lundi 5 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2001881 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat M. FAY |
| Avocat requérant | CABINET BENSA & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 mai 2020, Mme B D, représentée par M. le Bâtonnier Thierry Trouin, avocat au Barreau de Nice, demande au tribunal :
* l'annulation de la décision en date du 9 mars 2020 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande de remise de dette ;
* l'annulation de la créance de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes ;
* de mettre les dépens à la charge de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes.
Mme D soutient que son recours gracieux était fondé sur sa précarité et que la décision attaquée est en contradiction avec deux décisions en date du 14 févier 2020 par lesquelles la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a procédé à deux remises de dette pour des montants respectifs de 952,50 et 2 078,93 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 octobre 2022, la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision en date du 9 mars 2020, cette décision ayant été annulée par une décision postérieure en date du 7 juillet 2020 et au rejet des conclusions aux fins de remise totale de l'indu.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
* le code de la construction et de l'habitation ;
* le code de la sécurité sociale ;
* le code de justice administrative.
Vu, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le rapporteur public ayant été dispensé, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique le rapport de M. Faÿ, magistrat désigné, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par courrier en date du 21 novembre 2019, le directeur de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a informé Mme D qu'après étude de ses droits, ces derniers avaient changé à partir du 1er juillet 2018 et qu'elle était redevable d'indus de prestations familiales, référencés IN5 006, IN6 001 et INY 001, d'un montant de 6 340,69 euros. Le 19 décembre 2019, la requérante a introduit un recours gracieux à l'encontre de la décision en date du 21 novembre 2019 par lequel elle demandait la remise totale ou " la plus large diminution possible " de l'indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 2 298,78 qui a fait l'objet d'une décision de rejet en date du 9 mars 2020. Mme D demande l'annulation de la décision en date du 9 mars 2020 et la remise totale de l'indu.
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement ainsi que les primes accordées aux bénéficiaires de ces aides afin qu'ils déménagent pour s'assurer des conditions de logement plus adaptées sont régies par le présent livre. Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 821-2 du même code : " Les aides personnelles au logement sont accordées au titre de la résidence principale ". Aux termes de son article L. 825-1 : " Sous réserve des dispositions de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale (), les recours dirigés contre les décisions prises en matière d'aides personnelles au logement () par les organismes mentionnés à l'article L. 812-1 sont portés devant la juridiction administrative ". Aux termes des dispositions de l'article L. 825-2 du même code : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement () par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire " et aux termes des dispositions de l'article L. 825-3 du même code : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : 1° Les contestations des décisions prises par l'organisme payeur au titre des aides personnelles au logement ou des primes de déménagement ; 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision. S'agissant d'un indu constaté au titre de l'aide personnalisée au logement il y a lieu de rechercher si la situation de précarité de l'intéressée et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction de dette.
Sur l'étendue du litige
4. Il résulte de l'instruction qu'à la date du 21 novembre 2019, Mme D était redevable d'un indu d'aide aux adultes handicapés référencée IN6 001 d'un montant de 2 771,91 euros au titre de la période des mois de février à d'août 2019, d'un indu d'allocation de soutien familial référencé INY 001 d'un montant de 1 270 euros pour la période des mois de juillet 2018 à août 2019 et d'un indu d'aide personnalisée au logement référencé IN5 006 d'un montant de 2 298,78 euros. Par deux décisions en date du 14 février 2020, le directeur de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a accordé une remise partielle de 2 078,93 euros de l'indu référencé IN6 001 et une remise partielle d'une montant de 952,50 euros sur l'indu référencé INY 001. Par décision en date du 9 mars 2020, le directeur de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a rejeté la demande de remise de l'indu référencé IN5 006. Ainsi, le présent litige porte exclusivement sur l'indu d'aide personnalisée au logement référencé IN5 006 d'un montant initial de 2 298,78 euros. Par décision en date du 7 juillet 2020, le directeur de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a décidé d'accorder une remise partielle de 1 724,09 euros de l'indu référencé IN5 006 soit un reste à charge d'un montant de 574,69 euros. Par suite, le présent litige porte sur un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 574,69 euros.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision en date du 9 mars 2020
5. Ainsi qu'il a été dit au point 4 ci-dessus, par décision en date du 7 juillet 2020, le directeur de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a décidé d'accorder une remise partielle de 1 724,09 euros de l'indu référencé IN5 006. Cette décision a nécessairement annulé et remplacée la décision attaquée en date du 9 mars 2020. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation de la décision en date du 9 mars 2020 sont devenues sans objet. Il n'y a dès lors plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions aux fins de remise totale de l'indu d'aide personnalisée au logement
6. Il résulte de l'instruction que la requérante ne conteste pas le bien fondé du trop-perçu d'aide personnalisée au logement sur la période des mois de juillet 2018 à novembre 2019 consécutif à la déclaration tardive, le 16 novembre 2019, du changement de situation de sa fille, C, salariée à compter du 1er janvier 2018. Si au soutien de ses conclusions aux fins de remise totale de sa dette, Mme D allègue sa précarité, la décision en date du 7 juillet 2020 en a tenu compte en retenant un quotient familial de 259 euros et en accordant une remise partielle de dette à hauteur de 75 %. Par suite, nonobstant la bonne foi de la requérante qui au demeurant n'est pas contestée, l'origine de l'indu contesté étant consécutive à une déclaration tardive de près de 24 mois de l'activité salarié de sa fille et le directeur de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes ayant accordé une remise partielle de 75 %, il n'y a pas lieu d'accorder à Mme D une remise ou une réduction supplémentaire de la dette de 574,69 euros demeurant à sa charge.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la créance de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les dépens
8. Aux termes des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'État. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'État peut être condamné aux dépens ".
9. Aucune des mesures d'instruction visées par ces dispositions n'ayant été décidée, les conclusions tendant à ce que la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes soit condamné aux dépens ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision en date du 9 mars 2020
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme D est rejeté.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme B D et à la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes.
Copie en sera transmise au préfet des Alpes-Maritimes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
Signé
D. ALa greffière,
Signé
N. KATARYNEZUK
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées, en ce qui le concerne, ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
P/Le greffier en chef,
Le greffier
,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026