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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2003369

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2003369

mardi 25 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2003369
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantCABINET CHAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 25 août 2020, le 4 octobre 2022 et le 24 octobre 2022, Mme A E épouse B, Mme D B, épouse F, et M. C B, représentés par Me Cottray-Lanfranchi, demandent au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier université (CHU) de Nice à leur verser la somme totale de 149 285,71 euros en réparation de leurs préjudices à la suite du décès de M. B ;

2°) de déclarer la décision à venir commune et opposable à la caisse primaire d'assurance maladie du Var ;

3°) de condamner le CHU aux entiers dépens ;

4°) de mettre à la charge du CHU de Nice somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la responsabilité pour faute du CHU de Nice est engagée pour défaut d'information préalable et retard de prise en charge de M. B ;

- ils sont fondés à demander l'indemnisation des préjudices qu'ils estiment avoir subis et qui se décomposent comme suit :

o Sur les préjudices de M. B : 54 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ; 10 000 euros au titre des souffrances endurées ;

o Sur les préjudices de Mme A E, épouse B : 28 362,43 euros au titre du préjudice économique ; 5 869,28 euros au titre des frais divers ; 30 000 euros au titre du préjudice d'affection ; 5 000 euros au titre du préjudice d'impréparation ;

o Sur les préjudices de Mme D B, épouse F : 30 000 euros au titre du préjudice d'affection ; 5 000 euros au titre du préjudice d'impréparation ;

o Sur les préjudices de M. C B : 30 000 euros au titre du préjudice d'affection ; 5 000 euros au titre du préjudice d'impréparation.

Par un mémoire enregistré le 17 septembre 2020, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Var, intervenant pour le compte de la CPAM des Alpes-Maritimes, indique qu'elle n'entend pas intervenir dans la présente instance.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juillet 2022, le centre hospitalier universitaire de Nice, représenté par Me Chas, s'en remet à la sagesse du tribunal s'agissant de l'engagement de sa responsabilité et conclut à la réduction à de plus justes proportions des prétentions indemnitaires des requérants.

Il fait valoir que :

-la perte de chance doit être évaluée à 50% ;

-l'indemnisation ne pourra excéder les sommes suivantes :

13 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;

3 500 euros au titre des souffrances endurées ;

2 934,64 euros au titre des frais d'obsèques ;

7 500 euros au titre du préjudice d'affection de Mme A E épouse B ;

2 500 euros au titre du préjudice d'affection de Mme D B épouse F ;

2 500 euros au titre du préjudice d'affection de M. C B ;

2 500 euros au titre du préjudice d'impréparation de Mme A E épouse B, Mme D B épouse F, M. C B.

Par ordonnance du 25 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 15 novembre 2022.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance du 29 octobre 2019 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Nice a prescrit une expertise et désigné comme expert M. G ;

- le rapport d'expertise de M. G déposé au greffe du tribunal le 26 décembre 2019 ;

- l'ordonnance du 18 février 2020 par laquelle la présidente du tribunal administratif de Nice a taxé les frais et honoraires de l'expertise réalisée par M. G à la somme de 1 360 euros et les a mis à la charge de Mme A E épouse B, de Mme D B épouse F et de M. C B sous déduction de l'allocation provisionnelle éventuellement versée.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Duroux, conseillère ;

- les conclusions de M. Soli, rapporteur public,

- et les observations de Me Cottray-Lanfranchi, représentant les consorts requérants et de Me Fernez, représentant le CHU de Nice.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a été hospitalisé au sein du CHU de Nice du 27 mars 2018 au 3 avril 2018, date de son décès, pour la prise en charge chirurgicale d'un adénocarcinome du rectum. A la suite de son opération qui a lieu le 28 mars, M. B a présenté, à compter du 30 mars, les premiers signes d'affaiblissement et de fatigue qui se sont aggravés le 31 mars. Le 1er avril, M. B a présenté un état d'hypothermie et le lendemain il a éprouvé de grandes difficultés respiratoires malgré la mise en place d'un système à oxygène. Le 3 avril, face à l'état de santé préoccupant de M. B, un scanner a été pratiqué pour suspicion d'embolie pulmonaire. Au cours de cet examen, il a été victime d'un vomissement massif et d'une inondation bronchopulmonaire provoquant son décès. Par un courrier en date du 25 mai 2020, l'épouse et les enfants de M. B ont formulé une demande indemnitaire auprès du CHU de Nice qui a été implicitement rejetée. Par la présente requête, Mme A E, épouse B, Mme D B, épouse F, et M. C B demandent au tribunal de condamner le CHU de Nice à leur verser la somme totale de 149 285,71 euros en réparation de leurs préjudices à la suite du décès de M. B.

