mardi 24 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2100302 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D AVOCATS PLENOT-SUARES-ORLANDINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 20 janvier 2021, le 9 juin 2022, le 17 juin 2022, le 7 juillet 2022 et le 7 juillet 2022, Mme C D, demande au tribunal :
1°) d'annuler " la saisie-attribution aux fins de saisie ventes n°1706220013 " du 7 janvier 2021 pour un montant de 1 239,55 euros, " la saisie-attribution commandement aux fins de saisie ventes n° 1812040028 " du 17 décembre 2020 pour un montant de 2 743,79 euros relatif aux charges d'occupation du logement pour l'année 2017, " la saisie-attribution avec saisie rémunération n°1706220013 ", l'avis de facture de 1043,77 euros correspondant aux charges d'occupation d'un logement de fonction au lycée du Parc impérial pour l'année 2018, l'avis de facture de 1239, 55 euros relative aux charges d'occupation du logement de fonction du parc impérial pour l'année 2016, l'état exécutoire de 1170,74 euros du 17 décembre 2020 relatif au charges d'occupation de ce logement pour l'année 2018 ;
2°) de condamner le lycée du Parc Impérial à lui verser une somme de 6 000 euros en indemnisation de son préjudice.
Elle soutient que :
- la décision de retrait de fonction dont elle a fait l'objet n'est pas définitive, sa légalité étant contestée en appel, de sorte qu'elle ne peut, en dépit de ce qu'a jugé le tribunal administratif de Nice, fonder une décision de retrait de logement de fonction ;
-faute pour l'administration de lui avoir proposé un logement suffisamment grand pour accueillir sa famille au collège Ségurane, elle était fondée à conserver celui qu'elle occupait au lycée Parc Impérial, d'autant que d'autres logements y étaient vacants ; elle n'a bénéficié d'un logement de fonction au collège Ségurane qu'à compter du 7 février 2019 ;
-elle n'a pas dépassé le forfait annuel de charges alloué pour l'occupation d'un logement par nécessité absolue de service ;
-en ne mettant pas à sa disposition un logement suffisamment grand au collège Ségurane, le département lui a occasionné un préjudice dont elle a demandé l'indemnisation au département qui a rejeté sa demande le 14 novembre 2018 ;
-les frais de poursuite et de procédure ne peuvent être mis à sa charge, dès lors qu'elle agit de bonne foi ;
-le titre de perception émis le 31 mars 2017 par le président du conseil départemental est insuffisamment motivé ;
-le juge administratif est compétent pour juger du bien-fondé de la créance qui fonde l'émission du titre exécutoire en litige ;
-elle n'a jamais été destinataire du titre exécutoire du 17 avril 2018 mentionné par l'administration de sorte que sa requête n'est pas tardive ;
-n'ayant pas reçu l'état exécutoire du 17 avril 2018 et les actes de poursuite qui ont suivi ne comportant pas les informations permettant d'en vérifier la légalité, les titres attaqués doivent être annulés ;
-le calcul des sommes en litige ne tient aucun compte des sommes déjà prélevées au titre de ses revenus imposables en contrepartie de ses avantages en nature.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 13 juin 2022 et le 23 juin 2022, le lycée du Parc Imperial (rectrice de l'académie de Nice) conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A B une somme de 2 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les conclusions de la requérante dirigées contre les saisies attribution et commandements de saisie vente, qui constituent des mesures d'exécution, ne relèvent pas de la compétence du juge administratif ;
- le commandement de saisie vente de 2 743,79 euros constitue une mesure d'exécution d'un titre exécutoire émis le 17 avril 2018, de sorte que les conclusions en annulation de ce commandement sont tardives ;
- la requérante n'a adressé aucune demande indemnitaire préalable au lycée ;
- plusieurs pièces sont irrecevables car produites sans numérotation ni inventaire ou avec une numérotation ne correspondant pas à l'inventaire ;
- les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requérante contre les états exécutoires relatifs aux charges de 2016 et 2018, dont la légalité a déjà fait l'objet d'un jugement définitif, l'autorité de la chose jugée s'opposant à ce qu'il y soit de nouveau statué.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des procédures civiles d'exécution ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 octobre 2023 :
- le rapport de Mme Guilbert,
- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,
- et les observations de Me Orlandini, représentant le lycée du Parc Impérial (rectrice de l'académie de Nice).
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, agent de direction d'établissement d'enseignement de 2ème classe, a été affectée dans l'emploi de proviseure adjointe au lycée du Parc Impérial à Nice à compter du 1er septembre 2014. Elle s'est vue attribuer à ce titre un logement de fonction pour nécessité absolue de service de type F5 d'une superficie de 144 mètres carrés. Par un arrêté du 5 avril 2016, la ministre de l'éducation nationale a décidé le retrait de Mme A B de ses fonctions de proviseure adjointe, dans l'intérêt du service, cette mesure prenant effet dès sa notification, effectuée le 15 avril, et son affectation, à compter de la même date, en qualité de principale adjointe du collège Ségurane, à Nice. Par courrier du 26 octobre 2016, Mme D a saisi la ministre d'une réclamation tendant à l'indemnisation des conséquences dommageables de cet arrêté ainsi que des faits de harcèlement moral dont elle s'estime victime. Cette réclamation a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Le 18 juillet 2016, l'intéressée s'est, par ailleurs, vue signifier une mise en demeure, datée du 12 juillet, de libérer sans délai le logement de fonction occupé dans l'enceinte du lycée du Parc Impérial. Par courrier du 10 septembre 2018, Mme D a contesté cette injonction, à l'exécution de laquelle elle a refusé de déférer, et a renouvelé sa demande indemnitaire du 26 octobre 2016. Le ministre de l'éducation nationale l'a constituée débitrice, en vertu d'un titre exécutoire émis le 31 mars 2017, d'une somme de 960,62 euros au titre des consommations d'eau et d'électricité pour la période postérieure au 5 avril 2016. Par jugement n°s1602064, 1602186, 1602219, 1602220 et 1602798 du 15 mars 2019, le tribunal administratif de Nice a rejeté ses demandes tendant, notamment, à l'annulation de l'arrêté ministériel du 5 avril 2016, à l'annulation des titres de perception précédemment mentionnés, ainsi qu'à l'indemnisation du préjudice invoqué. Par un arrêt n°s19MA02151, 10MA02178 et 19MA02179, du 15 juin 2020, la cour administrative d'appel de Marseille a confirmé ce jugement. Par un titre exécutoire émis le 8 juillet 2019, le lycée du Parc Impérial a mis à sa charge le paiement de charges d'occupation du logement au lycée du Parc Impérial pour l'année 2018 à hauteur de 1 043,77 euros. Mme D a également contesté ce titre. Par un jugement n°s1904021, 1904186 et 1904188 du 29 décembre 2022, le tribunal administratif de Nice a rejeté ses conclusions.
2. Mme D doit être regardée comme demandant l'annulation d'un état exécutoire de 1 239,55 euros relatif aux charges d'occupation du logement de fonction du parc impérial pour l'année 2016, de l'état exécutoire de 1 043,77 euros correspondant aux charges d'occupation de ce logement pour l'année 2018, ainsi que de la signification de cet état assortie des intérêts et frais de procédure pour un montant de de 1 170,74 euros le 17 décembre 2020, du commandement de payer à fin de saisie-vente n°1706220013 du 7 janvier 2021 pour un montant de 1 239,55 euros émis en exécution du titre exécutoire relatif au charges 2016, de la saisie de sa rémunération n°1706220013 pratiquée au même titre et du commandement à fin de saisie-vente n°1812040028 du 17 décembre 2020 pour un montant de 2 743,79 euros relatif aux charges d'occupation du logement pour l'année 2017.
Sur l'exception d'incompétence du juge administratif pour statuer sur la légalité des actes d'exécution forcée :
3. Par la présente requête, Mme D demande au tribunal d'annuler le commandement aux fins de saisie vente n° 1706220013 du 7 janvier 2021 pour un montant de 1 239,55 euros, le commandement aux fins de saisie vente n° 1812040028 du 17 décembre 2020 pour un montant de 2 743,79 euros relatif aux charges d'occupation du logement pour l'année 2017, la saisie attribution avec saisie rémunération n°1706220013.
Sur l'exception d'incompétence de la juridiction administrative pour connaître de la validité des actes d'exécution forcée :
4. Aux termes de l'article R.211-10 du code des procédures civiles d'exécution : " Les contestations sont portées devant le juge de l'exécution du lieu où demeure le débiteur ".
5. Dès lors, les conclusions de Mme D contre ces actes, dont la contestation relève du juge judiciaire de l'exécution, doivent, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité, être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur les conclusions dirigées contre l'avis de facture de 1 239,55 euros relative aux charges d'occupation du logement de fonction du Parc impérial pour l'année 2016 :
6. Si Mme D demande au tribunal d'annuler l'état exécutoire de 1 238,55 euros correspondant aux frais d'occupation d'un logement de fonction au titre de l'année 2016, il ressort des pièces du dossier qu'aucun état exécutoire ne correspond à cette désignation, les charges d'occupation du logement de fonction correspondant, pour l'année 2016, à une somme de 960,62 euros. Ses conclusions à ce titre ne peuvent dès lors qu'être rejetées comme dirigées contre un acte inexistant.
7. En tout état de cause, il ressort également des pièces du dossier que Mme A B a contesté les charges d'occupation de ce logement pour l'année 2016 à l'occasion de précédentes instances, que ses conclusions contre l'ensemble des actes émis à ce titre ont été rejetées par un jugement n°s 1605193, 1702630, 1701199 du 15 mars 2019. Dès lors, les conclusions présentées au même titre dans le cadre de la présente instance ne peuvent, par suite, qu'être rejetées compte tenu de l'autorité de chose jugée attachée à ce jugement.
Sur les conclusions dirigées contre l'état exécutoire de 1 043,77 euros correspondant aux charges d'occupation d'un logement de fonction au lycée du Parc impérial pour l'année 2018 ainsi que la signification de cet état exécutoire en date du 17 décembre 2020 pour un montant de 1 170,74 euros incluant les intérêts et frais de procédure :
8. Par un jugement n°1904021 du 29 décembre 2022, devenu définitif, le tribunal administratif de Nice a rejeté les conclusions de Mme D contre le titre exécutoire émis le 8 juillet 2019 au titre des charges d'occupation d'un logement au lycée du Parc Impérial pour l'année 2018 à hauteur de 1 043,77 euros. Elle présente dans la présente instance, des conclusions identiques contre ce titre, ainsi que contre la notification de ce titre assortie des intérêts et frais de procédure. Dès lors, ces conclusions, qui se heurtent à l'autorité de chose jugée attachée à ce jugement ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.
Sur la charge de frais de procédures d'exécution forcée :
9. A supposer, compte tenu de la grande confusion régnant dans ses écritures, que la requérante puisse être regardée comme contestant la mise à sa charge des frais engendrés par les procédures civiles d'exécution engagées à son encontre, cette contestation relevant du juge judiciaire de l'exécution, ses conclusions formulées à ce titre, qui ne relèvent pas du juge administratif, ne peuvent, dès lors qu'être rejetées comme portées devant une juridiction incompétentes pour en connaître.
Sur les conclusions indemnitaires :
10. Outre la circonstance que Mme D ne démontre pas l'existence d'un agissement fautif qu'elle impute au département des Alpes-Maritimes, elle ne peut, en tout état de cause, sur le fondement de cette faute qu'elle impute au département, solliciter une indemnisation par le lycée du Parc Impérial qui est dépourvu de la personnalité juridique, la requérante n'ayant, au surplus adressé à l'autorité administrative compétente, aucune demande préalable.
Sur les conclusions au titre des frais liés à l'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que soit mise à la charge du lycée du Parc Impérial, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par Mme D au titre des frais liés à l'instance. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de Mme A B une somme de 2 000 euros en application de ces dispositions.
Sur l'amende pour recours abusif :
12. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative, " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ".
13. En l'espèce, la présente requête fait suite à de nombreuses requêtes introduites devant le tribunal administratif de Nice, puis la cour administrative d'appel et s'inscrivant dans le même contexte contentieux lié à l'éviction de Mme D de son poste de directrice adjointe du lycée du Parc impérial de Nice. Dans le cadre de la présente instance, la requérante n'a présenté aucune conclusion qui ne se heurte à l'autorité de la chose jugée ou à l'incompétence de la juridiction administrative pour en connaître. Dès lors, cette requête doit être regardée comme abusive et par suite, il y a lieu de prononcer à l'encontre de Mme D une amende de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Mme D versera au lycée du Parc Impérial (rectrice de l'académie de Nice) une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Mme D est condamnée au paiement d'une amende de 1 000 euros en application de l'article R.741-12 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, à la rectrice de l'académie de Nice et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Copie en sera transmise au proviseur du lycée du Parc Imperial.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Taormina, président,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.
La rapporteure,
signé
L. Guilbert
Le président,
signé
G. Taormina La greffière,
signé
E. Gialis
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026