mercredi 5 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2003012 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | RAPHAËL GOUPILLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 4 août et le 2 juin 2021 la société Thalès Alenia Space France, représentée par Me Rudeaux, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge et la restitution de la cotisation foncière des entreprises acquittées au titre des années 2017 et 2018 pour un montant total de 638 462 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les immobilisations en litige intégrées aux immobilisations foncières dans le calcul des avis de la cotisation foncière des entreprises constituent des biens d'équipement spécialisés exonérés de la cotisation foncière des entreprises en application du 11° de l'article 1382 du code général des impôts.
Par des mémoires en défense enregistrés les 29 janvier 2021 et 12 juillet 2022, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête n'est pas fondée.
Par une ordonnance du 1er août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 19 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 septembre 2022la :
- le rapport de Mme Chevalier, conseillère,
- les conclusions de M. Ringeval, rapporteur public,
- et les observations de Me Philippe, représentant la société Thalès Alenia Space France.
Considérant ce qui suit :
1. La société Thalès Alenia Space France exploite, dans le cadre de son activité d'intégration de satellites, un site situé 9001 Champ d'Aviation à Mandelieu-la-Napoule à raison duquel elle a été assujettie à la cotisation foncière des entreprises au titre des années 2017 et 2018. Par des réclamations préalables, la société a demandé à ce que soit exclu de la base imposable de cette imposition certaines immobilisations au motif qu'elles en sont exonérées en application des dispositions du 11° de l'article 1382 du code général des impôts. Ces réclamations ayant été rejetées, la société Thalès Alenia Space France demande au tribunal de prononcer la décharge partielle et la restitution de la cotisation foncière des entreprises pour un montant total de 638 462 euros.
2. Aux termes du I de l'article 1447 du code général des impôts : " La cotisation foncière des entreprises est due chaque année par les personnes physiques ou morales () qui exercent à titre habituel une activité professionnelle non salariée () ". L'article 1467 du même code dispose que : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France, à l'exclusion des biens exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu des 11° et 12° de l'article 1382, dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478, à l'exception de ceux qui ont été détruits ou cédés au cours de la même période () La valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière est calculée suivant les règles fixées pour l'établissement de cette taxe. () / Pour le calcul de l'impôt, la valeur locative des immobilisations industrielles définie à l'article 1499 est diminuée de 30 % ".
3. Par ailleurs, aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Aux termes de l'article 1381 du même code : " Sont également soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties : / 1° Les installations destinées à abriter des personnes ou des biens ou à stocker des produits ainsi que les ouvrages en maçonnerie présentant le caractère de véritables constructions tels que, notamment, les cheminées d'usine, les réfrigérants atmosphériques, les formes de radoub, les ouvrages servant de support aux moyens matériels d'exploitation. / 2° Les ouvrages d'art et les voies de communication ; () / 4° Les sols des bâtiments de toute nature et les terrains formant une dépendance indispensable et immédiate de ces constructions à l'exception des terrains occupés par les serres affectées à une exploitation agricole ; / 5° A l'exception de ceux mentionnés au dernier alinéa de l'article 1393, les terrains non cultivés employés à un usage commercial ou industriel, tels que chantiers, lieux de dépôt de marchandises et autres emplacements de même nature, soit que le propriétaire les occupe, soit qu'il les fasse occuper par d'autres à titre gratuit ou onéreux ; / 6° Les terrains sur lesquels sont édifiées des installations exonérées en application du 11° de l'article 1382 ; / 7° Les terrains, cultivés ou non, utilisés pour la publicité commerciale ou industrielle, par panneaux-réclames, affiches-écrans ou affiches sur portatif spécial, établis au-delà d'une distance de 100 mètres autour de toute agglomération de maisons ou de bâtiments. () ". Aux termes de l'article 1382 de ce code : " Sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties : / () 11° Les outillages et autres installations et moyens matériels d'exploitation des établissements industriels à l'exclusion de ceux visés au 1° et 2° de l'article 1381 ". Aux termes du premier alinéa de l'article 1495 du même code : " Chaque propriété ou fraction de propriété est appréciée d'après sa consistance, son affectation, sa situation et son état, à la date de l'évaluation ". Aux termes du II de l'article 324 B de l'annexe III au même code : " Pour l'appréciation de la consistance il est tenu compte de tous les travaux équipements ou éléments d'équipement existant au jour de l'évaluation ".
