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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2101067

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2101067

mardi 21 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2101067
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationMagistrat Mme POUGET
Avocat requérantDESFARGES PIERRE-HENRY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés respectivement les 25 février 2021 et 9 décembre 2022, Mme B A, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le département des Alpes-Maritimes a rejeté le recours administratif qu'elle a formé le 19 juin 2020 à l'encontre de la décision en date du 11 février 2020 lui notifiant un indu de RSA " socle " référencé INK 002 d'un montant de 16 849,98 euros pour la période du mois de février 2017 au mois de décembre 2019 ;

2°) de lui accorder une remise de sa dette ;

3°) de mettre à la charge du département des Alpes-Maritimes la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées de l'article L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

La requérante soutient que :

- la décision a été prise sur le fondement d'un traitement algorithmique en méconnaissance des dispositions des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 262-47 et R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles ;

- elle méconnait les droits de la défense ;

- les aides et secours financiers reçus n'avaient pas à être déclarés du fait de leur caractère non régulier ;

- certaines sommes non déclarées émanent d'un remboursement de prêt antérieur à la date d'attribution du RSA ;

- la décision en litige méconnaît l'article L. 262-46 alinéa 2 du code de l'action sociale et des familles ;

- elle est de bonne foi ;

- elle est dans une situation financière précaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2022, le département des Alpes-Maritimes, représenté par son président en exercice, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la demande de remise gracieuse est irrecevable et que les moyens invoqués à l'encontre de la décision implicite de rejet ne sont pas fondés.

Par une décision du 26 novembre 2020, Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de sécurité sociale ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 février 2023 à 9 heures 30 :

- le rapport de Mme Pouget, présidente ;

- et les observations de M. C, représentant le département des Alpes-Maritimes.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur l'objet du litige :

1. Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle le département des Alpes-Maritimes a rejeté le recours administratif préalable qu'elle a formé le 19 juin 2020 contre la décision de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes en date du 11 février 2020 lui notifiant un indu de RSA " socle " référencé INK 002 d'un montant de 16 849,98 euros pour la période du mois de février 2017 au mois de décembre 2019. Toutefois, il résulte de l'instruction que, par une décision du 23 septembre 2022, postérieure à l'introduction de la requête, le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, après avis de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes, a expressément rejeté ce recours administratif préalable. La décision du 23 septembre 2022 s'étant substituée à la décision implicite de rejet, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre cette décision implicite ont perdu leur objet et les conclusions doivent être regardées comme étant dirigées contre la décision du 23 septembre 2022. Pour ce motif, les moyens invoqués contre la décision implicite de rejet sont inopérants et doivent être écartés.

Sur le bien-fondé de l'indu :

2. L'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles permet à toute personne résidant en France de manière stable et effective de bénéficier du revenu de solidarité active lorsque les ressources de son foyer sont inférieures au montant forfaitaire. L'article L. 262-3 du même code précise que l'ensemble des ressources du foyer est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active. L'article R 262-37 du même code impose au bénéficiaire du revenu de solidarité active de faire connaître au service qui en assure la gestion toute information relative aux ressources qu'il perçoit.

3. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

4. Il résulte de l'instruction que l'indu en litige a été généré par l'absence de déclaration à la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes d'une somme d'un montant total de 23 736 euros versée sur les comptes bancaires de la requérante sur la période du mois de novembre 2016 au mois d'octobre 2019. La requérante fait valoir que les sommes perçues correspondent au remboursement d'un prêt qu'elle aurait consenti à un ami d'une part et à une aide financière de la part d'un parent d'autre part. Toutefois, elle n'apporte pas d'éléments probants à l'appui de ses allégations. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le président du conseil départemental a pu considérer que de telles omissions caractérisaient de fausses déclarations et mettre à la charge de la requérante l'indu en litige.

Sur la demande de remise gracieuse :

5. Il ne résulte pas de l'instruction que Mme A aurait saisi le président du conseil départemental d'une demande tendant à la remise gracieuse, totale ou partielle, de sa dette. Par suite, et en tout état de cause, sa demande est irrecevable et doit, dès lors, être rejetée.

Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :

6. Le département des Alpes-Maritimes n'étant pas, dans la présente instance, la partie perdante, la demande de Mme A formée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ne peut qu'être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision implicite par laquelle le département des Alpes-Maritimes a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé par Mme A contre la décision de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes du 11 février 2020.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au président du conseil départemental des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée au directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2023.

La présidente,La greffière,

signésigné

M. D

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière,

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