mardi 28 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2001266 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | ANTOINE |
Vu la procédure suivante :
I. - Par une requête enregistrée sous le n° 2001266 le 11 mars 2020, la société Sinhatec, représentée par Me Antoine, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire n° 2019-2012-1 émis à son encontre par la commune de Villeneuve-Loubet d'un montant de 3 100 euros ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer ladite somme ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Villeneuve-Loubet, la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable en raison de l'inopposabilité des voies de recours ;
- le titre de recette en litige ne précise ni ne mentionne suffisamment les bases de liquidation de la créance ;
- ce titre est entaché d'un vice d'incompétence ;
- la commune ne pouvait sanctionner les retards de réception, dès lors que ceux-ci, ainsi que l'absence de levée des réserves dans de brefs délais, sont imputables à la mairie qui n'a pas donné accès aux locaux de l'école entre le 4 septembre et le 17 décembre 2019 ; la prétendue non-conformité des travaux du lot carrelage entrainant la résiliation du marché, a rendu impossible la levée des réserves dans de brefs délais ; l'absence de bonne foi de la commune entraine la nullité de l'avis des sommes à payer.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 août 2020, la commune de Villeneuve-Loubet conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la société Sinhatec en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le moyen tiré de l'insuffisance de mention et de précision des bases de liquidation de la créance, ainsi que le moyen tiré du vice d'incompétence, ne sont assortis d'aucune précision ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
II. - Par une requête, enregistrée sous le n° 2001268 le 11 mars 2020, la société Sinhatec, représentée par Me Antoine, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire n° 2019-1858-1 émis à son encontre par la commune de Villeneuve-Loubet d'un montant de 1 600 euros ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer ladite somme ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Villeneuve-Loubet la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient les mêmes moyens que dans la procédure enregistrée sous le n° 2001266.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 août 2020, la commune de Villeneuve-Loubet conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la société Sinhatec en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir les mêmes moyens que dans la procédure enregistrée sous le n° 2001266.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 novembre 2023 :
- le rapport de Mme Gazeau,
- et les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Villeneuve-Loubet, maître d'ouvrage, a lancé le 23 avril 2019 une consultation pour l'attribution d'un marché de travaux en procédure adaptée n° 2019/35 portant sur la rénovation de la cantine scolaire du groupe scolaire municipal des Plans comportant neuf lots. Le lot n° 3 relatif aux prestations de " cloisonnement, faux plafond et menuiseries intérieures " a été attribué à la société Sinhatec. Après la déclaration sans suite du lot n° 4 relatif aux prestations de " carrelage ", une nouvelle procédure de mise en concurrence a été lancée sous le n° 35BIS/2019. La société Sinhatec a été désignée attributaire de ce lot. Les documents de la consultation fixaient au 23 août 2019 la date de réception obligatoire du chantier.
2. D'une part, s'agissant du lot n° 3, des réserves ont été émises lors de la visite de pré-réception du 21 août 2019, lesquelles devaient être levées pour le 28 août suivant. Toutefois, à cette date les réserves n'ont pu qu'être que partiellement levées. Le 30 août 2019, date à laquelle les réserves devaient faire l'objet d'une nouvelle levée, la réception avec réserves des prestations a été maintenue en l'absence d'intervention de la société Sinhatec.
3. D'autre part, s'agissant du lot n° 4, un rejet complet des prestations a été prononcé le 23 août 2019 au regard des nombreuses malfaçons constatées et d'une réalisation non conforme aux règles de l'art. Le 28 août 2019, nouvelle date programmée en vue de la réception des travaux, la commune de Villeneuve-Loubet a constaté la persistance des désordres en raison d'une absence d'intervention de la société Sinhatec.
4. Par deux courriers émis le 13 septembre 2019, la commune de Villeneuve-Loubet a informé la société Sinhatec de l'application de pénalités de retard à son encontre sur le fondement de l'article 20 du cahier des clauses administratives particulières de chacun des deux marchés pour la période du 23 août au 4 septembre 2019. Le 16 décembre 2019, la commune a émis à l'encontre de la société Sinhatec un avis des sommes à payer n° 2019-1858-1 pour le recouvrement des pénalités de retard applicables au lot n° 4 pour un montant de 1 600 euros. Le 17 décembre 2019, la commune a émis à l'encontre de cette même société un second avis des sommes à payer n° 2019-2012-1 pour le recouvrement des pénalités de retard applicables au lot n° 3 pour un montant de 3 100 euros. La société Sinhatec demande au tribunal d'annuler ces deux titres exécutoires et de la décharger de l'obligation de payer ces sommes ainsi mises à sa charge.
