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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2005050

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2005050

mardi 17 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2005050
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantVERGELONI CÉLINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 8 décembre 2020 et le 6 septembre 2022, M. B D, représenté par Me Hage, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner le centre hospitalier de Grasse et son assureur à lui verser la somme de 229 663,27 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de sa prise en charge ;

2°) à titre subsidiaire, de condamner le centre hospitalier de Grasse et son assureur à lui verser la somme de 88 275,92 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de sa prise en charge ;

4°) de condamner le centre hospitalier de Grasse et son assureur aux entiers dépens ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Grasse et de son assureur la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la responsabilité du centre hospitalier de Grasse est engagée pour erreur de diagnostic ayant entrainé un choix thérapeutique erroné, ainsi que pour défaut d'information ;

- il est fondé à demander l'indemnisation des préjudices qu'il estime avoir subis et qui décomposent comme suit :

219 710,35 euros au titre des pertes de gains professionnels futures, à titre subsidiaire, 78 323 euros ;

452,92 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;

3 000 euros au titre des souffrances endurées ;

3 500 euros au titre du déficit fonctionnel permanent ;

1 500 euros au titre du préjudice d'agrément ;

1 500 euros au titre du préjudice esthétique permanent.

Par des mémoires enregistrés le 12 février 2021 et le 15 novembre 2022, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Var, intervenant pour le compte de la CPAM des Alpes-Maritimes, représentée par Me Vergeloni, demande au tribunal :

- de condamner solidairement le centre hospitalier de Grasse et son assureur, la compagnie d'assurance Axa, à lui verser la somme de 6 711,69 euros au titre des prestations servies à M. D, assortie des intérêts au taux légal à compter du 12 février 2021 et capitalisation annuelle, ainsi que la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion ;

- de mettre à la charge de tous succombant la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistrés le 19 juillet 2022, le centre hospitalier de Grasse et la compagnie Axa, représentés par Me Zuelgaray, concluent à la réduction à de plus proportions des prétentions indemnitaires du requérant.

Ils font valoir que :

- à titre principal, l'indemnisation de M. D ne pourra pas excéder la somme totale de 5 486,50 euros et qui se décompose comme suit :

361,50 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;

1 750 euros au titre des souffrances endurées ;

2 625 euros au titre du déficit fonctionnel permanent ;

750 euros au titre du préjudice esthétique permanent.

- à titre subsidiaire, l'indemnisation de M. D ne pourra pas excéder la somme totale de 43 256,50 et qui se décompose comme suit :

37 795 euros du préjudice au titre de la perte de gains professionnels futurs ;

361,50 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;

1 750 euros au titre des souffrances endurées ;

2 625 euros au titre du déficit fonctionnel permanent ;

750 euros au titre du préjudice esthétique permanent.

Par ordonnance du 28 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 23 novembre 2022.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance du 8 février 2019 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Nice a prescrit une expertise et désigné comme expert M. A ;

- le rapport d'expertise de M. A déposé au greffe du tribunal le 13 juin 2019 ;

- l'ordonnance du 12 août 2019 par laquelle la présidente du tribunal administratif de Nice a taxé les frais et honoraires de l'expertise réalisée par M. A à la somme de 1 300 euros et les a mis à la charge de M. D.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- Arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Duroux, conseillère ;

