mardi 7 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2003366 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat Mme POUGET |
| Avocat requérant | DUPY |
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pouget, présidente ;
- et les observations de Mme A, représentant le département des Alpes-Maritimes.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D B demande au tribunal d'annuler la décision en date du 15 janvier 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes (CAFAM) lui a notifié un indu de revenu de solidarité active (RSA) " socle " référencé INK 002 d'un montant total de 10. 053,15 euros pour la période de janvier 2017 à février 2019 ainsi qu'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2018 référencé ING 001 d'un montant total de 152,45 euros. Elle demande également d'annuler la décision implicite de rejet suite au recours effectué devant la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes (CAFAM) le 16 décembre 2019 contestant les conclusions de la CAFAM concernant la suspicion de fraude ainsi que la décision du 22 juin 2020 par laquelle le département des Alpes-Maritimes a rejeté son recours gracieux et a maintenu à sa charge lesdits indus.
Sur la mise hors de cause du département des Alpes-Maritimes :
2. Il résulte de l'instruction que le présent litige porte simultanément sur un indu de revenu de solidarité active dit " socle " et un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2018. L'indu de prime exceptionnelle de fin d'année relevant de la compétence de l'Etat, le département Alpes-Maritimes est fondé à demander sa mise hors de cause pour cette partie du litige.
Sur les conclusions dirigées contre la décision de la caisse du 15 janvier 2020 :
3. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. () ". Et aux termes de l'article R. 262-88 dudit code : " Le recours administratif préalable mentionné à l'article L. 262-47 est adressé par le bénéficiaire au président du conseil départemental dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision contestée. Il motive sa réclamation ".
4. En vertu des dispositions précitées du code de l'action sociale et des familles, la personne qui entend contester une décision relative au revenu de solidarité active doit exercer un recours administratif préalable obligatoire devant le président du conseil départemental. Ainsi lorsque ledit recours administratif préalable est exercé, la décision rendue à sa suite a pour effet d'arrêter de manière définitive la position de l'administration et de se subroger à la première décision prise par cette dernière. Dès lors, les conclusions tendant à l'annulation de la première décision portée devant le juge administratif sont irrecevables en ce qu'elles ont été dirigées contre une décision qui a disparu de l'ordre juridique.
5. Il résulte de l'instruction que, par courrier du 17 mai 2020, Mme B a formé un recours administratif préalable obligatoire contre la décision en date du 15 janvier 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes (CAFAM) lui a notifié un indu de revenu de solidarité active (RSA) " socle " référencé INK 002 d'un montant total de 10. 053,15 euros pour la période de janvier 2017 à février 2019 ainsi qu'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2018 référencé ING 001 d'un montant total de 152,45 euros. Par une décision du 22 juin 2020, qui s'est substituée à la décision initiale, le département des Alpes-Maritimes a rejeté son recours. Il suit de là que, les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de la décision du 15 janvier 2020 sont irrecevables pour avoir été dirigées contre une décision qui a disparu de l'ordre juridique. Dès lors, la fin de non-recevoir soulevée par le département des Alpes-Maritimes doit être accueillie.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 22 juin 2020 :
6. Aux termes de l'article L. 262-2 code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire. Il est complété, le cas échéant, par l'aide personnalisée de retour à l'emploi mentionnée à l'article L. 5133-8 du code du travail ". Aux termes de l'article L. 262-3 dudit code : " (). L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat qui détermine notamment : 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; 2° Les modalités d'évaluation des ressources, y compris les avantages en nature. L'avantage en nature lié à la disposition d'un logement à titre gratuit est déterminé de manière forfaitaire ; 3° Les prestations et aides sociales qui sont évaluées de manière forfaitaire, notamment celles affectées au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation ; 4° Les prestations et aides sociales qui ne sont pas incluses dans le calcul des ressources à raison de leur finalité sociale particulière ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux ". Aux terme de l'article R. 262-14 de ce code: " Sur décision individuelle du président du conseil départemental au vu de la situation exceptionnelle du demandeur au regard de son insertion sociale et professionnelle, il n'est pas tenu compte des libéralités consenties aux membres du foyer ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Et aux termes de l'article L. 262-46 dudit code : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () ".
7. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
8. Il résulte de l'instruction que, par décision en date du 22 juin 2020, Mme B s'est vu notifier par le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes un indu de revenu de solidarité active dit " socle " pour la période de janvier 2017 à février 2019 d'un montant de 10. 053,15 euros ainsi qu'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2018 d'un montant total de 152,45 euros. Un contrôle de ressources effectué par la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes et une visite sur place en date du 26 septembre 2019 ont révélé que la requérante n'avait pas déclaré plusieurs sommes figurant sur ses relevés bancaires telles que des virements pour locations ou des dépôts de chèque et d'espèces dont l'origine était indéterminée. Si Mme B, dont le contrôle a également révélé qu'elle exerçait une activité de voyante, fait valoir que ces sommes étaient destinées à son frère handicapé et à sa mère vulnérable, de telles allégations ne sont, en tout état de cause, nullement étayées. Ainsi, l'omission répétée de déclaration de ces sommes doit être regardée comme des fausses déclarations. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a rejeté son recours.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de la décision du 22 juin 2020 par laquelle le département des Alpes-Maritimes a rejeté son recours gracieux et a maintenu à sa charge les indus en litige doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre des frais irrépétibles.
D E C I D E:
Article 1er : Le département des Alpes-Maritimes est mis hors de cause pour la partie du litige afférente à l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année.
Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et au président du conseil départemental des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2023.
La présidente,
signé
M. C Le greffier,
signé
C. B
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026