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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2000056

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2000056

jeudi 15 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2000056
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantCIAUDO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 janvier 2020, la société Krust Electricité, représentée par son gérant en exercice, ayant pour avocat Me Ciaudo, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2014, 2015 et 2016 et de taxe sur la valeur ajoutée auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2014, 2015 et 2016 pour un montant total, en droits et en pénalités, de 91 133 euros.

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la vérification de comptabilité est irrégulière dès lors que le vérificateur a poursuivi au-delà du délai de trois mois prévu par l'article L. 52 du livre des procédures fiscales l'examen critique des pièces comptables ;

- l'administration fiscale dispose de toutes les pièces comptables nécessaires afin de remonter à l'origine du crédit de taxe sur la valeur ajoutée d'un montant de 89 127 euros ; il est impossible de joindre tous les éléments comptables qui doivent rester dans le cabinet comptable désigné par le contribuable ; aux termes de l'article L. 13 du livre des procédures fiscales la vérification de comptabilité doit avoir lieu sur place ;

- si au titre de l'exercice clos le 30 septembre 2016, le service a constaté que le compte de taxe sur la valeur ajoutée à régulariser présentait un solde créditeur de 67 638 euros, cette situation a été régularisée sur la déclaration CA3 du mois de novembre 2016 qui fait apparaître un montant de 67 639 euros en ligne 0600 ;

- l'entreprise a été victime d'une inondation de ses locaux professionnels les 3 et 4 octobre 2015 lors des fortes intempéries qui se sont abattues sur la région, ce qui a nécessité la fermeture de l'entreprise durant plusieurs semaines et qui explique les difficultés qu'elle a rencontrées lors de la vérification ;

- la majoration de 40 % prévue par l'article 1729 du code général des impôts n'est pas fondée, dès lors que c'est l'imprécision des demandes du service qui a été mis en présence de la totalité de la comptabilité et des pièces justificatives qui est à l'origine de cette rectification.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mars 2020, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Cherief conseiller ;

- et les conclusions de Mme Perez, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La société Krust Electricité est une société qui exploite un fonds de commerce d'électricité générale du bâtiment. A la suite d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er octobre 2013 au 30 septembre 2016 l'administration fiscale a procédé à des rectifications en matière de taxe sur la valeur ajoutée au titre des années 2014 à 2016 et d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2014, 2015 et 2016. A la suite du rejet de sa réclamation préalable, intervenu le 9 décembre 2019, la société Krust Electricité demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre de ses exercices clos en 2014, 2015 et 2016 et de taxe sur la valeur ajoutée auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2014, 2015 et 2016 pour un montant total, en droits et en pénalités, de 91 133 euros.

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

2. Aux termes de l'article 52 du livre des procédures fiscales : " " I. - Sous peine de nullité de l'imposition, la vérification sur place des livres ou documents comptables ne peut s'étendre sur une durée supérieure à trois mois en ce qui concerne : / 1° Les entreprises industrielles et commerciales ou les contribuables se livrant à une activité non commerciale dont le chiffre d'affaires ou le montant annuel des recettes brutes n'excède pas les limites prévues au I de l'article 302 septies A du code général des impôts ; () II. - Par dérogation au I, l'expiration du délai de trois mois n'est pas opposable à l'administration : / 1° Pour l'instruction des observations ou des requêtes présentées par le contribuable, après l'achèvement des opérations de vérification ; / 2° Pour l'examen, en vertu de l'article L. 12, des comptes financiers utilisés à titre privé et professionnel ; / 3° Pour la vérification, en vertu de l'article L. 13, des comptes utilisés pour l'exercice d'activités distinctes ; / 4° En cas de graves irrégularités privant de valeur probante la comptabilité. Dans ce cas, la vérification sur place ne peut s'étendre sur une durée supérieure à six mois. / 5° Elle ne l'est pas non plus pour la vérification de comptabilité de l'année ou de l'exercice au cours duquel l'administration a dressé un procès-verbal de flagrance fiscale dans les conditions prévues à l'article L. 16-0 BA, ainsi que pour la vérification des années antérieures ; / 6° Lorsqu'à la date d'expiration de ce délai, une enquête judiciaire ou une information ouverte par l'autorité judiciaire dans le cas mentionné à l'article L. 188 B est en cours ; / 7° Si le contribuable s'est livré à une activité occulte, au sens du deuxième alinéa de l'article L. 169. () ". Aux termes du I de l'article 302 septies A du code général des impôts : " Il est institué par décret en Conseil d'Etat un régime simplifié de liquidation des taxes sur le chiffre d'affaires dues par les personnes dont le chiffre d'affaires, ajusté s'il y a lieu au prorata du temps d'exploitation au cours de l'année civile, n'excède pas 783 000 €, s'il s'agit d'entreprises dont le commerce principal est de vendre des marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place ou de fournir le logement, ou 236 000 €, s'il s'agit d'autres entreprises. Ces limites s'apprécient en faisant abstraction de la taxe sur la valeur ajoutée et des taxes assimilées. () ".