Sur la jonction :
5. Les requêtes enregistrées sous les numéros nos 2001266 et 2001268 ont été présentées par la même société requérante, présentent à juger des questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Dès lors, il y a lieu de les joindre et de statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation du titre exécutoire émis le 16 décembre 2019 :
En ce qui concerne la régularité du titre exécutoire :
6. En premier lieu, par un arrêté du 3 juillet 2019, le maire de Villeneuve-Loubet a accordé à Mme A B, premier adjoint au maire, une délégation à l'effet de signer tous les actes relatifs à l'exécution budgétaire liés aux délégations qui lui sont attribuées, parmi lesquelles figurent les finances communales et les marchés publics et leur exécution. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire du titre de recettes contesté doit être écarté.
7. En deuxième lieu, si le titre exécutoire litigieux ne détermine pas avec précision l'ordre de juridiction compétent en cas de recours, cette circonstance, pour regrettable qu'elle soit, qui n'a d'incidence que sur le délai de recours, est cependant dépourvu d'influence sur la légalité de l'acte attaqué, de sorte que le moyen est inopérant et doit être écarté.
8. En troisième lieu, aux termes du deuxième alinéa de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Toute créance liquidée faisant l'objet () d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation () ". En vertu de ces dispositions, la mise en recouvrement d'une créance doit comporter, soit dans le titre de perception lui-même, soit par la référence précise à un document joint à ce titre ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul ayant servi à déterminer le montant de la créance.
9. Il résulte de l'instruction que le titre exécutoire en litige était précédé d'un courrier recommandé en date du 13 septembre 2019 par lequel la commune de Villeneuve-Loubet rappelle à la société requérante l'historique du marché conclu entre eux et notamment l'absence de réception des travaux initialement fixée au 23 août 2019 et le constat de la persistance des désordres sur le revêtement de sols en raison de l'absence d'intervention de la requérante au 28 août 2019. Ce même courrier indique que la commune est en droit d'appliquer les pénalités de retard décrites à l'article 20 du cahier des clauses administratives particulières, pour la mauvaise exécution des prestations, pour la période allant du 23 août 2019, date de réception contractuelle des travaux, jusqu'au 27 août 2019 inclus, puis pour la période courant du 28 août 2019, seconde date de réception programmée, jusqu'au 31 août 2019 inclus, à raison de 300 euros pendant une période de 48 heures suivant la date de réception obligatoire et de la nouvelle date de réception programmée, puis de 500 euros pendant les 48 heures suivantes, soit une pénalité totale de 1 600 euros correspondant au titre en litige. Dès lors, la société Sinhatec a été destinataire des éléments de calculs lui permettant de contester utilement le montant du titre exécutoire et par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de mention et de précision des bases de liquidation doit être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'avis des sommes à payer :
10. Aux termes de l'article 19 " Fixation et prolongation des délais " du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) applicable au marché n° 35BIS/2019 : " () En respect de l'article L. 2112-5 du code de la commande publique, le présent marché prend effet à compter de la date de sa notification jusqu'à la réalisation complète et la réception sans réserve des prestations à exécuter. / En termes de planning, il est fait état des principaux points suivants : / - installation de chantier et début des travaux sur site : à compter du mercredi 17 juillet 2019 / - réception obligatoire de chantier : le mercredi 14 août dernier délai. / L'objectif est d'assurer un site pleinement opérationnel pour la reprise de l'année scolaire 2019-2020, soit le 2 septembre 2019 () ". Aux termes de l'article 20 " Pénalités " du CCAP : " 20.1. Pour chaque lot composant le présent marché, en cas de retard ou d'une mauvaise exécution imputable au titulaire dans l'exécution de ses prestations, il est appliqué une des pénalités définies comme suit : / () En cas de rejet de l'exécution d'une prestation (article 41 du CCAP) : / trois cents (300) euros pendant une période de quarante-huit (48) heures, puis une pénalité journalière de cinq cents (500) euros pendant les quarante-huit (48) heures suivantes. / Dans le cas où, malgré l'application de ces pénalités pendant les délais fixés ci-avant, le titulaire ne termine pas l'exécution de ses prestations, la commune se réserve le droit de résilier le présent marché selon les dispositions indiquées à l'article 46-3 ci-après. / () Les pénalités sont encourues du simple fait de la constatation du retard par le maitre d'œuvre () ".
11. Il résulte de l'instruction que la commune de Villeneuve-Loubet a appliqué des pénalités de retard pour un montant total de 1 600 euros, couvrant la période du 23 au 27 août inclus, puis celle du 28 au 31 août inclus, en raison, premièrement, des malfaçons et désordres constatés lors de la réception des travaux contractuellement prévue le 23 août 2019 et, deuxièmement, de la persistance de ceux-ci ainsi que de l'absence d'intervention de la société requérante lors de la seconde opération préalable de réception programmée au 28 août 2019. Ainsi, les désordres et malfaçons n'ont pas été corrigés et réglés au 2 septembre 2019 par la société Sinhatec. Cette dernière n'apporte pas d'éléments de nature à établir que ces désordres et malfaçons sont imputables, non à son intervention, mais au comportement du maitre d'ouvrage. A cet égard, la circonstance invoquée par la requérante et tirée de ce qu'elle n'a pas eu accès à l'école entre le 4 septembre et le 18 décembre 2019, est sans incidence sur le bien-fondé des pénalités contestées, dès lors que la période couverte par celles-ci est antérieure à celle mentionnée par la requérante. De même, la circonstance dont se prévaut la société Sinhatec, tirée de ce qu'elle ne peut être regardée comme responsable des retards dans la réception des travaux et la levée des réserves dès lors que le marché a été résilié à ses torts exclusifs, est également sans incidence sur le bien-fondé des pénalités qui lui ont été infligées, dès lors que la résiliation n'a été prononcée que le 6 novembre 2019, soit postérieurement à la période concernée par les pénalités objets du titre exécutoire contesté.
12. Il résulte de ce qui précède que la société Sinhatec n'est pas fondée à demander l'annulation du titre exécutoire émis le 16 décembre 2019. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions tendant à la décharge de l'obligation de payer la somme de 1 600 euros.
Sur les conclusions à fin d'annulation du titre exécutoire émis le 17 décembre 2019 :
En ce qui concerne la régularité du titre exécutoire :
13. En premier lieu, par un arrêté du 3 juillet 2019, le maire de Villeneuve-Loubet a accordé à Mme A B, premier adjoint au maire, une délégation à l'effet de signer tous les actes relatifs à l'exécution budgétaire liés aux délégations qui lui sont attribuées, parmi lesquelles figurent les finances communales et les marchés publics et leur exécution. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire du titre de recettes contesté doit être écarté.
14. En deuxième lieu, si le titre exécutoire litigieux ne détermine pas avec précision l'ordre de juridiction compétent en cas de recours, cette circonstance, pour regrettable qu'elle soit, qui n'a d'incidence que sur le délai de recours, est cependant dépourvu d'influence sur la légalité de l'acte attaqué, de sorte que le moyen est inopérant et doit être écarté.
15. En troisième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 8, la mise en recouvrement d'une créance doit comporter, soit dans le titre de perception lui-même, soit par la référence précise à un document joint à ce titre ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul ayant servi à déterminer le montant de la créance.
16. Il résulte de l'instruction que le titre exécutoire en litige comporte les indications " pénalités de retard arrêté au 04/09/2019 " et " Marché : 201903/35 ". Il résulte également de l'instruction, que ce titre était précédé d'un courrier recommandé en date du 13 septembre 2019 par lequel la commune de Villeneuve-Loubet rappelle à la société requérante l'historique du marché conclu entre eux, et notamment l'absence de réception des travaux initialement fixée au 23 août 2019, le descriptif des réserves faites lors de la pré-réception du 21 août, l'impossibilité au 28 août 2019, date programmée pour la levée des réserves, de lever totalement celles-ci en raison de l'apparition de nouveaux désordres et de l'absence d'intervention de la requérante permettant de lever les réserves, et, enfin, du constat du nouveau défaut d'intervention de la part de la société Sinhatec au 30 août, date fixée pour une nouvelle levée des réserves, obligeant ainsi au maintien de la réception avec réserves des prestations réalisées par la titulaire du lot n° 3. Ce même courrier indique que la commune est en droit d'appliquer les pénalités de retard décrites à l'article 20 du cahier des clauses administratives particulières, en cas de retard dans l'exécution d'une intervention planifiée, pour la période allant du 23 août 2019, date de réception contractuelle des travaux, jusqu'au 27 août 2019, puis pour la période courant du 28 août 2019, première date de levée des réserves, jusqu'au 29 août, puis, enfin du 30 août, deuxième date de levée des réserves, jusqu'au 3 septembre 2019 inclus, à raison de 500 euros pendant une période de 48 heures, puis de 800 euros pendant les 48 heures suivantes, soit une pénalité totale de 3 100 euros correspondant au titre en litige. Dès lors, la société Sinhatec, qui a d'ailleurs répondu à ce courrier par lettre du 25 septembre 2019, a été destinataire des éléments de calculs lui permettant de contester utilement le montant du titre exécutoire et par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de mention et de précision des bases de liquidation doit être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'avis des sommes à payer :
17. Aux termes de l'article 19 " Fixation et prolongation des délais " du CCAP applicable au marché n° 35/2019 : " () En termes de délai, la commune rappelle que l'exécution des travaux se déroulera en fonction du planning prévisionnel joint en annexe au présent marché, élaboré par l'assistance à maitrise d'ouvrage. / Ce dernier fait état des principaux points suivants : / - installation de chantier : à compter du 24 juin 2019 / - réception obligatoire du chantier : le 23 août 2019 / () L'objectif est d'assurer un site pleinement opérationnel pour la reprise de l'année scolaire 2019-2020, soit le 2 septembre 2019 () ". Aux termes de l'article 20 " Pénalités " du CCAP : " 20.1. Pour chaque lot composant le présent marché, en cas de retard ou d'une mauvaise exécution imputable au titulaire dans l'exécution de ses prestations, il est appliqué une des pénalités définies comme suit : / () En cas de retard dans l'exécution d'une intervention planifiée (ordre de service) : / cinq cents (500) euros pendant une période de quarante-huit (48) heures, puis une pénalité journalière de huit cents (800) euros pendant les quarante-huit (48) heures suivantes. () / Dans le cas où, malgré l'application de ces pénalités pendant les délais fixés ci-avant, le titulaire ne termine pas l'exécution de ses prestations, la commune se réserve le droit de résilier le présent marché selon les dispositions indiquées à l'article 46-3 ci-après. / () Les pénalités sont encourues du simple fait de la constatation du retard par le maitre d'œuvre () ".
18. Il résulte de l'instruction, que la commune de Villeneuve-Loubet a appliqué des pénalités de retard pour un montant total de 3 100 euros, couvrant la période du 23 au 27 août inclus, puis celle du 28 au 29 août inclus, puis, enfin, celle du 30 août au 3 septembre inclus, en raison, premièrement, des nombreuses réserves exprimées lors de la réception des travaux contractuellement prévue le 23 août 2019, deuxièmement, de la levée partielle des réserves le 28 août 2019, compte tenu de l'apparition de nouveaux désordres et de l'absence d'intervention de la requérante sur certains des points ayant fait l'objet des réserves, et, troisièmement, de la persistance des désordres et de l'absence d'intervention de la société requérante lors de la seconde levée des réserves le 30 août 2019, obligeant le maitre d'ouvrage à maintenir une réception avec réserves des prestations du lot n° 3. Ainsi, les désordres et malfaçons n'ont pas été corrigés et réglés au 2 septembre 2019 par la société Sinhatec. Cette dernière n'apporte pas d'éléments de nature à établir que ces désordres et malfaçons sont imputables, non à son intervention, mais au comportement du maitre d'ouvrage. A cet égard, la circonstance invoquée par la requérante et tirée de ce qu'elle n'a pas eu accès à l'école entre le 4 septembre et le 17 décembre 2019, est sans incidence sur le bien-fondé des pénalités contestées, dès lors que la période couverte par celles-ci est antérieure à celle mentionnée par la requérante. De même, la circonstance dont se prévaut la société Sinhatec, tirée de ce qu'elle ne peut être regardée comme responsable des retards dans la réception des travaux et la levée des réserves, dès lors que le marché a été résilié à ses torts exclusifs, est également sans incidence sur le bien-fondé des pénalités qui lui ont été infligées, dès lors que la résiliation dont elle fait état n'a pas été prononcée pour ce marché, mais uniquement pour le marché n° 35BIS/2019.
19. Il résulte de ce qui précède, que la société Sinhatec n'est pas fondée à demander l'annulation du titre exécutoire émis le 17 décembre 2019. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer la somme de 3 100 euros.
20. Il résulte de tout ce qui précède, que les conclusions présentées par la société Sinhatec à fin d'annulation des titres exécutoires émis par la commune de Villeneuve-Loubet les 16 et 17 décembre 2019 doivent être rejetées, ensemble celles, par voie de conséquence, tendant à ce qu'elle soit déchargée de l'obligation de payer les sommes afférentes à ces titres.
Sur les frais liés au litige :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Villeneuve-Loubet, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la société Sinhatec au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Sinhatec la somme demandée par la commune de Villeneuve-Loubet au même titre, qui n'est pas représentée par un avocat et ne justifie pas de frais particuliers de procédure.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes nos 2001266 et 2001268 de la société Sinhatec sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Villeneuve-Loubet au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Sinhatec et à la commune de Villeneuve-Loubet.
Copie en sera adressée à la trésorerie de Saint-Laurent du Var.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Taormina, président,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2023.
La rapporteure,
signé
D. Gazeau
Le président,
signé
G. Taormina La greffière,
signé
C. Ravera
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
Nos 2001266 et 2001268
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026