jeudi 20 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2004215 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LACOUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 octobre 2020, la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) Pharmacie de l'Empereur, représentée par Me Lacour, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés mise à sa charge au titre de l'année 2014, en droits et pénalités ;
2°) de mettre une somme de 2 000 euros à la charge de l'Etat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la diminution constante de son chiffre d'affaires est incontestable ; elle est liée à plusieurs facteurs, dont la cessation de son activité avec des maisons de retraites ainsi que la cessation d'activité du médecin qui occupait le local voisin ; son chiffre d'affaires a connu une diminution de 13 % entre 2009 et 2014 ;
- la société maintient son résultat grâce à des décisions de gestion opportunes ; ainsi, la rémunération de la gérance et la masse salariale brute ont connu une forte diminution ;
- le taux de marge pris en compte par l'administration fiscale ne constitue pas un indice de valeur constant et par conséquent un indicateur de non-dépréciation du fonds de commerce ;
- l'indice externe est déterminé par une modification profonde de la conjoncture économique liée à l'exploitation des officines de pharmacie ; ainsi, un net recul des ventes d'officines a pu être observé, selon l'éditorial Interfimo 2014 ; un changement de modèle économique au gré des lois de financement de la sécurité sociale et une modification des mécanismes d'exercice avec apparition des sociétés de participations financières de professions libérales ont pu être constatés ; tous ces facteurs ont conduit à une augmentation importante du nombre de liquidations d'officines ces dernières années ;
- la norme IFRS-IAS 36 en matière d'évaluation préconise de constater une dépréciation lorsque la valeur comptable d'un actif est supérieure à sa valeur recouvrable ; il s'agit d'une obligation pour l'expert-comptable de réaliser un test de dépréciation annuel ;
- la méthode consistant à calculer la valeur d'usage n'a pas été retenue pour procéder à la comptabilisation de la dépréciation de son fonds de commerce ; cette valeur a toutefois été calculée et tend à prouver la valeur particulièrement basse de l'officine ;
- l'expert auquel elle a recouru a estimé la valeur vénale du fonds de commerce entre 2 000 000 et 2 100 000 euros ; cette analyse permet de démontrer une dépréciation de son fonds de commerce ;
- sa méthode de calcul de valorisation n'est pas remise en cause par l'administration fiscale ; dès lors, elle était tenue, compte tenu du montant important de la provision, de la comptabiliser afin de respecter son obligation d'arrêter ses comptes conformément au principe de présentation du bilan donnant une image fidèle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mars 2021, l'administrateur général des finances publiques, directeur par interim de la direction du contrôle fiscal sud-est outre-mer, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés au soutien de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance en date du 24 mai 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 7 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kolf, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Perez, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SELARL Pharmacie de l'Empereur a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle l'administration fiscale a constaté qu'elle avait comptabilisé, au titre de l'exercice clos au 31 décembre 2014, une provision pour dépréciation du fonds de commerce acquis en 2005, d'un montant de 146 500 euros. L'administration fiscale a remis en cause cette provision et mis à la charge de l'entreprise une cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés au titre de cet exercice assortie d'une pénalité, pour un montant total de 50 632 euros. Par la présente requête, la SELARL Pharmacie de l'Empereur demande au tribunal la décharge de cette imposition, en droits et pénalités.
2. Aux termes de l'article 38 du code général des impôts : " () 2. Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l'impôt diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements effectués au cours de cette période par l'exploitant ou par les associés. L'actif net s'entend de l'excédent des valeurs d'actif sur le total formé au passif par les créances des tiers, les amortissements et les provisions justifiés () ". Aux termes de l'article 38 sexies de l'annexe III au même code : " La dépréciation des immobilisations qui ne se déprécient pas de manière irréversible, notamment les terrains, les fonds de commerce, les titres de participation, donne lieu à la constitution de provisions dans les conditions prévues aux articles 39-1-5° et 54 quinquies du code général des impôts ". Aux termes de l'article 39 de ce code : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment : / () 5° Les provisions constituées en vue de faire face à des pertes ou charges nettement précisées et que des événements en cours rendent probables, à condition qu'elles aient été effectivement constatées dans les écritures de l'exercice. () ". Il résulte de ces dispositions qu'une entreprise peut valablement porter en provisions et déduire des bénéfices imposables d'un exercice des sommes correspondant à des pertes ou charges qui ne seront supportées qu'ultérieurement par elle, à la condition que ces pertes ou charges soient nettement précisées quant à leur nature et susceptibles d'être évaluées avec une approximation suffisante, qu'elles apparaissent comme probables eu égard aux circonstances constatées à la date de clôture de l'exercice et qu'elles se rattachent aux opérations de toute nature déjà effectuées, à cette date, par l'entreprise. Il appartient au contribuable, indépendamment des règles qui régissent la charge de la preuve pour des raisons de procédure, d'établir le bien-fondé et de justifier du montant d'une telle provision au regard des caractéristiques de l'exploitation au cours de la période en litige.
3. Il résulte de l'instruction que la valeur du fonds de commerce de la SELARL Pharmacie de l'Empereur telle qu'inscrite à son bilan correspond à la valeur déterminée lors de son acquisition le 31 mars 2005. Pour justifier la dépréciation de la valeur de son fonds de commerce, la société requérante fournit des éléments chiffrés relatifs aux exercices 2009 à 2013 et se prévaut de données générales relatives à l'ensemble du territoire national concernant le secteur des officines pharmaceutiques. Toutefois, alors qu'elle supporte la charge de la preuve, elle ne donne aucun élément chiffré relatif à l'exercice au titre duquel la valeur du fonds de commerce a été déterminée à l'origine. Elle ne produit pas davantage d'élément permettant de comparer la valeur d'origine inscrite à l'actif du bilan comptable, déterminée selon les modalités retenues lors de l'acquisition du fonds en 2005, et la valeur de ce fonds à la clôture de l'exercice 2014, lors de la constitution de la provision litigieuse. Dans ces conditions, la SELARL Pharmacie l'Empereur, qui n'apporte pas la preuve de la dépréciation probable de son fonds de commerce, n'établit pas le bien-fondé de la provision comptabilisée au titre de l'exercice 2014. Enfin, la circonstance que la requérante ait respecté le principe de présentation du bilan donnant une image fidèle est sans incidence sur le bienfondé des impositions en litige. Il s'ensuit que c'est à bon droit que l'administration a réintégré la provision litigieuse dans les résultats imposables à l'impôt sur les sociétés de la société Pharmacie l'Empereur au titre de l'exercice clos en 2014.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à la décharge des impositions litigieuses doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SELARL Pharmacie de l'Empereur est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société d'exercice libéral à responsabilité limitée Pharmacie de l'Empereur et à l'administratrice générale des finances publiques, directrice de la direction du contrôle fiscal sud-est outre-mer.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Pouget, présidente,
Mme Kolf, conseillère,
M. Cherief, conseiller,
Assistés de Mme Martin, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juillet 2023.
La rapporteure,
signé
S. KOLF
La présidente,
signé
M. POUGET
La greffière,
signé
C. MARTIN
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances, de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026