mardi 9 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2100176 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CAPPONI-LANFRANCHI & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 janvier 2021 et le 6 avril 2022, Mme B A, représentée par Me Fouques, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la métropole Nice Côte d'Azur a implicitement refusé de faire droit à sa demande de prise en charge suite à sa chute survenue sur la voie publique ;
2°) d'ordonner, avant dire droit, une expertise afin de déterminer les causes du dommage et procéder à l'évaluation des préjudices subis ;
3°) de surseoir à statuer dans l'attente du dépôt du rapport d'expertise ;
4°) de mettre à la charge de la métropole Nice Côte d'Azur une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité de la métropole Nice Côte d'Azur est engagée pour défaut d'entretien normal de l'ouvrage public ; l'absence de signalisation des travaux a provoqué sa chute ;
- elle est fondée à demander l'indemnisation des préjudices physiques, psychologiques et financiers qu'elle estime avoir subis ;
- elle est fondée à solliciter la désignation d'un expert afin d'évaluer l'ensemble des préjudices résultant de sa chute.
Par un mémoire, enregistré le 26 janvier 2021, la caisse primaire d'assurance maladie du Var, indique qu'elle n'entend pas intervenir dans la présente instance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2021, la métropole Nice Côte d'Azur, représentée par Me Lanfranchi, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce que les sociétés TP Spada et TAMA la relèvent et la garantissent des éventuelles condamnations prononcées à son encontre ;
3°) à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le lien de causalité entre les travaux et la chute de Mme A n'est pas établi ;
- la seule circonstance que les défectuosités de la chaussée n'aient pas été signalées n'est pas suffisant pour caractériser un défaut d'entretien de l'ouvrage public ;
- l'accident est exclusivement dû à l'inattention de la requérante ;
- les travaux ont été réalisés par les sociétés TP Spada et TAMA ; la métropole est fondée à les appeler en garantie.
Par ordonnance du 17 novembre 2023 la clôture d'instruction a été fixée au 8 décembre 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 mars 2024 :
- le rapport de Mme Chaumont, première conseillère,
- les conclusions de Mme Moutry, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 30 août 2019 vers 9 heures 30, Mme A aurait chuté en empruntant les escaliers conduisant aux abords de la place du Général de Gaulle à Cagnes sur Mer, alors en travaux. Victime d'un traumatisme de la cheville gauche, elle s'est rendue à la clinique Saint Jean. Par courrier du 8 octobre 2020, elle a informé la métropole Nice Côte d'Azur de sa chute et a sollicité la mise en place d'une expertise médicale ainsi que l'allocation d'une provision de 2 000 euros. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle la métropole Nice Côte d'Azur a implicitement refusé de faire droit à sa demande et d'ordonner une expertise médicale avant dire droit.
Sur les conclusions à fin d'annulation rejetant la demande indemnitaire préalable :
2. La décision par laquelle le président de la métropole Nice Côte d'Azur a implicitement rejeté la demande indemnitaire préalable de la requérante a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de sa demande qui, en formulant les conclusions indemnitaires précitées, a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Par suite, les conclusions à fin d'annulation présentées par la requérante qui sont sans objet doivent être rejetées.
Sur la responsabilité de la métropole Nice Côte d'Azur :
3. Pour obtenir réparation par le maître de l'ouvrage des dommages qu'ils ont subis à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public, les usagers de cet ouvrage doivent démontrer devant le juge administratif, d'une part, la réalité de leur préjudice, d'autre part, l'existence d'un lien de causalité direct entre l'ouvrage et le dommage. Pour s'exonérer de la responsabilité qui pèse alors sur elle, il incombe à la collectivité, maître d'ouvrage, soit d'établir qu'elle a normalement entretenu l'ouvrage, soit de démontrer l'existence d'une faute de la victime ou d'un événement de force majeure.
4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que Mme A indique avoir chuté dans les escaliers du passage " Carré d'Or " en rejoignant la place du Général de Gaulle, alors en travaux, à Cagnes sur Mer. A l'appui de cette allégation, la requérante se prévaut de trois attestations de témoins de l'accident dont il ressort que Mme A a chuté sur la dernière marche des escaliers. S'il n'est pas contesté que la place De Gaulle était en travaux, il ne résulte toutefois pas de l'instruction que les escaliers du passage où a chuté la requérante faisaient également l'objet de travaux et auraient nécessité une signalisation particulière. En outre, la requérante ne produit aucune photographie des lieux permettant d'établir que la chute serait due, comme elle le soutient, à des buttes de ciment non aplaties et que celles-ci auraient constitué, par leurs caractéristiques, leurs dimensions et leur emplacement, un obstacle excédant ceux que les usagers peuvent s'attendre à rencontrer sur la voie publique et contre lesquels ils doivent se prémunir en prenant les précautions nécessaires, notamment aux abords d'une zone de chantier. Dans ces conditions, la requérante ne peut être regardée comme rapportant la preuve qui lui incombe du lien de causalité entre l'ouvrage public dont elle était usager et les dommages dont elle demande réparation. La responsabilité de la métropole Nice Côte d'Azur ne peut dès lors pas être engagée pour défaut d'entretien normal de l'ouvrage public.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité, que la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
Sur l'appel en garantie :
6. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 que la responsabilité de la métropole Nice Côte d'Azur n'est pas engagée. Par suite, l'appel en garantie formé par la métropole Nice Côte d'Azur à l'encontre de la société TP Spada et de la société TAMA doit être rejeté.
Sur les frais de procédure :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande présentée à ce titre par la métropole Nice Côte d'Azur.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions d'appel en garantie présentées par la métropole Nice Côte d'Azur contre la société TP Spada et la société TAMA sont rejetées.
Article 3 : Les conclusions de la métropole Nice Côte d'Azur présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la métropole Nice Côte d'Azur, à la caisse primaire d'assurance maladie du Var.
Copie en sera adressée à la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 19 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pascal, président,
Mme Chaumont, première conseillère,
Mme Duroux, première conseillère,
Assistés de Mme Ravera, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 avril 2024.
La rapporteure,
signé
A-C. CHAUMONT
Le président,
signé
F. PASCAL La greffière,
signé
C. RAVERA
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous les huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026