mardi 31 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2002665 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL RAMPONNEAU & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 juillet 2020, la société par actions simplifiée unipersonnelle La Douce, alors représentée par la Selarl Ramponneau et associés, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices 2015 et 2016 et du rappel de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période allant du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2016 pour la part restant à sa charge, d'un montant total de 221 649 euros ;
2°) de mettre une somme de 3 000 euros à la charge de l'Etat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de mettre les entiers dépens à la charge de l'Etat.
Elle soutient que :
- l'administration fiscale a largement surestimé le nombre de matelas-transats mis à la disposition de sa clientèle, qui ne saurait s'élever à plus de 85 ;
- elle s'est, indirectement, immiscée dans sa gestion et a voulu critiquer la gestion de la plage par le biais d'un " acte anormal de gestion rampant " ;
- les majorations pour manquement délibéré ne sont pas fondées, faute pour l'administration d'établir une intention délibérée d'éluder l'impôt.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er octobre 2020, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés au soutien de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 27 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 11 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kolf, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Perez, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) La Douce, qui exploite une activité de bar, restaurant et location de transats de plage à Antibes a fait l'objet d'une vérification de comptabilité, à l'issue de laquelle l'administration a opéré une reconstitution de son chiffre d'affaires au titre des exercices clos en 2015 et 2016 et mis à sa charge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et un rappel de taxe sur la valeur ajoutée. Par la présente requête, la SASU La Douce demande la décharge, en droits et pénalités, des impositions restant à sa charge à la suite du dégrèvement partiel que l'administration fiscale lui a accordé le 3 avril 2020, s'élevant à un montant total de 221 649 euros.
Sur la charge de la preuve :
2. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré () ".
3. Il est constant que la SASU n'a fait aucune observation dans le délai de 30 jours suivant la réception de la proposition de rectification qui lui a été adressée par le service vérificateur le 2 février 2018, de sorte que les rectifications ont été tacitement acceptées. Par suite, la charge de la preuve du caractère exagéré des impositions ainsi notifiées lui incombe.
Sur la reconstitution du chiffre d'affaires :
4. Pour reconstituer le chiffre d'affaires du secteur d'activité de location de transats de plage de la SASU La Douce au titre des exercices 2015 et 2016, l'administration fiscale a appliqué au nombre de transats donnés en location les tarifs pratiqués par la société, en tenant compte de la fréquentation de la plage et des conditions climatiques, retenant finalement, conformément à l'avis de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires, un nombre total de 100 transats, qui correspond aux déclarations faites par le gérant de la société au cours des opérations de vérification et est compatible avec le nombre de housses louées pour une saison, s'élevant à 150, et un taux de remplissage de 100 %.
5. D'une part, la société La Douce, qui ne conteste pas le rejet de sa comptabilité, n'est pas fondée à soutenir que l'administration fiscale aurait, en procédant à la reconstitution de son chiffre d'affaires faute de comptabilité, tenté de critiquer la gestion de la plage par le biais d'un " acte anormal de gestion rampant " tout en se dispensant d'en caractériser l'existence et d'en apporter la preuve.
6. D'autre part, si la société requérante conteste le nombre de transats retenu par l'administration fiscale, faisant valoir que l'espace dont elle disposait ne lui permettait pas d'exploiter plus de 85 transats, elle n'apporte toutefois aucun élément de nature à tenir cette circonstance pour établie. Ainsi, les photographies qu'elle produit, prises en gros plans et ne représentant que quelques transats, ne permettent pas de constater l'ensemble des transats mis à la disposition de la clientèle. De même, le constat de procès-verbal d'huissier établi le 23 juillet 2018, soit postérieurement aux années en litige, se borne à constater le nombre de transats installés sur la plage lors de sa venue, s'élevant à 80. Il résulte cependant des photographies jointes à son procès-verbal qu'un espace libre demeure devant la première rangée de transats et que de nombreux transats non utilisés sont empilés à l'extrémité de la plage. Dans ces conditions, la SASU La Douce n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, de ce que l'un des critères de reconstitution retenus par l'administration fiscale serait erroné, ni, par suite, du caractère exagéré des impositions mises à sa charge. Par suite, elle n'est pas fondée à demander la décharge des impositions en litige.
Sur la majoration pour manquement délibéré :
7. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ".
8. Pour justifier le bien-fondé de la majoration de 40 % appliquée aux impositions en litige, l'administration fiscale a retenu que la société requérante avait dissimulé des recettes qu'elle n'avait pas comptabilisées et n'avait pas déclaré l'intégralité de la taxe sur la valeur ajoutée collectée, et que les procédés utilisés ainsi que la fréquence des infractions en résultant permettaient de caractériser l'élément intentionnel du manquement délibéré. Contrairement à ce que soutient la requérante, qui n'établit pas que le nombre de matelas qu'elle exploitait était inférieur au nombre de 100 retenu par l'administration fiscale, ces éléments sont de nature à établir son intention délibérée d'éluder l'impôt et à justifier l'application de la majoration de 40 %.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par la SASU La Douce doivent être écartées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, en tout état de cause, celles relatives aux dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SASU La Douce est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée La Douce et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 19 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Chevalier-Aubert, présidente,
M. Soli, premier conseiller,
Mme Kolf, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2023.
La rapporteure,
signé
S. Kolf
La présidente,
signé
V. Chevalier-Aubert
La greffière,
signé
C. Albu
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances, de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026