- les conclusions de Mme Moutry, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Le 29 août 2016, après avoir été victime d'une chute alors qu'il circulait en deux roues, M. D est conduit aux urgences de l'hôpital de Grasse en raison d'un traumatisme par écrasement de la cheville gauche. Le lendemain, après réalisation du bilan radiographique, il lui est diagnostiqué une fracture des extrémités inférieures du tibia et du péroné sans déplacement nécessitant d'immobiliser la cheville dans une botte plâtrée pendant 45 jours et de consulter un chirurgien dans un délai de 21 jours. Le 7 octobre 2016, de nouvelles radiographies mettent en évidence un déplacement secondaire du foyer de la fracture. M. D débute alors une rééducation avec reprise progressive de l'appui. Compte tenu notamment du retard de consolidation de la fracture, M. D effectue une IRM le 13 janvier 2017 montrant une perte de substance cartilagineuse au niveau du pilon tibial, confirmée par le scanner pratiqué le 6 février 2017 qui permet également de constater une perte osseuse et une déformation de l'articulation de cheville avec subluxation interne correspondant à une pseudarthrose évoluant vers un cal vicieux. Estimant que sa prise en charge au sein du centre hospitalier de Grasse n'a pas été conforme aux règles de l'art, M. D a présenté, par courrier du 1er octobre 2018 reçu le 9 octobre suivant, une demande préalable indemnitaire qui a été implicitement rejetée. Par la présente requête, M. D demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Grasse et son assureur à lui verser la somme totale de 229 663,27 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de sa prise en charge.

Sur la responsabilité pour faute du centre hospitalier de Grasse :

En ce qui concerne l'erreur de diagnostic ayant entrainé un choix thérapeutique erroné :

2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ".

3. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que le centre hospitalier de Grasse a commis une erreur de diagnostic en estimant que M. D souffrait d'une fracture bi-malléolaire non déplacée alors que les radiographies mettaient en évidence une fracture tri-malléolaire, à savoir une fracture bi-malléolaire associé à une fracture marginale postérieure du tibia. Or, ce type de fracture exige de consulter un chirurgien dans les 48 heures et une immobilisation stricte de la fracture par un plâtre cruro pédieux. Dès lors, en prescrivant une consultation à 21 jours et une immobilisation de la cheville par une simple botte plâtrée, le centre hospitalier de Grasse a également commis une faute dans le choix du traitement orthopédique. Dans ces conditions, M. D est fondé à engager la responsabilité du centre hospitalier de Grasse pour erreur de diagnostic ayant entrainé un choix thérapeutique erroné.

En ce qui concerne le défaut d'information :

4. Aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : " I.- Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. / () / Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. / Cette information est délivrée au cours d'un entretien individuel. / () / IV.- () / En cas de litige, il appartient au professionnel ou à l'établissement de santé d'apporter la preuve que l'information a été délivrée à l'intéressé dans les conditions prévues au présent article. Cette preuve peut être apportée par tout moyen. / () ". En application de ces dispositions, doivent être portés à la connaissance du patient, préalablement au recueil de son consentement à l'accomplissement d'un acte médical, les risques connus de cet acte qui soit présentent une fréquence statistique significative, quelle que soit leur gravité, soit revêtent le caractère de risques graves, quelle que soit leur fréquence.

5. En cas de manquement à cette obligation d'information, si l'acte de diagnostic ou de soin entraîne pour le patient, y compris s'il a été réalisé conformément aux règles de l'art, un dommage en lien avec la réalisation du risque qui n'a pas été porté à sa connaissance, la faute commise en ne procédant pas à cette information engage la responsabilité de l'établissement de santé à son égard, pour sa perte de chance de se soustraire à ce risque en renonçant à l'opération. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction, compte tenu de ce qu'était l'état de santé du patient et son évolution prévisible en l'absence de réalisation de l'acte, des alternatives thérapeutiques qui pouvaient lui être proposées ainsi que de tous autres éléments de nature à révéler le choix qu'il aurait fait, qu'informé de la nature et de l'importance de ce risque, il aurait consenti à l'acte en question.

6. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que si le docteur C, chirurgien, déclare avoir expliqué à M. D, lors de la consultation du 16 septembre 2016, " sa pathologie, les options de traitement, les suites, le pronostic et les éventuels tenants et aboutissants " et que le patient aurait refusé toute intervention chirurgicale, le centre hospitalier de Grasse ne verse au dossier aucune pièce justifiant ces allégations et permettant d'établir la nature et l'étendue exacte de l'information qui aurait été délivrée à M. D, à la supposer avérée. Dans ces conditions, il résulte de l'instruction qu'aucune information complète et adaptée n'a été délivrée au requérant concernant les risques liés à un traitement orthopédique classique ni sur les alternatives thérapeutiques, à savoir une intervention chirurgicale. Dès lors, ce défaut d'information, qui a privé M. D de la possibilité de se soustraire au risque qui s'est réalisé, est constitutif d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'établissement.

Sur la perte de chance :

7. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter la survenue de ce dommage. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.

8. La faute commise par les praticiens d'un hôpital au regard de leur devoir d'information du patient n'entraîne pour ce dernier que la perte d'une chance de se soustraire au risque qui s'est réalisé. La réparation du dommage résultant de cette perte de chance doit être fixée à une fraction des différents chefs de préjudice qui tient compte du rapprochement entre, d'une part, les risques inhérents à l'acte médical et, d'autre part, les risques encourus en cas de renoncement à cet acte.

9. Il résulte de l'instruction que compte tenu de la gravité de la fracture en cause dont la guérison totale ne peut être garantie par aucun choix thérapeutique, la faute de diagnostic ayant entrainé un choix thérapeutique erroné et le défaut d'information doivent être regardés comme ayant fait perdre à M. D, qui souffre d'un déficit fonctionnel permanent de 5%, une chance de se soustraire à la réalisation du dommage qui peut être évalué à 50%.

Sur les préjudices du requérant :

10. Il résulte du rapport d'expertise que l'état de santé de M. D peut être regardé comme consolidé le 15 septembre 2017.

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux permanents :

Quant aux pertes de gains professionnels futurs :

11. Il résulte de l'instruction que M. D exerçait la profession de fromager nécessitant d'être en position débout. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que son état de santé l'empêcherait d'exercer cette profession. En effet, il résulte du rapport d'expertise que M. D est " au plan médical physiquement et intellectuellement apte à reprendre les activités qu'il exerçait avant l'accident ". Par ailleurs, si le requérant se prévaut d'avoir été déclaré inapte par la médecine du travail le 9 septembre 2019, soit deux ans après la consolidation de son état de santé, puis d'avoir été licencié le 10 octobre 2019, il n'établit aucun lien de causalité direct et certain entre ce licenciement et les fautes commises par le centre hospitalier de Grasse. Par suite, ce chef de préjudice sera écarté.

En ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux temporaires :

Quant au déficit fonctionnel temporaire :

12. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise que M. D a présenté un déficit fonctionnel partiel de 50% du 29 août 2016 au 10 octobre 2016, de 25% du 11 octobre 2016 au 11 novembre 2016, de 20% du 12 novembre 2016 au 5 décembre 2016 et de 10% du 6 décembre 2016 au 15 septembre 2017. Il sera fait une juste évaluation du préjudice résultant du déficit fonctionnel temporaire partiel de M. D en le fixant à la somme de 524 euros, après application du taux de perte de chance.

Quant aux souffrances endurées :

13. Il résulte de l'instruction que les souffrances endurées par M. D ont été évaluées par l'expert à 3 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à 3 500 euros, soit 1 750 euros après application du taux de perte de chance.

En ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux permanents :

Quant au déficit fonctionnel permanent :

14. M. D, né en 1956, souffre d'un déficit fonctionnel permanent de 5%. Il sera fait une juste appréciation de son préjudice en le fixant à 5 000 euros, soit 2 500 euros après application du taux de perte de chance.

Quant au préjudice d'agrément :

15. M. D invoque un préjudice d'agrément en se fondant sur le rapport d'expertise qui retient " l'impossibilité de pratiquer la randonnée et de pratiquement toute activité sportive en dehors de la natation ". Toutefois, le requérant n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il pratique une activité sportive de quelque nature que ce soit. Par suite, ce chef de préjudice doit être écarté.

