mardi 31 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2000902 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | DEMES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 février 2020 et 8 mars 2021, M. B C, représenté par Me Chrestia, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Nice à lui verser la somme totale de 54 178, 75 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis à la suite de sa chute en deux-roues avenue de la voie Romaine à Nice le 13 octobre 2018, assortie des intérêts de droit à compter du 21 septembre 2019 correspondant à la date de réception de sa demande indemnitaire préalable ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Nice la somme de 3 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la responsabilité de la commune de Nice est engagée au regard du défaut d'entretien normal de la voie et de la carence du maire dans l'utilisation de ses pouvoirs de police administrative en raison de l'absence de signalisation du nez du trottoir qu'il a percuté ;
- il est fondé à réclamer la somme totale de 54 178, 75 euros au titre des préjudices qu'il estime avoir subis et qui se décomposent comme suit :
* 2 178, 75 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire partiel ;
* 2 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent global ;
* 14 000 euros au titre des souffrances endurées ;
* 36 000 euros au titre du manque à gagner.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 20 août 2020, la commune de Nice, représentée par Me Jacquemin, conclut à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, à son rejet au fond, à titre infiniment subsidiaire, à la réduction à de plus justes proportions des préjudices allégués et, en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est mal-dirigée dès lors que la compétence relative à l'entretien de la voirie a été transférée à la métropole Nice Côte-d'Azur ;
- la matérialité des faits de l'accident n'est pas établie ;
- aucun défaut d'entretien de la voie ni de signalisation ne saurait lui être reproché ;
- la faute de la victime, qui connaissait les lieux et qui a été ébloui par le soleil, est de nature à l'exonérer de sa responsabilité.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 27 octobre 2020 et 23 mars 2021, la métropole Nice Côte-d'Azur, représentée par Me Lanfranchi, conclut à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, à son rejet au fond, à titre infiniment subsidiaire, à la réduction à de plus justes proportions des préjudices allégués et, en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable faute pour le requérant de lui avoir présenté une demande indemnitaire préalable ;
- la matérialité des faits de l'accident n'est pas établie ;
- aucun défaut d'entretien de l'ouvrage ne saurait lui être reproché ;
- la chute du requérant ne peut être qu'imputable à sa faute en raison d'une inattention et/ou d'une vitesse excessive.
Par un courrier du 21 septembre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité du moyen fondé sur la responsabilité de la commune de Nice pour carence fautive dans l'exercice des pouvoirs de police de son maire, dès lors qu'il s'agit d'une cause juridique nouvelle invoquée plus de deux mois après l'enregistrement de la requête.
M. C a produit ses observations par un mémoire enregistré le 24 septembre 2023.
Par un mémoire enregistré le 12 octobre 2023, la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme demande au tribunal de condamner la commune de Nice à lui verser la somme totale de 1 880,68 euros, ainsi que la somme totale de 626,89 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Vu :
- l'ordonnance n° 1900972 du 23 mai 2019 par laquelle le juge du référé provision du tribunal a refusé d'accorder au requérant une somme provisionnelle de 15 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis à la suite de son accident du 13 octobre 2018 ;
- l'ordonnance n°1900815 du 6 juin 2019 par laquelle le juge des référés du tribunal a ordonné une expertise et a désigné comme expert M. A ;
- le rapport d'expertise de M. A du 25 septembre 2019 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 2010-1563 du 16 décembre 2010 de réforme des collectivités territoriales ;
- la loi n° 2014-58 du 27 janvier 2014 de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles ;
- le décret n° 2014-1606 du 23 décembre 2014 portant transformation de la métropole dénommée " Métropole Nice Côte d'Azur " ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 octobre 2023 :
- le rapport de M. Holzer,
- les conclusions de Mme Moutry, rapporteure publique,
- les observations de Me Chrestia, représentant M. C,
- et les observations de Me Bessy-Osty, représentant la commune de Nice.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a été victime, le 13 octobre 2018, d'une chute alors qu'il circulait en deux-roues sur l'avenue de la voie Romaine à Nice. Par une ordonnance n° 1900972 du 23 mai 2019, le juge du référé provision du tribunal a refusé d'accorder à ce dernier une somme provisionnelle de 15 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis à la suite de cet accident. Par une nouvelle ordonnance n°1900815 du 6 juin 2019, le juge des référés du tribunal a prescrit une expertise et a désigné comme expert M. A, lequel a rendu son rapport le 25 septembre 2019. Ce rapport retient comme lésions en lien direct et certain avec l'accident du 13 octobre 2019, une fracture avec arrachement de la malléole, une fracture du péroné droit et une fracture non-déplacée de trois côtes sans lésion pleuropulmonaire. Par un courrier daté du 18 novembre 2019 dont la métropole Nice Côte-d'Azur a accusé réception le 11 décembre 2019, M. C a demandé à la commune de Nice de l'indemniser de l'ensemble des préjudices qu'il estime avoir subis à la suite de cet accident. En l'absence de réponse à cette demande indemnitaire préalable, le requérant demande au tribunal de condamner la commune de Nice à lui verser la somme totale de 54 178, 75 euros en réparation de ces préjudices, assortie des intérêts de droit à compter de la date de réception de sa demande indemnitaire préalable.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité de la commune de Nice pour défaut d'entretien normal de la voirie :
