mercredi 21 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2000604 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | DELPLANCKE-POZZO DI BORGO-ROMETTI & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 février 2020, la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) Pilliot Assurances, représentée par Me Delozière, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire du 18 décembre 2019 émis à son encontre par le SIVOM Val-de-Banquière, d'un montant de de 30 890,01 euros, correspondant à un reliquat d'indemnités dues au titre de la prévoyance des risques statutaires de son personnel pour la période allant du 31 octobre 2019 au 12 décembre 2019 ;
2°) de mettre à la charge solidaire du SIVOM Val-de-Banquière et du centre des finances publiques de Llevens la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable, dès lors qu'elle a introduit son recours dans le délai de deux mois prévu à l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ;
- elle n'est pas redevable de cette créance, dès lors qu'elle n'est que courtier et mandataire du marché public d'assurance des risques statutaires conclu avec le SIVOM Val-de-Banquière et la société CBL Insurance Europe Dac ; elle n'est pas solidaire des obligations de cette dernière société.
La requête a été communiquée au SIVOM Val-de-Banquière, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
La requête a été communiquée au centre des finances publiques de Levens qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 30 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 14 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des assurances ;
- le décret n°2016-360 du 25 mars 2016 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chevalier, conseillère,
- et les conclusions de M. Ringeval, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte d'engagement du 1er janvier 2018, le SIVOM Val-de-Banquière a conclu avec un groupement d'entreprises composé de la société CBL Insurance Europe Dac et de la société Pilliot Assurances, mandataire du groupement, un marché public d'assurance portant sur les risques statutaires de ses agents. Le 18 décembre 2019, le SIVOM Val-de-Banquière a émis à l'encontre de la société Pilliot Assurances un titre exécutoire en vue du recouvrement d'une somme de 30 890,01 euros correspondant au remboursement du reliquat d'indemnités dues au titre de la prévoyance des risques statutaires de son personnel pour la période allant du 31 octobre 2019 au 12 décembre 2019. Le centre des finances publiques de Levens a adressé à cette société un avis de somme à payer en date 6 janvier 2020. Par courrier du 8 janvier 2020, la société Pilliot Assurances a présenté au SIVOM Val-de-Banquière un recours gracieux tendant à la contestation de cette créance. Par la présente requête, elle demande au tribunal d'annuler le titre exécutoire du
18 décembre 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes des dispositions de l'article 45 du décret n° 2016-630 du 25 mars 2016 : " Si le marché public le prévoit, le mandataire du groupement conjoint est solidaire, pour l'exécution du marché public, de chacun des membres du groupement pour ses obligations contractuelles à l'égard de l'acheteur. ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 511-1 du code des assurances : " I. - L'intermédiation en assurance ou en réassurance est l'activité qui consiste à présenter, proposer ou aider à conclure des contrats d'assurance ou de réassurance ou à réaliser d'autres travaux préparatoires à leur conclusion. N'est pas considérée comme de l'intermédiation en assurance ou en réassurance l'activité consistant exclusivement en la gestion, l'estimation et la liquidation des sinistres. / Est un intermédiaire d'assurance ou de réassurance toute personne qui, contre rémunération, exerce une activité d'intermédiation en assurance ou en réassurance. () ". L'article L. 520-1 du même code précise que " I.- Avant la conclusion d'un premier contrat d'assurance, l'intermédiaire mentionné à l'article L. 511-1 doit fournir au souscripteur éventuel des informations relatives notamment à son identité, à son immatriculation et aux procédures de recours et de réclamation, ainsi que, le cas échéant, à l'existence de liens financiers avec une ou plusieurs entreprises d'assurance. / II.- Avant la conclusion de tout contrat, l'intermédiaire doit : 1° Donner des indications quant à la fourniture de ce contrat : a) S'il est soumis à une obligation contractuelle de travailler exclusivement avec une ou plusieurs entreprises d'assurance, l'intermédiaire l'indique au souscripteur éventuel et l'informe que peut lui être communiqué, à sa demande, le nom de ces entreprises d'assurance ; b) S'il n'est pas soumis à une obligation contractuelle de travailler exclusivement avec une ou plusieurs entreprises d'assurance, mais qu'il n'est pas en mesure de fonder son analyse sur un nombre suffisant de contrats d'assurance offerts sur le marché, l'intermédiaire informe le souscripteur éventuel qu'il peut lui être communiqué, à sa demande, le nom des entreprises d'assurance avec lesquelles il travaille ; c) S'il n'est pas soumis à une obligation contractuelle de travailler exclusivement avec une ou plusieurs entreprises d'assurance et qu'il se prévaut d'un conseil fondé sur une analyse objective du marché, il est tenu d'analyser un nombre suffisant de contrats d'assurance offerts sur le marché, de façon à pouvoir recommander, en fonction de critères professionnels, le contrat qui serait adapté aux besoins du souscripteur éventuel ; 2° Préciser les exigences et les besoins du souscripteur éventuel ainsi que les raisons qui motivent le conseil fourni quant à un produit d'assurance déterminé. Ces précisions, qui reposent en particulier sur les éléments d'information communiqués par le souscripteur éventuel, sont adaptées à la complexité du contrat d'assurance proposé. / () IV.- Le souscripteur est, le cas échéant, tenu informé des changements affectant l'une des informations mentionnées au I et au 1° du II lors du renouvellement ou de la modification du contrat. () "
4. Il résulte de l'instruction que la SIVOM Val-de-Banquière a conclu le
1er janvier 2018, un marché public d'assurance portant sur les risques statutaires avec un groupement momentané d'entreprises conjoint non solidaire composé, d'une part, de la société CBL Insurance Europe Dac et, d'autre part, de la société Pilliot Assurances. En outre, il ressort de l'acte d'engagement que la société Pilliot Assurances est courtier en assurance et qu'elle représente la société d'assurance CBL Insurance Europe Dac, appariteur à 100 % des risques couverts par le marché. Enfin, le cahier des charges précisant les conditions particulières du marché public indique que l'assureur est la société CBL Insurance Europe Dac et précise que la société Pilliot Assurances est uniquement mandataire du groupement, courtier et gestionnaire. Au regard de ces éléments, la société CBL Insurance Europe Dac est la seule société revêtant la qualité d'assureur dans ce groupement momentané d'entreprises et est, par suite, la seule redevable des indemnités d'assurance dues en exécution du marché public d'assurance.
5. Il résulte de ce qui précède, et dès lors que le groupement momentané d'entreprises n'est pas un groupement solidaire, que la société Pilliot Assurances n'est pas redevable de la somme 30 890,01 euros à l'égard du SIVOM Val-de-Banquière et est, par voie de conséquence, fondée à demander l'annulation du titre exécutoire du 18 décembre 2019.
Sur les frais liés au litige :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des défendeurs une somme au titre des frais exposés par la société requérante et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le titre exécutoire du 18 décembre 2019 émis par le SIVOM Val-de-Banquière est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SASU Pilliot Assurances, au SIVOM Val-de-Banquière et au centre des finances publiques de Levens.
Délibéré après l'audience du 14 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Emmanuelli, président,
Mme Chevalier, conseillère,
Mme Bergantz, conseillère,
assistés de M. Crémieux, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
C. CHEVALIER
Le président,
Signé
O. EMMANUELLI Le greffier,
Signé
D. CREMIEUX
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026