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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2000416

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2000416

mardi 9 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2000416
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantDE LA GRANGE & FITOUSSI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 27 janvier 2020, le 3 mars 2021 et le 24 février 2022, M. C A, représenté par Me Azzari, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner solidairement l'office national d'indemnisation des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), le centre hospitalier universitaire (CHU) de Nice et son assureur, la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM) à lui verser une somme de 264 527,01 euros en réparation des préjudices résultant de l'aléa thérapeutique dont il a été victime suite à l'intervention pratiquée au centre hospitalier universitaire de Nice le 8 juin 2017 ;

2°) de condamner solidairement l'ONIAM, le CHU de Nice et la SHAM à lui verser la somme de 3 000 euros au titre des dépens ;

3°) de mettre à la charge solidaire de l'ONIAM, du CHU de Nice et de la SHAM une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il a été opéré le 9 juin 2017 pour une arthrodèse par voie antérieure C5, C6 et C7 en raison d'un canal cervical étroit et des ostéophytes antérieurs ; il a été réopéré le 10 juin 2017 suite à une aggravation neurologique avec une paraparésie sévère des membres inférieurs ;

- la responsabilité de l'ONIAM est engagée au titre de la solidarité nationale sur le fondement de l'article L. 1142-1 II du code de la santé publique ; il a été victime d'un aléa thérapeutique ;

- il est fondé à demander l'indemnisation des préjudices qu'il estime avoir subis et se décomposant comme suit :

* perte de gains professionnels actuels : 12 376 euros ;

* déficit fonctionnel temporaire : 9 420 euros ;

* souffrances endurées avant consolidation : 20 000 euros ;

* préjudice esthétique temporaire : 1 000 euros ;

* dépenses de santé futures :

* pertes de gains professionnels futurs : 100 581,01 euros ;

* déficit fonctionnel permanent : 83 200 euros ;

* préjudice esthétique permanent : 5 000 euros ;

* préjudice d'agrément : 5 000 euros ;

* préjudice sexuel : 20 000 euros ;

* frais divers : 7 950 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 19 février 2021 et le 3 mai 2021, le centre hospitalier universitaire (CHU) de Nice et la société hospitalière d'assurances mutuelles, représentés par Me Chas, concluent à ce qu'ils soient mis hors de cause.

Ils font valoir que :

- aucune faute ne leur est reprochée, les soins ont été dispensés dans les règles de l'art ;

- l'action est engagée sur le fondement de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique.

Par un mémoire, enregistré le 23 février 2022, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me de la Grange, conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête et à sa mise hors de cause ;

2°) à titre subsidiaire, à la désignation d'un expert compétent en neurochirurgie ;

3°) et au rejet de toutes les autres demandes.

Il fait valoir :

- les critères d'intervention de l'ONIAM au titre de la solidarité nationale ne sont pas réunis ; la persistance des déficits neurologiques à droite résulte d'un échec thérapeutique et non d'un accident médical au sens du code de la santé publique ; l'apparition de déficit neurologique à gauche ne remplit pas les critères de gravité permettant l'intervention de la solidarité nationale ;

- si le tribunal estimait ne pas être suffisamment informé, il ne s'oppose pas à la prescription d'une mesure d'expertise judiciaire.

Par un mémoire enregistré le 3 mars 2022, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Var indique qu'elle n'entend pas intervenir dans la présence instance, que le requérant a été pris en charge au titre du risque maladie et que le montant définitif des débours s'élève à la somme de 279 917, 21 euros.

