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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2003598

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2003598

mardi 3 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2003598
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS PHILIPPE PETIT ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 septembre 2020 et le 31 mai 2021, Mme B A, représentée par Me Martin, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de la commune de Nice a rejeté son recours indemnitaire préalable du 23 juin 2020 ;

2°) de condamner la commune de Nice à lui verser la somme de 29 377,51 euros à parfaire au titre de la perte de traitement subie depuis le 9 mai 2017, la somme de 5 000 euros au titre de son préjudice moral, et la somme de 25 000 euros au titre du préjudice matériel résultant de son éviction du service ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Nice la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le tribunal administratif de Nice a annulé les décisions du 9 mai 2017 et 9 juin 2017 par lesquelles la maire de Nice l'avait placée en congé de maladie ordinaire ;

- alors qu'elle a de manière répétée, sollicité la reprise de son travail, et qu'elle justifie de certificats médicaux attestant de son aptitude au travail, l'administration a fautivement refusé de procéder à son reclassement et a maintenu son éviction ;

- si le comité médical a estimé qu'elle devait être maintenue en congé de maladie ordinaire jusqu'à épuisement de ses droit statutaires et mise à la retraite pour invalidité, cet avis ne lie pas la commune ;

- en dépit des termes de la décision par laquelle l'administration l'a admise à la retraite, elle n'a jamais demandé à faire valoir ses droits à la retraite ;

- elle a droit à la réparation intégrale du préjudice résultant de son éviction illégale ;

- le rejet de ses conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté par lequel elle a été admise à la retraite ne s'oppose pas à ce qu'elle recherche la responsabilité de l'administration au titre du préjudice qui en est résulté.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 avril 2021, la commune de Nice, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable, faute d'indiquer le fondement au titre duquel Mme A entend engager la responsabilité de la commune ;

- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 septembre 2023 :

- le rapport de Mme Guilbert,

- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,

- et les observations de Me Bender, représentant Mme A, et de Me Teyssier, représentant la commune de Nice.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a été recrutée par la commune de Nice en qualité d'agent d'entretien le 16 mai 2007. Confrontée à divers problèmes de santé, le 18 février 2014, elle a bénéficié d'un reclassement en qualité de surveillante de salle au Parc Phoenix. Rencontrant de nouveaux problèmes de santé, Mme A a été placée en congé de maladie ordinaire à demi-traitement du 1er mai 2017 jusqu'au 31 janvier 2018. Le 13 février 2018, le comité médical départemental a estimé que le congé de maladie ordinaire de l'intéressée devait se poursuivre jusqu'à sa mise à la retraite pour invalidité et constaté son inaptitude absolue et définitive à compter du 31 janvier 2018. Le 14 mai 2018, la commission de réforme a rendu un avis conforme à son admission à la retraite pour invalidité, qui a été prononcé par arrêté du 31 janvier 2019 avec effet au 1er mars 2019. Par jugement n°1702511 du 20 février 2020, le tribunal administratif de Nice a annulé les arrêtés du 9 mai 2017 et du 9 juin 2017, relatifs à son placement en congé de maladie ordinaire pour la période du 1er mai 2017 au 30 juin 2017. Le 17 juin 2020, Mme A a saisi la commune de Nice d'une demande d'indemnisation du préjudice résultant de l'éviction prononcée par ces arrêtés. Par la présente requête, elle demande au tribunal de condamner la commune de Nice à lui verser la somme de 29 377,51 euros à parfaire au titre de la perte de traitement subie depuis le 9 mai 2017, la somme de 5 000 euros au titre de son préjudice moral, et la somme de 25 000 euros au titre du préjudice matériel résultant de cette éviction.

2. Mme A se prévaut à l'appui de ses demandes de l'illégalité fautive des arrêtés des 9 mai 2017 et 9 juin 2017, annulés par jugement du 20 février 2020. Pour fonder ces annulations, le tribunal avait alors retenu qu'à la date des décisions attaquées, l'administration n'avait pas sollicité d'avis médical lui permettant de constater que l'état de l'intéressée rendait impossible l'exercice de ses fonctions. Il résulte de l'instruction que postérieurement aux décisions des 9 mai 2017 et 9 juin 2017, l'administration a désigné un expert en rééducation fonctionnelle et vertébrothérapie aux fins de se prononcer sur l'aptitude de l'intéressée, qui a rendu son rapport le 16 octobre 2017. Après avoir rappelé les différentes interruptions de travail pour motif de santé et tentatives de reclassement effectuées par l'administration, l'expert relève que selon Mme A, l'exercice des fonctions proposées dans le cadre des aménagements et adaptations consentis pour prendre en compte son état a aggravé ses symptômes. Après examen, l'expert conclut que Mme A est inapte définitivement à ses fonctions d'agent d'entretien, que par ailleurs, les fonctions qui pourraient lui être confiées doivent exclure toute position statique, qu'elle soit assise ou debout, ainsi que la marche, en raison de ses lombalgies chronicisées et d'un canal lombaire rétréci, de sorte que l'intéressée doit être regardée comme inapte à toutes fonctions. Le 13 février 2018, le comité médical départemental a émis un avis favorable à la prolongation de son congé de maladie ordinaire jusqu'à épuisement de ses droits statutaires et mise en retraite pour invalidité à compter du 30 janvier 2018. Le 14 mai 2018, la commission départementale de réforme a également émis un avis conforme sur la mise à la retraite pour inaptitude de l'intéressée qui a été prononcée par arrêté du 31 janvier 2019 avec effet au 1er mars 2019. Mme A qui n'a, au demeurant, pas contesté les arrêtés des 27 juin 2017, 7 septembre 2017, 6 octobre 2017, 27 octobre 2017, 7 décembre 2017 et 22 décembre 2017 la plaçant en congé de maladie ordinaire, et se borne en l'espèce à produire quatre certificats médicaux non circonstanciés établis pour les besoins de la cause le 2 octobre 2017, le 7 février 2018, le 9 février 2018 et le 5 octobre 2018, ne démontre pas utilement son aptitude à exercer les fonctions d'agent d'entretien ni même toute autre fonction au cours de la période en litige. Dès lors, Mme A n'établit pas l'existence d'un préjudice en lien avec une faute de l'administration.

3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non recevoir opposées par la commune de Nice, que ses conclusions doivent être rejetées, y compris celles au titre des frais liés à l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Nice.

Délibéré après l'audience du 12 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Taormina, président,

Mme Gazeau, première conseillère,

Mme Guilbert, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.

La rapporteure,

signé

L. Guilbert

Le président,

signé

G. Taormina La greffière,

signé

E. Gialis

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière

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