jeudi 11 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2003583 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | RIBIERE |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 7 septembre 2020 sous le n° 2303583, M. B A, représenté par Me Ribiere, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et de contributions sociales mises à sa charge au titre des années 2014, 2015 et 2016 ;
2°) de maintenir le sursis de paiement en application des dispositions de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales.
Il soutient que :
- les impositions mises à sa charge au titre de l'année 2014 ont été prises à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que les conséquences financières de la proposition de rectification du 21 décembre 2017 ne lui ont pas été notifiées ;
- la demande de délai supplémentaire pour répondre à la proposition de rectification du 10 décembre 2018 relative aux années 2015 et 2016 témoigne de sa bonne foi pour y répondre ;
- la procédure d'imposition suivie à l'encontre de la société civile immobilière Fourseasons Group est irrégulière ;
- la SCI Fourseasons Group ne saurait être assujettie aux impôts commerciaux du fait de l'exercice d'une activité commerciale de location meublée ;
- les charges correspondant à deux commissions versées aux sociétés Monte Carlo Weddings et JG Except Events au titre de l'année 2014 sont justifiées ;
- en tout état de cause, il ne saurait y avoir de présomption de distribution concernant ces charges dès lors qu'il n'est pas établi qu'elles lui auraient bénéficié ;
- l'imposition du prétendu solde débiteur au titre de l'année 2014 n'est qu'une fiction ne prenant pas en compte les apports de fonds qu'il a effectués antérieurement lors de la construction des locaux, qui ont notamment été constatés par l'administration fiscale au cours d'une précédente procédure de contrôle ;
- la mise en recouvrement des rappels d'impôt sur les sociétés au niveau de la SCI Fourseasons Group n'a pas été réellement effectuée au titre de l'année 2014 pour cause de prescription ;
- il n'y avait aucun compte courant débiteur au 31 décembre 2014 ;
- les sommes réputées distribuées au titre des années 2015 et 2016 ne lui ont pas profité ;
- la majoration de 25 % en application des dispositions du 7 de l'article 158 du code général des impôts est injustifiée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 janvier 2021, le directeur départemental des finances publiques conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés au soutien de la requête n'est fondé.
II. Par une requête, enregistrée le 7 septembre 2020 sous le n° 2003587, la société civile immobilière (SCI) Fourseasons Group, représentée par Me Ribiere, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2012 et 2013 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période allant du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2012 et du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2013 ;
2°) de maintenir le sursis de paiement en application des dispositions de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales.
Elle soutient que :
- la procédure de vérification est irrégulière dès lors que le délai légal d'intervention sur place a été dépassé et qu'un détournement de procédure est caractérisé ;
- les impositions ont été mises en œuvre à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que le droit de visite et de saisie a été irrégulièrement mis en œuvre et que la pièce saisie n° 83 n'a pas été restituée ;
- elle n'exerce pas d'activité habituelle de location meublée ;
- les recettes à prendre en compte s'élèvent à 257 979 euros au titre de l'année 2012 et à 251 729 euros au titre de 2013, ainsi qu'elle en a justifié dans sa réclamation préalable ;
- une facture d'un montant de 52 952,90 euros en date du 10 février 2013 se substituant à celle du 31 décembre 2012 a été émise ; le paiement a eu lieu par virement en date du 14 février 2013 ;
- les charges déductibles s'élèvent à 209 000, 58 euros au titre de l'année 2012 ;
- aucune minoration d'actif ne saurait être constatée dès lors qu'elle n'était pas astreinte à la tenue d'une comptabilité commerciale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2021, le directeur départemental des finances publiques conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés au soutien de la requête n'est fondé.
III. Par une requête, enregistrée le 7 septembre 2020 sous le n° 2303589, la SCI Fourseasons Group demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2015 et 2016 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre des périodes allant du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2015 et du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2016 ;
2°) de maintenir le sursis de paiement en application des dispositions de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales.
Elle soutient que :
- aucune justification ne lui a été donnée par l'administration fiscale afin d'expliquer le dégrèvement prononcé s'agissant des impositions initialement mises à sa charge ;
- elle a été privée d'un débat oral et contradictoire ;
- les documents et matériels informatiques saisis au cours du contrôle ne lui ont pas été restitués, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 16 B du livre des procédures fiscales ;
- elle a présenté des observations à la suite de la proposition de rectification du 10 décembre 2018 et ne saurait être regardée comme ayant accepté les rectifications litigieuses ;
- il n'est pas établi qu'elle exercerait une activité habituelle de location meublée ;
- elle a encaissé 505 585 euros et 555 998 euros de loyers au titre des années 2015 et 2016.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2021, le directeur départemental des finances publiques conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés au soutien de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kolf, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Perez, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Fourseasons Group, qui est propriétaire du château A, situé à Grasse, et dont l'activité déclarée est l'acquisition, la propriété, la mise en valeur, la transformation, l'aménagement, l'administration et la location de biens immobiliers, a fait l'objet de vérifications de comptabilité. A l'issue de ces procédures de contrôle, l'administration fiscale a considéré qu'elle avait exercé une activité de location meublée et a requalifié les revenus déclarés par cette dernière dans la catégorie des revenus fonciers en revenus commerciaux qu'elle a, en conséquence, assujettis à des cotisations d'impôt sur les sociétés au titre de années 2012 à 2016. Elle a également assujetti la société, à raison de l'exercice de cette activité de location meublée para-hôtelière, à la taxe sur la valeur ajoutée. La SCI Fourseasons Group demande la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés ainsi mises à sa charge au titre des années 2012, 2013, 2015 et 2016 ainsi que des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre des périodes allant du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2012, du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2013, du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2015 et du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2016.
2. Consécutivement aux contrôle diligentés à l'encontre de la SCI Fourseasons Group, l'administration fiscale a, dans le cadre de la procédure de rectification contradictoire, imposé entre les mains de M. A, associé de la société devenu gérant de droit le 18 novembre 2016, des revenus distribués au titre des années 2014, 2015 et 2016, mettant à sa charge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contributions sociales et de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, assorties de pénalités, dont M. A demande la décharge.
Sur la jonction :
3. Les requêtes nos 2003583, 2003587 et 2003589 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
Sur les conclusions à fin de décharge des impositions commerciales mises à la charge de la SCI Fourseasons Group :
En ce qui concerne la nature de l'activité litigieuse et le principe de l'assujettissement aux impôts commerciaux :
S'agissant de l'assujettissement à l'impôt sur les sociétés :
4. Aux termes de l'article 206 du code général des impôts, sont passibles de l'impôt sur les sociétés : " 1. () toutes () personnes morales se livrant à une exploitation ou à des opérations de caractère lucratif ". En vertu du 2 de ce même article, il en est ainsi, notamment, des sociétés civiles " () si elles se livrent à une exploitation ou à des opérations visées aux articles 34 et 35 ". Et le 5° bis du I de l'article 35 du code général des impôts vise les " personnes qui donnent en location directe ou indirecte des locaux d'habitation meublés ". Une société civile donnant habituellement en location des locaux garnis de meubles doit être regardée comme exerçant une activité commerciale au sens de l'article 34 du code général des impôts et, par suite, est passible de l'impôt sur les sociétés par application du 2 de l'article 206 du même code.
5. Il résulte de l'instruction que plusieurs suites et chambres du château A, étaient, au cours de la période litigieuse, entre 2012 et 2016, proposées en location meublée, que de nombreux devis ont été émis au nom du " Château A " pour la location de ces chambres et suites au cours de la période litigieuse et qu'elles ont effectivement été données en location à plusieurs reprises au titre de cette période, notamment pour des mariages ou des tournages de films. Il résulte des devis et échanges de courriels produits aux débats par le service vérificateur que les prestations proposées incluent notamment la présence d'un concierge-majordome, d'un gardien, le nettoyage des chambres, la mise à disposition de linge de maison ainsi que de vaisselle pour les repas dont le petit-déjeuner, et la possibilité de recourir à un chef pour les repas. Le service vérificateur a également constaté, ce qui n'est pas contesté, que la SCI Fourseasons Group avait conclu des contrats d'assurance professionnelle, non requise pour une simple location nue. La société requérante, qui admet dans sa réclamation préalable l'organisation de quelques manifestations au cours de la période en litige, ne conteste pas sérieusement les éléments ainsi constatés par le service vérificateur, mais fait valoir qu'ils ne sauraient suffire à caractériser l'exercice d'une activité de location meublée qui lui serait imputable, dans la mesure où l'ensemble des locations a été réalisé par l'intermédiaire de tierces personnes organisatrices. Il résulte toutefois de l'instruction que les sociétés intervenues en tant qu'intermédiaires pour conclure certains des contrats de location étaient liées à la société requérante, s'agissant notamment d'une société de droit britannique, la société Joy Events Ltd, dont la gérante était la fille de M. A, ensuite remplacée par ce dernier à compter du 18 novembre 2016, et la société Monaco Events, créée le 1er mars 2016, gérée par l'ex-épouse de M. A, et expéditrice de plusieurs courriels émis sous l'adresse mail utilisée pour l'activité du château, intitulée " cditer@hotmail.fr ". De plus, il est constant que la SCI Fourseasons Group a déclaré, au titre de revenus fonciers, des revenus provenant des locations du château. Dans ces conditions, l'administration était fondée à considérer, eu égard à l'ensemble des éléments qu'elle a recueillis et au caractère habituel de ces locations intervenues à plusieurs reprises au cours des années en litige, que la SCI Fourseasons Group s'était livrée à une activité de location de locaux garnis de meubles qui constitue une activité commerciale au sens de l'article 35 du code général des impôts, imposable à l'impôt sur les sociétés en vertu des dispositions du 2 de l'article 206 du même code.