Sur responsabilité du CHU de Nice pour défaut d'information préalable :

2. Aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique " I.- Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. / () / Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. / Cette information est délivrée au cours d'un entretien individuel. / () / IV.- () / En cas de litige, il appartient au professionnel ou à l'établissement de santé d'apporter la preuve que l'information a été délivrée à l'intéressé dans les conditions prévues au présent article. Cette preuve peut être apportée par tout moyen. / () ".

3. Il appartient aux praticiens des établissements publics de santé d'informer directement le patient des investigations pratiquées et de leurs résultats, en particulier lorsqu'elles mettent en évidence des risques pour sa santé. Lorsque l'acte médical envisagé, même accompli conformément aux règles de l'art, comporte des risques connus de décès ou d'invalidité, le patient doit en être informé dans des conditions qui permettent de recueillir son consentement éclairé et il appartient au professionnel ou à l'établissement de santé d'apporter la preuve que l'information a été délivrée. Si cette information n'est pas requise en cas d'urgence, d'impossibilité ou de refus du patient d'être informé, la seule circonstance que les risques ne se réalisent qu'exceptionnellement ne dispense pas les médecins de leur obligation. Lorsque le défaut d'information est constitué, il appartient au juge de rechercher si le patient a subi une perte de chance de se soustraire aux dommages qui se sont réalisés, au regard des risques inhérents à l'acte médical litigieux, des risques encourus par l'intéressé en cas de renonciation à cet acte et des alternatives thérapeutiques moins risquées. La réparation du préjudice résultant de la perte de chance de se soustraire au risque dont le patient n'a pas été informé et qui s'est réalisé, correspond à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue. C'est seulement dans le cas où l'intervention était impérieusement requise, en sorte que le patient ne disposait d'aucune possibilité raisonnable de refus, que l'existence d'une perte de chance peut être niée.

4. Il résulte de l'instruction que le vomissement massif dont a été victime

M. B a été causé par une occlusion due à l'intervention chirurgicale pratiquée le 28 mars et pour laquelle le risque opératoire était modéré même si le risque de survenue de vomissements postopératoires était évalué à 40%. Il résulte également de l'instruction que s'il est constant que M. B et les requérants ont été informés des risques de l'absence d'intervention chirurgicale, le CHU de Nice ne démontre pas avoir informé l'intéressé des risques encourus par l'opération chirurgicale dès lors qu'aucun consentement éclairé signé ne figure au dossier. Dans ces conditions, le CHU de Nice a méconnu son devoir d'information qui lui incombait.

5. Toutefois, il résulte également de l'instruction qu'il n'existait aucune autre alternative thérapeutique à visée curative pour le cancer du rectum dont souffrait M. B. Dès lors, il ne résulte pas de l'instruction que M. B avait la possibilité raisonnable, même informé de l'existence des risques liés à l'opération, de refuser cette intervention chirurgicale, qui, au demeurant, a été réalisée dans les conditions conformes aux recommandations et aux bonnes pratiques, en raison de l'intérêt que représentait sa réalisation à des fins curatives. Par suite, le manquement du CHU de Nice à son devoir d'information préalable n'ouvre pas droit à indemnisation.

Sur la responsabilité pour faute du CHU de Nice :

6. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ".