2. Aux termes de l'article 1er du décret du 23 décembre 2014 portant transformation de la métropole dénommée " Métropole Nice Côte d'Azur " : " La métropole " Métropole Nice Côte d'Azur ", établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre, créée en application des articles L. 5217-1 et L. 5217-2 du code général des collectivités territoriales dans leur rédaction issue de la loi du 16 décembre 2010 susvisée, relève de la catégorie des métropoles telle que définie à l'article L. 5217-1 du même code, dans sa rédaction issue de la loi du 27 janvier 2014 susvisée. ". Aux termes de l'article 3 de ce même décret : " La métropole " Métropole Nice Côte d'Azur " exerce : / 1° Les compétences prévues à l'article L. 5217-2 du code général des collectivités territoriales ; / () ". Aux termes de l'article L. 5217-2 du code général des collectivités territoriales : " I. - La métropole exerce de plein droit, en lieu et place des communes membres, les compétences suivantes : / () 2° En matière d'aménagement de l'espace métropolitain : / () b) Organisation de la mobilité au sens des articles L. 1231-1, L. 1231-8 et L. 1231-14 à L. 1231-16 du code des transports ; création, aménagement et entretien de voirie ; signalisation ; () / c) Création, aménagement et entretien des espaces publics dédiés à tout mode de déplacement urbain ainsi qu'à leurs ouvrages accessoires ; / () ".
3. Il résulte de ces dispositions, qu'à la date de la survenance de l'accident dont a été victime M. C, la métropole Nice Côte-d'Azur, dont la commune de Nice est membre en application de l'article 2 du décret précité du 23 décembre 2014, exerçait la compétence en matière d'aménagement de l'espace métropolitain qui comprend notamment l'entretien de la voirie. Par suite, la commune de Nice est fondée à soutenir que seule la responsabilité de la métropole Nice Côte-d'Azur pouvait être recherchée par le requérant au titre des dommages causés par un défaut d'entretien normal de la voie et a sollicité, en conséquence, sa mise hors de cause. Dans ces conditions, les conclusions de M. C tendant à la condamnation de la commune de Nice pour défaut d'entretien normal de la voirie dont il était usager sont mal dirigées et doivent ainsi être rejetées.
En ce qui concerne la responsabilité de la commune de Nice en raison de la carence dans l'exercice des pouvoirs de police administrative du maire :
4. Aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. () ". Aux termes de l'article L. 2215-1 du même code : " La police municipale est assurée par le maire () ". Un maire, en s'abstenant de faire usage de ses pouvoirs de police, commet une faute de nature à engager la responsabilité de la commune.
5. En l'espèce, dans son mémoire introductif d'instance du 20 février 2020, M. C soulève comme seul fondement juridique de sa demande, la responsabilité de la commune de Nice pour défaut d'entretien normal de la voirie. Dans son mémoire en réplique, enregistré le 8 mars 2021, il sollicite également l'engagement de la responsabilité de la commune de Nice pour carence fautive dans l'exercice des pouvoirs de police administrative de son maire. Toutefois, cette demande, présentée plus de deux mois après l'introduction de la requête, repose sur une cause juridique nouvelle, qui n'est pas d'ordre public et doit, ainsi, être écartée comme irrecevable.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par M. C doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la métropole Nice Côte-d'Azur tirée de l'absence de liaison du contentieux dès lors que le requérant n'a présenté aucune conclusion indemnitaire à son encontre.
Sur les conclusions présentées par la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme :
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme tendant à ce que soit mises à la charge de la commune de Nice les sommes de 1 880,68 euros au titre des prestations versées et de 626,89 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion, ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Nice, qui n'est pas la partie perdante dans cette instance, la somme que M. C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
9. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge du requérant une somme de 1 000 euros à verser à la commune de Nice et cette même somme à verser à la métropole Nice Côte-d'Azur au titre des frais qu'elles ont exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : M. C versera à la commune de Nice la somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : M. C versera à la métropole Nice Côte-d'Azur la somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions indemnitaires de la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à la commune de Nice, à la métropole Nice Côte-d'Azur et à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme, caisse gestionnaire RCT des travailleurs indépendants.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pascal, président,
M. Holzer, conseiller,
Mme Duroux, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2023.
Le rapporteur,
signé
M. HOLZER
Le président,
signé
F. PASCALLa greffière,
signé
P.-B. ANTOINE
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
N°2000902
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026