mardi 31 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2004749 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ISAIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 novembre 2020, M. K C et Mme A J, représentés par Me Isaia, demandent au tribunal :
1°) à titre principal, de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2012, 2013 et 2014, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) à titre subsidiaire, de prononcer la réduction en base, à hauteur de 25 000 euros au titre de 2012, 102 165 euros au titre de 2013 et 88 725 euros au titre de 2014, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre de ces trois années ;
3°) à titre infiniment subsidiaire, de prononcer la décharge de la majoration de 40 % pour manquement délibéré ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'administration fiscale a méconnu les droits de la défense dès lors que le vérificateur ne leur a pas laissé un délai suffisant pour se faire assister de leur conseil ; au titre du contrôle diligenté au titre de l'année 2012, le vérificateur n'a contacté leur conseil que le 21 décembre 2015 pour une réunion le 22 décembre 2015 ; au titre du contrôle portant sur les années 2013 et 2014, ils n'ont été convoqués que le 15 août 2016 pour une réunion le jour suivant, alors que le service avait connaissance de l'absence de son conseil ;
- le service n'a pas répondu à leurs observations concernant l'année 2012 en méconnaissance des dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ;
- c'est à tort que l'administration fiscale a mis en œuvre la procédure de taxation d'office prévue à l'article L. 69 du livre des procédures fiscales dès lors que les réponses qu'ils ont apportées au vérificateur ne pouvaient être regardées comme insuffisantes ;
- les sommes de 25 000 euros au titre de 2012, 30 000 euros au titre de 2013 et 32 235 euros au titre de 2014 correspondent à des détournements de fond et ont été déclarées à tort dans la catégorie " autres revenus salariaux, préretraite, chômage " ; elles doivent dont être déduites des rehaussements dans la catégorie des bénéfices non commerciaux pour chacune de ces années ;
- la somme de 16 000 euros ayant été versée par Mme G au profit de M. C en 2013 ne pouvait être réintégrée dans leurs revenus imposables dans la catégorie des bénéfices non commerciaux dès lors qu'il a été procédé au remboursement de cette somme ;
- les crédits bancaires suivants ont été regardés à tort par l'administration fiscale comme des revenus d'origine indéterminée :
En ce qui concerne l'année 2013 :
- s'agissant du compte n° 6801977237 ouvert à la banque populaire Côte d'Azur : les chèques de 2 000 euros, 2 000 euros et 1 000 euros correspondent à des prêts familiaux ;
- s'agissant du compte n° 00020043601 ouvert au Crédit Mutuel : le chèque de 5 000 euros a le caractère d'un don manuel et le chèque de 3 096 euros correspond à un mouvement de compte à compte (1 250 euros), un prêt familial (1 500 euros), un " remboursement pétanque " (40 euros) et un " remboursement restaurant " (280 euros) ;
- s'agissant du compte joint n° 00020043605 ouvert au Crédit Mutuel : les chèques de 6 180 euros, 10 000 euros, 11 000 euros et 4 000 euros correspondent à des dons d'usage, le chèque de 2 402,57 euros a été émis dans le cadre d'un prêt familial, et le chèque de 19 236,69 euros correspond au produit de la vente d'une voiture Volkswagen ; les sommes de 65 euros et 2 300 euros correspondent à des sommes détournées ;
- s'agissant du compte joint n° 02373058001 ouvert à la banque Monte Paschi : le chèque de 15 000 euros correspond à des dons d'usage et un prêt familial, le chèque de 1 500 euros correspond au produit de la vente d'un banc de musculation, et les deux chèques d'un montant de 2 500 euros sont des prêts familiaux ; les chèques de 6 000 euros, 19 580 euros, 20 000 euros, 10 000 euros et 5 000 euros correspondent à des détournements de fond ;
En ce qui concerne l'année 2014 :
- s'agissant du compte n° 6801977237 ouvert à la banque populaire Côte d'Azur : le chèque de 3 000 euros correspond à un prêt familial, le chèque de 4 000 euros correspond à un prêt consenti par M. E D, et le chèque de 3 000 euros correspond à un détournement de fond ;
- s'agissant du compte joint n° 00020043605 ouvert au Crédit Mutuel, le chèque de 2 700 euros correspond à un don d'usage ;