Par ordonnance du 24 février 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 7 mars 2022 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 décembre 2023 :

- le rapport de Mme Chaumont, conseillère,

- les conclusions de Mme Moutry, rapporteure publique,

- et les observations de Me Azzari, représentant M. A, et de Me Fernez, représentant le CHU de Nice et la SHAM.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A, alors âgé de 50 ans, a présenté une névralgie cervico-brachiale droite en début d'année 2017 avec un rétrécissement canalaire au niveau C5-C6 et C6-C7 et myélopathie en regard. Il a été hospitalisé dans le service de neurochirurgie du CHU de Nice à compter du 8 juin 2017 où il a bénéficié, le 9 juin 2017, d'une arthrodèse C5-C6 et C6-C7. A la suite de cette intervention, il a présenté une parésie sévère des membres inférieurs ainsi qu'une atteinte du côté gauche. La présence d'un œdème médullaire a justifié une laminectomie cervicale, réalisée le 10 juin suivant. Le 23 janvier 2019, l'intéressé a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) Provence Alpes Côte d'Azur (PACA) d'une demande d'indemnisation. Le docteur B, expert, a remis son rapport le 29 juillet 2019. Par un avis du 25 octobre 2019, la CCI PACA a considéré que la responsabilité du CHU de Nice n'était pas engagée et qu'aucun accident médical n'était caractérisé. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de condamner solidairement l'ONIAM, le CHU de Nice et son assureur, la SHAM, à lui verser une somme de 264 527, 01 euros en réparation des préjudices subis.

Sur le principe de responsabilité :

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre le CHU de Nice et son assureur :

2. Il ressort du rapport d'expertise du docteur B que, d'une part, M. A a été pleinement informé des risques encourus, que l'information délivrée a été correcte permettant de recueillir son consentement éclairé et, d'autre part, que les soins ont été dispensés dans les règles de l'art, qu'il s'agisse de la prise en charge initiale comme de la prise en charge de la complication hémorragique.

3. Dans ces conditions, il résulte de ce qui précède que le CHU de Nice n'a commis aucune faute susceptible d'engager sa responsabilité, de sorte que les conclusions de M. A dirigées à son encontre et à l'encontre de son assureur, la SHAM, ne peuvent qu'être rejetées.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre l'ONIAM :

4. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret ". Aux termes de l'article D. 1142-1 du même code : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24 %. / Présente également le caractère de gravité mentionné au II de l'article L. 1142-1 un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ayant entraîné, pendant une durée au moins égale à six mois consécutifs ou à six mois non consécutifs sur une période de douze mois, un arrêt temporaire des activités professionnelles ou des gênes temporaires constitutives d'un déficit fonctionnel temporaire supérieur ou égal à un taux de 50 %. / A titre exceptionnel, le caractère de gravité peut être reconnu : 1° Lorsque la victime est déclarée définitivement inapte à exercer l'activité professionnelle qu'elle exerçait avant la survenue de l'accident médical, de l'affection iatrogène ou de l'infection nosocomiale ; 2° Ou lorsque l'accident médical, l'affection iatrogène ou l'infection nosocomiale occasionne des troubles particulièrement graves, y compris d'ordre économique, dans ses conditions d'existence. ".

5. Il résulte de ces dispositions que l'ONIAM doit assurer, au titre de la solidarité nationale, la réparation de dommages résultant directement d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins à la double condition qu'ils présentent un caractère d'anormalité au regard de l'état de santé du patient comme de l'évolution prévisible de cet état et que leur gravité excède le seuil défini à l'article D. 1142-1.

6. D'une part, la condition d'anormalité du dommage prévue par ces dispositions doit toujours être regardée comme remplie lorsque l'acte médical a entraîné des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé de manière suffisamment probable en l'absence de traitement. Lorsque les conséquences de l'acte médical ne sont pas notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé par sa pathologie en l'absence de traitement, elles ne peuvent être regardées comme anormales sauf si, dans les conditions où l'acte a été accompli, la survenance du dommage présentait une probabilité faible.

7. D'autre part, pour apprécier le caractère faible ou élevé du risque dont la réalisation a entraîné le dommage, il y a lieu de prendre en compte la probabilité de survenance d'un événement du même type que celui qui a causé le dommage et entraînant une invalidité grave ou un décès. Une probabilité de survenance du dommage qui n'est pas inférieure ou égale à 5% ne présente pas le caractère d'une probabilité faible, de nature à justifier la mise en œuvre de la solidarité nationale.

8. En premier lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du Dr B diligenté par la CCI, que M. A souffrait, avant l'intervention d'une myélopathie cervicarthrosique par voie antérieure C5-C6 et C6-C7. Après l'opération du 9 juin 2017, l'intéressé a présenté une parésie sévère des membres inférieurs ainsi qu'une atteinte du côté gauche en raison d'un hématome épidural compressif qui a nécessité une laminectomie cervicale le 10 juin. Il résulte également du rapport d'expertise que cet hématome épidural est une complication post-opératoire rare survenant dans 1% des cas. Par suite, le dommage doit être regardé comme anormal.

9. En second lieu, il résulte de l'instruction, en particulier des conclusions expertales, que, avant l'opération, M. A souffrait d'une hémiparésie se traduisant par un déficit du membre supérieur droit et une douleur au niveau de l'épaule droite avec faiblesse de l'hémicorps droit à 4/5 au membre inférieur droit, un déficit des interosseux à droite, une impossibilité d'extension des phalanges D3 et D4 de la main droite ainsi qu'une hypoesthésie de l'hémicorps droit. L'hématome épidural, dont l'expert indique qu'il est en lien direct et certain avec la chirurgie, a entrainé l'apparition de déficits neurologiques et une majoration des déficits neurologiques préexistants, le patient souffrant actuellement d'une tétraparésie non spastique. En outre, il résulte du rapport d'expertise que M. A a subi un déficit fonctionnel temporaire (DFT) total du 10 juin au 15 novembre 2017, puis un DFT partiel de classe 4 (75%) du 16 novembre 2017 au 2 mars 2018 et un DFT partiel de classe 3 (50%) du 3 mars 2018 au 9 juin 2019 pendant six mois consécutifs. Par suite, le critère de gravité ouvrant droit à la réparation des dommages causés par un accident médical non fautif sur le fondement du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique est rempli.

10. Il résulte de ce qui précède que les conséquences dommageables de l'hématome épidural subi par M. A ouvrent droit à réparation par l'ONIAM au titre de la solidarité nationale en application des dispositions de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique.

Sur l'étendue de la réparation des préjudices :

11. Dès lors que l'imputabilité directe à un acte médical est établie et que les conditions d'anormalité et de gravité sont remplies, le préjudice indemnisable doit être réparé en totalité.

Sur la réparation des préjudices :

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :

S'agissant des préjudices temporaires :

Quant aux pertes de gains professionnels actuels :

12. Le principe de la réparation intégrale du préjudice doit conduire le juge à déterminer, au vu des éléments de justification soumis à son appréciation, le montant de la perte de revenus dont la victime ou ses ayants droits ont été effectivement privés du fait du dommage qu'elle a subi. Ce montant doit en conséquence s'entendre comme correspondant aux revenus nets perçus par elle.

13. Il résulte de l'instruction que M. A était salarié en qualité de responsable commercial auprès de la SARL Azur Sol Décoration. Il résulte également du rapport d'expertise que la perte de gains professionnel a été totale pour M. A entre le 9 juin 2017 et la date de consolidation de son état de santé, le 9 juin 2019, soit pendant une période de vingt-quatre mois. M. A produit à l'appui de sa requête ses avis d'imposition pour les années 2017 et 2018 ainsi que des fiches de paie dont il ressort qu'il percevait, en moyenne, un salaire de 2 102,40 euros par mois. Sur la période concernée par l'absence de revenus professionnels, il aurait dû percevoir la somme de 50 457,60 euros (2 102,40 x 24). Il résulte également de l'instruction que M. A a perçu des indemnités journalières sur la période allant du 9 juin 2017 au 30 septembre 2018 d'un montant total de 22 253,28 euros ainsi que des arrérages échus en invalidité d'un montant de 51 251,76 euros pour la période allant du 1er octobre 2018 au 28 février 2022, correspondant 41,13 euros par jour, soit sur la période du 1er octobre 2018 au 9 juin 2019 représentant 251 jours une somme de 10 323,63 euros (41,13 euros x 251 jours).

14. Par suite, il y a lieu d'indemniser la perte de revenus professionnels subie par M. A sur la période comprise entre le 9 juin 2017 et le 9 juin 2019 à la somme de 17 880,69 euros (50 457,60 - 22 253,28 - 10 323,63).

S'agissant des préjudices permanents :

Quant à la perte de gains professionnels futurs :

15. Il ne résulte pas de l'instruction que M. A serait dans l'incapacité de poursuivre une activité professionnelle. En effet, si l'expert a estimé qu'il n'était pas capable de reprendre son activité dans les conditions antérieures d'exercice, il ne résulte pas du rapport d'expertise que l'intéressé serait dans l'incapacité de travailler. Par ailleurs, si M. A perçoit une pension d'invalidité, il résulte de l'instruction que le médecin conseil a estimé que son état d'invalidité réduisait de 2/3 au moins sa capacité de travail ou de gain, justifiant son classement dans la catégorie 2. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à solliciter l'indemnisation de ce chef de préjudice.

Quant à l'incidence sur la retraite de l'intéressé :

16. M. A soutient qu'il a subi une perte de cotisation de 53 trimestres en raison de son invalidité. Toutefois, et ainsi qu'il a été dit au point 15, il ne résulte pas de l'instruction que l'intéressé ne soit pas en mesure d'exercer une activité professionnelle et, à ce titre, de cotiser pour sa retraite. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à solliciter l'indemnisation de chef de préjudice.

Quant à l'incidence professionnelle :

17. L'incidence professionnelle peut notamment inclure la perte d'une chance professionnelle, l'augmentation de la pénibilité de l'emploi occupé, les dépenses exposées en vue du reclassement professionnel, de la formation et de l'adaptation au poste occupé ou à un nouveau poste et la perte d'une pension de retraite.

18. Il résulte du rapport d'expertise du Dr B que l'état de santé de l'intéressé l'empêche de reprendre son activité dans les conditions antérieures d'exercice. Il résulte également de l'instruction que M. A était l'unique salarié d'une entreprise familiale dirigée par son père et que du fait de son accident, cette société a déposé le bilan et a été liquidée. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en allouant à l'intéressé une somme de 10 000 euros.

Quant aux frais divers :

19. M. A demande le remboursement des frais divers correspondant à l'assistance par son médecin et son conseil lors de l'expertise médicale ainsi que des frais de déplacement. Il résulte de l'instruction que lors de l'expertise médicale, M. A a été assisté par le docteur D ainsi qu'en atteste une note d'honoraires d'un montant de 1 500 euros. Lors de cette expertise, il résulte également de l'instruction que le requérant a été assisté par son conseil, Me Azzari, ainsi qu'en atteste une note d'honoraire de 1 500 euros. En revanche, si M. A sollicite également l'octroi d'une somme de 1 500 euros au titre des frais d'assistance à la commission de conciliation et d'indemnisation, il ne rapporte pas la preuve de cette dépense. En effet, il résulte de l'instruction que ni M. A, ni Me Azzari n'étaient présents lors de la réunion de la commission. Egalement, si le requérant sollicite l'octroi d'une somme de 2 000 euros correspondant à la rédaction d'un mémoire adressé à la CCI, il ne produit pas ce mémoire, ne justifiant ainsi pas de la réalité de cette dépense. Enfin, le requérant produit quatre factures correspondant à des frais de péage datant du jour de l'accédit correspondant à la somme de 17,70 euros. Par suite, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en allouant à M. A une somme de 3 017,70 euros.

En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux :

S'agissant des préjudices temporaires :

Quant au déficit fonctionnel temporaire :

20. Il ressort du rapport d'expertise que M. A a subi un déficit fonctionnel temporaire total du 10 juin 2017 au 15 novembre 2017, puis un déficit fonctionnel temporaire de classe 4, soit 75% du 16 novembre 2017 au 2 mars 2018, puis un déficit fonctionnel temporaire de classe 3, soit 50% du 3 mars 2018 au 9 juin 2019, date de consolidation. Par suite, sur la base d'une indemnisation forfaitaire journalière de 17 euros pour un déficit fonctionnel temporaire total, rapporté au nombre de jours concernés et aux taux retenus, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en accordant à M. A une somme de 8 010 euros.

