisation des rapatriés. Par courrier du 4 octobre 2019, M. A F a contesté la forclusion opposée par l'ONACVG à sa demande. Les requérants demandent, par le présent recours, l'annulation de ces décisions. Ils sollicitent également la condamnation de l'Etat français à leur verser la somme de 1 274 930 euros en réparation des dommages qu'ils estiment avoir subis résultant, d'une part, de la faute commise par le gouvernement français, d'autre part, de la rupture d'égalité devant les charges publiques.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Si les requérants demandent l'annulation, d'une part, de la décision du 20 août 2019 de l'ONACVG, ainsi que de celles nées implicitement du silence gardé par cet établissement sur le recours formé le 4 septembre 2019, d'autre part, de décisions qui auraient été prises implicitement par le ministre des affaires étrangères, ces décisions n'ont toutefois pour objet que de lier le contentieux eu égard à l'objet de la demande des consorts F, lesquels, en formulant les conclusions précitées, ont donné à l'ensemble de leur requête le caractère d'un recours de plein contentieux sur le bien-fondé duquel il y a lieu de statuer.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. Aux termes de l'article 1er de la loi n° 61-1439 du 26 décembre 1961 relative à l'accueil et à la réinstallation des Français d'outre-mer : " Les Français, ayant dû ou estimé devoir quitter, par suite d'événements politiques, un territoire où ils étaient établis et qui était antérieurement placé sous la souveraineté, le protectorat ou la tutelle de la France, pourront bénéficier de la solidarité nationale affirmée par le préambule de la Constitution de 1946, dans les conditions fixées par la présente loi. () ". Aux termes de l'article 4 de cette loi : " Une loi de finances, dont le projet devra être déposé au plus tard le 30 juin 1962, dégagera les ressources complémentaires nécessaires à l'application des mesures prises en vertu de la présente loi et déterminera les procédures selon lesquelles ces ressources seront affectées au financement de ces mesures. / La défense des biens et des intérêts des personnes visées aux articles 1er et 3 ci-dessus ainsi que les opérations financières qui en résultent seront assurées par un organisme dont la composition, le fonctionnement et les attributions seront fixés ultérieurement par une loi. / Une loi distincte fixera, en fonction des circonstances, le montant et les modalités d'une indemnisation en cas de spoliation et de perte définitivement établies des biens appartenant aux personnes visées au premier alinéa de l'article 1er et au premier alinéa de l'article 3 ". Aux termes de l'article 1er de la loi n° 70-632 du 15 juillet 1970 relative à une contribution nationale à l'indemnisation des Français dépossédés de biens situés dans un territoire antérieurement placé sous la souveraineté, le protectorat ou la tutelle de la France : " Une contribution nationale à l'indemnisation prévue à l'article 4, troisième alinéa, de la loi n° 61-1439 du 26 décembre 1961 est accordée par l'Etat français aux personnes remplissant les conditions fixées au chapitre Ier du titre Ier de la présente loi. / Cette contribution a le caractère d'une avance sur les créances détenues à l'encontre des Etats étrangers ou des bénéficiaires de la dépossession ". Aux termes de l'article 66 de cette même loi : " L'indemnisation accordée par l'Etat français est susceptible de restitution :/ () Avant le 1er janvier 1972, le Gouvernement rendra compte, devant les commissions des affaires étrangères du Parlement, des négociations qu'il conduit avec les Etats où les dépossessions se sont produites, dans le but d'en obtenir l'indemnisation ". Et l'article 71 de cette loi dispose que : " L'application des dispositions de la présente loi ne peut entraîner d'autres charges pour l'Etat que celles qui y sont expressément prévues () ". Enfin, les accords d'Evian du 19 mars 1962 précisent, en son article 5, que : " aucune mesure arbitraire ou discriminatoire ne sera prise à l'encontre des biens, intérêts et droits acquis des ressortissants français. Nul ne peut être privé de ses droits, sans une indemnité équitable préalablement fixée ".
4. Les requérants soutiennent qu'ils ont subi des préjudices du fait de l'atteinte portée à leur droit de propriété résultant de la dépossession de leurs biens et de l'absence d'indemnisation intégrale de la perte de ces biens.
5. En premier lieu, les préjudices invoqués par les consorts F ne trouvent pas leur origine directe dans le fait de l'Etat français et ne sauraient, dès lors, engager la responsabilité de ce dernier sur le fondement du principe de l'égalité devant les charges publiques.
