vendredi 30 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2004543 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | BANCHETRI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 novembre 2020, M. C et Mme A B, représentés par Me Banchetri, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2012 à raison de la plus-value réalisée le 26 juillet 2012 à l'occasion de la cession de la société Senseor, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable dès lors que l'arrêt de la cour d'appel d'Aix-en-Provence rendu le 25 avril 2017 a constitué un événement au sens du c) de l'article R*196-1 du livre des procédures fiscales, marquant un nouveau point de départ du délai de réclamation ;
- la plus-value imposable au titre de la cession des titres de la société Senseor doit être réduite en base de la somme de 110 000 euros dès lors que cette somme correspond à des frais inhérents à la cession quand bien même ils lui sont postérieurs.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mars 2021, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête de M. et Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Bergantz, conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique du 14 juin 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Au titre de l'année 2012, M. et Mme B ont été imposés d'après les éléments portés sur la déclaration d'ensemble de leurs revenus, parmi lesquels une plus-value d'un montant de 633 165 euros réalisée le 26 juillet 2012 à raison de la cession de la société Senseor, dont M. B était l'actionnaire fondateur et dirigeant, à la société Wika. Par une première réclamation présentée le 14 août 2013, les contribuables ont sollicité la prise en compte de frais de cession d'un montant de 40 000 euros. L'administration a fait droit intégralement à cette demande. Par une deuxième réclamation présentée le 13 octobre 2018, M. et Mme B ont sollicité la prise en compte de frais de gestion supplémentaires d'un montant de 100 000 euros. Cette demande a été rejetée par une décision du service en date du 8 mars 2018. Enfin, par une troisième réclamation présentée le 30 octobre 2018, les contribuables ont sollicité une réduction en base de la plus-value litigieuse d'un montant de 110 000 euros et la décharge des impositions supplémentaires en résultant. Cette réclamation ayant été implicitement rejetée par l'administration, M. et Mme B demandent la réduction, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvement sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2012.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes :
2. D'une part, il résulte des dispositions des articles 150-0 A et 150-0 D du code général des impôts que la date à laquelle la cession de titres ou parts sociales d'une société générant une plus-value imposable doit être regardée comme réalisée est celle à laquelle s'opère entre les parties, indépendamment des modalités de paiement, le transfert de propriété. Ce transfert de propriété a lieu, sauf dispositions contractuelles contraires, à la date où un accord intervient sur la chose et le prix.
3. D'autre part, aux termes de l'article R*196-1 du livre des procédures fiscales : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts autres que les impôts directs locaux et les taxes annexes à ces impôts, doivent être présentées à l'administration au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle, selon le cas : a) De la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement ; () c) De la réalisation de l'événement qui motive la réclamation. Ne constitue pas un tel événement une décision juridictionnelle ou un avis mentionné aux troisième et cinquième alinéas de l'article L. 190. () ".
4. Il résulte de l'instruction et n'est pas contesté que les impositions en litige ont été mises en recouvrement le 31 août 2013. Ainsi, la réclamation présentée le 30 octobre 2018 a été présentée postérieurement à l'expiration du délai prévu par les dispositions précitées du a) de l'article R*196-3 du livre des procédures fiscales, le 31 décembre 2015. Pour s'en défendre, les requérants soutiennent que l'arrêt de la cour d'appel d'Aix-en-Provence rendu le 25 avril 2017 constitue un événement au sens du c) de l'article R*196-3 du livre des procédures fiscales, en ce que cette décision juridictionnelle a modifié le mode de calcul de l'imposition en mettant à la charge de M. B une somme de 100 000 euros en lien avec la cession des titres de la société Senseor. Toutefois, d'une part, cette décision de justice ne porte que sur la somme de 100 000 euros alors que les requérants demandent la déduction de la plus-value litigieuse d'une somme de 110 000 euros. Dès lors, la réclamation de M. et Mme B en tant qu'elle porte sur la demande de déduction d'une somme de 10 000 euros est nécessairement tardive. D'autre part, par son arrêt du 25 avril 2017, la cour d'appel d'Aix-en-Provence a confirmé un jugement du tribunal judicaire de Grasse en date du 31 juillet 2015, lequel condamnait solidairement les consorts B à payer à la société Succès Europe la somme de de 100 000 euros en application des termes de l'acte d'engagement convenu entre M. B et ladite société en juillet 2011. En effet, par un accord conclu en juillet 2011, M. B s'engageait irrévocablement, en cas de cession totale ou partielle de ses actions détenues au capital de la société Senseor ou en cas de distribution par cette même société d'un boni de liquidation, à verser à la société Succès Europe une somme de 100 000 euros. Si les requérants soutiennent que cet acte d'engagement n'était pas clair, il résulte de l'instruction que ce versement n'était soumis à aucune condition suspensive. Il en résulte qu'à la date de la cession, M. B était en mesure, eu égard à ses engagements contractuels, de déterminer le prix définitif des actions qu'il détenait au capital de la société Senseor. Ainsi, l'arrêt de la cour d'appel d'Aix-en-Provence ne constitue pas un événement au sens du c) de l'article R*196-1 du livre des procédures fiscales ayant une incidence sur le principe même de l'imposition, son régime ou son mode de calcul. Il s'ensuit que la réclamation adressé le 30 octobre 2018 par M. et Mme B était tardive.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la fin de non-recevoir opposée par le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes doit être accueillie. Les conclusions de M. et Mme B à fin de réduction des impositions supplémentaires doivent donc être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. et Mme B demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C et Mme A B et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Emmanuelli, président,
Mme Chevalier, conseillère,
Mme Bergantz, conseillère,
assistés de Mme Foultier, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juin 2023.
La rapporteure,
Signé
A. BERGANTZ
Le président,
Signé
O. EMMANUELLILa greffière,
Signé
M. FOULTIER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Le greffier.
No 2004543
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026