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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2003490

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2003490

vendredi 30 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2003490
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSELARL CABINET GONZALEZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 septembre 2020, M. A et Mme B C, représentés par Me Gonzalez, demandent au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2016 et 2017, ainsi que des pénalités correspondantes ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la comptabilité de la société Déco Façades, dont M. C est le gérant et l'unique associé, n'ayant pas été rejetée, elle est présumée régulière, probante et sincère de sorte que " les apports comptabilisés " ne peuvent être regardés comme du " passif fictif " ;

- l'inscription d'une somme au compte courant d'associé fait naître au profit de ce dernier une créance certaine et exigible qui ne peut donc être considérée comme un " passif fictif ".

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 janvier 2021, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. et Mme C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Bergantz, conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique du 14 juin 2023.

Considérant ce qui suit :

1. La société Déco Façades, qui exerce une activité de travaux de maçonnerie générale et gros œuvre de bâtiment, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité concernant les exercices clos le 31 décembre 2015, le 31 décembre 2016 et le 31 décembre 2017, au cours de laquelle le vérificateur a notamment constaté que le compte courant d'associé avait été crédité des sommes de 31 766 euros en 2016 et 12 040 euros en 2017, que l'administration a regardées comme étant constitutives d'un passif injustifié. Le service a donc réintégré ces sommes dans les résultats de la société Déco Façades et les a regardées comme des revenus distribués à M. et Mme C. Ces derniers demandent au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis pour ce motif au titre des années 2016 et 2017.

Sur les conclusions à fin de décharge :

2. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / () 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices. / () ". S'agissant des revenus distribués, il appartient en principe à l'administration, lorsque le contribuable a régulièrement contesté les rectifications, d'apporter la preuve de l'existence et du montant de ces distributions ainsi que de leur appréhension. Toutefois, les sommes inscrites au crédit d'un compte courant d'associé d'une société soumise à l'impôt sur les sociétés ont, sauf preuve contraire apportée par l'associé titulaire du compte, le caractère de revenus imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. Par ailleurs, il incombe au contribuable de justifier des apports en compte courant d'associé par la production d'éléments suffisamment précis portant soit sur le versement sur le compte bancaire de la société réalisé par l'associé soit sur la prise en charge par l'associé, notamment à partir d'un compte bancaire personnel, d'une dépense incombant à la société ou de l'apport d'un bien.

3. En l'espèce, l'administration, en l'absence de justification, a imposé entre les mains de M. et Mme C, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, les sommes de 11 335,86 euros, 126,59 euros, 253,36 euros, 8 050 euros et 12 000 euros inscrites au crédit du compte courant d'associé dans la comptabilité de la société Déco Façades au 31 décembre 2016, et les sommes de 6 153,6 euros, 184,8 euros et 5 701,88 euros inscrites au crédit de ce même compte dans la comptabilité de ladite société au 31 décembre 2017.

4. M. et Mme C soutiennent que la comptabilité de la société Déco Façades n'a pas été rejetée et que ces sommes correspondent à des apports. Toutefois, la circonstance qu'une comptabilité n'a pas été rejetée par le service n'est pas, en l'absence de toute pièce justificative, de nature à démontrer que ces sommes correspondraient au remboursement d'une créance que M. C détiendrait sur la société Déco Façades. Il s'ensuit que les sommes inscrites au crédit du compte courant d'associé de M. C doivent être regardées comme ayant été appréhendées par les requérants et qu'elles présentaient, en conséquence, le caractère de revenus imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, à réintégrer dans le montant de leur revenu imposable au titre des années 2016 et 2017.

5. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme C ne sont pas fondés à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2016 et 2017, ainsi que des pénalités correspondantes.

Sur les frais liés au litige :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, Mme B C et au directeur département des finances publiques des Alpes-Maritimes.

Délibéré après l'audience du 14 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Emmanuelli, président,

Mme Chevalier, conseillère,

Mme Bergantz, conseillère,

assistés de Mme Foultier, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juin 2023.

La rapporteure,

Signé

A. BERGANTZ

Le président,

Signé

O. EMMANUELLILa greffière,

Signé

M. FOULTIER

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Le greffier.

No 2003490

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