S'agissant de l'assujettissement à la taxe sur la valeur ajoutée :
6. Aux termes de l'article 256 du code général des impôts : " I. Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel () ". Selon l'article 261 D du même code : " Sont exonérées de la taxe sur la valeur ajoutée : () 4° Les locations occasionnelles, permanentes ou saisonnières de logements meublés ou garnis à usage d'habitation. Toutefois, l'exonération ne s'applique pas : () b. Aux prestations de mise à disposition d'un local meublé ou garni effectuées à titre onéreux et de manière habituelle, comportant en sus de l'hébergement au moins trois des prestations suivantes, rendues dans des conditions similaires à celles proposées par les établissements d'hébergement à caractère hôtelier exploités de manière professionnelle : le petit déjeuner, le nettoyage régulier des locaux, la fourniture de linge de maison et la réception, même non personnalisée, de la clientèle () ".
7. Il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été dit au point 5 du présent jugement, que les prestations de location meublée par la SCI Fourseasons Group comprenaient, outre la location de certaines chambres et suites du château, la fourniture du linge de maison ainsi que le nettoyage régulier des locaux, et la présence d'un concierge-majordome. Dans ces conditions, et alors que la circonstance que la société requérante ne disposerait pas de personnel stable pour offrir ces prestations est sans incidence sur le respect de la condition prévue au b. du 4° de l'article 261 D du code général des impôts dès lors que ces prestations sont effectivement proposées aux locataires de façon régulière, c'est à bon droit que l'administration fiscale a assujetti la SCI Fourseasons Group à la taxe sur la valeur ajoutée.
En ce qui concerne la régularité de la procédure :
S'agissant des impositions mises à la charge de la SCI Fourseasons Group au titre des années 2012 et 2013 :
8. Aux termes de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales : " I. - Sous peine de nullité de l'imposition, la vérification sur place des livres ou documents comptables ne peut s'étendre sur une durée supérieure à trois mois en ce qui concerne : / 1° Les entreprises industrielles et commerciales ou les contribuables se livrant à une activité non commerciale dont le chiffre d'affaires ou le montant annuel des recettes brutes n'excède pas les seuils prévus aux 1° et 2° de l'article L. 162-4 du code des impositions sur les biens et services ; () / II. - Par dérogation au I, l'expiration du délai de trois mois n'est pas opposable à l'administration : / () 4° En cas de graves irrégularités privant de valeur probante la comptabilité. Dans ce cas, la vérification sur place ne peut s'étendre sur une durée supérieure à six mois () ".
