mardi 12 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2003161 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | POUSSIN MARINA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 5 août 2020, le 26 juillet 2021 et le 7 septembre 2023, M. C A, Mme E A et la MAIF, représentés par Me Bauducco, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle la métropole Nice Côte d'Azur a implicitement rejeté leur demande indemnitaire préalable ;
2°) d'enjoindre à la métropole Nice Côte d'Azur et à la commune de La Gaude de procéder à la remise en état du mur de soutènement, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de condamner la métropole Nice Côte d'Azur, la commune de La Gaude et la société ENEDIS à leur verser une somme de 20 875 euros en réparation des préjudice subis ;
4°) de mettre à la charge de la métropole Nice Côte d'Azur, de la commune de La Gaude et de la société ENEDIS une somme de 5 099,54 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et une somme de 11 914,56 euros au titre des frais d'expertise.
Ils soutiennent que :
- le mur qui s'est effondré constitue un ouvrage public dès lors qu'il est un accessoire indispensable du chemin de Bastides ;
- ils sont tiers par rapport à l'ouvrage public et sont fondés à rechercher la responsabilité sans faute de la commune de La Gaude et de la métropole Nice Côte d'Azur ;
- ils sont fondés à demander la condamnation de la métropole Nice Côte d'Azur et de la commune de La Gaude à leur verser la somme de 20 875 euros qui se décompose comme suit :
* travaux de remise en état du mur : 7 875 euros ;
* préjudice de jouissance : 10 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 15 décembre 2020, le 8 septembre 2021 et le 9 octobre 2023, la société ENEDIS, représentée par Me Deur, conclut, dans le dernier état de ses écritures :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce que la commune de La Gaude soit condamnée à la relever et à la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre ;
3°) à ce qu'il soit ordonné l'intervention forcée de la société ELEIS ;
3°) à ce que la société ELEIS soit condamnée à la relever et à la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre ;
4°) à ce que les frais d'expertise soient mis à la charge de la commune de La Gaude et de la société ELEIS ;
5°) à ce qu'il soit mis à la charge de la société ELEIS une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le mur n'appartient pas aux époux A ;
- sa responsabilité ne peut être recherchée ; la tranchée a été creusée par le sous-traitant d'ENEDIS dans les règles de l'art et n'est pas la cause des désordres constatés sur le mur ; le mur n'a pas été construit pour être un mur de soutènement ; il n'a pas été entretenu par les époux A ;
- les requérants ne justifient pas des préjudices dont ils se prévalent ;
- les travaux ont été réceptionnés sans réserve par la commune ; l'appel en garantie de la commune est irrecevable.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 26 mars 2021 et le 18 octobre 2023, la métropole Nice Côte d'Azur, représentée par Me Lanfranchi, conclut :
1°) à ce qu'elle soit mise hors de cause ;
2°) à ce qu'il soit mis à la charge de tout succombant une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le mur litigieux n'est pas un ouvrage public et ne peut pas être considéré comme une dépendance de la voie publique ; il est situé sur la propriété des époux A et n'a jamais eu pour fonction de soutenir la voie publique ; les requérants n'ont pas respecté l'arrêté d'alignement lors de la construction du mur litigieux ;
- il appartient aux requérants de démontrer l'existence d'un dommage anormal et spécial dès lors qu'ils sont tiers à l'ouvrage public ; le mur n'est pas construit selon les règles de l'art et il était vétuste ;
- elle est fondée à demander la condamnation de la société ENEDIS et de la société ELEIS à la relever et garantir de toute condamnation prononcée à son encontre ; les travaux réalisés par la société ELEIS pour le compte de la société ENEDIS en violation des règles de l'art sont à l'origine de la poussée hydrostatique subie par le mur et les désordres qu'il a présentés ;
- les demandes indemnitaires sont excessives.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 juin 2021 et le 5 septembre 2023, la commune de La Gaude, représentée par Me Boulard, conclut, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à ce qu'elle soit mise hors de cause ;
2°) au rejet de la requête ;
3°) à ce que les demandes indemnitaires soient réduites de 80% ;
4°) à la condamnation de la société ENEDIS, la société ELEIS et la métropole Nice Côte d'Azur à la relever et la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre ;
5°) au rejet de la demande de la société ENEDIS à la relever et la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre ;
6°) au rejet de la demande de la société ENEDIS à la condamner au paiement des frais d'expertise ;
7°) à ce qu'il soit mis à la charge des époux A et de la MAIF une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ordonnance du 12 octobre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 3 novembre 2023 à 12 heures.
Vu :
- l'ordonnance du tribunal administratif de Nice du 24 avril 2018 ordonnant une expertise ;
- l'ordonnance de la présidente du tribunal administratif du 18 juin 2020 liquidant et taxant les frais d'expertise à la somme de 11 914,56 euros TTC et mettant à la charge des époux A la somme de 5 927,58 euros et à la charge de la société ENEDIS la somme de 5 927,56 euros ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 20 février 2024 :
- le rapport de Mme Chaumont, conseillère,
- les conclusions de Mme Moutry, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A et Mme E A sont propriétaires d'une parcelle bâtie cadastrée section BE n° 68 sise 341 Voie Aurélia à La Gaude (06610), située en contrebas du chemin des Bastides. Dans le courant du mois de juin 2015, la société ERDF a été autorisée à occuper le domaine public routier, notamment la Voie Aurélia et le chemin des Bastides, pour faire exécuter des travaux d'alimentation électrique, matérialisés au droit de la parcelle des requérants par le creusement d'une tranchée. Les travaux ont été réalisés par la société ELEIS, sous-traitant de la société ERDF, dans le courant du mois de juin 2015. Le 19 septembre 2015, à l'occasion d'un épisode pluvieux important, le mur situé entre le chemin des Bastides et la propriété des époux A a subi des déformations et des fissurations. Par une ordonnance du 24 avril 2018, le juge des référés du tribunal administratif de Nice a ordonné une expertise et désigné M. B comme expert avec pour mission, notamment, de déterminer l'origine des désordres constatés et d'évaluer les différents préjudices subis. L'expert a remis son rapport le 18 décembre 2019. Par un courrier du 14 février 2020, les époux A formaient une demande indemnitaire préalable à l'encontre de la commune de La Gaude, de la métropole Nice Côte d'Azur et de la société ENEDIS. Par la présente requête, M. et Mme A demandent au tribunal d'annuler la décision par laquelle la métropole Nice Côte d'Azur et la commune de La Gaude ont implicitement rejeté leur demande indemnitaire préalable, de leur enjoindre d'entreprendre la remise en état du mur et de les condamner, ainsi que la société ENEDIS, à leur verser une somme de 20 875 euros en réparation des préjudices subis.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. La décision rejetant implicitement la demande préalable indemnitaire présentée par les requérants a eu pour seul effet de lier le contentieux indemnitaire à l'égard de l'objet de leur demande, qui tend à obtenir l'indemnisation des préjudices dont ils se prévalent, et a donné à l'ensemble de leur requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Par suite, les requérants ne peuvent utilement demander l'annulation des décisions par lesquelles la métropole Nice Côte d'Azur et la commune de La Gaude ont rejeté leurs demandes.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. Le maitre de l'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Les tiers victimes sont tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage présente un caractère permanent, alors qu'ils ne sont pas tenus de démontrer ce caractère grave et spécial lorsque le dommage présente un caractère accidentel.
En ce qui concerne la responsabilité :
4. Un mur destiné à soutenir une voie publique, qui passe en surplomb d'un terrain privé, constitue l'accessoire de la voie publique et présente le caractère d'un ouvrage public, alors même qu'il serait implanté dans sa totalité sur un terrain privé.
5. En premier lieu, d'une part, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que le mur litigieux est situé en amont de la propriété A, en soutènement du chemin des Bastides, pour retenir les terres suite aux terrassements nécessaires pour construire la maison d'habitation. D'autre part, il résulte également de l'instruction, notamment de l'arrêté du 2 juin 2015 portant autorisation de travaux au profit de la société ELEIS, sous-traitant de la société ERDF (devenue ENEDIS), que le chemin des Bastides appartient au domaine public routier métropolitain. Dans ces conditions, le mur de soutènement est un ouvrage public à l'égard duquel les époux A ont la qualité de tiers. Si la métropole Nice Côte d'Azur soutient que le mur est situé sur la parcelle des requérants, cette circonstance, à la supposée établie, est sans incidence sur sa qualification d'ouvrage public.
6. En deuxième lieu, il résulte également de l'instruction, et en particulier du rapport d'expertise, que le mur de soutènement présente plusieurs fissures, une lézarde au fond du jardin ainsi qu'un basculement de 5% environ et qu'il amorce un renversement. Ces désordres proviennent d'une poussée hydrostatique exercée sur le mur qui n'a pas été conçu comme un mur de soutènement dès lors qu'il n'est pas suffisamment ferraillé, qu'il ne présente aucun dispositif de drainage et que sa semelle n'est pas adaptée au soutènement d'une voie comme le chemin des Basides. Dans ces conditions, les désordres subis par le mur doivent être regardés comme accidentels.
7. En dernier lieu, il est constant que les époux A ont acquis leur propriété en 1997. Il résulte également de l'instruction que le mur a été construit concomitamment à la maison, en 1987, ainsi qu'en attestent le permis de construire et l'attestation produite par les requérants. Il ne résulte pas non plus de l'instruction que les époux A auraient effectué des travaux sur le mur ni qu'ils l'auraient fragilisé. Ainsi, la métropole Nice Côte d'Azur n'est pas fondée à se prévaloir de ce que le mur présente des défauts de conception, notamment qu'il n'a pas été édifié selon les règles de l'art, qu'il présente un ferraillage insuffisant et qu'il n'est pas drainé. Dans ces conditions, aucune faute de nature à exonérer la métropole Nice Côte d'Azur de sa responsabilité ne peut être imputée aux époux A.
8. Il résulte de ce qui précède que les époux A sont fondés à rechercher la responsabilité sans faute de la métropole Nice Côte d'Azur.
En ce qui concerne la mise hors de cause de la société ENEDIS :
9. Au regard de ce qui a été dit au point 7, et dès lors qu'elle n'est pas en charge de la voirie métropolitaine, la commune de La Gaude doit être mise hors de cause.
En ce qui concerne les préjudices :
10. En premier lieu, eu égard à ce qui a été rappelé au point 3, les époux A, victimes d'un dommage accidentel, n'ont pas à établir l'existence d'un préjudice grave et spécial. Il résulte de l'instruction qu'en l'absence de réalisation des travaux de confortement du mur préconisés par l'expert, les requérants ont été dans l'impossibilité d'occuper le fond du jardin de leur propriété, eu égard à la présence d'un dispositif d'étaiement métallique du mur. Les requérants soutiennent que la zone concernée représente une surface de 96 m² à laquelle ils ne peuvent pas accéder depuis 2015 et sollicitent l'octroi d'une somme de 13 000 euros à ce titre.
11. Eu égard à la portée limitée de cette privation de jouissance, en ce qu'elle n'a concerné qu'une partie de leur jardin, et compte tenu de la durée de cette privation, qui s'est étendue de la période allant du 19 septembre 2015 jusqu'à la date du présent jugement, soit une période d'environ 9 ans, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi à ce titre par M. et Mme A en l'évaluant à la somme de 8 000 euros.
12. En second lieu, il résulte de l'instruction que les travaux de réfection du mur de soutènement nécessiteront de démolir l'abri de jardin existant sur la propriété des époux A. Si les requérants se prévalent d'un devis d'un montant de 7 875 euros pour la remise en état de l'abri de jardin, cette somme est fortement contestée en défense, au motif, notamment qu'il ne s'agirait pas de la réalisation d'un abri de jardin conforme à l'existant. Il résulte par ailleurs de l'instruction, que, lors des travaux de chiffrage du coût de réfection du mur de soutènement, l'entreprise sollicitée a estimé le coût lié à la réalisation d'un nouvel abri de jardin à l'identique à la somme de 3 880 euros. Ainsi, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à la somme de 3 880 euros.
13. Il résulte de ce qui précède que la métropole Nice Côte d'Azur doit être condamnée à verser aux époux A une somme de 11 880 euros.
Sur les conclusions d'appel en garantie de la métropole Nice Côte d'Azur :
14. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que la tranchée réalisée par la société ELEIS, sous-traitant de la société ENEDIS, a été réalisée conformément aux règles de l'art habituelles pour ce type de travaux et que ces travaux ne sont pas à l'origine des désordres affectant le mur de soutènement. Par ailleurs, s'il résulte de l'instruction que le bourrelet de retenue des eaux de surface était insuffisant et qu'un premier bourrelet a été réalisé par la société ELEIS à l'issue des travaux, il n'est pas établi qu'il appartenait à cette société de réaliser un tel ouvrage, ni même que celui-ci était présent avant la réalisation des travaux sur cette partie de la voie. Dans ces conditions, la métropole Nice Côte d'Azur n'est pas fondée à appeler en garantie la société ELEIS.
Sur les conclusions d'appel en garantie formulées par la société ENEDIS et la commune de La Gaude :
15. La responsabilité de la commune de La Gaude et de la société ENEDIS n'étant pas retenue, les conclusions d'appel en garantie formulées par celles-ci ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
16. Lorsque le juge administratif condamne une personne publique responsable de dommages qui trouvent leur origine dans l'exécution de travaux publics ou dans l'existence ou le fonctionnement d'un ouvrage public, il peut, saisi de conclusions en ce sens, s'il constate qu'un dommage perdure à la date à laquelle il statue du fait de la faute que commet, en s'abstenant de prendre les mesures de nature à y mettre fin ou à en pallier les effets, la personne publique, enjoindre à celle-ci de prendre de telles mesures. Pour apprécier si la personne publique commet, par son abstention, une faute, il lui incombe, en prenant en compte l'ensemble des circonstances de fait à la date de sa décision, de vérifier d'abord si la persistance du dommage trouve son origine non dans la seule réalisation de travaux ou la seule existence d'un ouvrage, mais dans l'exécution défectueuse des travaux ou dans un défaut ou un fonctionnement anormal de l'ouvrage et, si tel est le cas, de s'assurer qu'aucun motif d'intérêt général, qui peut tenir au coût manifestement disproportionné des mesures à prendre par rapport au préjudice subi, ou aucun droit de tiers ne justifie l'abstention de la personne publique. En l'absence de toute abstention fautive de la personne publique, le juge ne peut faire droit à une demande d'injonction, mais il peut décider que l'administration aura le choix entre le versement d'une indemnité dont il fixe le montant et la réalisation de mesures dont il définit la nature et les délais d'exécution.
17. Il ne résulte pas de l'instruction que les dommages causés à la propriété des époux A auraient cessé à la date du présent jugement. Il ne résulte pas davantage de l'instruction que les travaux préconisés par l'expert, à savoir la consolidation du mur de soutènement par ancrage, aient été réalisés. Par ailleurs, la métropole ne démontre pas ni même n'allègue, que le coût de ces travaux serait disproportionné, pas plus qu'elle n'établit que la réalisation des mesures nécessaires à la cessation du dommage contreviendrait à un motif d'intérêt général ou porterait atteinte aux droits de tiers. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à la métropole Nice Côte d'Azur de procéder aux travaux de confortement du mur de soutènement du chemin de la Bastide dans un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai.
Sur les dépens :
18. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge définitive de la métropole Nice Côte d'Azur les frais de l'expertise réalisée par M. B, taxés et liquidés à la somme de 11 914,56 euros par une ordonnance du 18 juin 2020 de la présidente du tribunal administratif de Nice.
Sur les frais de procédure :
19. Il y a lieu de faire droit à la demande présentée à ce titre par M. et Mme A et de mettre à la charge de la métropole Nice Côte d'Azur une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
20. En revanche, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de M. et Mme A, qui ne sont pas les parties perdantes à la présente instance, la somme que la métropole Nice Côte d'Azur et la commune de La Gaude demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
21. Ces dispositions font également obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de La Gaude et de la société ENEDIS, qui ne sont pas les parties perdantes à la présente instance, la somme que les époux A demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
22. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande présentée à ce titre par la société ELEIS.
D E C I D E :
Article 1er : La métropole Nice Côte d'Azur est condamnée à verser à M. et Mme A la somme totale de 11 880 euros.
Article 2 : Il y a lieu d'enjoindre à la métropole Nice Côte d'Azur de procéder aux travaux de confortement du mur de soutènement dans un délai de six mois à compter de la date du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Article 3 : Les conclusions de la métropole Nice Côte d'Azur, de la société ENEDIS et de la commune de La Gaude aux fins d'appel en garantie dirigées à l'encontre de la société ELEIS sont rejetées.
Article 4 : Les frais et honoraires d'expertises, taxés et liquidés à la somme de 11 914,56 euros sont mis à la charge définitive de la métropole Nice Côte d'Azur.
Article 5 : La métropole Nice Côte d'Azur versera à M. et Mme A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Mme E A, à la MAIF, à la métropole Nice Côte d'Azur, à la commune de La Gaude, à la société ENEDIS et à la société ELEIS.
Délibéré après l'audience du 20 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pascal, président,
Mme Chaumont, conseillère,
Mme Duroux, conseillère,
Assistés de Mme Gialis, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.
La rapporteure,
signé
A-C. CHAUMONT
Le président,
signé
F. PASCAL La greffière,
signé
E. GIALIS
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026