mercredi 21 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2000796 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | PEREZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 février 2020 et 31 mars 2021,
M. A B, représenté par Me Perez, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 décembre 2019 par laquelle le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes a rejeté sa réclamation préalable du 8 juillet 2019 ;
2°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période couvrant les années 2015, 2016 et 2017 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il exerce son activité sous le régime de la micro-entreprise et bénéficie à ce titre du régime dérogatoire prévu par l'article 256 du code général des impôts en vertu duquel il est dispensé du paiement de la taxe sur la valeur ajoutée pour ses acquisitions intracommunautaires ne dépassant pas la valeur totale annuelle de 10 000 euros ;
- contrairement à ce qu'a retenu le service, les acquisitions intracommunautaires qu'il a effectuées au titre des périodes litigieuses sont inférieures au seuil de 10 000 euros ; le service s'est fondé sur de fausses factures établies par son fournisseur, la société italienne Luca Profumi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 avril 2020, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le 21 avril 2020, il a procédé au dégrèvement de la somme de 1 776 euros ;
- les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision du
26 décembre 2019 sont irrecevables, dès lors que cette décision ne constitue pas un acte détachable de la procédure d'imposition ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Bergantz, conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique du 14 décembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, entrepreneur individuel, exerce une activité de commerce de détail sur éventaires et marchés. Il a fait l'objet d'un contrôle sur pièces portant sur la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017, à l'issue duquel le service lui a notifié des rappels de taxe sur la valeur ajoutée selon la procédure de taxation d'office par une proposition de rectification du 13 juillet 2018. M. B demande l'annulation de la décision du 26 décembre 2019 rejetant sa réclamation préalable ainsi que la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. La décision par laquelle l'administration fiscale statue sur la réclamation contentieuse d'un contribuable ne constitue pas un acte détachable de la procédure d'imposition. Elle n'est pas susceptible d'être déférée à la juridiction administrative par la voie du recours pour excès de pouvoir et peut seulement faire l'objet d'un recours de plein contentieux tendant à la décharge des impositions contestées, présenté au titre de la procédure prévue par les articles L. 199 et R. 199-1 et suivants du livre des procédures fiscales. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le directeur départemental des finances publiques doit être accueillie et les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision du 26 décembre 2019 rejetant sa réclamation préalable ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne l'étendue du litige :
3. Par une décision du 21 avril 2020, postérieure à l'introduction de la requête, le directeur départemental des finances publiques a ordonné le dégrèvement de la somme de
1776 euros en droits et pénalités au titre des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à la charge de M. B au titre de l'année 2017. Par suite, les conclusions de la requête sont, dans cette mesure, devenues sans objet.
En ce qui concerne le principe de l'assujettissement à la taxe sur la valeur ajoutée :
4. D'une part, aux termes de l'article 256 bis du code général des impôts, dans sa version applicable aux périodes en litige : " I. - 1° Sont également soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les acquisitions intracommunautaires de biens meubles corporels effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel ou par une personne morale non assujettie lorsque le vendeur est un assujetti agissant en tant que tel et qui ne bénéficie pas dans son Etat du régime particulier de franchise des petites entreprises. () ". Cependant, le 2° du même article dispose que : " Sous réserve de ne pas excéder le seuil ci-après indiqué, ne sont pas soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les acquisitions de biens autres que des moyens de transport neufs, des alcools, des boissons alcooliques, des huiles minérales et des tabacs manufacturés effectuées : / () / b) Par un assujetti qui ne réalise que des opérations n'ouvrant pas droit à déduction ; () Ces dispositions ne sont applicables que lorsque le montant des acquisitions réalisées par les personnes mentionnées ci-dessus n'a pas excédé, au cours de l'année civile précédente, ou n'excède pas, pendant l'année civile en cours au moment de l'acquisition, le seuil de 10 000 €. () ".
5. D'autre part, selon l'article 293 E du code général des impôts : " Les assujettis bénéficiant d'une franchise de taxe mentionnée à l'article 293 B ne peuvent opérer aucune déduction de la taxe sur la valeur ajoutée, ni faire apparaître la taxe sur leurs factures, notes d'honoraires ou sur tout autre document en tenant lieu. () ". Enfin, les dispositions de l'article 193 B du même code prévoient l'application d'un régime de franchise en base de taxe sur la valeur ajoutée qui dispense les bénéficiaires du paiement de la taxe sur la valeur ajoutée, lorsqu'ils n'ont pas réalisé un certain montant de chiffre d'affaires.
6. En l'espèce, il est constant que M. B bénéficiait du régime de la franchise en base de taxe sur la valeur ajoutée prévue à l'article 193 B du code général des impôts et qu'il bénéficiait, en outre, du régime dérogatoire permettant de ne pas soumettre à la taxe sur la valeur ajoutée ses acquisitions intracommunautaires, pourvu que leur montant n'excède pas
10 000 euros au cours d'une année civile. Toutefois, l'administration fiscale, à partir de l'analyse des factures d'achats réalisés par M. B auprès de la société Luca Profumi, communiquées dans le cadre de l'assistance administrative internationale par les autorités italiennes, a considéré que le seuil de 10 000 euros d'acquisitions communautaires avait été dépassé au titre des années 2015 à 2017.
7. M. B, qui soutient que les acquisitions intracommunautaires qu'il a effectuées au titre des périodes litigieuses sont en réalité inférieures au seuil de 10 000 euros, fait valoir que les factures émises par la société Luca Profumi sont fausses. Cependant, contrairement à ce que fait valoir le requérant, la seule circonstance que certaines de ces factures ont été émises à des dates consécutives, alors que la distance de 350 kilomètres le séparant de la société Luca Profumi rend impossible un aller-retour sur une journée, ne permet pas de les regarder comme étant manifestement falsifiées. En outre, si M. B soutient que les montant totaux de ces factures sont en décalage avec son activité de vente d'articles de bazar sur les marchés, il ne produit aucun document permettant d'établir son volume d'activité. Enfin, la circonstance que le requérant a déposé une plainte le 19 septembre 2018, pour faux et usage de faux, ne fait pas obstacle, en vertu du principe de l'indépendance des procédures fiscales et pénales, à ce que le service utilise les documents obtenus auprès des autorités administratives italiennes pour asseoir les rectifications contestées. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que les factures sur lesquelles le service s'est fondé pour établir les impositions litigieuses seraient fictives. Ainsi, c'est à bon droit que l'administration fiscale a remis en cause le bénéfice de l'application du régime dérogatoire prévu au 2° de l'article 256 bis du code général des impôts dont bénéficiait M. B et a assujetti ses acquisitions intracommunautaires à la taxe sur la valeur ajoutée au titre des périodes en litige.
8. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels il a été assujetti au titre de la période du
1er janvier 2015 au 31 décembre 2017.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées par M. B tendant à la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée à concurrence d'une somme de 1 776 euros au titre de la période du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2017.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 14 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Emmanuelli, président,
Mme Chevalier, conseillère,
Mme Bergantz, conseillère,
assistés de M. Crémieux, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
A. BERGANTZ
Le président,
Signé
O. EMMANUELLILe greffier,
Signé
D. CREMIEUX
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière.
No 2000796
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026