jeudi 7 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2004324 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL G.PALOUX- E.MUNDET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 octobre 2020, la société Novella, représentée par Me Mundet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 août 2020 d'acceptation partielle de sa réclamation et de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et de taxe sur la valeur ajoutée auxquelles elle a été assujettie au titre de la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société requérante soutient que :
- la procédure est irrégulière à défaut pour l'administration de justifier des différents mandats de ses interlocuteurs et de la demande de délocalisation du contrôle au cabinet de l'expert- comptable ;
- la proposition de rectification est insuffisamment motivée ;
- elle est fondée à se prévaloir de l'article 261-D-4° du code général des impôts ;
- les rappels d'impôts sur les sociétés sur le compte courant d'associé ne sont pas fondés dès lors qu'il est bien justifié d'une dette à l'égard de la société " Groupe Bellevue " ;
- les actes anormaux de gestion concernant la perception des loyers acquittés par la société SAS ID Déco et l'absence de loyer payés par la société All Immo ne sont pas établis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 février 2021, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par société Novella ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Soli, rapporteur,
- les conclusions de Mme Perez, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Novella qui exerce une activité de sous-location de locaux commerciaux et à usage d'habitation meublés avec prestations de service para-hôtelières a fait l'objet d'une vérification de comptabilité pour la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2016, prorogée en matière de taxe sur la valeur ajoutée jusqu'au 28 février 2018 qui a conduit le service à des rehaussements d'impôt sur les sociétés et de TVA selon la procédure contradictoire de l'article 55 du livre des procédures fiscales. Une proposition de rectification datée du 7 août 2018 a été adressée à la société. Suite à un dégrèvement partiel concernant l'IS, accordé par décision du 10 août 2020, les rehaussements s'élèvent 26 859 euros pour l'impôt sur les sociétés et 19 431 pour la TVA. Dans la présente instance, la société requérante demande à être déchargée de ces sommes.
Sur la régularité de la procédure :
2. La société requérante soutient qu'elle a été privée d'un débat oral et contradictoire dès lors que, d'une part, l'interlocuteur du vérificateur pendant le contrôle n'a pas été dûment mandaté par elle et que la gérante n'a jamais échangé avec le vérificateur et, d'autre part, que sa gérante n'a jamais sollicité la délocalisation du contrôle dans les locaux du cabinet comptable.
3. Aux termes du I de l'article L. 13 du livre des procédures fiscales : " Les agents de l'administration des impôts vérifient sur place, en suivant les règles prévues par le présent livre, la comptabilité des contribuables astreints à tenir et à présenter des documents comptables ". Si ces dispositions ont pour conséquence que toute vérification de comptabilité doit en principe se dérouler dans les locaux de l'entreprise vérifiée, la vérification n'est toutefois pas nécessairement entachée d'irrégularité du seul fait qu'elle ne s'est pas déroulée dans ces locaux.
4. Il résulte de l'instruction, et notamment que la société requérante s'est entendue avec le service pour que les opérations de vérifications se déroulent au cabinet de son expert-comptable où le vérificateur s'est rendu le 19 juillet 2018 en présence de Mme F C et de M. D. Le service, soutient sans être contredit avoir demandé en vain à la société requérante de lui adresser une demande écrite de déroulement des opérations de contrôle dans les locaux de l'expert-comptable. La société requérante n'est donc pas fondée à soutenir que l'administration aurait irrégulièrement procédé au contrôle dans les locaux du cabinet de son expert-comptable.
5. Il ressort des pièces du dossier que le service produit les correspondances et mandat par lesquels la gérante de la société requérante, Mme A C mandatait Mme F C, sa mère, M. D, conseil juridique et Mme E G, expert-comptable de la société, pour la représenter lors des opérations de contrôle.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle a été privée d'un débat oral et contradictoire.
7. Il résulte des articles L. 57 et R. 57-1 du livre des procédures fiscales que l'administration doit indiquer au contribuable, dans la proposition de rectification, les motifs et le montant des rehaussements envisagés, leur fondement légal et la catégorie de revenus dans laquelle ils sont opérés, ainsi que les années d'imposition concernées.
8. Il résulte de l'instruction que le service a motivé en droit et en fait les rappels de taxe sur la valeur ajoutée. La proposition de rectification indique notamment le détail du calcul qui a abouti au montant initial de 21 079 euros de taxe sur la valeur ajoutée à reverser. Il est constant que les motivations de droit et de fait de la proposition litigieuse ont été suffisantes pour permettre à la société requérante de présenter utilement des observations qui ont amené l'administration à ramener la taxe sur la valeur ajoutée à reverser 17 474 euros hors intérêt de retard. Le moyen tenant à l'insuffisance de motivation de la proposition de rectification doit donc être écarté.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
9. L'article 261-D-4° du code général des impôts dispose que " Sont exonérées de la taxe sur la valeur ajoutée : Les locations occasionnelles, permanentes ou saisonnières de logements meublés ou garnis à usage d'habitation. Toutefois, l'exonération ne s'applique pas : () b. Aux prestations de mise à disposition d'un local meublé ou garni effectuées à titre onéreux et de manière habituelle, comportant en sus de l'hébergement au moins trois des prestations suivantes, rendues dans des conditions similaires à celles proposées par les établissements d'hébergement à caractère hôtelier exploités de manière professionnelle : le petit déjeuner, le nettoyage régulier des locaux, la fourniture de linge de maison et la réception, même non personnalisée, de la clientèle ".
10. La société requérante soutient qu'elle fournissait des prestations para-hôtelières en complément de son activité de location meublée de la villa Juju conformément aux conditions du D du 4° de l'article 261 du CGI. Si la société requérante à l'appui de ce moyen allègue que Mme F C assurait personnellement les prestations para-hôtelières, elle n'apporte aucun élément pour démontrer la réalité desdites prestations qui est contredite par les pièces produites par l'administration lesquelles démontrent que l'accueil personnalisé des locataires était effectué par l'agence Barnes Côte d'azur mandataire de la société Novella pour la location de la villa en cause. Par ailleurs, aucun élément ne permet d'établir que la société Novella fournissait le petit déjeuner, le prospectus publicitaire évoquant une telle prestation n'ayant pas de valeur probante. Ainsi, l'accueil étant assuré par l'agence Barnes et en l'absence de prestation de petit-déjeuner, il ressort des pièces du dossier que la société Novella effectuait au plus des prestations de ménage et de fourniture du linge de maison soit deux prestations au lieu des trois exigées par l'article 261-D-4° du CGI.
11. Il résulte de ce qui précède que le rappel de TVA étant justifié, le moyen tiré de l'annulation dudit profit doit être écarté.
12. La société conteste le rehaussement pour passif injustifié d'un montant de 47 246 euros au titre de l'exercice clos en 2015 inscrit au crédit du compte-courant d'associé " Groupe Bellevue " et correspondant à une indemnité d'assurance perçue par la société Novella en lieu et place de Mme F C. La société requérante soutient que Mme C détenait ainsi une créance sur la société Novella, qu'elle a cédée à la société Bellevue. Par ailleurs, s'il n'est pas contestée par l'administration que la somme de 47 246 euros en cause correspond à une prime d'assurance versée à la société Novella en raison d'un sinistre lié au vol d'effets personnels de Mme F C, il est constant, d'une part, que les formalités prévues par l'article 1690 du code civil n'ont pas été respectées à l'occasion de la cession de créance alléguée dès lors que les parties n'ont pas régulièrement enregistré l'acte de cession et ne l'ont pas notifié par voie d'huissier et, d'autre part, que le contrat d'assurance était au nom de la société Novella. Il s'ensuit qu'aucun élément n'établit l'existence d'une dette de la société Novella à l'égard du Groupe Bellevue qui justifierait le crédit de 47 246 euros sur le compte courant d'associé au nom de cette dernière.
13. La société requérante soutient qu'elle n'avait pas à déclarer de loyer concernant les locaux commerciaux 41-43 avenue du Maréchal Juin à Cannes, n'étant pas partie au bail de location qui a été conclu entre la SCI du 39-41 Passage Choiseul, propriétaire bailleur dont le gérant est M. B C, et la SAS ID Déco. Cependant, il est constant que la SCI du 39-41 Passage Choiseul a donné en location ces mêmes locaux à la société requérante par un bail du 21 mai 2013 avec possibilité de sous-location. Il s'ensuit que les loyers acquittés par la société SAS ID Déco auraient dû être perçus par la société requérante. En s'abstenant de le faire cette dernière s'est appauvrie sans contrepartie. L'administration est donc fondée à considérer que l'absence de perception des loyers en cause par la société requérante constitue un acte anormal de gestion.
14. Par un contrat en date 28 juillet 2014, la SARL Novella et la SARL All Immo, sociétés dont la gérante est Mme F C, ont conclu un bail de location par lequel la première société loue à la seconde une boutique de 40 m² sise 45 avenue Maréchal Juin à titre gratuit. La société requérante soutient que cette mise à disposition gratuite avait pour contrepartie le fait que cette location permettait " de promouvoir la location des biens louée par la Sarl Novella " et " qu'elle ne s'est pas privée d'un produit en tant que tel, car l'activité de la SARL All Immo lui permet de se procurer, indirectement, des recettes tirées de la location des biens pris à bail ". Ces allégations ne sauraient établir la réalité d'une contrepartie, pour la société Novella, à la mise à disposition gratuite des locaux en cause. Le service est donc fondé à considérer que cette gratuité constitue un acte anormal de gestion.
Sur les frais de l'instance :
15. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la société requérante sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de société Novella est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Novella et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 13 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Chevalier-Aubert, présidente,
M. Soli, premier conseiller,
Mme Bergantz, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2023.
Le rapporteur,
signé
P. Soli
La présidente,
signé
V. Chevalier-AubertLa greffière,
signé
V. Suner
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026