LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2005244

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2005244

mercredi 27 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2005244
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation4ème Chambre
Avocat requérantCABINET GILLET BROC AVOCATS ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 décembre 2020, Mme A B, représentée par Me Sajous, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision résultant du silence gardé par le directeur général du centre hospitalier universitaire (CHU) de Nice rejetant son recours préalable du 20 août 2020 tendant à déclarer sa lettre de démission caduque, à annuler sa radiation des cadres prononcée par une décision du 8 juin 2020, à demander un entretien, et la réparation des préjudices subis ;

2°) d'enjoindre au CHU de Nice de prendre un arrêté de mise en disponibilité avec effet au 19 juin 2020 ;

3°) de condamner le CHU de Nice à lui verser la somme de 3 000 euros au titre du préjudice moral subi ;

4°) de mettre à la charge du CHU de Nice une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision implicite de rejet de sa demande d'annulation de sa démission du 20 octobre 2020 est entachée d'un défaut de motivation ;

- la décision est entachée d'erreur de droit dès lors que le CHU de Nice avait excédé le délai d'un mois imparti pour accepter la démission ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, le CHU de Nice n'ayant pas vérifié le caractère non équivoque de sa volonté de démissionner ;

- l'absence de vérification du caractère non équivoque de sa volonté de démissionner constitue une faute de nature à engager la responsabilité du CHU de Nice.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er avril 2021, le CHU de Nice, représenté par Me Martin, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 16 juin 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 19 juillet 2023 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;

- le décret n° 97-487 du 12 mai 1997 ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Sandjo,

- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,

- et les observations de Me Broc, représentant le CHU de Nice.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a été recrutée par le CHU de Nice le 1er juillet 2016 sur un poste d'aide-soignante en attendant l'obtention de son diplôme, qu'elle a obtenu le 13 décembre 2019. Par une décision du 27 décembre 2019, faisant suite à l'obtention par Mme B du diplôme d'infirmière, elle a été détachée dans le grade d'infirmière diplômée d'Etat stagiaire-titulaire, avec effet rétroactif au 14 décembre 2019. Le 30 avril 2020, Mme B a notifié à son employeur sa décision de démissionner, décision réitérée par une lettre du 5 mai 2020 adressée au CHU de Nice. Par une décision du 8 juin 2020, le directeur général du CHU de Nice a pris acte de sa démission avec mention d'une radiation des cadres à compter du 19 juin 2020 au soir. Le 20 août 2020, Mme B a introduit un recours contre la décision de radiation des cadres du 8 juin 2020, a demandé un entretien ainsi que la réparation de ses préjudices. Par sa requête, elle demande au tribunal d'annuler la décision résultant du silence gardé par le directeur général du CHU de Nice sur sa demande du 20 août 2020.

Sur l'étendue du litige :

2. Il appartient au juge administratif d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises dans le délai de recours contentieux contre la décision de rejet d'un recours gracieux comme étant dirigées aussi contre la décision initiale. Par suite, Mme B, qui demande uniquement l'annulation de la décision résultant du silence gardé sur son recours gracieux du 20 août 2020, doit être regardée comme demandant également l'annulation de l'arrêté du 8 juin 2020 par lequel le CHU de Nice l'a radiée des cadres à la suite de l'acceptation de sa démission, avec effet au 19 juin 2020.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne le défaut de motivation de la décision attaquée

3. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / 2° Infligent une sanction ; / 3° Subordonnent l'octroi d'une autorisation à des conditions restrictives ou imposent des sujétions ; / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ;/ 5° Opposent une prescription, une forclusion ou une déchéance ; / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 ; / 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire."

4. L'acceptation d'une démission ne constitue pas une décision individuelle devant être motivée au sens des dispositions citées au point précédent. Par ailleurs, les moyens critiquant les vices propres dont serait entachée une décision refusant de faire droit à un recours gracieux sont sans incidence sur la solution du litige. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation des décisions attaquées ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne le défaut de consentement éclairé et le non-respect du délai d'acceptation de la démission

5. D'une part, aux termes de l'article 87 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, repris depuis à l'article L. 551-1 du code général de la fonction publique, dans sa rédaction applicable au litige : " La démission ne peut résulter que d'une demande écrite de l'intéressé marquant sa volonté non équivoque de cesser ses fonctions./ Elle n'a d'effet qu'après acceptation par l'autorité investie du pouvoir de nomination, à la date fixée par cette autorité./ La décision de l'autorité compétente doit intervenir dans le délai d'un mois./ La démission du fonctionnaire, une fois acceptée, est irrévocable () ". Il résulte de ces dispositions que l'autorité investie du pouvoir de nomination dispose d'un délai d'un mois pour notifier une décision expresse d'acceptation ou de refus, sans que puisse naître, à l'intérieur de ce délai, une décision implicite de rejet. Est illégale une décision acceptant la démission présentée par un fonctionnaire dont l'état de santé ne lui permettait pas d'apprécier la portée de sa décision.

6. D'autre part, aux termes de l'article 7 de l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période : " Sous réserve des obligations qui découlent d'un engagement international ou du droit de l'Union européenne, les délais à l'issue desquels une décision, un accord ou un avis de l'un des organismes ou personnes mentionnés à l'article 6 peut ou doit intervenir ou est acquis implicitement et qui n'ont pas expiré avant le 12 mars 2020 sont, à cette date, suspendus jusqu'à la fin de la période mentionnée au I de l'article 1er. / Le point de départ des délais de même nature qui auraient dû commencer à courir pendant la période mentionnée au I de l'article 1er est reporté jusqu'à l'achèvement de celle-ci. / () ".

7. Il ressort des pièces du dossier que la requérante a adressé une lettre de démission à son employeur le 30 avril 2020, et qu'elle a réitéré sa volonté de démission par un second courrier du 5 mai 2020, les termes de ces deux lettres étant clairs et non équivoques. Il ressort également des pièces du dossier que, après avoir reçu la lettre du 30 avril 2020, et organisé un échange téléphonique avec la requérante, le pôle des ressources humaines du CHU de Nice l'a avisée des conséquences de sa décision sur sa carrière au sein de la fonction publique hospitalière. En particulier, dans un courriel daté du 4 mai 2020, régulièrement produit, le pôle des ressources humaines du CHU de Nice a indiqué à la requérante que " à compter de votre date de démission, vous perdrez votre statut de titulaire et vous serez radié des cadres. Si vous souhaitez par la suite retravailler dans la fonction publique, vous devrez repasser un concours ou être recrutée en tant que contractuel ". Si la requérante se prévaut de l'altération de son discernement et produit à cet égard un certificat médical daté du 19 juin 2020, la plaçant en arrêt maladie entre le 19 juin 2020 et le 3 juillet 2020, cette circonstance est postérieure à sa prise de décision et à sa réitération. La requérante n'apporte aucun élément de nature à démontrer qu'elle aurait été personnellement confrontée, au cours de la période concernée, à une pathologie grave qui, lors de la présentation de sa démission, aurait altéré son discernement. Ainsi en acceptant la démission de l'intéressée présentée le 30 avril 2020, et réitérée le 5 mai 2020, le directeur général du CHU de Nice n'a pas commis d'erreur de droit. Par suite, le moyen tiré de la défaillance du CHU de Nice à s'assurer de la réalité du consentement éclaire de Mme B doit être écarté.

8. Si Mme B fait valoir que le CHU de Nice n'a pas respecté le délai d'un mois qui lui était imparti pour accepter sa démission dans les conditions prévues par les dispositions citées au point 5, il résulte des dispositions de l'article 7 de l'ordonnance du 25 mars 2020 citées au point 6 que le délai d'un mois laissé au directeur du CHU de Nice pour se prononcer sur la demande de démission présentée le 30 avril 2020 a été suspendu et n'a recommencé à courir que le 24 juin 2020, date à partir de laquelle s'est ouvert un nouveau délai d'un mois expirant, cette fois, le 25 juillet 2020. Ainsi, la décision prise le 8 juin 2020, et notifiée à Mme B le 6 juillet 2020, s'est inscrite dans le délai légal ainsi prévu. Par suite, le moyen tiré du caractère tardif de la décision du directeur général du CHU de Nice doit être écarté.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 8 juin 2020 acceptant la démission de Mme B et portant radiation des cadres à compter du 19 juin 2020 et de la décision rejetant son recours gracieux doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation du préjudice moral allégué :

10. Mme B demande le versement d'une somme de 3 000 euros en réparation du préjudice moral découlant de l'illégalité de la décision d'acceptation de sa démission et de la décision de radiation des cadres, et du risque de devoir rembourser une somme importante au titre de son contrat d'engagement. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que le CHU de Nice aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité. Par suite, en l'absence d'illégalité fautive, Mme B n'est pas fondée à demander la condamnation du CHU de Nive au versement d'une indemnité.

Sur l'injonction de réintégration dans les cadres :

11. Eu égard à ce qui précède, le présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions de la requête aux fins d'injonction doivent donc être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CHU de Nice, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de

Mme B la somme demandée par le CHU de Nice au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le CHU de Nice sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier universitaire de Nice.

Délibéré après l'audience du 6 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Bonhomme, président,

Mme Soller, conseillère,

Madame Sandjo, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2023.

La rapporteure,

Signé

G. SANDJO

Le président,

Signé

T. BONHOMMELa greffière,

Signé

O. MOULOUD

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions