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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2001419

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2001419

jeudi 15 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2001419
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantISAIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 mars 2020, la chambre de commerce et d'industrie Nice Côte d'Azur, représentée par la société d'avocats Fidal, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge partielle des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties, de taxe d'enlèvement des ordures ménagères et de taxe spéciale d'équipement auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2018, à raison de plusieurs locaux professionnels situé 9 chemin de la Ginestière à Nice, à hauteur d'un montant de 1 388 euros ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

- la grille de tarifs des Alpes-Maritimes dans le secteur 4 pour la catégorie " BUR 2 " indique que le tarif applicable au titre de l'année 2018 est de 203,9 et non de 206,3 ;

- l'administration fiscale ne retient que des surfaces principales ce qui signifierait que les locaux seraient dépourvus de parties secondaires, telles que des sanitaires ou des archives ;

- le local n° 0881017844 est référencé sous la catégorie " Mag 1 " alors qu'il s'agit également d'un local de bureau de conception récente.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 novembre 2020, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 11 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 mai 2023 à 12 :00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

L'affaire a été renvoyée en formation collégiale en application de l'article R. 222-19 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Cherief conseiller ;

- les conclusions de Mme Perez, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La chambre de commerce et d'industrie (CCI) Nice Côte d'Azur a été assujettie au titre de l'année 2018 à des cotisations de taxe sur la valeur ajoutée, à raisons de plusieurs locaux commerciaux situés 9, chemin de la Ginestière à Nice. Par la présente requête, la CCI Nice Côte d'Azur demande au tribunal de prononcer la décharge de partielle, à hauteur d'un montant de 1 388 euros, des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties, de taxe d'enlèvement des ordures ménagères et de taxe spéciale d'équipement auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2018.

Sur les conclusions à fin de décharge :

En ce qui concerne la charge de la preuve :

2. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. / Il en est de même lorsqu'une imposition a été établie d'après les bases indiquées dans la déclaration souscrite par un contribuable ou d'après le contenu d'un acte présenté par lui à la formalité de l'enregistrement ". Il résulte de l'instruction que, pour l'évaluation de la valeur locative du bien de la société requérante, l'administration fiscale a retenu les surfaces qui avaient été déclarées initialement par la CCI Nice Côte d'Azur. Par suite, il revient à la requérante de démontrer que les surfaces réelles et pondérées de son bien ne correspondent pas aux valeurs prises en compte par l'administration.

En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :

3. En premier lieu, Aux termes de l'article 1498 du code général des impôts : " I. - La valeur locative de chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie, autres que les locaux mentionnés au I de l'article 1496, que les établissements industriels mentionnés à l'article 1499 et que les locaux dont la valeur locative est déterminée dans les conditions particulières prévues à l'article 1501, est déterminée selon les modalités prévues aux II ou III du présent article. / Les propriétés mentionnées au premier alinéa sont classées dans des sous-groupes, définis en fonction de leur nature et de leur destination. A l'intérieur d'un sous-groupe, elles sont classées par catégories, en fonction de leur utilisation, de leurs caractéristiques physiques, de leur situation et de leur consistance. Les sous-groupes et catégories de locaux sont déterminés par décret en Conseil d'Etat. / II. - A. - La valeur locative de chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie mentionnée au I est déterminée en fonction de l'état du marché locatif à la date de référence du 1er janvier 2013, sous réserve de la mise à jour prévue au III de l'article 1518 ter. / Elle est obtenue par application d'un tarif par mètre carré déterminé conformément au 2 du B du présent II à la surface pondérée du local définie au C du présent II. () / C. - La surface pondérée d'un local est obtenue à partir de la superficie de ses différentes parties, réduite, le cas échéant, au moyen de coefficients fixés par décret, pour tenir compte de leur utilisation et de leurs caractéristiques physiques respectives. () ". Aux termes de l'article 1518 bis du même code : " Dans l'intervalle de deux actualisations prévues par l'article 1518, les valeurs locatives foncières, à l'exception de celles des propriétés évaluées dans les conditions prévues à l'article 1498, sont majorées par application de coefficients forfaitaires fixés par la loi de finances en tenant compte des variations des loyers. / Les coefficients prévus au premier alinéa sont fixés : () / Au titre de 2017, à 1,004 pour les propriétés non bâties, à 1,004 pour les immeubles industriels relevant du 1° du II de l'article 1500 et à 1,004 pour l'ensemble des autres propriétés bâties. / A compter de 2018, dans l'intervalle de deux actualisations prévues à l'article 1518, les valeurs locatives foncières sont majorées par application d'un coefficient égal à 1 majoré du quotient, lorsque celui-ci est positif, entre, d'une part, la différence de la valeur de l'indice des prix à la consommation harmonisé du mois de novembre de l'année précédente et la valeur du même indice au titre du mois de novembre de l'antépénultième année et, d'autre part, la valeur du même indice au titre du mois de novembre de l'antépénultième année. () ".

