LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-1906156

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-1906156

mercredi 21 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-1906156
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantGOBILLOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 16 décembre 2019, 12 juillet 2022 et 4 novembre 2022, Mme A C, représentée Me Gobillot, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler le titre de recette émis le 7 mars 2019 par le centre hospitalier de Grasse en vue du recouvrement de la somme de 19 901,44 euros correspondant à des émoluments indûment perçus en raison de 146 demi-journées d'absence sur la période du 1er janvier 2018 au 31 octobre 2018 ;

2°) d'enjoindre au centre hospitalier de Grasse de lui reverser une somme de

19 915,63 euros correspondant aux retenues effectuées sur son traitement ;

3°) de condamner le centre hospitalier de Grasse à lui verser une somme de

15 000 euros en réparation du préjudice moral qu'elle estime avoir subi ;

4°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Grasse une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- les tableaux de services sur lesquels le centre hospitalier s'est fondé pour procéder aux retenues sur son traitement ne sont pas signés ni contresignés et ne sont pas motivés ; en outre, ces tableaux ne revêtent aucun caractère probant ; ils ont été remplis de manière arbitraire par son chef de service ; par suite, ses absences de service ne sont pas matériellement établies ;

- les retenues sur traitement attaquées constituent un détournement de pouvoir et un détournement de procédure ;

- elle n'a pas bénéficié d'un accompagnement médical et psychologique alors que son état de santé le justifiait, et elle a été victime de faits de harcèlement moral ; le préjudice moral qui résulte de ces fautes doit être réparé à hauteur de 15 000 euros.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 27 mai 2022 et 14 octobre 2022, le centre hospitalier de Grasse, représenté par Me Cecere, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que Mme C lui verse une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- à titre principal, la requête présentée par Mme C est irrecevable dès lors que :

- en premier lieu, elle ne contient aucun moyen ni conclusion en méconnaissance des dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;

- en deuxième lieu, elle ne comporte que des moyens inopérants au sens des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative ;

- en troisième lieu, d'une part, l'acte attaqué n'est pas produit, et, d'autre part, elle n'est pas dirigée à l'encontre d'une décision administrative susceptible de recours en méconnaissance des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative ;

- les conclusions indemnitaires de Mme C sont irrecevables dès lors, d'une part, qu'elles n'ont pas été précédées d'une demande indemnitaire préalable en méconnaissance des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative et, d'autre part, qu'elles ne sont pas chiffrées ;

- à titre subsidiaire, le moyen tiré de l'absence de signature des tableaux de service est inopérant et les autres moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 décembre 2022 :

- le rapport de Mme Bergantz, conseillère ;

- les conclusions de M. Ringeval, rapporteur public ;

- et les observations de Me Cecere, représentant le centre hospitalier de Grasse.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, praticienne hospitalière, a été nommée en qualité de médecin des hôpitaux à temps plein au centre hospitalier de Grasse à compter du 1er janvier 2010, au sein du service de gastro-entérologie. Constatant que sa présence dans le service n'était pas établie pour 146 demi-journées, soit 73 journées, sur la période du 1er janvier 2018 au 31 octobre 2018, le directeur du centre hospitalier de Grasse a émis à son encontre un titre de recette mettant à sa charge une somme de 19 901,44 euros, au titre du trop-perçu de rémunération correspondant à ces absences. Mme C, qui demande à ce que soient jugées illégales les retenues sur traitement effectuées par le centre hospitalier de Grasse, doit être regardée comme demande l'annulation du titre de recette du 7 mars 2019.