3. Il résulte de l'instruction que le chiffre d'affaires hors taxe de la société requérante s'élève à 343 094 euros en 2014, 284 546 euros en 2015 et 516 025 euros en 2016. Si la société exerce une activité mixte de prestations de services et de vente, dès lors que, pour la réalisation des travaux commandés, elle fournit directement divers matériaux ainsi que les matières premières en plus de la main d'œuvre, il est constant que les déclarations de résultats de la société Krust Electricité mentionnent uniquement des prestations de services, l'administration fiscale relevant à ce propos que, dans la comptabilité de la société, seuls les comptes de produits 704 " Travaux " ont été mouvementés au cours de la période vérifiée. En outre, il résulte également de l'instruction que les différentes factures présentées par la société requérante ne font aucune distinction entre la main-d'œuvre et les marchandises installées. Ainsi, la fourniture de matériaux constitue pour la société un élément indissociable de la prestation globale de travaux qu'elle réalise dans le cadre de son activité d'exploitation d'un fonds de commerce d'électricité générale du bâtiment, laquelle a la nature d'une prestation de services, et non une activité distincte de vente de marchandises, détachable de cette prestation. La société Krust Electricité ne saurait, par conséquent, utilement se prévaloir de la circonstance que la vérification de comptabilité dont elle a fait l'objet a excédé le délai de trois mois prévu à l'article L. 52 du livre des procédures fiscales dès lors que ses chiffres d'affaires hors-taxes pour les exercices clos en 2014, 2015 et 2016 excédaient le montant de 234 000 euros, porté à 236 000 euros à compter du 30 mai 2014, au-dessous duquel une entreprise exerçant une activité de prestations de service ne peut faire l'objet d'une vérification de comptabilité excédant une durée de trois mois en vertu du 1° du I de l'article 52 du livre des procédures fiscales. Par suite, ce moyen doit être écarté comme étant inopérant.

Sur le bien-fondé de l'imposition en litige :

En ce qui concerne le crédit de taxe sur la valeur ajoutée afférant au mois d'octobre 2013 :

4. Aux termes de l'article 271 du code général des impôts : " I. 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération. / 2. Le droit à déduction prend naissance lorsque la taxe déductible devient exigible chez le redevable. / Toutefois, les personnes qui effectuent des opérations occasionnelles soumises à la taxe sur la valeur ajoutée n'exercent le droit à déduction qu'au moment de la livraison. / La déduction de la taxe ayant grevé les biens et les services est opérée par imputation sur la taxe due par le redevable au titre du mois pendant lequel le droit à déduction a pris naissance. / II. 1. Dans la mesure où les biens et les services sont utilisés pour les besoins de leurs opérations imposables, et à la condition que ces opérations ouvrent droit à déduction, la taxe dont les redevables peuvent opérer la déduction est, selon le cas : / a) Celle qui figure sur les factures établies conformément aux dispositions de l'article 289 et si la taxe pouvait légalement figurer sur lesdites factures ; / b) Celle qui est due à l'importation ; / c) Celle qui est acquittée par les redevables eux-mêmes lors de l'achat ou de la livraison à soi-même des biens ou des services ; / d) Celle qui correspond aux factures d'acquisition intracommunautaire établies conformément à la réglementation communautaire dont le montant figure sur la déclaration de recettes conformément au b du 5 de l'article 287. / 2. La déduction ne peut pas être opérée si les redevables ne sont pas en possession soit desdites factures, soit de la déclaration d'importation sur laquelle ils sont désignés comme destinataires réels. Pour les acquisitions intracommunautaires, la déduction ne peut être opérée que si les redevables ont fait figurer sur la déclaration mentionnée au d du 1 toutes les données nécessaires pour constater le montant de la taxe due au titre de ces acquisitions et détiennent des factures établies conformément à la réglementation communautaire. Toutefois, les redevables qui n'ont pas porté sur la déclaration mentionnée au d du 1 le montant de la taxe due au titre d'acquisitions intracommunautaires sont autorisés à opérer la déduction lorsque les conditions de fond sont remplies et sous réserve de l'application de l'amende prévue au 4 de l'article 1788 A. () ". Aux termes de l'article 289 du même code : " I. - 1. Tout assujetti est tenu de s'assurer qu'une facture est émise, par lui-même, ou en son nom et pour son compte, par son client ou par un tiers : a. Pour les livraisons de biens ou les prestations de services qu'il effectue pour un autre assujetti, ou pour une personne morale non assujettie, et qui ne sont pas exonérées en application des articles 261 à 261 E ; () / 3. La facture est, en principe, émise dès la réalisation de la livraison ou de la prestation de services. () / 4. L'assujetti doit conserver un double de toutes les factures émises. () ". Aux termes de l'article L. 177 du livre des procédures fiscales : " En ce qui concerne la taxe sur la valeur ajoutée déductible dans les conditions fixées par l'article 271 du code général des impôts, les redevables doivent justifier du montant de la taxe déductible et du crédit de taxe dont ils demandent à bénéficier, par la présentation de documents même établis antérieurement à l'ouverture de la période soumise au droit de reprise de l'administration. ".

5. Il résulte de l'instruction que la société Krust Electricité a déclaré, sur sa déclaration 3310-CA3 au titre du mois de septembre 2013, un crédit de taxe sur la valeur ajoutée de 89 827 euros qu'elle a reporté sur la déclaration souscrite au mois d'octobre 2013. Si la société Krust Electricité fait valoir qu'elle a transmis à l'administration fiscale le compte 4456 relatif à l'exercice clos en 2013 et un tableau récapitulatif du compte " TVA déductible " pour les exercices clos le 30 septembre 2012 et le 30 septembre 2013, il est constant que ces écritures comptables ne mentionnent que des masses de débits d'un montant de 106 778,94 euros pour 2012 et de 88 843,64 euros pour 2013, ces seuls éléments n'étant pas de nature à justifier, à eux seuls, de l'existence d'un droit à déduction au profit de la société requérante qui n'a produit, à l'appui de sa requête aucune facture d'achat. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a pu procéder au rappel de taxe sur la valeur ajoutée litigieux pour un montant de 89 827 euros.

En ce qui concerne l'insuffisance de taxe sur la valeur ajoutée déclarée :

6. Aux termes de l'article 256 du code général des impôts : " I. Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel ; () ". Aux termes de l'article 269 du même code : " 2. La taxe est exigible : / () c) Pour les prestations de services autres que celles visées au b bis, lors de l'encaissement des acomptes, du prix, de la rémunération ou, sur option du redevable, d'après les débits ". Aux termes de l'article 266 de ce code : " 1. La base d'imposition est constituée : / a) Pour les livraisons de biens, les prestations de services et les acquisitions intracommunautaires, par toutes les sommes, valeurs, biens ou services reçus ou à recevoir par le fournisseur ou le prestataire en contrepartie de ces opérations, de la part de l'acheteur, du preneur ou d'un tiers, y compris les subventions directement liées au prix de ces opérations ; () ".

7. La société Krust Electricité soutient qu'elle a procédé, sur la déclaration de taxe sur la valeur ajoutée déposée au titre du mois de novembre 2016, à une régularisation de la taxe sur la valeur ajoutée collectée à hauteur d'un montant de 67 639 euros et que ce montant doit par conséquent être déduit des rappels de taxe sur la valeur ajoutée prononcés à son encontre. Toutefois, d'une part, cette régularisation, postérieure à la période vérifiée, à savoir la période du 1er octobre 2013 au 30 septembre 2016, est sans incidence sur le bien-fondé des rappels en litige. Au demeurant, l'administration fiscale fait valoir en défense, d'une part, que la société requérante ne joint aucun élément permettant de s'assurer formellement que cette régularisation correspond à la taxe sur la valeur ajoutée collectée et non reversée sur le chiffre d'affaires de la période vérifiée dès lors que cette régularisation est déclarée comme une " TVA antérieurement déduite à reverser " et, d'autre part, que la société Krust Electricité n'a pas justifié le compte " TVA à régulariser " qui s'élève à la somme de 68 996 euros concernant l'exercice clos le 30 septembre 2016. Par suite, le moyen tiré de l'existence d'une régularisation de la taxe sur la valeur ajoutée dans la déclaration afférente au mois de novembre 2016 doit être écarté.

En ce qui concerne la TVA déductible sur créances irrécouvrables :

8. Aux termes de l'article 272 du code général des impôts : " 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a été perçue à l'occasion de ventes ou de services est imputée ou remboursée dans les conditions prévues à l'article 271 lorsque ces ventes ou services sont par la suite résiliés ou annulés ou lorsque les créances correspondantes sont devenues définitivement irrécouvrables. () ".