- s'agissant du compte joint n° 02373058001 ouvert à la banque Monte Paschi : le chèque de 5 500 euros correspond à un prêt familial, le chèque de 3 000 euros correspond à un prêt consenti par M. L H, le chèque de 8 000 euros porte sur le remboursement d'un acompte qui avait été versé à la SARL Serdan Paysages pour un projet d'arrosage automatique qui n'a pas abouti, le chèque de 5 408,96 euros correspond à un remboursement du compte courant de Mme J dans la SCI 36 Jean Feraud, ainsi qu'à un don d'usage, le chèque de 3 362 euros correspond au produit d'une vente de mobilier au cousin de M. C, les chèques de 2 600 euros, 4 700 euros, 3 000 euros et 6 000 euros correspondent à des dons d'usage, les chèques de 2 400 euros, 18 700 euros et 10 000 euros correspondent à des détournements de fond ;
- les pénalités pour manquement délibéré de 40 % qui lui ont été infligées sur le fondement de l'article 1729 du code général des impôts ne sont pas fondées, en l'absence d'intention délibérée de se soustraire à l'impôt.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mai 2021, l'administratrice générale des finances publiques, directrice de contrôle fiscal Sud-Est conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 octobre 2023 :
- le rapport de Mme Bergantz, rapporteure ;
- les conclusions de Mme Perez, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. K C et Mme A J (ex épouse C) ont fait l'objet d'un examen de leur situation fiscale personnelle portant sur la période du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2014. Par une première proposition de rectification du 23 décembre 2015, l'administration fiscale leur a notifié, selon la procédure de rectification contradictoire, des rehaussements dans la catégorie des bénéfices non commerciaux au titre de l'année 2012, à raison de l'activité occulte de détournement de fonds à laquelle se livrait M. C dans le cadre de l'exercice de son métier d'agent général d'assurance sous mandat Swiss Life. Puis, par une seconde proposition de rectification en date du 17 août 2016, le service leur a notifié, au titre des années 2013 et 2014, des rehaussements dans les catégories des revenus d'origine indéterminée, en raison de crédits bancaires injustifiés, des revenus de capitaux mobiliers, du fait de crédits en compte courant d'associé injustifiés, et des bénéfices non commerciaux à raison de l'activité de détournement de fonds de M. C. M. C et Mme J ont présenté des observations les 5 février et 26 octobre 2016, à la suite desquelles l'administration fiscale a partiellement maintenu les rectifications proposées. En outre, consécutivement à l'avis de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires rendu le 9 février 2018, le service a partiellement maintenu les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des années 2012 à 2014. Après la mise en recouvrement de ces impositions, M. C et Mme J ont présenté une réclamation le 12 mai 2020, à laquelle l'administration fiscale a partiellement fait droit par une décision du 21 septembre 2020. Par leur requête, M. C et Mme J demandent au tribunal, à titre principal, la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu restant à leur charge au titre des années 2012, 2013 et 2014, ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la régularité de la procédure suivie :
Quant à l'année 2012 :
2. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. / () / Lorsque l'administration rejette les observations du contribuable sa réponse doit également être motivée ".
3. Il résulte de l'instruction que M. C et Mme J ont présenté leurs observations concernant les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2012 par un courrier du 25 février 2016, réceptionné le 29 février suivant par les services de la direction de contrôle fiscal Sud-Est. Si l'administration fiscale fait valoir qu'elle a répondu à ces observations par un courrier du 30 janvier 2017, elle ne produit ni ledit courrier ni les accusés de réception des plis le contenant qui auraient été adressés à M. C et Mme J, en dépit d'une demande du tribunal en ce sens. Dès lors, en l'état du dossier, les requérants sont fondés à soutenir que l'administration fiscale a méconnu l'obligation de réponse aux observations fixée à l'article L. 57 du livre des procédures fiscales. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête invoqués à l'encontre des impositions supplémentaires auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2012, M. C et Mme J sont fondés à en demander la décharge.
Quant aux années 2013 et 2014 :
4. En premier lieu, si les requérants soutiennent n'avoir pu bénéficier d'un délai suffisant pour être assistés de leur conseil pour l'entretien avec le vérificateur du 16 août 2016 dès lors qu'ils n'auraient été convoqués que la veille à cet entretien, il ne résulte pas de l'instruction qu'ils n'auraient pas été informés de la date de ce rendez-vous dans un délai raisonnable. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'ils ont été privés d'une garantie à ce titre. Par suite, le moyen doit être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 69 du livre des procédures fiscales : " Sous réserve des dispositions particulières au mode de détermination des bénéfices industriels et commerciaux, des bénéfices agricoles et des bénéfices non commerciaux, sont taxés d'office à l'impôt sur le revenu les contribuables qui se sont abstenus de répondre aux demandes d'éclaircissements ou de justifications prévues à l'article L. 16. " Aux termes de l'article L. 16 du même livre : " En vue de l'établissement de l'impôt sur le revenu, l'administration peut demander au contribuable des éclaircissements. / () / Elle peut également lui demander des justifications lorsqu'elle a réuni des éléments permettant d'établir que le contribuable peut avoir des revenus plus importants que ceux qu'il a déclarés, notamment lorsque le total des montants crédités sur ses relevés de compte représente au moins le double de ses revenus déclarés () ".
6. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a adressé à M. C et Mme J, le 24 mars 2016, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 16 du livre des procédures fiscales, une demande d'éclaircissements et de justifications portant sur de nombreux crédits bancaires sur différents comptes ouverts au nom de M. C et Mme J en 2013 et 2014. Estimant que les contribuables n'avaient pas répondu de manière complète et satisfaisante à cette demande, l'administration fiscale leur a adressé une mise en demeure les 4 et 5 juillet 2016, à la suite de laquelle il n'a pas été justifié de l'origine de la totalité des sommes de telle sorte que des crédits sont demeurés inexpliqués pour un montant de 150 360 euros en 2013 et de 183 870 euros en 2014. Dans ces conditions, le service a régulièrement pu mettre en œuvre à leur égard, en ce qui concerne les revenus d'origine indéterminée, la procédure de taxation d'office prévue par les dispositions de l'article L. 69 du livre des procédures fiscales.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :
S'agissant des détournements de fonds :
7. Aux termes de l'article 92 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme provenant de l'exercice d'une profession non commerciale ou comme revenus assimilés aux bénéfices non commerciaux, les bénéfices des professions libérales, des charges et offices dont les titulaires n'ont pas la qualité de commerçants et de toutes occupations, exploitations lucratives et sources de profits ne se rattachant pas à une autre catégorie de bénéfices ou de revenus. () ". En application de ces dispositions, des détournements de fonds, qui constituent pour leur auteur une source de profits ne se rattachant pas à une autre catégorie de revenus, sont imposables dans la catégorie des bénéfices non commerciaux.
8. Il résulte de l'instruction que M. C a reconnu être l'auteur de détournements de fonds de ses clients, alors qu'il était agent général d'assurance. Au titre de l'année 2013, une somme de 16 000 euros a ainsi été imposée par l'administration fiscale dans la catégorie des bénéfices non commerciaux en application des dispositions précitées du 1. de l'article 92 du code général des impôts. Si les requérants se prévalent de ce qu'ils ont procédé au remboursement de cette somme détournée le 30 janvier 2014, une telle circonstance, postérieure à l'année durant laquelle M. C a détourné et personnellement appréhendé ladite somme, est sans influence sur son caractère imposable au titre de l'année 2013. En outre, s'ils sollicitent la déduction des sommes de 30 000 euros au titre de 2013 et de 32 235 euros au titre de 2014 dès lors qu'il s'agirait de sommes détournées, déclarées à tort dans la catégorie " autres revenus salariaux, préretraite, chômage ", aucun justificatif n'est apporté au soutien de cette allégation alors qu'en tout état de cause les bases d'imposition retenues par le service concernant l'activité de détournement de fonds s'élèvent à 16 000 euros au titre de 2013 et à 0 euro au titre de 2014. Dans ces conditions, l'administration fiscale a pu, à bon droit, regarder les sommes considérées comme des bénéfices imposables dans la catégorie des bénéfices non commerciaux.
S'agissant des revenus d'origine indéterminée :
9. En vertu de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ". Aux termes de l'article R. 193-1 du même livre : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré ".
10. Il résulte de ces dispositions qu'il incombe aux contribuables régulièrement taxés d'office sur le fondement des articles L. 16 et L. 69 du livre des procédures fiscales d'établir que les sommes imposées en tant que revenus d'origine indéterminée, soit ne constituent pas des revenus imposables, soit se rattachent à une catégorie déterminée de revenus. Toutefois, lorsqu'elle entend remettre en cause, même par voie d'imposition d'office, le caractère non imposable de sommes perçues par un contribuable, dont il est établi qu'elles lui ont été versées par l'un de ses parents, il incombe à l'administration de justifier que les sommes en cause ne revêtent pas le caractère d'un prêt familial. La présomption de prêt à caractère familial ne trouve cependant pas à s'appliquer lorsqu'il existe entre eux une relation d'affaires.
Quant au compte n° 6801977237 ouvert à la banque populaire Côte d'Azur :
11. Pour ce qui est de l'année 2013, il est constant que M. C a reçu par chèques une somme de 2 000 euros en provenance de sa belle-mère et une somme de 2 000 euros en provenance de son oncle dont les requérants affirment qu'il s'agit de prêts familiaux. En se bornant à relever l'absence de remboursement de ces sommes par les requérants, l'administration, qui ne se prévaut pas d'une relation d'affaires entre les intéressés, ne justifie pas que la somme ne revêt pas le caractère de prêts familiaux. Par suite, M. C et Mme J sont fondés à demander que la somme de 4 000 euros soit soustraite de l'assiette de leurs revenus imposables de l'année 2013.
12. En revanche, s'il est constant que la somme de 1 000 euros portée au crédit du compte bancaire en cause correspond à un chèque émis par M. F, les requérants n'établissent pas le lien de parenté avec celui-ci. Ils ne sont donc pas fondés à se prévaloir de la présomption de prêt familial et c'est donc à bon droit que l'administration fiscale a imposé cette somme en tant que revenu d'origine indéterminée.
13. Pour ce qui est de l'année 2014, il est constant que M. C a reçu par chèque une somme de 4 000 euros en provenance de son oncle dont les requérants affirment qu'il s'agit d'un prêt familial. En se bornant à relever l'absence de remboursement de cette somme par les requérants, l'administration, qui ne se prévaut pas d'une relation d'affaires entre les intéressés, ne justifie pas que la somme ne revêt pas le caractère de prêts familiaux. Par suite, M. C et Mme J sont fondés à demander que la somme de 4 000 euros soit soustraite de l'assiette de leurs revenus imposables de l'année 2014.
14. En revanche, si les requérants soutiennent que la somme de 3 000 euros correspond en réalité à une somme détournée par M. C, ils n'apportent aucun justificatif au soutien de cette allégation. C'est donc à bon droit que l'administration fiscale a imposé cette somme dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée au titre de l'année 2014. En outre, M. C et Mme J soutiennent que la somme de 4 000 euros correspond à un prêt consenti par M. D, pour lequel aucun lien de parenté n'est allégué, et produisent à ce titre une déclaration de contrat de prêt établie le 24 juin 2016. Toutefois, ce seul document, alors qu'aucun remboursement n'est intervenu, est insuffisant pour établir l'origine et la nature du crédit bancaire imposé.
Quant au compte bancaire n° 00020043601 ouvert au Crédit Mutuel :
15. Les requérants soutiennent que le chèque d'un montant de 5 000 euros crédité sur ce compte bancaire correspond à un don manuel de la mère de Mme J. Cependant, ils se bornent à verser aux débats une déclaration de dons manuels et de sommes d'argent en date du 24 juin 2016, et il résulte de l'instruction que ledit crédit correspond à l'encaissement de deux chèques émis par M. et Mme B. Dans ces conditions, les requérants ne justifient pas du caractère non imposable de la somme concernée. Les requérants soutiennent ensuite que le crédit d'un montant de 3 096 euros a pour origine un mouvement de compte à compte (1 250 euros), un prêt familial (1 500 euros), un " remboursement pétanque " (40 euros) et un " remboursement restaurant " (280 euros). S'il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a accepté la déduction de la somme de 1 250 euros, les requérants se bornent à produire, s'agissant du prêt familial allégué, une déclaration de contrat de prêt en date du 20 octobre 2013, d'un montant de 4 000 euros. Ils ne produisent aucun justificatif concernant les deux remboursements allégués. Par suite, les requérants ne justifient pas du caractère non imposable de la somme de 1 846 euros restant à justifier.
Quant au compte bancaire n° 00020043605 ouvert au Crédit Mutuel :
16. Pour ce qui est de l'année 2013, s'agissant des chèques de 11 000 euros encaissé le 15 janvier 2013 et de 10 000 euros encaissé le 5 septembre 2013, il est constant que ceux-ci proviennent de la mère de Mme J. L'administration fiscale ne démontre pas que ces sommes ont une autre origine que le patrimoine de la prêteuse, quand bien même lesdits dons n'ont pas fait l'objet d'un enregistrement auprès de l'administration fiscale.