9. Il est constant que les opérations de contrôle de l'activité SCI Fourseasons Group dans le cadre de la vérification de comptabilité ont débuté le 17 novembre 2014. Il résulte en outre de l'instruction que la dernière vérification sur place a eu lieu le 12 mai 2015, soit dans le délai de six mois qui était applicable en l'espèce dès lors que la comptabilité de la société requérante, à la tenue de laquelle cette dernière était astreinte en tant que redevable de l'impôt sur les sociétés en raison de l'objet commercial de son activité, était incomplète et entachée d'irrégularités. Il résulte toutefois de l'instruction que l'administration a, le 11 juin 2015, soit au-delà du délai de six mois qui expirait le 17 mai 2015, effectué une visite sur place en application des dispositions de l'article L. 16 B du livre des procédures fiscales et qu'elle s'est fondée, ainsi que cela ressort notamment de sa décision d'acceptation partielle du 6 juillet 2020, sur certains éléments saisis lors de cette visite, dont des contrats et une facture de location, pour établir les impositions litigieuses. Il s'ensuit que la SCI Fourseasons Group est fondée à soutenir que la procédure de vérification de comptabilité a excédé le délai de six mois imparti par les dispositions de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales et que la procédure de vérification est ainsi entachée d'irrégularité.
10. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés au soutien des conclusions dirigées contre ces impositions, que la SCI Fourseasons Group est fondée à demander la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2012 et 2013 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période allant du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2012 et du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2013.
S'agissant des impositions mises à la charge de la SCI Fourseasons Group au titre des années 2015 et 2016 :
11. En premier lieu, la société requérante ne saurait utilement se prévaloir, dans le cadre du présent contentieux d'assiette concernant les impositions mises à sa charge par un avis de mise en recouvrement en date du 30 septembre 2019, de ce qu'elle n'aurait pas été informée des motifs justifiant le dégrèvement d'office prononcé à l'encontre des impositions initialement mises à sa charge par un avis de mise en recouvrement en date du 28 mars 2019. Le moyen, à le supposer soulevé, ne peut qu'être écarté.
12. En deuxième lieu, dans le cas où la vérification de la comptabilité d'une société a été effectuée, soit, comme il est de règle, dans ses propres locaux, soit, si son dirigeant ou représentant l'a expressément demandé, dans les locaux du comptable auprès duquel sont déposés les documents comptables, c'est au contribuable qui allègue que les opérations de vérification ont été conduites sans qu'il ait eu la possibilité d'avoir un débat oral et contradictoire avec le vérificateur de justifier que ce dernier se serait refusé à un tel débat.
13. Il résulte de l'instruction que les opérations de vérification se sont déroulées au siège de la société et ont donné lieu à quatre rendez-vous, entre le 7 novembre 2017 et le 30 avril 2018, les trois premiers ayant eu lieu en présence du mandataire fiscal de la société requérante. En outre, si la SCI Fourseasons Group fait valoir que les éléments obtenus par l'administration dans le cadre de l'exercice de son droit de communication auprès de l'autorité judiciaire en août 2018, soit postérieurement aux opérations de contrôle, n'ont pas été soumis au débat oral et contradictoire, il résulte toutefois de l'instruction que ces éléments étaient relatifs à des années postérieures aux années en litige et qu'ils n'ont pas fondé les redressements litigieux. Dans ces conditions, la société requérante n'établit pas qu'elle aurait été privée de la possibilité d'engager un débat oral et contradictoire avec le vérificateur.
14. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 16 B du livre des procédures fiscales : " I. - Lorsque l'autorité judiciaire, saisie par l'administration fiscale, estime qu'il existe des présomptions qu'un contribuable se soustrait à l'établissement ou au paiement des impôts sur le revenu ou sur les bénéfices ou des taxes sur le chiffre d'affaires en se livrant à des achats ou à des ventes sans facture, en utilisant ou en délivrant des factures ou des documents ne se rapportant pas à des opérations réelles ou en omettant sciemment de passer ou de faire passer des écritures ou en passant ou en faisant passer sciemment des écritures inexactes ou fictives dans des documents comptables dont la tenue est imposée par le code général des impôts, elle peut, dans les conditions prévues au II, autoriser les agents de l'administration des impôts, ayant au moins le grade d'inspecteur et habilités à cet effet par le directeur général des finances publiques, à rechercher la preuve de ces agissements, en effectuant des visites en tous lieux, même privés, où les pièces et documents s'y rapportant sont susceptibles d'être détenus ou d'être accessibles ou disponibles et procéder à leur saisie, quel qu'en soit le support. () / V. - () Les pièces et documents saisis sont restitués à l'occupant des locaux dans les six mois de la visite () ".