4. La CCI Nice Côte d'Azur fait valoir que la grille de tarifs des Alpes-Maritimes dans le secteur 4 pour la catégorie " BUR 2 " indique que le tarif applicable au titre de l'année 2018 est de 203,9 et non le tarif de 206,3 retenu par l'administration à fin de calculer la valeur locative des différents locaux à raison desquels elle a été assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties. Toutefois, l'administration fiscale fait valoir en défense, sans être contredite par la requérante, que le tarif dont la CCI invoque le bénéfice correspond à celui en vigueur au titre de l'année 2017. Il résulte, à cet égard, des dispositions précitées de l'article 1518 bis du code général des impôts que si ce tarif est modifié tous les deux ans, les valeurs locatives foncières ont été majorées, au titre de l'année 2018, par application d'un coefficient égal à 1 majoré d'un quotient lorsque celui-ci est positif, entre, d'une part, la différence de la valeur de l'indice des prix à la consommation harmonisé du mois de novembre de l'année précédente et la valeur du même indice au titre du mois de novembre de l'antépénultième année et, d'autre part, la valeur du même indice au titre du mois de novembre de l'antépénultième année. La CCI Nice Côte d'Azur ne conteste pas que, au titre de l'année 2018, le coefficient majoré, mentionné par les dispositions précitées de l'article 1518 bis du code général des impôts, s'élevait à 1,012. Ainsi, la valeur locative foncière au titre de l'année 2018 s'élevait, pour la catégorie " BUR 2 " à 203,9 x 1,012 soit 206,3 euros. Par suite, le moyen tiré de ce que la grille de tarifs des Alpes-Maritimes dans le secteur 4 pour la catégorie " BUR 2 " indique que le tarif applicable au titre de l'année 2018 est de 203,9 et non de 206,3 doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 324 Z de l'annexe III au code général des impôts : " Pour l'application du C du II de l'article 1498 du code général des impôts, la surface pondérée d'un local est la somme, le cas échéant arrondie au mètre carré inférieur, des superficies de ses différentes parties, affectées, le cas échéant, du coefficient mentionné au troisième alinéa. / La superficie des différentes parties d'un local, y compris celle des dégagements et sanitaires, est la superficie réelle, mesurée au sol, entre murs ou séparations et arrondie au mètre carré inférieur. / Lorsque l'une de ces parties a une valeur d'utilisation réduite par rapport à l'affectation principale du local, la superficie de cette partie est réduite par application d'un coefficient fixé à 0,5 lorsque cette partie est couverte et à 0,2 dans le cas contraire. ".

6. Si la CCI Nice Côte d'Azur fait valoir que l'administration fiscale ne retient que des surfaces principales ce qui signifierait que les locaux seraient dépourvus de partie secondaires, telles que des sanitaires ou des archives, il résulte de l'instruction que, pour déterminer la surface réelle des locaux commerciaux à raison desquels la CCI a été assujettie aux impositions contestées, l'administration fiscale s'est basée sur les surfaces ainsi que l'affectation des locaux issues des télé-déclarations effectuées par la CCI Nice Côte d'Azur. Cette dernière n'établit pas, par la seule reproduction du détail des calculs des dégrèvements demandés, que l'administration fiscale aurait fait une erreur dans la prise en compte des surfaces déclarées. Par suite, le moyen tiré de ce que l'administration fiscale ne retient que des surfaces principales ce qui signifierait que les locaux seraient dépourvus de partie secondaires, telles que des sanitaires ou des archives, doit être écarté.

7. En troisième lieu, si requérante fait valoir que le local n° 0881017844 est référencé sous la catégorie " Mag 1 " alors qu'il s'agit également d'un local de bureau de conception récente, l'administration fiscale produit à l'appui de son mémoire en défense la déclaration du 4 avril 2013 de la CCI Nice Côte d'Azur concernant ce local, de laquelle il ressort que la requérante a déclaré ce local sous la référence " MAG 1 " pour une surface principale de 360 mètres carrés, le local étant utilisé pour " l'activité principale " de " restaurant ". Ainsi, et dès lors que la CCI ne produit aucun élément relatif aux bureaux récemment construits et dont elle allègue qu'ils composent également ce local, le moyen tiré de ce que le local n° 0881017844 est référencé sous la catégorie " Mag 1 " alors qu'il s'agit également d'un local de bureau de conception récente doit être écarté.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par la CCI Nice Côte d'Azur doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante une quelconque somme. Les conclusions présentées sur ce fondement par la société requérante doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de la CCI Nice Côte d'Azur est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la CCI Nice Côte d'Azur, ainsi qu'au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.

Délibéré après l'audience du 25 mai 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Mear, présidente,

Mme Kolf, conseillère,

M. Cherief, conseiller,

assistés de Mme Sussen, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.

Le rapporteur,

signé

H. CHERIEF

La présidente,

signé

J. MEAR

La greffière,

signé

C. SUSSEN

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière,

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