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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2002259

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2002259

jeudi 25 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2002259
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantCABINET SOLLBERGER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 juin 2020, la société par actions simplifiée (SAS) P. Blattes Yachting, représentée par Me Sollberger, demande au tribunal :

1°) de prononcer la restitution partielle de la cotisation d'impôt sur les sociétés qu'elle a acquittée au titre de l'année 2013, correspondant à la réduction à hauteur de 977 834 euros de la base de cette imposition ;

2°) de mettre une somme de 3 000 euros à la charge en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

3°) de mettre les entiers dépens à la charge de la partie perdante.

Elle soutient que :

- sa réclamation préalable a été introduite dans le délai prévu à l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales dès lors que la proposition de rectification en date du 19 décembre 2017, de nature à exercer une influence sur le bien-fondé de l'impôt dans son principe ou son montant, constitue un évènement de nature à rouvrir ce délai en application du c) de cet article ;

- force est de constater qu'elle a intégré à tort dans ses produits au titre de l'exercice 2013 la somme de 977 834 euros et qu'elle a, de ce fait, payé à tort l'impôt sur les sociétés correspondant ;

- s'il n'était pas fait droit à sa demande de rectification de sa déclaration de résultats au titre de l'année 2013, elle s'acquitterait deux fois de l'impôt sur les mêmes produits.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 septembre 2020, le directeur départemental des finances publiques conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la réclamation préalable du 31 décembre 2018 reçue le 2 janvier 2019 est tardive ;

- subsidiairement, aucun des moyens soulevés au soutien de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Kolf, rapporteure,

- et les conclusions de Mme Perez, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La SAS P. Blattes Yachting a fait l'objet d'une procédure de vérification à l'issue de laquelle l'administration fiscale a mis à sa charge une cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos en 2014, estimant notamment qu'un produit de 977 834 euros avait été rattaché à tort sur l'exercice 2013 et devait être comptabilisé au titre de l'exercice 2014. Par une réclamation en date du 31 décembre 2018, reçue le 2 janvier 2019, la SAS P. Blattes Yachting a sollicité la rectification de la déclaration de résultats qu'elle avait souscrite au titre de l'exercice 2013 afin de corriger cette erreur, ainsi que la restitution de la cotisation d'impôt sur les sociétés correspondante. Par une décision en date du 15 avril 2020, l'administration fiscale a rejeté cette réclamation au motif de sa tardiveté. Par la présente requête, la SAS P. Blattes Yachting demande au tribunal de prononcer la restitution partielle de la cotisation d'impôt sur les sociétés qu'elle a acquittée au titre de l'exercice 2013 conformément à ses déclarations.

2. Aux termes de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts autres que les impôts directs locaux et les taxes annexes à ces impôts, doivent être présentées à l'administration au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle, selon le cas : () b) Du versement de l'impôt contesté lorsque cet impôt n'a pas donné lieu à l'établissement d'un rôle ou à la notification d'un avis de mise en recouvrement ; / c) De la réalisation de l'événement qui motive la réclamation () ".

3. Il résulte de l'instruction que la requête soulève un litige relatif à la cotisation d'impôt sur les sociétés acquittée par la société P. Blattes Yachting conformément à ses déclarations au titre de l'année 2013. Par suite, sa réclamation, présentée le 2 janvier 2019, était tardive en application des dispositions du b) de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales citées au point précédent. Pour bénéficier de la réouverture du délai de réclamation préalable, la société requérante se prévaut d'un évènement nouveau au sens du c) de l'article R. 196-1 précité du livre des procédures fiscales, qui serait la proposition de rectification en date du 19 décembre 2017 dans laquelle l'administration l'a informée qu'un produit de 977 834 euros avait été imputé à tort sur l'exercice 2013 et qu'elle entendait le réintégrer dans les résultats de l'exercice 2014 et assujettir la contribuable à l'impôt sur les sociétés pour la part correspondante au titre de l'exercice 2014. Toutefois, la proposition de rectification en date du 19 décembre 2017 portant sur l'exercice clos en 2014 n'a pu, en tout état de cause, compte tenu du principe d'annualité de l'impôt, avoir d'influence sur le bien-fondé de l'imposition primitive établie au titre de l'exercice clos en 2013 selon les propres déclarations de la société, que ce soit dans son principe ou dans son montant. Dans ces conditions, et alors au surplus que la découverte par la SAS P. Blattes Yachting, à la faveur de la vérification de comptabilité d'un exercice postérieur d'une erreur comptable qu'elle aurait elle-même commise ne saurait être regardée comme constituant la réalisation d'un évènement de nature à faire courir à son profit un nouveau délai de réclamation préalable, l'administration fiscale est fondée à soutenir que la réclamation présentée le 2 janvier 2019 est tardive. Par suite, la requête présentée à la suite de cette réclamation est irrecevable et doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SAS P. Blattes Yachting est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée P. Blattes Yachting et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.

Délibéré après l'audience du 4 mai 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Mear, présidente,

Mme Kolf, conseillère,

M. Cherief, conseiller,

Assistés de Mme Suner, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.

La rapporteure,

signé

S. KOLF

La présidente,

signé

J. MEARLa greffière,

signé

V. SUNER

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

ou par délégation la greffière,

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