7. Il résulte de l'instruction M. B a été opéré au sein du CHU de Nice pour un cancer du rectum, le 28 mars 2018. Dès le 30 mars, il a présenté des signes d'affaiblissement et de fatigue qui se sont aggravés le 31 mars, puis le 1er avril avec un état d'hypothermie. Le lendemain, M. B a éprouvé de grandes difficultés respiratoires malgré la mise en place d'un système à oxygène. Il résulte également de l'instruction, et en particulier du rapport d'expertise, que compte tenu des signes inquiétants apparus dans la nuit du 2 au 3 mars, un examen radiologique aurait dû être pratiqué sur M. B dans la matinée du 3 mars alors que son état général étant encore correct et lui aurait permis qu'il vomisse sans que le liquide ne pénètre dans ses poumons. Or, le scanner ne sera pratiqué qu'à 16 h 00 alors que M. B se trouvait en état de choc rendant impossible qu'il vomisse sans l'nondation bronchique qui est à l'origine de son décès. Dans ces conditions, le CHU de Nice a commis une faute de nature à engager sa responsabilité pour retard de prise en charge.

Sur la perte de chance :

8. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter la survenue de ce dommage. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.

9. Il résulte du rapport d'expertise que M. B est décédé d'un arrêt cardiaque causé par une inondation bronchopulmonaire à la suite d'un vomissement massif au cours d'un examen radiologique. Ainsi qu'il a été dit au point précédent, le scanner a été pratiqué le 3 mars à 16 h 00 alors que M. B se trouvait en état de choc rendant impossible qu'il vomisse sans inondation bronchique. Or, compte tenu des signes inquiétants apparus dans la nuit du 2 au 3 mars, l'examen radiologique aurait dû être pratiqué sur M. B dans la matinée du 3 mars alors que son état général était encore correct et lui aurait permis qu'il vomisse sans que le liquide ne pénètre dans ses poumons. Dans ces conditions, ce retard de prise en charge a fait perdre à M. B une chance de se maintenir en vie, indépendant de son l'âge et ses antécédents médicaux. Compte tenu de l'ensemble des éléments du dossier, il y a lieu de fixer à 90% le taux de perte de chance de M. B.

Sur les préjudices de M. B :

En ce qui concerne le déficit fonctionnel temporaire :

10. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que M. B a présenté un déficit fonctionnel total du 2 au 3 mars 2018. Il sera fait une juste évaluation de préjudice en le fixant à 18 euros, après application du taux de perte de chance.

En ce qui concerne les souffrances endurées :

11. Il résulte de l'instruction que les souffrances endurées par M. B ont été évaluées par l'expert à 4 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à 5 400 euros, après application du taux de perte de chance.

Sur les préjudices de Mme A E, épouse B :

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :

Quant au préjudice économique :

12. Le préjudice économique subi par une personne du fait du décès de son conjoint est constitué par la perte des revenus de la victime qui étaient consacrés à son entretien, compte tenu, le cas échéant, de ses propres revenus et déduction faite des prestations reçues en compensation.

13. Il résulte de l'instruction et notamment de l'avis d'imposition de 2018 pour les revenus de 2017, que le revenu annuel net du foyer peut être fixé à 47 678 euros. Compte tenu de la part d'autoconsommation de M. B, qui peut être fixée à 30% eu égard à la composition du foyer, et des revenus déclarés par Mme A E, épouse B, intégrant les pensions de réversion qu'elle a perçues depuis le décès de son mari, la perte totale subie par la requérante peut être évaluée à la somme de 7 688,38 euros en tenant compte des arrérages échus entre 2018 à 2020, soit de la date du décès de son mari à la date de liquidation du préjudice. Le préjudice économique global subi par l'intéressée doit être également déterminé en prenant en compte la capitalisation de cette même somme en considération de l'âge qu'aurait eu M. B à la date de liquidation du préjudice, soit 85 ans, et du prix de l'euro de rente viagère selon le barème de capitalisation pour 2020 publié à la Gazette du Palais, ce qui donne la somme de 21 908,03 euros. Le préjudice économique global de Mme A E épouse B consécutif au décès de son mari, constitué de l'addition de ces deux sommes (7 688, 38 + 21908,03), se chiffre donc à 26 636,76 euros après application du taux de perte de chance.

Quant aux frais divers :

14. Mme A E, épouse B, veuve de M. B, justifie avoir engagé la somme de 5 869,28 euros au titre des frais d'obsèques. Il sera fait une exacte évaluation de ce poste de préjudice en le fixant à la somme de 5 282,35 euros, après application du taux de perte de chance.

En ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux :

Quant au préjudice d'affection :

15. Mme A E, épouse B, justifie d'un préjudice d'affectation à la suite du décès de son mari. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 13 500 euros, après application du taux de perte de chance.

