mardi 20 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2002613 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BERLINER DUTERTRE LACROUTS |
Vu la procédure suivante :
I.- Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2002475, le 19 juin 2020 et le 28 juillet 2022, le syndicat des copropriétaires de Arcadia Principal, représenté par
Me Lacrouts, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision reçue le 21 avril 2020 par laquelle la métropole Nice Côte d'Azur a rejeté sa demande tendant à réaliser des travaux de mise en sécurité du talus au droit de la résidence ;
2°) d'annuler la décision implicite de rejet née à la suite de la mise en demeure du 29 mai 2020 de procéder aux travaux de première urgence pour la mise en sécurité des personnes et des biens ;
3°) d'enjoindre à la métropole Nice Côte d'azur de procéder, d'une part, aux travaux urgents de première nécessité afin de parer immédiatement à tous risques pour la sécurité des personnes et des biens, conformément aux préconisations du devis de la société ROPES du 23 mai 2020, d'autre part, aux travaux préconisés dans les conclusions du rapport SOL ESSAIS du 10 février 2020 dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de la métropole de Nice Côte d'Azur la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le mur de soutènement et le talus litigieux font partie du domaine public routier ;
- il incombe à la métropole Nice Côte d'Azur d'entretenir le talus.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mars 2021, la métropole Nice Côte d'Azur conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge du syndicat des copropriétaires Arcadia Principal la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le syndicat des copropriétaires Arcadia Principal ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 8 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 2 août 2022.
II. - Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2002613, le 9 juillet 2020 et le 28 juillet 2022, le syndicat des copropriétaires Arcadia Principal, représenté par
Me Lacrouts, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 juin 2020 par laquelle la métropole Nice Côte d'Azur a rejeté sa demande tendant à réaliser des travaux de mise en sécurité du talus situé au droit de la résidence ;
2°) d'enjoindre à la métropole Nice Côte d'Azur de procéder aux travaux urgents de première nécessité afin de parer immédiatement à tous risques pour la sécurité des personnes et des biens, conformément aux préconisations du devis de la société ROPES du 23 mai 2020 ;
3°) de mettre à la charge de la métropole de Nice Côte d'Azur la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le mur de soutènement et le talus litigieux font partie du domaine public routier ;
- il incombe à la métropole Nice Côte d'Azur d'entretenir le talus.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mars 2021, la métropole Nice Côte d'Azur conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge du syndicat des copropriétaires Arcadia Principal la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le syndicat des copropriétaires Arcadia Principal ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 12 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 5 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Duroux, conseillère ;
- et les conclusions de M. Soli, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courriel adressé le 7 février 2020, le syndicat des copropriétaires Arcadia Principal a demandé à la métropole Nice Côte d'Azur de réaliser des travaux de mise en sécurité du talus situé au droit de la résidence Arcardia, située au n° 126 boulevard Napoléon III à Nice. Cette demande a été rejetée par la métropole par un courrier reçu le 21 avril 2020. Par un courrier du 29 mai 2020, le syndicat des copropriétaires a mis en demeure la métropole de procéder aux travaux de mise en sécurité. Par un nouveau courrier du 26 juin 2020, la métropole Nice Côte d'Azur a réitéré son refus de réaliser les travaux demandés. Par la requête enregistrée sous le n° 2002475, le syndicat des copropriétaires Arcadia Principal demande au tribunal d'annuler la décision reçue le 21 avril 2020 par laquelle la métropole Nice Côte d'Azur a rejeté sa demande tendant à réaliser des travaux de mise en sécurité du talus situé au droit de la résidence et d'annuler la décision rejetant implicitement la mise en demeure du 29 mai 2029 tendant à procéder à ces travaux. Par la requête enregistrée sous le n° 2002613, le syndicat des copropriétaires Arcadia Principal demande au tribunal d'annuler la décision du 26 juin 2020 par laquelle la métropole Nice Côte d'Azur a réitéré son refus de réaliser des travaux sollicités.