Sur les conclusions à fins d'annulation et d'injonction :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 6152-27 du code de la santé publique, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : " Le service hebdomadaire est fixé à dix demi-journées, sans que la durée de travail puisse excéder quarante-huit heures par semaine, cette durée étant calculée en moyenne sur une période de quatre mois. Lorsqu'il est effectué la nuit, celle-ci est comptée pour deux demi-journées. () ". Aux termes de l'article R. 6152-23 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " Les praticiens perçoivent, après service fait, attesté par le tableau mensuel de service réalisé, validé par le chef de pôle ou, à défaut, par le responsable du service, de l'unité fonctionnelle ou d'une autre structure interne : / 1° Des émoluments mensuels variant selon l'échelon des intéressés (). "

3. Il résulte de ces dispositions que la rémunération des praticiens hospitaliers à temps plein ne leur est versée qu'après service fait, sur la base d'un tableau mensuel validé.

4. Il résulte de l'instruction, en particulier des tableaux de service " Médecine B " de l'année 2018 produits par le centre hospitalier de Grasse, que l'absence du docteur C a été constatée pour 146 demi-journées sur la période du 1er janvier 2018 au 31 octobre 2018. Ces tableaux de service, établis conformément aux dispositions précitées de l'article R. 6152-23 du code de la santé publique, permettent, de manière probante, d'attester le service fait, et a fortiori l'absence de service fait, d'un praticien hospitalier, quand bien même certains de ces tableaux sont dépourvus de la signature du chef de service. En outre, contrairement à ce que fait valoir Mme C, il ne résulte pas de l'instruction que ces absences auraient été inscrites " de manière arbitraire " par son chef de service. Enfin, si elle conteste la matérialité des absences pour lesquelles elle a été tenue redevable des sommes en litige, elle n'apporte aucun élément de nature à démontrer qu'elle aurait au contraire respecté ses obligations de service, alors qu'il résulte par ailleurs de l'instruction que certaines de ces absences sont corroborées par les graves dysfonctionnements qu'elles ont entraînés au sein du service de gastro-entérologie. Ainsi, les absences du docteur C lors de 146 demi-journées, soit 73 journées, sur la période du 1er janvier 2018 au 31 octobre, doivent être regardées comme matériellement établies. Par suite, le centre hospitalier de Grasse était fondé à émettre le titre de recette attaqué en répétition des sommes indument versées à Mme C en l'absence de service fait.

5. En second lieu, le docteur C soutient que le titre de recette litigieux est entaché, d'une part, d'un détournement de pouvoir, car utilisé pour " assouvir une rancœur personnelle " du docteur B envers elle, et, d'autre part, d'un détournement de procédure car pris en lieu et place d'une sanction disciplinaire. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que le centre hospitalier de Grasse, qui a par le titre de recette du 7 mars 2019 seulement tiré les conséquences des absences de service fait de Mme C, ait eu l'intention de la sanctionner. Par suite, les détournements de pouvoir et de procédure allégués ne sont pas établis.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation du titre de recette du 7 mars 2019. Par voie de conséquence, les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au centre hospitalier de Grasse de reverser les sommes retenues sur son traitement au titre des absences de service fait doivent également être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

7. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ".

8. Mme C demande la condamnation du centre hospitalier de Grasse à lui verser une somme de 15 000 euros au titre du préjudice moral qu'elle estime avoir subi à raison de l'absence d'accompagnement médical et psychologique dont elle aurait dû bénéficier et du harcèlement moral qu'elle aurait subi. Toutefois, ces conclusions indemnitaires n'ont été précédées d'aucune demande préalable exigée par les dispositions précitées de l'article R. 421-1 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée en défense et de rejeter les conclusions indemnitaires présentées par Mme C.

Sur les frais liés au litige :

9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de Grasse, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme C une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par le centre hospitalier de Grasse et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Mme C versera au centre hospitalier de Grasse une somme de

1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au centre hospitalier de Grasse.

Délibéré après l'audience du 14 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Emmanuelli, président,

Mme Chevalier, conseillère,

Mme Bergantz, conseillère,

assistés de M. Crémieux, greffier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2022.

La rapporteure,

Signé

A. BERGANTZ

Le président,

Signé

O. EMMANUELLILe greffier,

Signé

D. CREMIEUX

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière.

No 1906156

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions