LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2000462

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2000462

jeudi 15 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2000462
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSTREAM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 28 janvier 2020, 6 juillet 2020 et 19 mai 2023, la société par action simplifiée (SAS) Dream Yachting, représentée par son président en exercice, ayant pour avocat le cabinet Stream, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des droits supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée auxquelles elle a été assujettie au titre années 2015, 2016 et 2017 pour un montant, en droits et pénalités, de 27 160 euros ;

2°) d'enjoindre à l'administration fiscale de procéder à la restitution de la somme de 27 160 euros, correspondant au montant, en droits et pénalités, des droits supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée dont elle s'est déjà acquittés dans le cadre de l'échéancier de paiement mis en place en suite de l'avis de mise en recouvrement émis le 15 avril 2019 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle est un " broker ", c'est-à-dire un intermédiaire transparent chargé de trouver des locataires, de courte durée (mois de 90 jours), au nom et pour le compte de ses clients propriétaires de navires, ce que l'administration fiscale ne conteste pas ; elle n'a pas pour objet " la location de navire de plaisance " ; elle facture sa commission au propriétaire du navire, et non pas au locataire du navire, sans taxe sur la valeur ajoutée ;

- ses clients sont des sociétés assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée en application du I de l'article 256 du code général des impôts et non établies en France ;

- il résulte de l'interprétation a contrario des dispositions du 1° de l'article 259 du code général des impôts que lorsque le preneur assujetti d'un service n'est pas établi en France, la prestation qu'il reçoit est hors du champ d'application territorial de la taxe sur la valeur ajoutée française et ne saurait donc être soumise à celle-ci ;

- les dispositions de l'article 259 A, 1° du code général des impôts prévoit une exception à ce principe pour les prestations de location de moyens de transport, tout comme les dispositions du 7° de l'article 259 A du code général des impôts ;

- la position de l'administration fiscale repose sur une interprétation de la doctrine BOI-TVA-CHAMP-30-30-30-10 § 180 contraire à la loi fiscale ; la doctrine administrative ne peut fonder un redressement ; une doctrine illégale n'est pas opposable au contribuable ; aucune disposition législative ni aucun principe de droit ne permettent au juge de l'impôt de maintenir une imposition contestée, lorsque celle-ci est dépourvue de base légale, en se fondant sur ce que cette imposition trouve sa justification dans une instruction administrative, elle-même dépourvue de base légale ;

- elle a agi, comme le reconnaît l'administration fiscale, en tant qu'intermédiaire transparent au nom et pour le compte du loueur pour l'exécution d'une prestation de location (affrètement) de navire et ne peut donc être tenue au paiement de la taxe sur la valeur ajoutée sur le fondement de l'article 259 A, 1° du code général des impôts que pour autant que l'opération principale se soit déroulée en France et que les conditions posées à l'article 259-A 7° du code général des impôts seraient remplies ; en tout état de cause, la prestation d'intermédiaire a été fournie à des assujettis non établis en France et doit à ce titre suivre le régime général prévu à l'article 259, 1° du code général des impôts ;

- le service n'aurait pu, en tout état de cause, fonder le redressement fiscal qu'elle a opéré à son encontre sur le fondement des dispositions du 7° de l'article 259 A du code général des impôts, dès lors que le législateur a entendu indiquer que la prestation d'un intermédiaire transparent n'est l'accessoire d'une prestation principale que dans la seule hypothèse où l'intermédiaire intervient pour le compte d'un non-assujetti ; à l'inverse, lorsque la prestation est rendue par un intermédiaire transparent au profit d'un assujetti, le législateur retient l'autonomie de cette prestation ;

- cette interprétation de la loi fiscale est conforme à la doctrine exprimée par la direction de la législation fiscale dans un rescrit qu'elle avait adressé à la société EUROTAX et confirmée dans un rescrit du 6 juillet 2021 adressé au comité européen pour le yachting professionnel.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 4 mai et 27 juillet 2020, l'administratrice générale des finances publiques, directrice de la direction de contrôle fiscal Sud-Est, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Cherief conseiller ;

- les conclusions de Mme Perez, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La société Dream Yachting, exerçant une activité de courtier en location de navires de plaisance, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité. A l'issue de ce contrôle, elle a été assujettie à des droits supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée, au titre des années 2015, 2016 et 2017 d'un montant total, en droits et pénalités, de 27 160 euros. La société Dream Yachting demande au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions supplémentaires.

Sur les conclusions à fin de décharge :

En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :

S'agissant de la loi fiscale :

2. Aux termes de l'article 259 A du code général des impôts : " Par dérogation à l'article 259, est situé en France le lieu des prestations de services suivantes : / 1° Les locations de moyens de transport : / a) Lorsqu'elles sont de courte durée et que le moyen de transport est effectivement mis à la disposition du preneur en France. / La location de courte durée s'entend de la possession ou de l'utilisation continue d'un moyen de transport pendant une période ne dépassant pas trente jours ou, dans le cas d'un moyen de transport maritime, quatre-vingt-dix jours () ". Aux termes de l'article 263 du même code : " Les prestations de services effectuées par les intermédiaires qui agissent au nom et pour le compte d'autrui, lorsqu'ils interviennent dans des opérations exonérées par l'article 262 ainsi que dans les opérations réalisées hors du territoire des Etats membres de la Communauté européenne sont exonérées de la taxe sur la valeur ajoutée. Ces dispositions ne s'appliquent pas aux agences de voyages et organisateurs de circuits touristiques. ".

3. Il résulte de l'instruction que la société requérante a perçu des commissions en qualité d'intermédiaire pour des locations de navires, dont il n'est pas contesté qu'elles étaient inférieures à quatre-vingt-dix jours, et que l'administration a relevé que les stipulations des contrats prévoyaient un lieu de mise à disposition du bateau en France, ce que la société Dream Yachting ne conteste d'ailleurs pas. Dans ces conditions, les bateaux en cause doivent être regardés comme ayant été mis à la disposition des preneurs en France conformément aux stipulations des contrats en cause. Il suit de là que l'administration fiscale a estimé à bon droit que ces prestations de service entraient dans le champ d'application de la taxe sur la valeur ajoutée en France, sans qu'ait d'incidence la circonstance que les preneurs ou les propriétaires des navires soient ou non des assujettis, et qu'elle a considéré que la société Dream Yachting, qui a réalisé pour le compte de ses clients des opérations d'entremise dans la location des navires et a perçu à ce titre des commissions, doit être regardée comme étant la personne réalisant l'opération imposable et devant, par suite, acquitter la taxe sur la valeur ajoutée.

S'agissant de l'interprétation administrative de la loi fiscale :

4. En premier lieu, la société Dream Yachting fait valoir que le paragraphe 115 de l'instruction BOI-TVA-CHAMP-30-30-30-10, dans sa version publiée au 25 juin 2013, et que le paragraphe 180 de l'instruction BOI-TVA-CHAMP-30-30-30-10, dans sa version publiée au 12 mai 2015, sur lesquelles l'administration s'est fondée pour l'assujettir aux droits supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée litigieux, méconnaissent la loi fiscale. Toutefois, le bulletin officiel des finances publiques n° BOI-TVA-CHAMP-30-30-30-10, dans sa rédaction de 2013 et de 2015, qui est invoqué par la société requérante ne comporte pas une interprétation de la loi fiscale différente de celle dont il est fait application.

5. En second lieu, aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable à la présente procédure : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration. / Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 80 B du même livre : " La garantie prévue au premier alinéa de l'article L. 80 A est applicable : / 1° Lorsque l'administration a formellement pris position sur l'appréciation d'une situation de fait au regard d'un texte fiscal () ". Peuvent se prévaloir de cette disposition les contribuables qui se trouvent dans la situation de fait sur laquelle l'appréciation invoquée a été portée, ainsi que les contribuables qui ont participé à l'acte ou à l'opération qui a donné naissance à cette situation.

6. D'une part, il résulte de l'instruction que, par un courrier en date du 14 septembre 2014 adressé à la société Eurotax, l'administration fiscale s'est prononcée, sur les règles d'exigibilité de la taxe sur la valeur ajoutée afférentes aux versements effectués dans le cadre des différentes opérations accessoires à la location d'un navire, et non pas sur les règles d'assujettissement ou d'exonération. En outre, ce courrier concernait les versements effectués par le client au titre de la réservation du bateau et non pas les commissions perçues par l'intermédiaire transparent pour une prestation de service effectuée au profit des sociétés propriétaires des navires donnés en location. Dès lors, la société Dream Yachting ne peut utilement se prévaloir de cette réponse, sur le fondement des articles L.80 A et L.80 B du livre des procédures fiscales qui concerne un autre contribuable se trouvant dans une situation de fait différente. Par suite, le moyen tiré de la doctrine exprimée par la direction de la législation fiscale dans un rescrit qu'elle avait adressé à la société Eurotax doit être écarté.

7. D'autre part, si la société se prévaut d'un courrier adressé par l'administration fiscale au comité européen pour le yachting professionnel et concernant les difficultés rencontrées par les membres de cette association concernant l'application des règles relatives à la taxe sur la valeur ajoutée applicables en matière de yachting, il résulte de l'instruction que ce courrier ne concerne pas les prestations d'intermédiaires relatives à la location de navires pour une durée inférieures à quatre-vingt-dix jours, qui fait l'objet des dispositions spécifiques prévues par le a) du 1° de l'article 259 A du code général des impôts. Par suite, le moyen tiré de la doctrine exprimée par la direction de la législation fiscale dans un rescrit qu'elle avait adressé au comité européen pour le yachting professionnel doit également être écarté.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par la société Dream Yachting doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante une quelconque somme. Les conclusions présentées sur ce fondement par la société requérante doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de la société Dream Yachting est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Dream Yachting, ainsi qu'à l'administratrice générale des finances publiques, directrice de la direction du contrôle fiscal sud-est.

Délibéré après l'audience du 25 mai 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Mear, présidente,

Mme Kolf, conseillère,

M. Cherief, conseiller,

assistés de Mme Sussen, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.

Le rapporteur,

signé

H. CHERIEF

La présidente,

signé

J. MEAR

La greffière,

signé

C. SUSSEN

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions