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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2000769

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2000769

mercredi 21 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2000769
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantKONOPKA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 février 2020 et 11 octobre 2022, Mme B A, représentée Me Konopka, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 16 décembre 2019 par laquelle le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes a rejeté sa réclamation préalable du

12 décembre 2019 ;

2°) de réformer la décision du 16 décembre 2019 en mettant à sa charge la taxe sur les logements vacants en lieu et place de la taxe d'habitation ;

3°) de condamner le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes à lui verser la somme de 12 188 euros correspondant aux cotisations de taxe d'habitation qu'elle a indûment payées au titre des années 2019, 2020 et 2021 ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision du 16 décembre 2019 rejetant sa réclamation préalable a été signée par une autorité incompétente ;

- cette décision n'est pas motivée en méconnaissance des exigences de la loi 11 juillet 1979 ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 1407 du code général des impôts dès lors que le bien situé à Peymeinade, en cours de rénovation au titre de l'année en litige, ne pouvait être regardé comme étant affecté à l'habitation ; ce bien n'était pas habité depuis au moins un an et devait donc être considéré comme vacant de telle sorte que l'administration fiscale ne pouvait l'assujettir qu'à la taxe sur les logements vacants ;

- elle est disproportionnée ;

- elle constitue un détournement de pouvoir.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2020, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- les moyens de la requête de Mme A ne sont pas fondés ;

- subsidiairement, il y a lieu de procéder à la substitution, à la taxe d'habitation en litige, de la taxe sur les logements vacants en application de l'article 232 du code général des impôts.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur deux moyens relevé d'office, tirés de :

- l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision du 16 décembre 2019 du directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes rejetant la réclamation préalable du 12 décembre 2019 de Mme A, en ce que cette décision ne constitue pas un acte détachable de la procédure d'imposition ;

- l'irrecevabilité des conclusions à fin de décharge des cotisations de taxe d'habitation auxquelles Mme A a été assujettie au titre des années 2020 et 2021, en l'absence de réclamation préalable en méconnaissance des dispositions de l'article R. 190-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Bergantz, conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique du 14 décembre 2022.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a été assujettie à des cotisations de taxe d'habitation au titre des années 2019, 2020 et 2021 à raison d'une maison située 50, chemin des Saouves à Peymeinade (06095). Elle demande l'annulation de la décision du 16 décembre 2019 par laquelle l'administration fiscale a rejeté sa réclamation préalable du 12 décembre 2019. Mme A doit également être regardée comme demandant la décharge des cotisations de taxe d'habitation auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019, 2020 et 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. La décision par laquelle l'administration fiscale statue sur la réclamation contentieuse d'un contribuable ne constitue pas un acte détachable de la procédure d'imposition. Elle n'est pas susceptible d'être déférée à la juridiction administrative par la voie du recours pour excès de pouvoir et peut seulement faire l'objet d'un recours de plein contentieux tendant à la décharge des impositions contestées, présenté au titre de la procédure prévue par les articles L. 199 et R. 199-1 et suivants du livre des procédures fiscales. Par suite, les conclusions de Mme A tendant à l'annulation de la décision du 16 décembre 2019 rejetant sa réclamation préalable sont irrecevables et doivent, en conséquence, être rejetées.

Sur les conclusions à fin de décharge :

En ce qui concerne la taxe d'habitation de l'année 2019 :

3. Aux termes du I de l'article 1407 du code général des impôts : " La taxe d'habitation est due : / 1° Pour tous les locaux meublés affectés à l'habitation ; () ". Aux termes du I de l'article 1408 de ce code : " La taxe est établie au nom des personnes qui ont, à quelque titre que ce soit, la disposition ou la jouissance des locaux imposables. () ". Aux termes de l'article 1415 du même code : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition ".

4. Il résulte de ces dispositions qu'est redevable de la taxe d'habitation la personne qui a la libre disposition ou la jouissance des locaux au 1er janvier de chaque année d'imposition et peut, de ce fait, s'y installer à tout moment, nonobstant la circonstance qu'il n'y a pas occupation effective. Le contribuable ne peut apporter la preuve de l'absence de disposition ou de jouissance d'un logement qu'en justifiant qu'il était vide de meubles et ne pouvait par conséquent être habité.

5. Pour demander la décharge de la taxe d'habitation à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2019 à raison du bien situé 50, chemin des Saouves à Peymeinade (06095),

Mme A soutient que la maison, objet du litige, était vide et inoccupée en raison de travaux de rénovation. Toutefois, en produisant trois photographies non datées, une facture d'électricité du 14 juin 2019 établissant une diminution de la consommation entre la période du 31 mai 2018 au 07 décembre 2018 et celle du 08 décembre 2018 au 30 décembre 2019, une facture d'eau du 31 janvier 2020 faisant état d'une consommation évaluée à 151 m3, une attestation d'une entreprise de plomberie en charge de l'entretien de la piscine " confirmant () que le logement est inoccupé " et un devis de travaux en date du 5 septembre 2022, la requérante n'apporte pas la preuve qui lui incombe que le bien imposé était vide de meubles au 1er janvier 2019, date du fait générateur de l'imposition contestée. Ainsi, Mme A doit être regardée, à la date du

1er janvier 2019, comme ayant eu la libre disposition du bien, étant sans incidence la circonstance qu'elle résidait et travaillait en Belgique. Par suite, c'est à bon droit que la requérante a été assujettie à la taxe d'habitation à raison de cette maison au titre de l'année 2019.

En ce qui concerne la taxe d'habitation établie des années 2020 et 2021 :

6. Aux termes de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de la direction générale des finances publiques ou de la direction générale des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition. / () ".

7. Il ne résulte pas de l'instruction que Mme A aurait présenté une réclamation préalable pour contester les cotisations de taxe d'habitation mises à sa charge au titre des années 2020 et 2021. Les conclusions tendant à la décharge de ces cotisations ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.

Délibéré après l'audience du 14 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Emmanuelli, président,

Mme Chevalier, conseillère,

Mme Bergantz, conseillère,

assistés de M. Crémieux, greffier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2022.

La rapporteure,

Signé

A. BERGANTZ

Le président,

Signé

O. EMMANUELLILe greffier,

Signé

D. CREMIEUX

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière.

No 2000769

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