Sur la jonction des requêtes n° 2002475 et n° 2002613 :
2. Les requêtes susvisées n° 2002475 et n° 2002613 présentées par le syndicat des copropriétaires Arcadia Principal présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'étendue et la nature du litige :
3. D'une part, il résulte de l'instruction que par une décision reçue le 21 avril 2020 par le syndicat des copropriétaires Arcadia Principal, la métropole Nice Côte d'Azur a refusé de réaliser des travaux de mise en sécurité du talus situé au droit de la résidence Arcardia. Si le syndicat des copropriétaires requérant a ensuite mis en demeure la métropole de réaliser ces travaux, le rejet de cette mise en demeure, par une décision expresse de la métropole du 26 juin 2020, doit être regardé comme une décision confirmative. Dès lors, les conclusions aux fins d'annulation de cette décision du 26 juin 2020 doivent être regardées comme dirigées contre la décision de refus de la métropole reçue le 21 avril 2020 par le syndicat des copropriétaires requérant.
4. D'autre part, il appartient au juge, saisi de conclusions tendant à ce que la responsabilité de la personne publique soit engagée, de se prononcer sur les modalités de la réparation du dommage, au nombre desquelles figure le prononcé d'injonctions, alors même que le requérant demanderait seulement l'annulation du refus de la personne publique de mettre fin au dommage, assortie de conclusions aux fins d'injonction à prendre de telles mesures. Dans ce cas, le juge doit regarder ce refus de la personne publique comme ayant pour seul effet de lier le contentieux.
5. Il résulte du point précédent que les présentes conclusions aux fins d'annulation doivent être requalifiées de conclusions de plein contentieux tendant à engager la responsabilité de la métropole Nice Côte d'Azur, la décision de refus la métropole de procéder aux travaux pour mettre fin au dommage ayant pour seul effet de lier le contentieux.
Sur la responsabilité de la métropole Nice Côte d'Azur :
6. Le maître d'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage présente un caractère accidentel.
7. Il résulte de l'instruction que ni le syndicat des copropriétaires requérant ni la métropole n'ont produit d'élément permettant d'attribuer à l'un ou l'autre la propriété du talus litigieux. Il résulte également de l'instruction que le talus litigieux, d'une hauteur de 4 mètres et qui a pour fonction de soutenir l'avenue de la Lanterne située en surplomb, constitue un accessoire indissociable de cette voie publique et présente donc le caractère d'ouvrage public à l'égard duquel le syndicat des copropriétaires requérant a la qualité de tiers et dont l'entretien incombe à la métropole. Si la métropole soutient que le talus se situe sur la parcelle cadastrée section NT 140 appartenant à la copropriété Arcadia et que le mur de soutènement a été réalisé par le constructeur de la résidence sans respecter les règles de l'art, ces circonstances sont sans incidence sur le caractère d'ouvrage public dudit talus.
8. Toutefois, il résulte également de l'instruction que le syndicat des copropriétaires Arcadia Principal ne se prévaut d'aucun dommage grave et spécial qui résulteraient de l'érosion du talus. S'il est constant qu'un pin situé sur le talus s'est déraciné en décembre 2019 à la suite d'intempéries, il ne résulte pas de l'instruction que ce dommage ait été causé directement par l'érosion du talus. Dans ces conditions, le syndicat des copropriétaires Arcadia Principal n'est pas fondé à demander l'engagement de la responsabilité sans faute de la métropole Nice Côte d'Azur.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité, que les conclusions de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de la métropole Nice Côte d'Azur, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
11. A défaut pour la ville de Nice de justifier avoir engagé des frais non compris dans les dépens, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2002475 et n° 2002613 du syndicat des copropriétaires Arcadia Principal sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires Arcadia Principal et à la métropole Nice Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pascal, président,
Mme Duroux, conseillère,
Mme Kolf, conseillère,
assistés de Mme Antoine, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2023.
La rapporteure,
signé
G. DUROUX
Le président,
signé
F. PASCALLa greffière,
signé
B-P ANTOINE
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef
Ou par délégation, le greffier
N°s 2002475, 2002613
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026