6. En deuxième lieu, les requérants soutiennent que l'Etat a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en raison de l'apparence de garantie de sauvegarde des biens dont les rapatriés d'Algérie ont été dépossédés, que l'Etat français leur a donné tant par les lois du 26 décembre 1961 et 15 juillet 1970 que par les stipulations de l'accord franco-algérien du 23 avril 1987 et les stipulations des accords d'Evian du 19 mars 1962 ainsi que les conditions dans lesquelles ces accords ont été proposés et négociés.
7. Toutefois, d'une part, les préjudices que les requérants imputent au contenu des accords d'Evian et de l'accord franco-algérien du 23 avril 1987, ainsi qu'aux conditions de négociation de ceux-ci, se rattachent à la conduite des relations entre la France et l'Algérie et ne sauraient, par suite, engager la responsabilité de l'Etat sur le fondement de la faute. Dès lors, de telles conclusions tendant à l'engagement de la responsabilité pour faute de l'Etat français du fait de son attitude équivoque lors de la proposition et de la négociation de ces accords échappent à la compétence de la juridiction administrative.
8. D'autre part, il résulte des dispositions de la loi du 26 décembre 1961 que celle-ci n'a elle-même crée aucun droit à indemnité à raison des spoliations dont ont pu être victimes les personnes qui y sont visées. En outre, il résulte des dispositions précitées de la loi du 15 juillet 1970 que le législateur n'a pas prévu d'indemnisation intégrale des rapatriés qui ont été dépossédés de leurs biens, mais de verser une contribution de solidarité attribuée à titre d'avance. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la loi du 26 décembre 1961 et la loi du 15 juillet 1970 auraient posé le principe d'une indemnisation intégrale et que l'Etat aurait ainsi commis une faute en ne leur versant pas une indemnisation destinée à couvrir la totalité du préjudice subi.
9. Enfin, ni l'accord du 23 avril 1987, ni l'accord d'Evian du 19 mars 1962 ni les lois des 26 décembre 1961 et 15 juillet 1970 ne comportent d'engagement ou de promesse de l'Etat français relative à l'indemnisation intégrale par la France des préjudices subis par les propriétaires français dépossédés de leurs biens en Algérie, en cas de défaillance de l'Etat algérien.
10. Il suit de là que la responsabilité de l'Etat français ne saurait être engagée au motif de ce que les autorités françaises auraient, par les lois précitées, créé une apparence de garantie d'indemnisation intégrale au profit des rapatriés d'Algérie.
11. En troisième lieu, les consorts F soutiennent que l'Etat a commis une faute du fait de sa carence à rechercher par la voie de négociations le recouvrement de la créance internationale publique que la France détiendrait sur l'Algérie au titre des dépossessions de biens des rapatriés.
12. Toutefois, ainsi qu'il a été dit, le législateur n'a pas entendu assurer une réparation intégrale des préjudices subis par les rapatriés d'Algérie ayant été dépossédés de leurs biens. En outre, il ne résulte pas des termes des textes précités et notamment de ceux de la loi du 15 juillet 1970 que l'Etat français disposerait d'une créance exigible sur l'Etat algérien, ni que l'Etat français, par la loi du 15 juillet 1970, se serait engagé, alors que le législateur ne peut lui-même se lier, à entrer en voie de négociations avec l'Algérie pour obtenir, de sa part, une indemnisation. La responsabilité pour faute de l'Etat ne peut dès lors être recherchée à ce titre.
13. Enfin, si les requérants soutiennent que l'attitude et le comportement de l'Etat français constituent une violation des droits fondamentaux reconnus par la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ils n'assortissent pas ce moyen des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé.
14. Il résulte de ce qui précède, que les consorts F ne sont pas fondés à rechercher la responsabilité de l'Etat sur le terrain de la faute et sur celui de la rupture d'égalité devant les charges publiques.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par les consorts F doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir ainsi que l'exception de déchéance quadriennale et de prescription quadriennale opposées en défense, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête B F et autres est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A F, à M. D F, à M. H F, à Mme I F née G et au ministre des armées.
Copie en sera adressée au ministre de l'Europe et des affaires étrangères et à l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Chevalier-Aubert, présidente,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.
La rapporteure,
signé
D. Gazeau
La présidente,
signé
V. Chevalier-Aubert La greffière,
signé
B-P. Antoine
La République mande et ordonne au ministre des Armées en ce qui le concerne
ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun,
contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026