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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2001992

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2001992

samedi 30 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2001992
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationMagistrat Mme ROUSSELLE
Avocat requérantSELARL CABINET CARA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 mai 2020 au greffe du tribunal, Mme C B, représentée par Me Cara, doit être regardée comme demandant au tribunal:

1°) de constater que la créance reclamée à nouveau par la decision du 28 mai 2019 par la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes (CAFAM) est annulée;

2°) de dire et juger que la CAFAM devra reprendre le versement des aides au logement à son, benefice;

3°) de mettre à la charge de la CAFAM et du conseil départemental les dépens de l'instance.

Elle soutient que:

- Malgré le jugement rendu par le tribunal administratif de Nice en date du 17 mars 2016, la CAFAM continue de lui reclamer une somme de 12772 euros et 1591,02 euros au titre d'un trop perçu;

- la CAFAM l'a privé de son aide au logement depuis le mois de mars 2019;

- Elle n'a pas à payer cette somme dans la mesure où elle n'a commis aucune fraude.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mars 2022, le Département des Alpes-Maritimes, représenté par le président du conseil départemental en exercice, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'il y a un non-lieu à statuer aux fin d'exécution du jugement du 16 mars 2016 et les autres demandes sont irrecevables.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

La présidente a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Rousselle, présidente ;

et les observations de M. A, représentant le département des Alpes-Maritimes.

Considérant ce qui suit :

Sur l'annulation de la créance sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le non-lieu à statuer, la fin de non-recevoir et la mise hors de cause.

1. Par la requête n° 2001992, Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la créance émise le 3 mai 2013 au titre d'un indu de revenue de solidarité active (RSA) et reclamée à nouveau par la decision du 28 mai 2019 par la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes (CAFAM).

2. Aux termes de l'article R.421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".

3. Aux termes de l'article L.262-47 du code de justice administrative : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. Les modalités d'examen du recours sont définies par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article R.262-88 du même code : " Le recours administratif préalable mentionné à l'article L. 262-47 est adressé par le bénéficiaire au président du conseil départemental dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision contestée. Il motive sa réclamation ".

4. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, dans sa rédaction applicable au litige : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ". Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.

5. Aux termes de l'article R.262-6 du code de l'action sociale et des familles : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux ". Aux termes de l'article R.262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".

6. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

7. Il résulte de l'instruction que lors de l'envoi des déclarations trimestrielles de ressources (DTR) établies par la requérante et adressées à la CAFAM pour les mois de novembre 2007 à avril 2012, cette dernière n'a signalé aucun changement, se déclarant toujours sans ressources alors qu'elle a bénéficiée d'une prestation compensatoire placée en assurance-vie d'un montant de 105 490, 57 euros en 2008, à l'issue du divorce avec son mari. En effet, 'est à la faveur d'un contrôle opéré par la CAFAM dont le rapport a été rendu en date du 19 juin 2012, qu'il a été révélé que ses déclarations sont fausses. Après avoir procédé à la régularisation de sa situation financière, la CAFAM a adressé à la requérante le 03 mai 2013 une notification faisant étant de la créance en litige. Il est constant que la requérante n'a jamais contesté cette créance conformément aux dispositions cité au point 3.

8. Pour l'ensemble des motifs relevés ci-dessus, la créance litigieuse doit être regardée comme résultant d'une fausse déclaration, qui fait obstacle, en application des dispositions précitées de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, à ce que Mme. B puisse prétendre à la remise gracieuse de sa dette, quelle que soit, à la supposer établie, la précarité de sa situation.

9. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

DECIDE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au Département des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juillet 2022.

La présidente,

Signé

P. ROUSSELLELe greffier,

Signé

C. LONGEQUEUE

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation le greffier.

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