15. La SCI Fourseasons ne saurait utilement se prévaloir des dispositions précitées pour soutenir que les éléments comptables saisis ne lui ont pas été restitués dans le délai imparti, dès lors qu'il est constant que les documents dont s'agit ont été saisis par les autorités de police judiciaire dans le cadre d'une perquisition et non dans le cadre de la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 16 B du livre des procédures fiscales.
16. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. / Sur demande du contribuable, reçue par l'administration avant l'expiration du délai mentionné à l'article L. 11, ce délai est prorogé de trente jours. / () ". L'article L. 11 du même livre dispose : " A moins qu'un délai ne soit prévu par le présent livre, le délai accordé aux contribuables pour répondre () à toute notification émanant d'un agent de l'administration des impôts est fixé à trente jours à compter de la réception de cette notification ". Et aux termes de l'article L. 286 du même livre : " Toute personne tenue de respecter une date limite ou un délai pour présenter une demande, déposer une déclaration, exécuter un paiement ou produire un document auprès d'une autorité administrative peut satisfaire à cette obligation au plus tard à la date prescrite au moyen d'un envoi de correspondance, le cachet apposé par les prestataires de services postaux autorisés au titre de l'article L. 3 du code des postes et des communications électroniques faisant foi () ".
17. Il résulte de ces dispositions qu'un contribuable bénéficie d'un délai de trente jours pour répondre à la proposition de rectification qui lui est notifiée, ce délai pouvant être prolongé pour une durée identique sur la demande du contribuable. Pour vérifier si le délai de réponse à la proposition de rectification a été respecté, seule la date d'envoi de cette réponse, et non sa date de réception, doit, selon les formes prescrites à l'article L. 286 du livre des procédures fiscales, être prise en compte.
18. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification en date du 10 décembre 2018 a été notifiée à la SCI Fourseasons le 11 décembre 2018, et que cette dernière a sollicité, le 9 janvier 2019, un délai supplémentaire de 30 jours pour formuler ses observations, demande à laquelle il a été fait droit. La société requérante admet dans ses écritures ne pas être en mesure d'apporter la preuve de l'envoi des observations qu'elle aurait adressées à l'administration le 5 février 2019, et fait valoir qu'elle a elle-même spontanément adressé une copie de ses observations au service vérificateur le 13 mars 2019, soit postérieurement au délai de soixante jours dont elle disposait. Ainsi, en l'absence de désaccord manifesté expressément par la société avant l'expiration du délai qui lui était imparti pour présenter ses observations, cette dernière est réputée avoir implicitement acquiescé aux rectifications en litige.
En ce qui concerne le bien fondé des impositions restant en litige :
19. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré ". Ainsi qu'il a été dit au point 18 ci-dessus, la société requérante n'a pas répondu à la proposition de rectification du 10 décembre 2018 dans le délai qui lui était imparti. Par suite, la société requérante, qui a tacitement accepté les rectifications, supporte, en application des dispositions de l'article R. 194-1 précité, la charge de la preuve du caractère exagéré des impositions supplémentaires en litige.
20. A supposer même que la société Fourseasons Group entende contester le montant des impositions mises à sa charge, elle n'établit pas, en se bornant à citer les montants correspondants aux loyers qu'elle estime avoir encaissés au titre des périodes en litige, le caractère exagéré des impositions en litige.
21. Il résulte de tout ce qui précède que la société Fourseasons Group est seulement fondée à demander la décharge des impositions mises à sa charge au titre des années 2012 et 2013.
Sur les conclusions à fin de décharge des impositions mises à la charge de M. A :
En ce qui concerne la régularité de la procédure :
22. En premier lieu, aux termes de l'article L. 48 du livre des procédures fiscales : " A l'issue d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle au regard de l'impôt sur le revenu ou d'une vérification de comptabilité, lorsque des rectifications sont envisagées, l'administration doit indiquer, avant que le contribuable présente ses observations ou accepte les rehaussements proposés, dans la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou dans la notification mentionnée à l'article L. 76, le montant des droits, taxes et pénalités résultant de ces rectifications () ".
23. Il résulte des termes de la proposition de rectification en date du 21 décembre 2017 qu'elle comportait 5 feuilles, correspondant aux dix pages de la proposition, incluant les annexes jointes à cette dernière, dont les conséquences financières des rectifications proposées. M. A, qui était dès lors en mesure d'identifier, à la supposer établie, l'incomplétude du document qui lui a été adressé, n'établit pas avoir accompli les diligences nécessaires pour obtenir les pages manquantes. Dans ces conditions, et alors, au surplus, qu'il résulte de l'instruction que M. A a été mis à même, dans sa réclamation préalable, de pointer les incohérences observées entre les montants indiqués dans l'annexe relative aux conséquences financières et les montants initialement mis en recouvrement, le moyen tiré de ce que la proposition de rectification du 21 décembre 2017 était incomplète ne peut qu'être écarté.
24. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que la proposition de rectification en date du 10 décembre 2018 a été notifiée à la M. A par courrier avec accusé de réception le 11 décembre 2018, et que ce dernier a sollicité, le 9 janvier 2019, un délai supplémentaire de 30 jours pour formuler ses observations, demande à laquelle il a été fait droit. Le requérant, qui se borne à se prévaloir de sa bonne foi, n'établit pas avoir présenté ses observations dans le délai imparti de soixante jours dont il disposait. Ainsi, en l'absence de désaccord manifesté expressément par M. A avant l'expiration du délai qui lui était imparti pour présenter ses observations, ce dernier est réputé avoir implicitement acquiescé aux rectifications qui lui ont été notifiées au titre des années 2015 et 2016.
25. En troisième et dernier lieu, en vertu du principe d'indépendance des procédures, les moyens invoqués à l'appui de la contestation de la régularité de la procédure des impositions mises à la charge de la SCI Fourseasons Group sont sans incidence sur la régularité de la procédure dans le présent litige relatif aux seules impositions supplémentaires en matière d'impôt sur le revenu, de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et de contributions sociales ainsi que des intérêts de retard et pénalités correspondants mises à la charge de M. A.
En ce qui concerne le bien-fondé :
26. En premier lieu, aux termes de l'article 108 du code général des impôts : " Les dispositions des articles 109 à 117 fixent les règles suivant lesquelles sont déterminés les revenus distribués par : / 1° Les personnes morales passibles de l'impôt prévu au chapitre II du présent titre () ".
27. Ainsi qu'il a été dit au point 5 du présent jugement, la SCI Fourseasons Group exerçait, au titre des années en litige, une activité commerciale de location de locaux garnis de meubles, et était ainsi assujettie à l'impôt sur les sociétés, contrairement à ce que soutient M. A. Il s'ensuit que son moyen tiré de ce que la SCI n'était pas passible de l'impôt sur les sociétés doit être écarté.
28. En deuxième lieu, la circonstance que les impositions supplémentaires mises à la charge de la SCI Fourseasons Group au titre de l'année 2014 à la suite de la procédure de vérification dont elle a fait l'objet n'auraient donné lieu à aucune mise en recouvrement est sans incidence sur le bien-fondé des impositions litigieuses, mises à la charge de M. A à raison des revenus présumés distribués à ce dernier.
29. En troisième lieu, aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / () 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices () ". Pour soumettre à l'impôt sur le revenu des revenus sur le fondement du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, il incombe à l'administration d'établir qu'ils ont été mis à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts. La circonstance que le contribuable que l'administration entend imposer est le maître de l'affaire est à cet égard sans incidence. Les sommes mises à disposition des associés non prélevées sur les bénéfices ont, sauf preuve contraire apportée par les associés, le caractère de revenus distribués, imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.
30. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a considéré que M. A avait bénéficié des sommes de 27 513 euros, 116 127 euros et 213 747 euros au titre des années 2014, 2015 et 2016, correspondant au montant des charges non justifiées déduites par la SCI Fourseasons Group, qu'elle a imposées à l'impôt sur le revenu sur le fondement des dispositions du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, en s'appuyant sur l'unique circonstance qu'il était seul maître de l'affaire au titre de ces années d'imposition. Toutefois, cette circonstance est sans incidence en matière de revenus distribués imposés sur le fondement de ces dispositions. L'administration fiscale ne faisant valoir aucun autre élément permettant d'établir que l'intéressé aurait appréhendé ces sommes, les dispositions du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts ne pouvaient, en l'espèce, fonder la réintégration de celles-ci dans le revenu imposable de M. A et leur imposition dans la catégorie des revenus de capitaux mobilier. Dans ces conditions, le requérant est fondé à demander la réduction des bases d'imposition à l'impôt sur le revenu au titre des années 2014, 2015 et 2016 à hauteur de 27 513 euros, 116 127 euros et 213 747 euros. Il s'ensuit que M. A est fondé à demander la décharge partielle des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de prélèvements sociaux et de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus mises à sa charge au titre des trois années en litige correspondant à cette réduction, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés à l'encontre du bien-fondé de ces impositions.