Quant aux souffrances endurées :

21. Il résulte du rapport d'expertise que les souffrances endurées par M. A avant la date de consolidation de son état de santé ont été évaluées à 4 sur une échelle allant de 1 à 7. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en allouant au requérant une somme de 8 000 euros.

Quant au préjudice esthétique temporaire :

22. M. A demande à être indemnisé de son préjudice esthétique temporaire, que l'expert a évalué à 3 mois de fauteuil roulant et 6 mois de boiterie. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en allouant à l'intéressé une somme de 1 000 euros.

S'agissant des préjudices permanents :

Quant au déficit fonctionnel permanent :

23. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, qu'un déficit fonctionnel permanent de 40% est imputable à l'hématome épidural. Ainsi, par référence au barème de l'ONIAM, il sera fait une juste appréciation des séquelles conservées par M. A, âgé de 52 ans à la date de consolidation, en lui allouant une somme de 72 000 euros en réparation de ce chef de préjudice.

Quant au préjudice esthétique permanent :

24. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que M. A a subi un préjudice esthétique permanent évalué à 3 sur une échelle allant de 1à 7. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en lui accordant une somme de 4 000 euros.

Quant au préjudice d'agrément :

25. Le requérant soutient qu'avant la survenue du dommage il était un sportif très actif et était éducateur bénévole de rugby, qu'il pratiquait le semi-marathon et que, depuis l'intervention, il ne pratique plus aucun sport. Il résulte du rapport d'expertise que l'intéressé ne peut plus faire de semi-marathon et ne peut plus entrainer le rugby. Pour établir la réalité de ces pratiques, le requérant produit une licence de rugby au titre de l'année 2016-2017 ainsi qu'un dossant du semi-marathon de Disneyland pour l'année 2016. Ainsi, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en accordant à M. A une somme de 3 500 euros.

Quant au préjudice sexuel :

26. Le rapport d'expertise fait état que l'intéressé a subi un préjudice sexuel tenant à la perte de sa libido et à la perte d'érection. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en allouant à la victime une somme de 3 000 euros.

27. Il résulte de ce qui précède que l'ONIAM est condamné à verser à M. A une somme de 130 408,39 euros.

Sur les frais liés au litige :

En ce qui concerne les dépens :

28. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'Etat peut être condamné aux dépens ". En vertu de ces dispositions, il appartient au juge saisi au fond du litige de statuer, au besoin d'office, sur la charge des frais de l'expertise ordonnée par la juridiction administrative.

29. A défaut de dépens exposés dans la présente instance, les conclusions présentées à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.

En ce qui concerne les frais exposés et non compris dans les dépens :

30. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

31. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'ONIAM une somme de 1 500 euros à verser à M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

32. Les conclusions présentées à ce titre et dirigées contre le CHU de Nice et son assureur, la SHAM, ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier universitaire de Nice et la SHAM sont mis hors de cause.

Article 2 : L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales est condamné à verser à M. A la somme de 130 408,39 euros.

Article 3 : L'ONIAM versera à M. A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des infections iatrogènes et des infections nosocomiales, au centre hospitalier universitaire de Nice, à la société hospitalière d'assurances mutuelles et à la caisse primaire d'assurance maladie du Var.

Copie en sera adressée à la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-Maritimes.

Délibéré après l'audience du 5 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Pascal, président,

Mme Chaumont, conseillère,

Mme Duroux, conseillère,

Assistés de Mme Gialis, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2024.

La rapporteure,

signé

A-C. CHAUMONT

Le président,

signé

F. PASCAL La greffière,

signé

E. GIALIS

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière.

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TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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