Quant au préjudice esthétique permanent :

16. Il résulte de l'instruction, que le préjudice esthétique permanent subi par

M. D est évalué par l'expert à 1,5 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation en le fixant à 1 500 euros, soit 750 euros après application du taux de perte de chance.

17. Il résulte de tout ce qui précède, que le centre hospitalier de Grasse et son assureur, la compagnie Axa, doivent être condamnés solidairement à verser à M. D la somme de totale de 5 524 euros.

Sur les droits de la CPAM du Var :

18. D'une part, la CPAM du Var produit un relevé détaillé des débours définitifs du 1er février 2021 d'un montant de 6 711,69 euros. Il résulte de l'attestation d'imputabilité du médecin-conseil établie le 21 janvier 2021 que seules les dépenses de santé actuelles et futures sont en lien direct avec les fautes retenues à l'encontre du centre hospitalier de Grasse, soit un montant total de 3 341,13 euros. La CPAM du Var peut donc prétendre au titre des débours au versement d'une somme totale de 1 670, 56 euros, après application du taux de perte de chance.

19. D'autre part, aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu () ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 115 € et 1 162 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2023. ".

20. En applications des dispositions précitées, la CPAM du Var a droit à une indemnité forfaitaire de gestion représentant le tiers des sommes dont elle obtient le remboursement, soit 556,85 euros.

Sur les intérêts et leur capitalisation :

21. La somme allouée à la CPAM du Var en remboursement des débours, sera assortie des intérêts au taux légal à compter de la date d'enregistrement de son mémoire, soit le 12 février 2021.

22. La capitalisation des intérêts a été demandée par la CPAM du Var par un mémoire enregistré le 12 février 2021. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 12 février 2022, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les dépens :

23. En application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les frais de l'expertise ordonnée par l'ordonnance du 8 février 2019 susvisée, liquidés et taxés à la somme de 1 300 euros par ordonnance du 12 août 2019, doivent être mis à la charge du centre hospitalier de Grasse.

Sur les frais liés au litige :

24. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Grasse et de son assureur, la compagnie Axa, la somme globale de 1 500 euros à verser à M. D, ainsi que la somme globale de 1 000 euros à verser à la CPAM du Var, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier de Grasse et son assureur, la compagnie Axa, sont condamnés solidairement à verser à M. D la somme totale de 5 524 euros.

Article 2 : Le centre hospitalier de Grasse et son assureur, la compagnie Axa, sont condamnés solidairement à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Var la somme de 1 670,56 euros au titre de ses débours, ainsi qu'une somme de 556,85 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

Article 3 : La somme de 1 670,56 euros que le centre hospitalier de Grasse et son assureur, la compagnie Axa, sont condamnés solidairement à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Var par l'article 2 du présent jugement, portera intérêts au taux légal à compter du 12 février 2021. Les intérêts échus au 12 février 2022 seront capitalisés à cette date et à chaque échéance annuelle.

Article 4 : Les frais et honoraires d'expertise, liquidés et taxés à la somme de 1 300 euros, sont mis à la charge du centre hospitalier de Grasse et de son assureur, la compagnie Axa.

Article 5 : La centre hospitalier de Grasse et son assureur, la compagnie Axa, verseront à M. D la somme globale de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : La centre hospitalier de Grasse et son assureur, la compagnie Axa, verseront à la caisse primaire d'assurance maladie du Var la somme globale de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, au centre hospitalier de Grasse, à la compagnie Axa et à la caisse primaire d'assurance maladie du Var.

Copie sera transmise à l'expert et à la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-Maritimes.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Pascal, président,

Mme Duroux, conseillère,

M. Holzer, conseiller,

assistés de Mme Ravera, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2023.

La rapporteure,

signé

G. DUROUX

Le président,

signé

F. PASCALLa greffière,

signé

C. RAVERA

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef

Ou par délégation, le greffier

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