mercredi 19 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2004811 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat Mme POUGET |
| Avocat requérant | DELTORT-LINOTTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 11 septembre 2020, 9 juin 2021 et 12 avril 2022, Mme A B, épouse E, représentée par Me Deltort-Linotte, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 10 juin 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes lui a notifié un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 972,51 euros au titre de la période comprise entre le 1er août 2018 et le 31 janvier 2019, ensemble la décision du 11 septembre 2020 portant rejet de sa demande de remise de dette ;
2°) de lui accorder une remise de sa dette ou, à titre subsidiaire, des délais de paiement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que :
- la créance dont se prévaut l'administration à son égard est prescrite ;
- l'indu mis à sa charge est injustifié dans la mesure où, d'une part, sa situation d'impécuniosité lui permettait de percevoir l'allocation de revenu de solidarité active et où, d'autre part, elle n'a jamais perçu les loyers du bien immobilier dont elle est propriétaire avec son ex-époux ;
- elle est de bonne foi et n'a jamais eu l'intention de frauder ;
- sa situation est précaire.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 25 janvier 2022 et 5 janvier 2023, le département des Alpes-Maritimes, représenté par le président du conseil départemental en exercice, conclut au rejet de la requête de Mme B.
Il soutient que :
- la requête de Mme B est irrecevable ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 janvier 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pouget, présidente ;
- et les observations de Mme C, représentant le département des Alpes-Maritimes.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, épouse E, a bénéficié du revenu de solidarité active à compter du 23 février 2018. Après transmission par les services fiscaux des ressources perçues par la requérante au titre de l'année 2018, la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes, ayant constaté une différence entre les ressources déclarées par l'allocataire auprès d'elle et celles déclarées auprès des services fiscaux, a notifié à Mme B le 10 juin 2020 un indu de revenu de solidarité active dit " socle " d'un montant de 972,51 euros au titre de la période comprise entre le 1er août 2018 et le 31 janvier 2019. L'intéressée a sollicité auprès de la caisse d'allocations familiales, le 18 juin 2020, la remise de sa dette. Sa demande a été rejetée par une décision du 11 septembre 2020. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 10 juin 2020 précitée, ensemble la décision du 11 septembre 2020 portant rejet de son recours préalable obligatoire, et de lui accorder une remise de sa dette ou, à titre subsidiaire, des délais de paiement.
Sur le bien-fondé de l'indu :
2. Lorsque le recours d'un allocataire du revenu de solidarité active est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération de montants d'allocation de revenu de solidarité active que l'administration estime avoir été indument versés, il appartient au juge d'examiner d'abord les moyens tirés, le cas échéant, des vices propres de cette décision pour en prononcer, s'il y a lieu, l'annulation. Dans le cas où aucun vice propre n'est de nature à justifier l'annulation de la décision attaquée, il appartient au juge d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée afin d'y statuer lui-même et d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision.
3. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active () ". L'article L. 262-21 du même code dispose : " Il est procédé au réexamen périodique du montant de l'allocation définie à l'article L. 262-2. Les décisions qui en déterminent le montant sont révisées dès lors que des éléments nouveaux modifient la situation au vu de laquelle celles-ci sont intervenues. () ". Aux termes de l'article R. 262-37 dudit code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Selon l'article R. 262-6 de ce code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux ".
4. Il résulte de l'instruction que Mme B a indiqué, lors de sa demande de revenu de solidarité active en date du 23 février 2018, être propriétaire avec son mari d'un appartement situé à Cannes-la-Bocca (06150) dont le loyer et les charges, s'élevant respectivement à 850 et 150 euros par mois, étaient affectés au remboursement de leur emprunt immobilier. Toutefois, il est constant que si l'intéressée a déclaré avoir perçu, au titre des mois de février à juillet 2018 inclus, une somme mensuelle de 1 000 euros au titre de la location de ce bien immobilier, elle s'est abstenue de déclarer les revenus locatifs qu'elle a perçus pour la période comprise entre les mois d'août 2018 et janvier 2019 et qui s'élevaient au titre de l'année 2018 à 7 140 euros. Par ailleurs, si l'intéressée soutient qu'elle n'a pas été bénéficiaire au titre de cette période des fruits de la location de ce bien immobilier dans la mesure où, suivant un arrêt n° 2019/336 rendu le 4 juillet 2019 par la Cour d'appel d'Aix-en-Provence, la gestion dudit bien immobilier a été attribuée à M. D E, ni cette décision ni le courrier du 22 mai 2019 de M. E n'indiquent que les loyers auraient été exclusivement perçus par ce dernier. Au demeurant, la requérante était informée de son obligation de déclarer auprès de l'administration l'exactitude des renseignements la concernant ainsi que tout changement de situation ou de ressources. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a pu considérer que de telles omissions caractérisaient de fausses déclarations et mettre à la charge de la requérante l'indu en litige.
5. Aux termes de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active ou le département en recouvrement des sommes indûment payées. / La prescription est interrompue par une des causes prévues par le code civil. L'interruption de la prescription peut, en outre, résulter de l'envoi d'une lettre recommandée avec demande d'avis de réception, quels qu'en aient été les modes de délivrance ". Aux termes de l'article 2224 du code civil : " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer ".
6. Il résulte de ces dispositions que l'existence d'une fraude ou de fausses déclarations fait obstacle à l'application de la prescription biennale au profit de la prescription quinquennale de droit commun. Par ailleurs, si le délai de prescription court à compter du paiement de la prestation, l'existence d'une fraude ou de fausses déclarations est de nature à reporter, à la date de découverte de celles-ci, le point de départ de la prescription de l'action en répétition de l'indu. La notion de manœuvre frauduleuse ou de fausse déclaration doit s'entendre comme visant les inexactitudes ou omissions délibérément commises par l'allocataire dans l'exercice de son obligation déclarative.
7. Mme B fait valoir que la créance de l'administration relative à l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge pour la période comprise entre le 1er août 2018 et le 31 janvier 2019, serait prescrite. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit au point 4 que l'indu en cause a pour origine de fausses déclarations, de sorte que le directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes était fondé à procéder à la levée de la prescription biennale au profit de la prescription quinquennale. Au demeurant, il est constant que l'indu mis à la charge de la requérante, notifié le 10 juin 2020, concerne la période du 1er août 2018 au 31 juin 2019. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la créance en litige serait prescrite.
Sur la demande de remise de dette :
8. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ( )".
9. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 que Mme B a omis de déclarer l'intégralité de ses ressources au titre des mois d'août 2018 à janvier 2019. Dans ces conditions, ces omissions, ayant le caractère de fausses déclarations au sens des dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, font obstacle à ce que lui soit accordée une remise de sa dette, sans que la requérante puisse utilement se prévaloir de la précarité de sa situation financière. Enfin, il n'appartient pas au juge administratif d'accorder des délais de paiement.
10. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le président du Conseil départemental des Alpes-Maritimes, que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles relatives aux frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, épouse E, et au président du Conseil départemental des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes.
Rendu public par mise à dispositions au greffe le 19 avril 2023.
La présidente,La greffière,
signésigné
M. F
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
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01/06/2026
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01/06/2026