mardi 24 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2004423 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat M. BONHOMME |
| Avocat requérant | JOGUET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 octobre 2020, Mme A C, représentée par Me Campani, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la contrainte émise le 6 octobre 2020 et signifiée le 19 octobre 2020 par huissier, prise à son encontre par Pôle emploi Provence Alpes Côte d'Azur, pour recouvrer une somme de 13 285,79 euros correspondant à l'allocation solidarité spécifique indument perçue pour la période allant du 1er décembre 2017 au 29 février 2020 ;
2°) de prononcer la décharge du paiement de la somme de 13 285,79 euros ;
3°) de mettre à la charge de Pôle emploi le montant de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- la contrainte est entachée d'un vice de forme et d'un vice de procédure ;
- le motif de l'indu, tiré d'une activité non-déclarée, est erroné.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 janvier 2021, Pôle emploi Provence Alpes Côte d'Azur, représenté par Me Joguet, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 décembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code du travail ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné M. Bonhomme, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, M. Bonhomme, magistrat désigné, a présenté son rapport.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a bénéficié de l'allocation de solidarité spécifique depuis le 17 septembre 2014. Pôle emploi lui a notifié un trop-perçu d'allocation de solidarité spécifique pour la période allant du 1er décembre 2017 au 29 février 2020, au motif qu'une reprise d'activité professionnelle en date du 1er septembre 2017 n'a pas été déclarée. Une relance a été envoyée par courrier le 21 juillet 2020. A défaut de remboursement par la requérante, une mise en demeure par lettre recommandée avec avis de réception a été envoyée le 25 août 2020. En l'absence de réponse après 1 mois, une contrainte a été émise le 6 octobre 2020 et signifiée le 19 octobre 2020 à la requérante, d'un montant de 13 285,79 euros. Par la présente requête, la requérante doit être regardée comme formant opposition à cette contrainte.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 5426-8-2 du code du travail : " Pour le remboursement des allocations, aides, ainsi que de toute autre prestation indûment versées par Pôle emploi pour son propre compte, pour le compte de l'organisme chargé de la gestion du régime d'assurance chômage mentionné à l'article L. 5427-1, pour le compte de l'Etat ou des employeurs mentionnés à l'article L. 5424-1, le directeur général de Pôle emploi ou la personne qu'il désigne en son sein peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, et après mise en demeure, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ". Aux termes de l'article R. 5426-20 du même code : " La contrainte prévue à l'article L. 5426-8-2 est délivrée après que le débiteur a été mis en demeure de rembourser l'allocation, l'aide ou toute autre prestation indue mentionnée à l'article L. 5426-8-1 ou de s'acquitter de la pénalité administrative mentionnée à l'article L. 5426-6. / Le directeur général de Pôle emploi lui adresse, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, une mise en demeure qui comporte le motif, la nature et le montant des sommes demeurant réclamées, la date du ou des versements indus donnant lieu à recouvrement ou la date de la pénalité administrative ainsi que, le cas échéant, le motif ayant conduit à rejeter totalement ou partiellement le recours formé par le débiteur. / Si la mise en demeure reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, le directeur général de Pôle emploi peut décerner la contrainte prévue à l'article L. 5426-8-2 ". Aux termes de l'article R. 5426-21 du même code : " La contrainte est notifiée au débiteur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou lui est signifiée par acte d'huissier de justice. A peine de nullité, l'acte d'huissier ou la lettre recommandée mentionne : 1° La référence de la contrainte ; 2° Le montant des sommes réclamées et la nature des allocations, aides et autres prestations en cause ou la date de la pénalité administrative ; 3° Le délai dans lequel l'opposition doit être formée ; 4° L'adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine. / L'huissier de justice avise dans les huit jours l'organisme créancier de la date de signification ". Il résulte de ces dispositions qu'une contrainte peut être émise par Pôle emploi pour le recouvrement d'un indu, notamment d'allocation de solidarité spécifique, si la mise en demeure de rembourser cet indu est restée sans effet dans le délai d'un mois suivant sa notification.