Quant au préjudice d'impréparation :

16. Indépendamment de la perte d'une chance de refuser l'intervention, le manquement des médecins à leur obligation d'informer le patient des risques courus ouvre pour l'intéressé, lorsque ces risques se réalisent, le droit d'obtenir réparation des troubles qu'il a subis du fait qu'il n'a pas pu se préparer à cette éventualité. S'il appartient au patient d'établir la réalité et l'ampleur des préjudices qui résultent du fait qu'il n'a pas pu prendre certaines dispositions personnelles dans l'éventualité d'un accident, la souffrance morale qu'il a endurée lorsqu'il a découvert, sans y avoir été préparé, les conséquences de l'intervention doit, quant à elle, être présumée.

30. Toutefois, Mme A E épouse B ne peut se prévaloir d'un préjudice d'impréparation dès lors qu'elle n'a pas subi directement les risques de l'intervention du 28 mars 2018. Par suite, ce chef de préjudice sera écarté.

Sur les préjudices de Mme D B épouse F :

17. En premier lieu, Mme D B épouse F, fille de M. B, justifie d'un préjudice d'affectation à la suite du décès de son père. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 3 600 euros, après application du taux de perte de chance.

18. En deuxième lieu, les trois enfants de Mme D B épouse F justifient d'un préjudice d'affectation à la suite du décès de leur grand-père. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 1 800 euros, pour chacun d'entre eux, après application du taux de perte de chance.

19. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 16, le préjudice d'impréparation de Mme D B épouse F sera écarté.

Sur les préjudices de M. C B :

20. En premier lieu, M. C B, fils de M. B, justifie d'un préjudice d'affectation à la suite du décès de son père. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 3 600 euros, après application du taux de perte de chance.

21. En deuxième lieu, l'enfant de M. C B justifie d'un préjudice d'affectation à la suite du décès de son grand-père. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 1 800 euros après application du taux de perte de chance.

22. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 16, le préjudice d'impréparation sera écarté.

23. Il résulte de tout ce qui précède que le CHU de Nice est condamné à verser la somme totale de 5 418 euros à Mme A E épouse B, à Mme D B épouse F et à M. C B. Le CHU de Nice est également condamné à verser à Mme A E épouse B la somme totale de 45 419,11 euros, à Mme D B épouse F la somme totale de 9 000 euros et à M. C B la somme totale de 5 400 euros.

Sur les frais d'expertise :

24. En l'application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les frais de l'expertise ordonnée par l'ordonnance du 29 octobre 2019 susvisée, liquidés et taxés à la somme de 1 360 euros par ordonnance du 18 février 2020, doivent être mis à la charge du CHU de Nice.

Sur les frais liés au litige :

25. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHU de Nice la somme totale de 1 500 euros à verser à Mme A E épouse B, à Mme D B épouse F et à M. C B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Le CHU de Nice est condamné à verser la somme de 5 418 euros à Mme A E épouse B, à Mme D B épouse F et à M. C B.

Article 2 : Le CHU de Nice est condamné à verser à Mme A E épouse B la somme totale de 45 419,11 euros.

Article 3 : Le CHU de Nice est condamné à verser à Mme D B épouse F la somme totale de 9 000 euros.

Article 4 : Le CHU de Nice est condamné à verser à M. C B la somme totale de 5 400 euros.

Article 5 : Les frais et honoraires d'expertise, liquidés et taxés à la somme de 1 360 euros sont mis à la charge du CHU de Nice.

Article 6 : Le CHU de Nice versera à Mme A E épouse B, à Mme D B épouse F et à M. C B la somme totale de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 7 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E épouse B, à Mme D B épouse F, à M. C B, au CHU de Nice et à la caisse primaire d'assurance maladie du Var.

Copie sera transmise à la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-Maritimes et à l'expert, M. G.

Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Pascal, président,

Mme Duroux, conseillère,

Mme Soler, conseillère,

assistés de Mme Gialis, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2023.

La rapporteure,

signé

G. DUROUX

Le président,

signé

F. PASCALLa greffière,

signé

E. GIALIS

La République mande et ordonne ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef

Ou par délégation, le greffier

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