17. Si M. C et Mme J soutiennent que le crédit d'un montant de 6 180 euros correspond à un don d'usage du père de M. C, ils ne le démontrent pas par la seule production d'une déclaration de dons manuels et de sommes d'argent datée du 24 juin 2016. S'agissant du crédit de 4 000 euros encaissé le 26 février 2013 qui proviendrait d'un don du père de M. C, les requérants ne produisent pas de copie du chèque afférent à ce crédit. L'origine de ce crédit n'est donc aucunement démontrée. S'agissant du chèque d'un montant de 2 402,57 euros, les requérants ne justifient pas du lien familial allégué avec M. I, son émetteur. Dans ces conditions, ils ne sont pas fondés à se prévaloir de la présomption de prêt familial. Les autres documents produits ne permettent pas d'établir l'origine et la nature du crédit imposé. Si les requérants soutiennent que la somme de 19 236,69 euros portée au crédit du compte bancaire le 30 juillet 2013 en cause correspondrait à la cession d'un véhicule de marque Volkswagen, ils ne l'établissent pas par la seule production d'une déclaration de cession d'un véhicule et d'une copie de la carte grise barrée. Enfin, si les requérants soutiennent que les sommes de 65 euros et 2 300 euros correspondent à " des sommes réellement détournées " par M. C, ils n'apportent aucun justificatif au soutien de cette allégation. C'est donc à bon droit que l'administration fiscale a imposé cette somme dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée au titre de l'année 2013.
18. Pour ce qui est de l'année 2014, si les requérants soutiennent que la somme de 2 700 euros portée au crédit de ce compte le 20 janvier 2014 correspondrait à un don d'usage de la part de la mère de Mme J, ils ne démontrent pas, par la seule production d'une déclaration de dons manuels et de sommes d'argent, la provenance de cette somme. Le moyen doit donc être écarté.
Quant au compte bancaire n° 02373058001 ouvert à la banque Monte Paschi :
19. Pour ce qui est de l'année 2013, il est constant que M. C et Mme J ont reçu par chèque une somme de 2 500 euros en provenance de la mère de Mme J. En se bornant à relever l'absence d'enregistrement de la déclaration de dons manuels et de somme d'argent, l'administration ne justifie pas que la somme en cause n'a pas une origine familiale. Par suite, M. C et Mme J sont fondés à demander que la somme de 2 500 euros soit soustraite de l'assiette de leurs revenus imposables de l'année 2013.
20. Les requérants soutiennent que la somme de 15 000 euros créditée le 3 avril 2013 sur ce compte bancaire aurait pour origine des dons d'usage de la sœur et la mère de Mme J et un prêt consenti par la tante de celle-ci. Toutefois, ils ne produisent aucun document de nature à établir l'origine et la nature de ces sommes. Il en va de même pour la somme de 2 500 euros créditée le 7 novembre 2013 et qui proviendrait d'un prêt consenti par la mère de Mme J. En outre, si M. C et Mme J soutiennent que la somme de 1 500 euros portée au crédit de ce compte correspond au produit de la vente d'un banc de musculation, ils ne produisent aucun justificatif au soutien de cette allégation. Enfin, si les requérants soutiennent que les sommes de 6 000 euros, 19 580 euros, 20 000 euros, 10 000 euros et 5 000 euros correspondent à " des sommes réellement détournées " par M. C, ils n'apportent aucun justificatif au soutien de cette allégation. C'est donc à bon droit que l'administration fiscale a imposé ces sommes dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée au titre de l'année 2013.
21. Pour ce qui est de l'année 2014, s'agissant du chèque de 2 600 euros encaissé le 13 juin 2014, il est constant que celui-ci provient du père de M. C. L'administration fiscale ne démontre pas que cette somme a une autre origine que le patrimoine du donneur, quand bien même ledit don n'a pas fait l'objet d'un enregistrement auprès de l'administration fiscale. Il en va de même s'agissant du crédit de 6 000 euros en date du 5 novembre 2014, dont il est constant qu'il émane de la mère de la requérante. S'agissant du crédit d'un montant de 4 700 euros, il résulte de l'instruction qu'il correspond en partie à un chèque de 1 800 euros émanant du père du requérant. Pour cette part dudit crédit, et alors que le service se borne à opposer l'absence d'enregistrement de la déclaration de dons manuels auprès de l'administration fiscale, l'origine familiale du crédit doit être regardée comme établie. En revanche, l'autre partie correspond à un chèque émanant de M. I, pour lequel le lien familial n'est pas établi.