3. Contrairement à ce que soutient la requérante, la mise en demeure de payer, envoyée par courrier avec avis de réception par Pôle emploi le 25 août 2020, ainsi que l'avis de réception signé par la requérante, ont été versés aux débats. De plus, la contrainte du 6 octobre 2020 précise les montants, les périodes et le motif de l'indu. Ainsi, la contrainte indique " ACTIVITE NON-DECLAREE ", faisant référence à la non-déclaration de l'activité professionnelle non salariée de la requérante, débutée le 1er septembre 2017, et à l'origine du trop-perçu. Dans ces conditions, les éléments produits indiquent que Pôle emploi a bien adressé une mise en demeure, et que cette dernière est restée sans réponse. C'est à bon droit que Pôle emploi a émis, plus d'un mois après la mise en demeure, la contrainte précisant le montant des sommes réclamées et la nature des allocations, conformément à l'article R. 5426-21 du code du travail. Dès lors, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la contrainte est entachée d'un vice de forme et d'un vice de procédure.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 5423-1 du code du travail : " Ont droit à une allocation de solidarité spécifique les travailleurs privés d'emploi qui ont épuisé leurs droits à l'allocation d'assurance ou à l'allocation de fin de formation prévue par l'article L. 5423-7 et qui satisfont à des conditions d'activité antérieure et de ressources ". Aux termes de l'article R. 5423-1 du même code : " Pour bénéficier de l'allocation de solidarité spécifique, les personnes mentionnées à l'article L. 5423-1 : / () 3° Justifient, à la date de la demande, de ressources mensuelles inférieures à un plafond correspondant à 70 fois le montant journalier de l'allocation pour une personne seule et 110 fois le même montant pour un couple. ". En application de l'article R. 5423-8 dudit code : " L'allocation de solidarité spécifique est attribuée pour une période de six mois renouvelable. () " et aux termes de l'article R. 5423-9 de ce code : " Le renouvellement de l'allocation est subordonné aux mêmes conditions que son attribution initiale. ". Aux termes de l'article L. 5425-1 du même, les allocations de solidarité peuvent se cumuler avec les revenus tirés d'une activité occasionnelle ou réduite dans les conditions et limites fixées par décret en Conseil d'Etat. Aux termes de l'article R. 5425-2 dudit code, dans sa rédaction applicable au litige : " Lorsque le bénéficiaire de l'allocation de solidarité spécifique reprend une activité professionnelle salariée ou non salariée, la rémunération tirée de l'exercice de cette activité est intégralement cumulée avec le versement de l'allocation de solidarité spécifique pendant une période de trois mois, consécutifs ou non, dans la limite des droits aux allocations restants. / Tout mois civil au cours duquel une activité même occasionnelle ou réduite a été exercée est pris en compte pour le calcul de cette période. ".
5. Mme C soutient avoir constamment justifié ses revenus auprès de Pôle emploi sans que cela ne donne lieu à contestation, puisque son allocation de solidarité spécifique a été maintenue jusqu'au 29 février 2020. Dans un courrier du 24 juin 2020, elle indique avoir déclaré son activité professionnelle non-salariée à Pôle emploi en ayant transmis, de manière semestrielle, son avis d'imposition à Pôle emploi, conformément à ses obligations relatives à l'allocation de solidarité spécifique. Elle soutient enfin s'être inscrite à la chambre départementale de l'agriculture le 26 septembre 2017, justifiant sa déclaration d'activité professionnelle non-salariée. Toutefois, il résulte de l'instruction que la communication de l'avis d'imposition à Pôle emploi ne peut être regardée comme une déclaration d'activité professionnelle, au même titre que l'inscription à la chambre départementale de l'agriculture ne peut constituer une telle déclaration adressée à Pôle emploi. De plus, dans le questionnaire du contrôle de recherche d'emploi du 11 mars 2020, la requérante indique ne pas avoir d'activité professionnelle, salariée ou non salariée, alors que les éléments produits attestent du contraire. Dans ces conditions, il apparaît que la requérante a omis de déclarer auprès de Pôle emploi son activité professionnelle non salariée débutée le 1er septembre 2017. Conformément à l'article R. 5425-2 du code du travail, une telle reprise d'activité ne peut se cumuler aux revenus d'allocation de solidarité spécifique au-delà de trois mois. En l'espèce, à compter de la date de la reprise de l'activité professionnelle non salariée, les droits de la requérante en matière d'allocation de solidarité spécifique couraient jusqu'au 1er décembre 2017. Dès lors, Pôle emploi est fondé à demander le remboursement du trop-perçu d'allocation de solidarité spécifique pour la période du 1er décembre 2017 au 29 février 2020.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la contrainte du 6 octobre 2020 correspondant à un trop-perçu d'allocation de solidarité spécifique. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées à fin de décharge et au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à Pôle emploi Provence Alpes Côte d'Azur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
T. BONHOMMELa greffière,
Signé
M. B
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
Signé
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026