mardi 7 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2002149 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat Mme POUGET |
| Avocat requérant | DESFARGES PIERRE-HENRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 juin 2020, Mme E D, représentée par Me Pierre-Henry Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire du 12 septembre 2018 par lequel le département des Alpes-Maritimes a mis à sa charge une somme de 20 459,37 euros relative à un indu de revenu de solidarité active ;
2°) d'annuler le titre exécutoire du 3 juillet 2018 par lequel le département des Alpes-Maritimes a mis à sa charge une somme de 3 000 euros relative à une amende administrative ;
3°) de prononcer la décharge du paiement de la somme de 20 459,37 euros ;
4°) de mettre à la charge du département des Alpes-Maritimes une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
La requérante soutient que :
- les titres exécutoires en litige méconnaissent les dispositions de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales dans la mesure où la copie des bordereaux de titres dûment signés n'ont pas été produits ;
- le titre exécutoire du 3 juillet 2018 méconnaît les dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles en raison du caractère suspensif du recours contentieux qu'elle a formé le 15 juin 2018 à l'encontre de cette même décision ;
-le titre exécutoire du 12 septembre 2018 est entachée d'un défaut de motivation et a été émis en méconnaissance du principe du contradictoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2022, le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête introduite par Mme D.
Il soutient que :
- les conclusions de la requête de Mme D dirigées contre le titre exécutoire du 12 septembre 2018 sont irrecevables compte tenu de leur tardiveté ;
- les autres moyens de sa requête ne sont pas fondés.
Mme E D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 mai 2020 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nice.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le codes des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
La présidente a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 janvier 2023 à 9 heures 30 :
- le rapport de Mme Pouget, présidente ;
- et les observations de Mme B, représentant le département des Alpes-Maritimes.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, Mme D demande l'annulation des titres exécutoires des 3 juillet et 12 septembre 2018 mettant à sa charge, respectivement, un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 20 459,37 euros et une amende administrative d'un montant de 3 000 euros.
Sur les conclusions tendant à l'annulation du titre exécutoire du 3 juillet 2018 :
2. Il résulte de l'instruction que, par un jugement n° 1802539 et 1803407 du 1er avril 2021, devenu définitif, le tribunal administratif de Nice a rejeté les conclusions de Mme D relatives à cette même demande d'annulation du titre de recettes n° 00600-2018-876-10116 émis par le département des Alpes-Maritimes et rendu exécutoire le 3 juillet 2018 pour paiement de la somme de 3 000 euros. Dans ces conditions, l'autorité de la chose jugée attachée au jugement précité, devenu définitif, fait obstacle à la répétition de la présente demande d'annulation, pour une cause juridique identique. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête de Mme D tendant à l'annulation du titre exécutoire du 3 juillet 2018 en cause.
Sur les conclusions tendant à l'annulation du titre exécutoire du 12 septembre 2018 :
3. En premier lieu, aux termes des dispositions du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public compétent vaut notification de ladite ampliation. () / En application de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. /Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. ".
4. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif doit mentionner les nom, prénoms et qualité de l'auteur de cette décision, au sens des dispositions citées au point 3, de même, par voie de conséquence, que l'ampliation adressée au redevable et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de cet auteur. Lorsque le bordereau est signé non par l'ordonnateur lui-même mais par une personne ayant reçu de lui une délégation de compétence ou de signature, ce sont, dès lors, les nom, prénoms et qualité de cette personne qui doivent être mentionnés sur le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif, de même que sur l'ampliation adressée au redevable.
5. En l'espèce, afin de procéder au recouvrement de l'indu de revenu de solidarité active d'un montant de 20 459,37 euros, la créance du département des Alpes-Maritimes a été portée au parapheur sous le bordereau n° 2018-1182 et a été signé le 12 septembre 2018 à 19 heures 48, par voie électronique, par le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, à travers Mme C A, bénéficiaire d'une délégation de signature régulière à cette fin. Par suite, un avis de sommes à payer et un titre de recettes exécutoires ont été émis le même jour à Mme D, pour la somme de 20 459,37 euros et signés par M. Charles Ange Ginésy, président du conseil départemental des Alpes-Maritimes. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée méconnaît les dispositions du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 de ce code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () imposent des sujétions () ". L'article L. 211-5 du même code prévoit que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
7. La décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre de l'allocation de revenu de solidarité active est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. A ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation de sa décision la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. En revanche, elle n'est pas tenue d'indiquer dans cette décision les éléments servant au calcul du montant de l'indu.
8. Il résulte de l'instruction que le titre exécutoire litigieux mentionne qu'il correspond à un indu de solidarité active pour la période comprise entre le 1er mars 2014 et le 3 novembre 2017. Il résulte en outre de l'instruction que Mme D avait été préalablement rendue destinataire de la décision du directeur de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes du 13 février 2018, à laquelle le titre exécutoire en cause fait implicitement mais nécessairement référence, lui notifiant à indu de revenu de solidarité active, pour la période mentionnée par le titre exécutoire ainsi que les éléments de calcul de cet indu et ses motifs. Par suite, Mme D n'est pas fondée à soutenir que le titre litigieux est insuffisamment motivé au regard des exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " () / Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation () ". Ainsi, alors même qu'il n'est pas au nombre des décisions devant être motivées en application des dispositions des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration, tout état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.
10. Le titre exécutoire conteste comporte dans l'encadré " objet " les mentions suivantes : " INDUS RSA JUIN 2018 DU 01/03/2014 AU 3/11/2017 ", ainsi que le montant réclamé, s'élevant à 20 459,37 euros. Le titre en litige fait ainsi référence à l'indu de RSA réclamé pour la période mentionnée et indique les éléments de calcul de la somme mise à la charge de Mme D. Dans ces conditions, le département des Alpes-Maritimes ayant ainsi satisfait à l'obligation qui lui incombait d'indiquer à la requérante, de manière suffisamment claire et précise, les bases de liquidation et les éléments de calcul sur lesquels il se fondait pour mettre la somme en cause à sa charge, le moyen tiré de l'insuffisante motivation du titre exécutoire attaqué doit être écarté.
11. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".
12. Mme D soutient qu'elle n'a jamais été placée en mesure de présenter ses observations sur la décision en cause. Toutefois, il ressort des termes mêmes de la décision en cause que l'intéressée disposait d'un délai de deux mois pour éventuellement la contester devant le service émetteur de la créance, à savoir le conseil départemental des Alpes-Maritimes, ce que la requérante, en tout état de cause, ne démontre pas avoir fait. Dans ces conditions, Mme D n'est pas fondée à soutenir que le caractère contradictoire de la procédure dont elle a fait l'objet aurait été méconnu.
13. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense par le département des Alpes-Maritimes, que les conclusions de la requête de Mme D tendant à l'annulation du titre exécutoire du 12 septembre 2018 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant à la décharge du paiement de la somme de 20 459,37 euros et celles tendant à la condamnation du département des Alpes-Maritimes sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E D, au président du conseil départemental des Alpes-Maritimes et à la paierie départementale des Alpes-Maritimes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2023.
La présidente,La greffière,
signésigné
M. F
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026