9. Il résulte de l'instruction que la société Krust Electricité a comptabilisé, au cours des exercices clos en 2014 et 2015, des créances irrécouvrables pour un montant de 606 euros au titre de l'exercice clos en 2014 et de 303 euros au titre de l'exercice clos en 2015 que l'administration a remis en cause. Il en est résulté un rappel de taxe sur la valeur ajoutée de 606 euros et de 303 euros. Pour obtenir la décharge de ce rappel, la société requérante soutient que l'entreprise a été victime d'une inondation de ses locaux professionnels les 3 et 4 octobre 2015 lors des fortes intempéries qui se sont abattues sur la région, ce qui a nécessité la fermeture de l'entreprise durant plusieurs semaines et qui explique les difficultés qu'elle a rencontrées lors de la vérification de comptabilité dont elle a fait l'objet. Toutefois, en se bornant à se prévaloir de cette circonstance, la société requérante ne peut être regardée comme justifiant du caractère irrécouvrable desdites créances et n'est, par suite, pas fondée à demander la décharge du rappel de taxe sur la valeur ajoutée susmentionné. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne les notes d'avoirs :

10. Aux termes de l'article 267 du code général des impôts : Aux termes de l'article 267 du code général des impôts : " () / II. - Ne sont pas à comprendre dans la base d'imposition : / 1° Les escomptes de caisse, remises, rabais, ristournes et autres réductions de prix consenties directement aux clients ; () ".

11. Il résulte de l'instruction, et en particulier de la proposition de rectification du 29 novembre 2017, qu'à l'occasion des opérations de contrôle, l'administration fiscale a constaté que, pour les exercices clos en 2015 et 2016, les produits perçus par la société Krust Electricité avaient été minorés par des débits correspondant, selon la société requérante, à des prestations facturées mais non réglées par ses clients. Pour contester les rappels de taxe sur la valeur ajoutée déduite au titre des avoirs sur factures de 2 895 euros au titre de l'année 2015 et de 266 € au titre de l'année 2016, la société requérante fait valoir qu'en raison des fortes intempéries mentionnées au point 9 du présent jugement, elle n'a pas été en mesure de justifier auprès de l'administration fiscale de l'envoi des avoirs aux clients. Toutefois en se bornant à se prévaloir de cette circonstance, la société requérante ne peut être regardée comme justifiant de l'émission d'avoirs ou de l'annulation des factures correspondant aux prestations exécutées par la société, alors que l'administration fiscale fait valoir en défense, sans être contredite, qu'au moins un client de la société requérante s'est acquitté en totalité de sa facture et qu'il n'a jamais été destinataire d'aucun avoir. Ainsi, la société requérante n'est pas fondée à demander la décharge du rappel de taxe sur la valeur ajoutée susmentionné. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne les charges réintégrées dans les résultats imposables à l'impôt sur les sociétés :

12. En se bornant à faire valoir que les créances irrécouvrables ainsi que les annulations de factures et l'émission d'avoirs constituaient des charges qui ont également été réintégrées dans les résultats imposables à l'impôt sur les sociétés, la société Krust Electricité n'assortit le moyen ainsi soulevé d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen, à le supposer soulevé, doit être écarté.

Sur les pénalités :

13. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ". La pénalité pour manquement délibéré prévue par ces dispositions a pour seul objet de sanctionner la méconnaissance par le contribuable de ses obligations déclaratives. Pour établir ce manquement délibéré, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt.

14. En l'espèce, pour justifier l'application de la majoration de 40 % pour manquement délibéré sur le rappel de crédit de taxe sur la valeur ajoutée sur l'exercice clos le 30 septembre 2014, l'administration fiscale s'est fondée sur les graves irrégularités comptables, résultant d'actes volontaires destinés à donner l'apparence de la sincérité à des déclarations inexactes, ainsi que sur l'importance du report de crédit, qui s'élève à 89 827 euros à l'ouverture de la période vérifiée (1er octobre 2013). Si la société requérante soutient que c'est l'imprécision des demandes du service qui a été mis en présence de la totalité de la comptabilité et des pièces justificatives qui est à l'origine de la rectification litigieuse, il résulte de l'instruction que la société requérante n'a pas été en mesure de justifier du montant de ce crédit lors des opérations de contrôle, ainsi que cela a été rappelé au paragraphe 5 du présent jugement. L'administration doit, par suite, être regardée comme apportant la preuve, qui lui incombe, de l'intention délibérée de la société requérante d'éluder l'impôt.

Sur les frais liés au litige :

15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante une quelconque somme. Les conclusions présentées sur ce fondement par la société requérante doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de la société Krust Electricité est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Krust Electricité, ainsi qu'au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.

Délibéré après l'audience du 25 mai 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Mear, présidente,

Mme Kolf, conseillère,

M. Cherief, conseiller,

assistés de Mme Sussen, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.

Le rapporteur,

signé

H. CHERIEF

La présidente,

signé

J. MEAR

La greffière,

signé

C. SUSSEN

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière,

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