mardi 30 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2004198 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | DEMES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés au greffe les 11 octobre 2020 et 14 décembre 2020, la société Carrousel du Cours Cresp (CD 2C), prise en la personne de son représentant légal, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1. de condamner la commune de Grasse à lui payer la somme totale de 26 000 euros à titre de réparation de l'ensemble des préjudices subis à la suite de l'expulsion du manège de type carrousel qu'elle exploite depuis quatre ans sur le cours Honoré Cresp ;
2. de mettre à la charge de la commune de Grasse la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'expulsion de son manège est abusive et disproportionnée ; elle est intervenue en urgence, en pleine période pandémie due à la covid-19 ; or, l'exploitation est autorisée depuis des années par tacite reconduction ;
- elle subit des préjudices, économique et moral : perte de chiffre d'affaires pour les 28 mois d'exploitation restants, soit la somme de 14 000 euros correspondant à 50 % du chiffre d'affaires attendu ; vente dans l'urgence du carrousel en-deçà de sa valeur, soit 7 000 euros correspondant à la moitié de la perte de valorisation du manège et 5 000 euros au titre du préjudice moral du gérant.
Par un mémoire, enregistré au greffe le 28 octobre 2021, la commune de Grasse, prise la personne de son maire en exercice, représentée par Me Jacquemin, demande au tribunal de constater qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la requête et, à titre subsidiaire, conclut au rejet de la requête ; elle demande, en outre, de mettre à la charge de la société requérante la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, il n'y a plus lieu à statuer, la société requérante a démonté ses installations situées sur le domaine public communal ;
- à titre subsidiaire, la requête est irrecevable en application de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, à défaut de comporter des moyens et des conclusions :
- à titre infiniment subsidiaire, les autorisations d'occupation du domaine public présentent un caractère précaire et révocable et ne confèrent aucun droit à leurs titulaires ; le droit d'occupation est arrivé à son terme ; la société est un occupant sans droit ni titre ; il n'y a pas de décision tacite de reconduction de la convention.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 9 mai 2023 :
- le rapport de M. Pascal, président-rapporteur,
- les conclusions de M. Soli, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par une convention d'occupation temporaire du domaine public en date du 17 novembre 2016, la commune de Grasse a autorisé la société Carrousel du Cours Cresp (CD 2C) à implanter un manège forain de type carrousel sur le cours Honoré Cresp. La société CD 2C doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, à lui payer la somme totale de 26 000 euros à titre de réparation de ses préjudices économique et moral résultant, selon elle, de l'expulsion du manège du domaine public communal. Il résulte également de l'instruction que la société requérante a démonté le manège en décembre 2020.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense :
2. La circonstance que la société requérante a démonté le manège et quitté le domaine public communal ne fait pas perdre son objet à sa demande de réparation des préjudices liés à son départ forcé du domaine public. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer opposée par la commune de Grasse ne peut qu'être écartée.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. Aux termes de l'article L. 2122-1 du code général de propriété des personnes publique : " Nul ne peut, sans disposer d'un titre l'y habilitant, occuper une dépendance du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 ou l'utiliser dans des limites dépassant le droit d'usage qui appartient à tous () ". Enfin, il résulte de l'article R. 2122-1 du même code : " L'autorisation d'occupation ou d'utilisation du domaine public peut être consentie, à titre précaire et révocable, par la voie d'une décision unilatérale ou d'une convention ". Il résulte des principes généraux de la domanialité publique que les titulaires d'autorisation d'occupation du domaine public n'ont pas de droit acquis au renouvellement de leur autorisation. L'occupation sans droit ni titre d'une dépendance du domaine public constitue une faute commise par l'occupant qui l'oblige à réparer le dommage causé au gestionnaire de ce domaine par cette occupation irrégulière.
4. La convention du 17 novembre 2016 stipule à l'article 5, s'agissant de sa durée que " la présente convention est consentie pour une durée de trois ans, à compter de la date de la signature, renouvelable tous les trois ans. Cependant, en raison de la domanialité publique des lieux, la présente convention est délivrée à titre précaire et révocable et l'attention du bénéficiaire est attirée sur le fait qu'il ne détient aucun droit acquis au renouvellement de la convention après expiration de la période triennale. Le renouvellement de la période triennale, ou le non renouvellement, le cas échéant, feront obligatoirement l'objet d'une lettre recommandée avec accusé de réception adressée au bénéficiaire au plus tard deux mois avant l'échéance () ".
5. Par courrier du 23 juillet 2020, la conseillère municipale déléguée aux affaires juridiques de la commune de Grasse a mis en demeure la société CD 2C de cesser toute exploitation sur le domaine public, de procéder au démontage du manège et de libérer les lieux dans un délai d'un mois. La société requérante fait valoir que les conditions de non renouvellement du bail n'ont pas été respectées par la commune et que l'injonction de quitter les lieux est abusive et disproportionnée. Si la commune de Grasse n'a pas informé la société requérante du renouvellement de son autorisation dans le délai prévu par la convention du 17 novembre 2016, cette dernière ne peut, toutefois, soutenir qu'elle bénéficiait d'une reconduction tacite, à compter du 17 novembre 2019, date d'échéance de la période triennale, en l'absence d'un renouvellement express de l'autorisation d'occupation du domaine public au terme prévu et alors qu'une mise en demeure de quitter les lieux lui a été adressée le 23 juillet 2020. En application des principes généraux de la domanialité publique, le non-renouvellement de la convention d'occupation du domaine public ne donne droit à aucune indemnité. Par suite, les conclusions indemnitaires de la société requérante doivent être rejetées.
6. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée par la commune de Grasse, que la requête de la société CD 2C ne peut qu'être rejetée.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Aux termes de l'article L.761-1 du code de justice administrative : "Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation".
8. Les dispositions précitées font obstacle à ce que le tribunal fasse bénéficier la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la société CD 2C doivent, dès lors, être rejetées.
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner la société CD 2C à verser à la commune de Grasse la somme que celle-ci demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de la société CD 2C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Grasse tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société CD 2C et à la commune de Grasse.
Délibéré à l'audience publique du 9 mai 2023 où siégeaient :
M. Pascal, président,
Mme G. Duroux, conseillère,
Mme Bergantz, conseillère,
assistés de Mme Génovèse, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.
Le président-rapporteur, L'assesseure la plus ancienne,
Signé Signé
F. Pascal G. Duroux
La greffière,
Signé
S. Génovèse
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
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01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026