22. Les requérants soutiennent que la somme de 5 500 euros portée au crédit du compte bancaire en cause le 3 janvier 2014 provient M. F, cousin de M. C. Cependant, les requérants n'établissent pas le lien de parenté avec celui-ci, ni l'origine de cette somme. En outre, M. C et Mme J soutiennent que la somme de 3 000 euros correspond à un prêt consenti par M. H, pour lequel aucun lien de parenté n'est allégué, et produisent à ce titre une déclaration de contrat de prêt établie le 24 juin 2016 ainsi qu'une attestation rédigée par M. H le 23 juin 2016. Toutefois, ce seul document, alors qu'aucun remboursement n'est intervenu, est insuffisant pour établir l'origine et la nature du crédit bancaire imposé. Par ailleurs, si M. C et Mme J soutiennent que la somme de 8 000 euros portée au crédit de ce compte correspond au remboursement d'un acompte par la SARL Serdan Paysages en raison du non aboutissement d'un projet d'arrosage automatique, ils ne produisent aucun justificatif au soutien de cette allégation. S'agissant du crédit de 5 108,96 euros restant à justifier, si les requérants soutiennent qu'il a pour origine un remboursement du compte courant de Mme J dans la SCI 36 Jean Feraud, ainsi qu'à des dons d'usage de Mme J, les pièces produites ne permettent pas de l'établir. Si M. C et Mme J soutiennent également que la somme de 3 362 euros portée au crédit de ce compte correspond au produit de la vente de mobilier, ils se bornent à produire une attestation de Mme F. Les requérants soutiennent en outre que la somme de 3 000 euros créditée le 4 août 2014 sur ce compte bancaire aurait pour origine un don d'usage de la mère de Mme J. Toutefois, ils ne produisent qu'une déclaration de dons manuels et de sommes d'argent ne permettant pas, à elle seule, de justifier de l'origine de ce crédit. Enfin, si les requérants soutiennent que les sommes de 2 400 euros, 18 700 euros et 10 000 euros correspondent à " des sommes réellement détournées " par M. C, ils n'apportent aucun justificatif au soutien de cette allégation. C'est donc à bon droit que l'administration fiscale a imposé ces sommes dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée au titre de l'année 2014.
23. Il résulte de ce qui précède que M. C et Mme J sont fondés à demander des réductions en base des sommes de 27 500 au titre de 2013 et de 14 400 euros au titre de 2014.
Sur les pénalités :
24. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ".
25. L'administration fiscale, qui se prévaut de la nature, de l'importance et de la répétition des manquements ayant consisté pour M. C et Mme J à omettre de déclarer des sommes importantes, conformément à l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales, de l'intention délibérée des contribuables de se soustraire à l'impôt et, par suite, du bien-fondé des pénalités de 40 % pour manquement délibéré qui leur ont été infligées, en application de l'article 1729 du code général des impôts.
26. Il résulte de tout ce qui précède que M. C et Mme J sont seulement fondés à demander, d'une part, la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2012 et, d'autre part, la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2013 et 2014 à concurrence des réductions en base de 27 500 euros pour 2013 et 14 400 euros pour 2014 dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée, ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur les frais liés au litige :
27. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat la somme que M. C et Mme J réclament au titre des frais exposés par elle en cours d'instance et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. C et Mme J sont déchargés des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2012.
Article 2 : Les bases de l'impôt sur le revenu de M. C et Mme J au titre des années 2013 et 2014 sont réduites de 27 500 euros pour 2013 et 14 400 euros pour 2014 dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée.
Article 3 : Les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ont été assujettis M. C et Mme J au titre des années 2013 et 2014, ainsi que les pénalités correspondantes, sont réduites à concurrence de ce qui résulte de l'article 2 ci-dessus.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. K C, Mme A J et à l'administratrice générale des finances publiques, directrice de contrôle fiscal Sud-Est.
Délibéré après l'audience 19 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Chevalier-Aubert, présidente,
Mme Kolf, conseillère,
Mme Bergantz, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2023.
La rapporteure,
signé
A. Bergantz
La présidente,
signé
V. Chevalier-AubertLa greffière,
signé
C. Albu
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
No 2004749
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026