31. En quatrième lieu, aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / a. Sauf preuve contraire, les sommes mises à la disposition des associés directement ou par personnes ou sociétés interposées à titre d'avances, de prêts ou d'acomptes () ". Les sommes inscrites au crédit du compte courant d'un associé ont, sauf preuve contraire apportée par l'associé titulaire du compte, le caractère de revenus imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.
32. Il résulte de l'instruction que le service vérificateur a constaté, dans les écritures de la SCI Fourseasons Group, que le compte courant d'associé de M. A présentait un solde débiteur au titre des trois années en litige, lequel s'est accru à la fin de chacune des années civiles 2014 et 2015. L'administration a, en conséquence, inclus dans les revenus imposables du requérant les variations positives de ces soldes débiteurs au titre des années 2014, 2015 et 2016. M. A, qui fait valoir que la situation débitrice de son compte courant d'associé est justifiée par les apports qu'il a réalisés entre les années 2005 et 2014, n'assortit ses allégations d'aucun élément permettant d'attester de la réalité de ces flux financiers. A cet égard, et en tout état de cause, M. A n'établit pas que l'administration fiscale aurait, dans le cadre d'une précédente procédure de contrôle, admis l'existence de ces apports en compte courant. Par suite, contrairement à ce qui est soutenu, M. A n'apporte pas la preuve contraire de la distribution des sommes litigieuses à son profit. Dès lors, le moyen tiré de ce qu'il n'a bénéficié d'aucun revenu distribué doit être écarté.
33. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article 158 du code général des impôts : " 7. Le montant des revenus et charges énumérés ci-après, retenu pour le calcul de l'impôt selon les modalités prévues à l'article 197, est multiplié par un coefficient de 1,25. Ces dispositions s'appliquent : () 2° Aux revenus distribués mentionnés aux c à e de l'article 111, aux bénéfices ou revenus mentionnés à l'article 123 bis et aux revenus distribués mentionnés à l'article 109 résultant d'une rectification des résultats de la société distributrice ".
34. M. A, qui indique dans sa requête introductive d'instance prendre acte de la décision n° 2019-793 QPC du 28 juin 2019 par laquelle le Conseil constitutionnel a constaté la constitutionnalité des dispositions précitées du 7 de l'article 158 du code général des impôts, ne fait valoir aucune circonstance postérieure qui justifierait d'en modifier l'analyse. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
35. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander la réduction, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contributions sociales et de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus auxquelles il a été assujetti au titre des années 2014, 2015 et 2016 résultant de ce qui a été dit au point 30 du présent jugement.
Sur les conclusions à fin de sursis de paiement :
36. Les conclusions relatives au sursis de paiement ont perdu leur objet dès lors que le présent jugement statue sur le fond des trois affaires. Il n'y a dès lors pas lieu d'y statuer.
D E C I D E :
Article 1er : La SCI Fourseasons Group est déchargée, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2012 et 2013 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période allant du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2012 et du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2013.
Article 2 : Il est déduit des revenus de capitaux mobiliers imposables de M. A les sommes de 27 513 euros, 116 127 euros et 213 747 euros au titre des années 2014, 2015 et 2016.
Article 3 : Il est accordé à M. A la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contributions sociales et de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus auxquelles il a été assujetti au titre des années 2014, 2015 et 2016 et des pénalités les assortissant correspondant à la réduction des bases d'imposition décidée à l'article 2 ci-dessus.
Article 4 : La requête no 2003589 et le surplus des conclusions des requêtes nos 2003583 et 2003587 sont rejetés.
Article 5 : La présente décision sera notifiée à M. B A, à la société civile immobilière Fourseasons Group et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 7 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Pouget, présidente,
Mme Kolf, conseillère,
Mme Bergantz, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 janvier 2024.
La rapporteure,
signé
S. Kolf
La présidente,
signé
M. Pouget
La greffière,
signé
C. Sussen
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances, de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
ou par délégation la greffière,
Nos 2003583, 2003587 et 2003589
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026