4. Enfin, aux termes de l'article 1499 du code général des impôts, " La valeur locative des immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties est déterminée en appliquant au prix de revient de leurs différents éléments, revalorisé à l'aide des coefficients qui avaient été prévus pour la révision des bilans, des taux d'intérêt fixés par décret en Conseil d'Etat. / Avant application éventuelle de ces coefficients, le prix de revient des sols et terrains est majoré de 3 % pour chaque année écoulée depuis l'entrée du bien dans le patrimoine du propriétaire. / Un décret en Conseil d'Etat fixe les taux d'abattement applicables à la valeur locative des constructions et installations afin de tenir compte de la date de leur entrée dans l'actif de l'entreprise () ". Aux termes de l'article 1500 du code général des impôts, dans sa version alors applicable : " Les bâtiments et terrains industriels sont évalués : /1° selon les règles fixées à l'article 1499 lorsqu'ils figurent à l'actif du bilan de leur propriétaire ou de leur exploitant, et que celui-ci est soumis aux obligations définies à l'article 53 A ; () ".
5. D'une part, pour apprécier, en application de l'article 1495 du code général des impôts et de l'article 324 B de son annexe III, la consistance des propriétés qui entrent, en vertu de ses articles 1380 et 1381, dans le champ de la taxe foncière sur les propriétés bâties, il est tenu compte, non seulement de tous les éléments d'assiette mentionnés par ces deux derniers articles mais également des biens faisant corps avec eux. Sont toutefois exonérés de cette taxe, en application du 11° de l'article 1382 du même code, ceux de ces biens qui font partie des outillages, autres installations et moyens matériels d'exploitation d'un établissement industriel, c'est-à-dire ceux de ces biens qui relèvent d'un établissement qualifié d'industriel au sens de l'article 1499, qui sont spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'être exercées dans un tel établissement et qui ne sont pas au nombre des éléments mentionnés aux 1° et 2° de l'article 1381.
6. D'autre part, sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l'assujettissement à l'impôt ou, le cas échéant, s'il remplit les conditions légales d'une exonération.
7. En premier lieu, il est constant que le site d'exploitation de la société Thalès situé site situé 9001 Champ d'Aviation à Mandelieu-la-Napoule à raison duquel elle a été assujettie aux impositions en litige constitue un établissement industriel au sens de l'article 1499 du code général des impôts.
8. En second lieu, la société requérante soutient que les immobilisations énumérées dans la liste qu'elle a produite consistant notamment en des aéro-réfrigérants, des groupes froids, des climatisations adaptées aux activités industrielles, des transformateurs, des circuits électriques haute et basse tension, entrent dans le champ d'application du 11° de l'article 1382 du code général des impôts. Toutefois, la société requérante se borne à produire une liste des immobilisations devant selon elle ne pas être prises en compte dans le calcul de l'assiette de l'imposition en litige et des pièces composés essentiellement de devis, d'offres commerciales, de bons de commande, de suivi d'opérations, de procès-verbaux de réception des travaux ainsi que de photographies sans apporter d'élément circonstancié de nature à établir que les immobilisations prises en compte par l'administration fiscale pour déterminer l'imposition en litige relèverait de l'exonération prévue au 11° de l'article 1382 du code général des impôts. L'intitulé de ces immobilisations et pour certaines les commentaires qui les accompagnent ne permettent pas plus d'établir qu'elles sont spécifiquement adaptées à l'activité de la société ni qu'elles ne font pas corps avec les biens définis aux 1° et 2° de l'article 1381 du code général des impôts. Par suite, la société requérante n'apporte pas la preuve de ce que l'administration aurait inclus à tort dans la base imposable des biens faisant partie des outillages, autres installations et moyens matériels d'exploitation de son établissement industriel, spécifiquement adaptés à son activité et qui ne seraient pas au nombre des éléments mentionnés aux 1° et 2° de l'article 1381 du code général des impôts. Ce faisant, le moyen tiré de ce que la valeur locative foncière du site de la société requérante aurait été surévaluée par l'administration, certaines immobilisations devant être exonérées en application du 11° de l'article 1382 du code général des impôts doit être écarté.
9. Dans ces conditions la société requérante n'est pas fondée à solliciter la décharge partielle de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2017 et 2018 à raison de son site situé 9001 Champ d'Aviation à Cannes-Mandelieu.
10. Il en résulte que la requête de la société Thalès Alenia Space France doit être rejetée dans toutes ses conclusions y compris celles relatives aux frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Thales Alenia Apace France est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Thales Alenia Space France et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 14 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Blanc, président,
Mme Chevalier, conseillère,
Mme Bergantz, conseillère,
assistés de Mme Daverio, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2022.
La rapporteure,
C. CHEVALIER
Le président,
P. BLANC La greffière,
M-L DAVERIO
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
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