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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2002052

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2002052

mardi 31 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2002052
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantFACCENDINI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 25 mai 2020, le 17 novembre 2022 et le 5 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Faccendini Carrel, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à lui verser la somme totale de 461 316,84 euros en réparation de son préjudice ;

2°) à titre subsidiaire, de condamner l'ONIAM à la somme totale de 211 333,08 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'ONIAM la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il est fondé à demander la réparation de ses préjudices résultant de l'infection nosocomiale au titre de la solidarité nationale à hauteur de 50%, soit une somme totale de 461 316,84 euros, et qui se décomposent comme suit :

31 221,80 euros au titre de la perte de gains professionnels actuels ;

99 074,09 euros au titre des dépenses de santé futures ;

718 985,32 euros au titre des frais de logement et de véhicules adaptés ;

30 000 euros au titre de l'incidence professionnelle ;

13 352,48 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;

30 000 euros au titre du préjudice d'établissement.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 12 juillet 2022 et le 2 décembre 2022, l'ONIAM, représenté par Me Fitoussi, conclut :

- à titre principal, au rejet de la requête ;

- à titre subsidiaire, à ce que des experts spécialisés en infectiologie et en neurologie soient désignés ;

- à titre infiniment subsidiaire, à la réduction à de plus justes proportions des prétentions indemnitaires au titre du déficit fonctionnel temporaire du requérant et au rejet des autres chefs de préjudices ;

- et demandent à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- à titre principal, que la condition de gravité n'est pas remplie pour permettre la réparation au titre de la solidarité nationale ;

- à titre subsidiaire, le rapport d'expertise diligenté par la commission de conciliation et d'indemnisation est lacunaire et contestable ;

- l'indemnisation ne pourra excéder la somme totale de 4 878,13 euros correspondant au déficit fonctionnel temporaire.

Par ordonnance du 5 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 19 décembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Duroux, conseillère ;

- les conclusions de Mme Moutry, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Faccendini, représentant M. A, et de Me Fitoussi, représentant l'ONIAM.

Considérant ce qui suit :

1. Le 16 septembre 2013, M. A s'est présenté au CHU de Nice afin de recevoir son traitement contre la sclérose en plaque. Se plaignant de douleurs aux reins, il subit un scanner qui permet de diagnostiquer une lithiase urinaire pour laquelle il reçoit le traitement habituel. Le lendemain, après avoir été retrouvé inconscient à son domicile, M. A est transporté au service de réanimation du CHU de Nice en état de choc circulatoire avec défaillance multi-viscérale lié à la lithiase urinaire. Il reçoit un traitement par sédation et corticothérapie pendant respectivement deux et trois jours au regard de l'amélioration de son état de santé. Toutefois, M. A présente, à ce stade, un déficit moteur du membre supérieur droit, une défaillance rénale et bénéficie d'une assistance respiratoire. A partir du 24 septembre 2013, son état de santé se dégrade à nouveau en raison d'un second épisode infectieux identifié comme un syndrome de réponse inflammatoire systémique (SIRS). Une série de prélèvement est notamment effectuée, ainsi qu'un scanner et l'ajout d'un antibiotique. Ce n'est que le 7 octobre 2013 qu'une bactérie hautement résistante est identifiée et qualifiée d'infection nosocomiale. A compter du 14 novembre 2013, M. A est transféré en service infectiologie jusqu'au 6 mars 2014, puis en soins de suite et rééducation en raison d'une quasi tétraplégie. Le 21 avril 2015, M. A a saisi la commission de consultation et d'indemnisation qui, par avis du 7 avril 2016, a estimé que M. A a contracté une infection nosocomiale ouvrant droit à la réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale dans la limite de 50%. Le 25 juillet 2018, un protocole d'accord a été signé entre M. A et son assurance, la société Generali, pour un montant totale de 500 000 euros. Puis l'ONIAM a adressé un protocole transactionnel d'indemnisation partielle à hauteur de 4 678,13 euros correspondant à l'indemnisation du déficit fonctionnel temporaire non pris en charge par l'assurance de

M. A. Ce protocole d'accord a été refusé. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de condamner l'ONIAM à lui verser la somme de 461 316,84 euros au titre des préjudices subis.

Sur l'offre présentée par l'ONIAM dans le cadre de la procédure amiable :

2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " () / II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret ". Aux termes de l'article D. 1142-1 du même code : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24 %. Présente également le caractère de gravité mentionné au II de l'article L. 1142-1 un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ayant entraîné, pendant une durée au moins égale à six mois consécutifs ou à six mois non consécutifs sur une période de douze mois, un arrêt temporaire des activités professionnelles ou des gênes temporaires constitutives d'un déficit fonctionnel temporaire supérieur ou égal à un taux de 50 %. / A titre exceptionnel, le caractère de gravité peut être reconnu : / 1° Lorsque la victime est déclarée définitivement inapte à exercer l'activité professionnelle qu'elle exerçait avant la survenue de l'accident médical, de l'affection iatrogène ou de l'infection nosocomiale ; / 2° Ou lorsque l'accident médical, l'affection iatrogène ou l'infection nosocomiale occasionne des troubles particulièrement graves, y compris d'ordre économique, dans ses conditions d'existence ".

3. Aux termes de l'article L. 1142-17 du code de la santé publique : " Lorsque la commission régionale estime que le dommage est indemnisable au titre du II de l'article L. 1142-1, ou au titre de l'article L. 1142-1-1 l'office adresse à la victime ou à ses ayants droit, dans un délai de quatre mois suivant la réception de l'avis, une offre d'indemnisation visant à la réparation intégrale des préjudices subis. / () / L'acceptation de l'offre de l'office vaut transaction au sens de l'article 2044 du code civil. / () ". Et aux termes de l'article L.1142-20 du même code : " La victime, ou ses ayants droit, dispose du droit d'action en justice contre l'office si aucune offre ne lui a été présentée ou si elle n'a pas accepté l'offre qui lui a été faite. / L'action en indemnisation est intentée devant la juridiction compétente selon la nature du fait générateur du dommage. ".

4. Il résulte de ces dispositions que l'ONIAM doit assurer, au titre de la solidarité nationale, la réparation des dommages résultant directement d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins à la double condition qu'ils présentent un caractère d'anormalité au regard de l'état de santé du patient comme de l'évolution prévisible de cet état et que leur gravité excède le seuil défini à l'article D. 1142-1.

5. Le refus par la victime de l'offre adressée par l'ONIAM en vertu de l'article L. 1142-17 du code de la santé publique, rend celle-ci caduque, de sorte que l'office s'en trouve déliée, et qu'il appartient à la juridiction, saisie par la victime comme le lui permet l'article L.1142-20 du même code, de statuer tant sur l'existence que sur l'étendue de ses droits. M. A n'est donc pas fondé à soutenir que l'ONIAM aurait reconnu l'existence d'une créance qu'il détiendrait à son égard, alors même que l'office ne serait pas tenu de présenter une telle offre en toutes circonstances.

Sur le droit à réparation au titre de la solidarité nationale :

6. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. () / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. / II. - () ". Doit être regardée, au sens de ces dispositions, comme présentant un caractère nosocomial une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.

7. Aux termes de l'article L. 1142-1-1 du code de la santé publique : " Sans préjudice des dispositions du septième alinéa de l'article L. 1142-17, ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale : / 1° Les dommages résultant d'infections nosocomiales dans les établissements, services ou organismes mentionnés au premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 correspondant à un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à 25 % déterminé par référence au barème mentionné au II du même article, ainsi que les décès provoqués par ces infections nosocomiales ; / () ". Ces dispositions, qui n'ont pas pour objet de définir les conditions dans lesquelles il est procédé à l'indemnisation du préjudice, mais de prévoir que les dommages résultant d'infections nosocomiales ayant entraîné une invalidité permanente d'un taux supérieur à 25 % ou le décès du patient peuvent être indemnisés au titre de la solidarité nationale, trouvent également à s'appliquer dans le cas où une infection nosocomiale a entraîné la perte d'une chance d'éviter de tels préjudices.

8. Pour l'application des dispositions de l'article L. 1142-1-1 du code de la santé publique dans l'hypothèse où une infection nosocomiale est à l'origine d'un préjudice constitué d'une perte de chance, le préjudice est indemnisé au titre de la solidarité nationale lorsque le taux d'atteinte permanente à l'intégrité du patient, calculé par la différence entre, d'une part, la capacité que l'intéressé aurait eu une très grande probabilité de récupérer grâce à l'intervention en l'absence de cette infection et, d'autre part, la capacité constatée après consolidation du préjudice résultant de l'infection, est supérieur à 25%.

9. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. A a été hospitalisé au sein du CHU de Nice à compter du 17 septembre 2013 pour un choc circulatoire avec défaillance multi-viscérale en lien avec une lithiase urinaire. Si son état de santé s'est amélioré dans un premier temps, il s'est ensuite détérioré à compter du 24 septembre 2013 en raison d'un syndrome de réponse inflammatoire systémique lié à une nouvelle infection. Le 7 octobre, une bactérie hautement résistante est identifiée en portage rectal au cours d'une surveillance systématique alors que les recherches étaient négatives le 17 septembre, date d'admission de M. A au CHU de Nice. En outre, il n'est pas établi que cette infection ait une origine autre que la prise en charge au sein du CHU de Nice. Par suite, cette infection présente un caractère nosocomial.

10. La circonstance que l'ONIAM n'ait pas été appelé à participer à l'expertise ordonnée par la commission de conciliation et d'indemnisation ne fait pas obstacle à ce que le juge prenne en compte les conclusions du rapport des experts, qui peuvent être discutées dans le cadre de l'instance contentieuse. Or, il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise ordonné par la commission de conciliation et d'indemnisation, que si le requérant présentait initialement une incapacité permanente de 25% lié à une amputation, sa prise en charge au sein du CHU de Nice est à l'origine d'un déficit fonctionnel permanent de 60% en lien, d'une part, avec son état antérieur de sclérose en plaque, et d'autre part, avec une neuro myopathie de réanimation provoquée par l'inactivité musculaire de M. A pendant les deux jours de traitement par sédation et par l'infection nosocomiale contractée dès le 24 septembre 2013 et identifiée seulement le 7 octobre 2013. Dès lors, cette infection nosocomiale est à l'origine d'une perte de chance d'éviter cette incapacité qui est supérieure au seuil de 25% mentionné à l'article L. 1142-1-1 du code de la santé publique. Par ailleurs, il y a lieu de fixer à 50% le taux de perte de chance de M. A causé par cette infection nosocomiale.

Sur les préjudices du requérant :

11. Il résulte du rapport d'expertise que l'état de santé de M. A peut être regardé comme consolidé le 1er juillet 2015.

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux temporaires :

Quant aux pertes de gains professionnels actuels :

12. M. A indique que préalablement à son admission au CHU de Nice il était en arrêt de travail, qu'il avait vendu les parts de sa société et qu'il avait entamé des démarches en vue d'une réorientation professionnelle. Dès lors qu'il n'exerçait aucune activité professionnelle, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il a subi une perte de gains professionnels actuels. Par suite, ce chef de préjudice sera écarté.

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux permanents :

Quant aux dépenses de santé futures :

13. M. A réclame le versement de la somme de 79 815,12 euros au titre du remboursement d'un fauteuil roulant à changer tous les cinq ans. Il résulte de l'instruction que M. A justifie avoir exposé la somme de 14 802,52 euros pour l'achat d'un fauteuil roulant. Il résulte également de l'instruction que M. A a bénéficié d'une prise en charge par la sécurité sociale à hauteur de 5 187,48 euros et par sa mutuelle à hauteur de 1 500 euros, soit un reste à charge de 8 115,04 euros. Par ailleurs, M. A justifie avoir exposé la somme de 635,62 euros pour le remplacement des batteries de son fauteuil roulant. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation du préjudice des dépenses de santé futures en l'évaluant à la somme de 4 375,33 euros en tenant compte du taux de perte de chance.

14. Il y a lieu également de prévoir un renouvellement tous les cinq ans du fauteuil roulant et de mettre à la charge de l'ONIAM, compte tenu du taux de perte de chance, la moitié des frais de renouvellement sur présentation des factures correspondantes, pour la part restant à la charge de M. A.

Quant aux frais de logement adapté :

15. Il résulte de l'instruction que M. A admet que les frais d'aménagement d'une baignoire adaptée ont été pris en charge par son assurance. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction qu'un changement de baignoire doit intervenir tous les 10 ans. Par suite, ce chef de préjudice sera écarté.

Quant aux frais de véhicule adapté :

16. Il résulte de l'instruction que par un avis médical en date du 2 novembre 2011, M. A a été déclaré apte, pour une durée de deux ans, à la conduite d'un véhicule aménagé. Il résulte également de l'instruction que selon le procès-verbal de transaction conclu avec la compagnie d'assurance Generali Iard, M. A a obtenu une indemnité de 100 000 euros au titre des frais d'aménagement du domicile et du véhicule. Si M. A verse au dossier trois devis d'un montant respectif de 47 021,35 euros, 57 998,66 euros et 32 027,40 euros pour le décaissement du véhicule et l'adaptation du fauteuil, ces devis n'ont pas été signés pour accord. En outre, dès lors que le requérant ne bénéficie pas d'une aptitude pour la conduite d'un véhicule adapté que pour une durée limitée de deux ans, le caractère certain du préjudice résultant des frais d'adaptation du véhicule ne peut être établi, en l'absence de facture acquittée, sur la base de ces simples devis. Par suite, ce chef de préjudice sera écarté.

Quant à l'incidence professionnelle :

17. Il résulte de l'instruction que l'état de santé de M. A limite considérablement ses possibilités de reconversion professionnelle entamées dès 2012. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'incidence professionnelle en l'évaluant à la somme de 10 000 euros, qu'il convient de ramener à 5 000 euros après application du taux de perte de chance.

En ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux temporaires :

Quant au déficit fonctionnel temporaire :

18. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise ordonné par la commission de conciliation et d'indemnisation, que M. A a présenté un déficit fonctionnel partiel total du 24 septembre 2013 au 3 avril 2015 et un déficit fonctionnel partielle de 75% du 4 avril 2015 au 1er juillet 2015. Il sera fait une juste évaluation du préjudice résultant du déficit fonctionnel temporaire de M. A en le fixant à la somme de 5 474 euros, après application du taux de perte de chance.

En ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux permanents :

Quant au préjudice d'établissement :

19. Il résulte de l'instruction que si M. A est père de deux enfants, son état de santé lui a causé un préjudice d'établissement. Il sera fait une juste appréciation en l'évaluant à la somme de 5 000 euros après application du taux de perte de chance.

20. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de désigner un expert par jugement avant dire droit, que l'ONIAM est condamné à verser à M. A la somme de totale de 24 849,33 euros en réparation de ses préjudices au titre de la solidarité nationale.

Sur les frais liés au litige :

21. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'ONIAM la somme de 1 500 euros à verser à M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

22. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge du requérant, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que l'ONIAM demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'ONIAM est condamné à verser à M. A la somme totale de 24 849,33 euros.

Article 2 : L'ONIAM est condamné à rembourser à M. A, pour la part restant à la charge de ce dernier et sur présentation des factures, la moitié des frais de renouvellement du fauteuil roulant cité au point 14 dans le cadre d'un renouvellement tous les cinq ans commençant à courir à compter de la date du présent jugement.

Article 3 : L'ONIAM versera à M. A la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions de l'ONIAM au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.

Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Pascal, président,

Mme Duroux, conseillère,

M. Holzer, conseiller,

assistés de Mme Antoine, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2023.

La rapporteure,

signé

G. DUROUX

Le président,

signé

F. PASCALLa greffière,

signé

B-P ANTOINE

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef

Ou par délégation, le greffier

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