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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2004826

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2004826

mardi 31 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2004826
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantESCOFFIER-DEUR-WEZINGER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 novembre 2020 et le 13 avril 2021, la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) Dandrive, représentée par Me Deur, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 23 septembre 2020 par laquelle la directrice départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations lui a infligé, en application de l'article L. 522-1 du code de la consommation, une amende administrative d'un montant de 2 100 euros ;

2°) d'annuler en conséquence le titre de perception émis le 29 octobre 2020 par le comptable public de la direction des créances spéciales du trésor en exécution de cette décision ;

3°) ou, subsidiairement, de réduire de façon significative le montant de l'amende qui lui a été infligée.

Elle soutient que :

- la décision portant amende administrative est insuffisamment motivée ;

- les manquements aux obligations d'étiquetage s'expliquent par un manque de formation de nouveaux collaborateurs dans le cadre de la désorganisation due à la crise sanitaire et étaient, pour la plupart, favorables aux consommateurs ;

- la sanction est disproportionnée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 février 2021, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés au soutien de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la consommation ;

- l'arrêté du 3 décembre 1987 relatif à l'information du consommateur sur les prix ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Kolf, rapporteure,

- les conclusions de Mme Perez, rapporteure publique,

- et les observations de M. A, représentant le préfet des Alpes-Maritimes.

Considérant ce qui suit :

1. La SASU Dandrive, qui exploite un supermarché situé avenue Desambrois à Nice, a fait l'objet d'un contrôle des services de la direction départementale de la protection des populations des Alpes-Maritimes le 20 juillet 2020. Après que quatorze manquements aux dispositions de l'arrêté du 3 décembre 1987 relatif à l'information du consommateur sur les prix ont été relevés par un procès-verbal clos le 30 juillet 2020, la société s'est vue notifier un courrier de pré-amende daté du 30 juillet 2020, puis infliger une amende de 2 100 euros par une décision du 23 septembre 2020. Par la présente requête, la société Dandrive demande au tribunal d'annuler cette décision, ainsi que d'annuler, par voie de conséquence, le titre de perception émis à son encontre le 29 octobre 2020 en exécution de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 131-5 du code de la consommation : " Tout manquement aux dispositions de l'article L. 112-1 définissant les modalités d'information sur le prix et les conditions de vente ainsi qu'aux dispositions des arrêtés pris pour son application est passible d'une amende administrative dont le montant ne peut excéder 3 000 euros pour une personne physique et 15 000 euros pour une personne morale. Cette amende est prononcée dans les conditions prévues au chapitre II du titre II du livre V ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " L'autorité administrative chargée de la concurrence et de la consommation est l'autorité compétente pour prononcer les amendes administratives sanctionnant les manquements aux dispositions mentionnées aux articles L. 511-5, L. 511-6 et L. 511-7 et l'inexécution des mesures d'injonction relatives à des manquements constatés avec les pouvoirs mentionnés aux mêmes articles ".

3. Et aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 3 décembre 1987 relatif à l'information du consommateur sur les prix : " Toute information sur les prix de produits ou de services doit faire apparaître, quel que soit le support utilisé, la somme totale toutes taxes comprises qui devra être effectivement payée par le consommateur, exprimée en euros ".

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 522-5 du code de la consommation : " Avant toute décision, l'autorité administrative chargée de la concurrence et de la consommation informe par écrit la personne mise en cause de la sanction envisagée à son encontre, en lui indiquant qu'elle peut se faire assister par le conseil de son choix et en l'invitant à présenter, dans un délai précisé par le décret mentionné à l'article L. 522-10, ses observations écrites et, le cas échéant, ses observations orales. Passé ce délai, elle peut, par décision motivée, prononcer l'amende ". L'autorité qui inflige une sanction doit, à ce titre, indiquer, soit dans sa décision elle-même, soit par référence à un document joint ou précédemment adressé à la personne sanctionnée, outre les dispositions en application desquelles la sanction est prise, les considérations de fait et les éléments de calcul sur lesquels elle se fonde pour décider de son principe et en fixer le montant.

5. En l'espèce, la décision en litige, qui vise l'article L. 522-1 du code de la consommation et l'article 1er de l'arrêté du 3 décembre 1987 relatif à l'information du consommateur sur les prix, expose avec suffisamment de précision les motifs de fait ayant conduit à prononcer une sanction administrative ainsi que les modalités de calcul de cette amende. Cette décision fait également référence au courrier du 30 juillet 2020 informant la société des manquements relevés auquel était joint le procès-verbal du contrôle clos le même jour. Ainsi, cette décision comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

6. En deuxième lieu, si la société requérante fait valoir que les erreurs d'étiquetage s'expliquent par le manque de personnel formé en période de crise sanitaire et soutient que la plupart des manquements constatés étaient favorables aux consommateurs, il est constant que la matérialité des manquements est établie et que leur caractère non intentionnel est, en tout état de cause, sans incidence sur le bien-fondé de la sanction.

7. En troisième et dernier lieu, eu égard au nombre de manquements constatés, qui concernaient quatorze produits sur un échantillon de soixante, soit près d'un quart des produits vérifiés, et au montant de l'amende prononcée, de 150 euros par manquement constaté, alors que le code de la consommation prévoit une amende maximale de 15 000 euros par manquement pour une personne morale, l'administration n'a pas infligé à la SASU Dandrive une sanction disproportionnée en fixant le montant de l'amende à un montant total de 2 100 euros.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la SASU Dandrive ainsi que celles tendant, à titre subsidiaire, à la réduction de l'amende, doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SASU Dandrive est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société par actions simplifiées unipersonnelle Dandrive et au préfet des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée à la direction des créances spéciales du Trésor.

Délibéré après l'audience du 19 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Chevalier-Aubert, présidente,

M. Patrick Soli, premier conseiller,

Mme Kolf, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2023.

La rapporteure,

signé

S. Kolf

La présidente,

signé

V. Chevalier-Aubert

La greffière,

signé

C. Albu

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

ou par délégation la greffière,

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