mercredi 31 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2100709 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat M. TAORMINA |
| Avocat requérant | GEMSA AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 février 2021, Mme A C, agissant en qualité de représentante légale, au nom et pour le compte de sa fille mineure B C, représentée par Me Gemsa, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Cannes à lui payer les sommes de :
- 990, 00 euros, en remboursement des honoraires d'assistance à l'expertise judiciaire ;
- 3 000, 00 euros, en réparation des souffrances endurées ;
2°) de condamner le centre hospitalier de Cannes à lui payer la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le centre hospitalier de Cannes a commis une faute en tardant à faire procéder à une radiographie du thorax, à poser le diagnostic et à faire évacuer sa fille vers le CHU de Nice.
Par courriers du 11 février 2021, la procédure a été communiquée aux caisses primaires d'assurance maladie du Var et des Alpes-Maritimes qui n'ont pas enregistré de mémoires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er avril 2021, le centre hospitalier de Cannes, représenté par Me Chas, conclut à titre principal au rejet de la requête et subsidiairement, pour le cas où sa responsabilité serait établie, à n'admettre les prétentions indemnitaires de Mme C que dans de plus juste proportion.
Il fait valoir que :
- il résulte du rapport d'expertise judiciaire ordonnée en référé, qu'il n'a commis aucune faute et qu'il n'existe aucun préjudice puisqu'il n'y a aucune perte de chance ;
- la somme de 150 euros réclamée au titre de l'établissement d'un certificat médico-légal établi avant expertise judiciaire, correspond à un acte non nécessaire.
Vu :
- l'ordonnance de taxe du 18 février 2020 rendue par la présidente du tribunal administratif de Nice ;
- le rapport d'expertise judiciaire du 30 décembre 2019 ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Taormina en application de l'article R.222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gilles Taormina, magistrat désigné,
- les conclusions de M. Patrick Soli, rapporteur public,
- et les observations de Me Poncer, représentant le centre hospitalier de Cannes.
Considérant ce qui suit ;
1. La jeune B C est née prématurément le 10 juillet 2008 à Nice. Le 8 octobre 2008, la jeune B âgée de deux mois et demi a présenté une bronchiolite qui a justifié son hospitalisation au centre hospitalier de Cannes. Son état s'étant aggravé dans la nuit du 10 au 11 octobre, un traitement par corticoïde par voie veineuse a été mis en place le matin et du 11 et à 17h45, le pédiatre a examiné l'enfant, demandé les gaz du sang et sollicité une radiographie du thorax qui ne pourra être réalisée que 3h30 plus tard et montrera la présence d'un pneumothorax de type D immédiatement exsufflé. Du fait de l'état de l'enfant, la décision de le transférer au CHU de Nice a été prise à 21h45, l'enfant n'étant pris en charge par le SAMU qu'à 23h00.
2. Par ordonnance n°1900839 du 9 avril 2019, le juge des référés du tribunal de céans a ordonné une expertise et commis pour y procéder le Dr D qui a rendu son rapport le 30 décembre 2019. Par courrier du 18 février 2021 parvenu à son destinataire le 22 février suivant, Mme A C, agissant en qualité de représentante légale, au nom et pour le compte de sa fille mineure B C, a formulé une demande préalable d'indemnisation demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Cannes à lui payer les sommes de 990, 00 euros, en remboursement des honoraires d'assistance à l'expertise judiciaire et 3 000, 00 euros, en réparation des souffrances endurées.
Sur la responsabilité du centre hospitalier de Cannes :
3. Aux termes de l'article L.1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ".
4. Le retard de diagnostic, qui constitue une faute médicale uniquement lorsque, dans les circonstances de l'espèce, il pouvait avoir été fait plus tôt et qu'il n'existe aucune raison légitime qu'il n'en fût pas ainsi, ne peut être considéré comme ayant causé un préjudice que lorsqu'il a privé l'intéressé de chances sérieuses de rétablissement ou de récupération même partielle ou de survie. Le préjudice qui résulte directement de la faute commise par l'établissement et doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte d'une chance de l'éviter. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
5. Il résulte du rapport d'expertise judiciaire, que si le centre hospitalier de Cannes a commis une faute en ne réalisant que 3h30 après la décision de la réaliser, la radiographie du thorax de l'enfant B, retardant ainsi la prise de la décision de l'évacuer vers le CHU de Nice et son évacuation effective le 12 octobre à 1h00, l'enfant subissant durant une durée excessive des souffrances causées par une acidose respiratoire, ce retard n'a fait perdre à l'enfant aucune chance de rétablissement, de récupération même partielle ou de survie. Dès lors,
Mme C n'est fondée à demander réparation au centre hospitalier de Cannes d'aucun préjudice. Par suite ses conclusions indemnitaires doivent être rejetées.
Sur la déclaration de jugement commun :
6. Il y a lieu de déclarer le présent jugement commun aux caisses primaires d'assurance maladie du Var et des Alpes-Maritimes qui, régulièrement mises en cause dans la présente instance, n'ont pas produit de mémoire.
Sur la charge des frais d'expertise :
7. Aux termes de l'article R.761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties ".
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre les frais de l'expertise ordonnée en référé, liquidés et taxés à la somme totale de 1 440, 00 euros par l'ordonnance du 18 février 2020 de la présidente du tribunal administratif de Nice, à la charge du centre hospitalier de Cannes.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
9. Aux termes de l'article L.761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ".
10. Les dispositions précitées font obstacle à ce que soit mis à la charge du centre hospitalier de Cannes une somme au titre des frais exposés par Mme C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les frais d'expertise judiciaire liquidés et taxés à la somme de 1 440, 00 euros par ordonnance de la présidente du tribunal administratif de Nice du 18 février 2020, sont mis à la charge définitive du centre hospitalier de Cannes.
Article 3 : Le présent jugement est déclaré commun aux caisses primaires d'assurance maladie du Var et des Alpes-Maritimes.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, au centre hospitalier de Cannes, à la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-Maritimes et à la caisse primaire d'assurance maladie du Var.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2023.
Le magistrat désigné,
signé
G. Taormina
Le greffier,
signé
L. Bianchi
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation le greffier
N°2100709
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026