mardi 6 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2101634 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | PALOUX |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête n° 2101634 et un mémoire, enregistrés le 23 mars 2021, le 11 avril 2023, M. B, représenté par Me Paloux, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures:
1°) d'annuler la décision du 25 janvier 2021 par laquelle le recteur de l'académie de Nice a rejeté sa demande d'indemnisation à hauteur de 50 000 euros ;
2°) d'annuler la décision implicite du 24 février 2021 par laquelle le ministre de l'éducation nationale a rejeté la même demande ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 50 000 euros en réparation de son préjudice, assortie des intérêts à compter du 25 janvier 2021 et des intérêts de retard ; d'ordonner la capitalisation des intérêts échus ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 8 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le recteur a commis de multiples fautes, en le nommant sur des fonctions d'enseignement et en le radiant des cadres sans s'assurer de son aptitude à assumer de telles fonctions, en le plaçant puis en le maintenant en congé de maladie d'office, toujours sans se fonder sur des éléments médicaux, en refusant de lui accorder un poste adapté de longue durée, l'ensemble de ces décisions ayant fait l'objet d'annulations définitives, en refusant de procéder à son reclassement à l'issue d'une période d'un an sur des fonctions de catégorie A au lycée Pierre et Marie Curie de Menton, en adoptant à son égard une attitude relevant du harcèlement, en ne le plaçant pas dans une situation statutaire régulière, en refusant de valider sa période préparatoire au reclassement et en le radiant des cadres une deuxième fois ;
- l'ensemble de ces agissements fautifs lui a occasionné un préjudice moral évalué à 50 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 10 février 2023 et le 15 mai 2023, la rectrice de l'académie de Nice conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par é ne sont pas fondés.
II. Par une requête n° 2101635 et un mémoire, enregistrés le 23 mars 2021 et le 11 avril 2023, M. B, représenté par Me Paloux, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 25 janvier 2021 par laquelle le recteur de l'académie de Nice a rejeté sa demande de protection fonctionnelle, ensemble la décision implicite du 24 février 2021 par laquelle le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a confirmé ce refus ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Nice et au ministre de l'éducation nationale de lui délivrer le bénéfice de la protection fonctionnelle, à défaut, de réexaminer sa demande de protection fonctionnelle ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 6 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les différentes décisions prises par l'administration à son égard caractérisent un harcèlement.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 10 février 2023 et le 15 mai 2023, la rectrice de l'académie de Nice conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
III. Par une requête n° 2103010 et un mémoire, enregistrés le 1er juin 2021 et le 31 mars 2023, M. B, représenté par Me Paloux, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 avril 2021 par laquelle le recteur de l'académie de Nice lui a notifié un refus de validation de sa période préparatoire au reclassement dans le corps des attachés et lui a demandé de prendre position sur une transition professionnelle vers un emploi de catégorie B en tant qu'elle révèle un refus de reclassement en qualité d'attaché d'administration de l'Etat ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Nice de procéder à son reclassement sur un poste de catégorie A ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 10 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur de droit et contrevient à son droit au reclassement et à l'obligation de loyauté dès lors que l'administration n'a pas cherché à le reclasser sur un poste de catégorie A ; il n'a pas été déclaré inapte à toutes fonctions de catégorie A ;
- elle est intervenue au terme d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il avait repris ses fonctions un an auparavant et qu'un plan de préparation au reclassement ne pouvait plus lui être imposé et qu'aucune convention tripartite n'était exigible pour un agent accueilli dans son administration d'origine ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dans la mesure où il est en capacité d'assumer les fonctions d'un attaché d'administration ;
- elle est entachée de détournement de pouvoir ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2023, la rectrice de l'académie de Nice conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
IV. Par une requête n° 2104534 et un mémoire, enregistrés le 30 août 2021 et le 31 mars 2023, M. B, représenté par Me Paloux, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 juin 2021 par laquelle le recteur de l'académie de Nice a refusé sa demande d'affectation sur un poste adapté de longue durée, a confirmé son refus de reconversion professionnelle dans le corps d'attaché d'administration et l'a maintenu sur le poste de fondé de pouvoir au sein du lycée Pierre et Marie Curie, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux du 5 juillet 2021 ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Nice de réexaminer sa demande d'affectation sur un poste adapté de longue durée dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- cette décision méconnaît l'autorité de la chose jugée, le tribunal ayant enjoint au recteur d'académie de l'affecter sur un poste adapté de longue durée dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement du 31 mars 2021 ; elle a par ailleurs dénaturé les termes de ce jugement, le tribunal ayant seulement retenu que son état ne lui permettait pas d'exercer des fonctions d'enseignement en présentiel ;
- cette décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il est en capacité d'assurer les missions d'attaché d'administration ;
- le rectorat ne pouvait exiger la signature d'une convention tripartite de préparation au reclassement alors qu'il était déjà affecté sur un poste sur lequel il avait donné pleine satisfaction ; une telle convention, qui a vocation à être conclue lorsque la période de reclassement se déroule en dehors de l'administration d'origine ne pouvait lui être imposée ;
- elle est entachée d'erreur de droit et méconnaît l'article 63 4° de la loi du 11 janvier 1984 dès lors que son maintien sur les fonctions de chargé de pouvoir ne répond pas à l'obligation de le placer dans une position statutaire régulière ;
- elle est entachée de détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2023, la rectrice de l'académie de Nice conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par A ne sont pas fondés.
V. Par une requête n° 2104499 et un mémoire, enregistrés le 26 août 2021 et le 4 avril 2023, M. B, représenté par Me Paloux, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 juillet 2021 par laquelle le recteur de l'académie de Nice a prononcé sa radiation des cadres de la fonction publique ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté en litige est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation pour avoir considéré qu'il était en situation d'abandon de poste ;
- il a fait l'objet de harcèlement moral de la part de l'administration, de sorte que son refus de rejoindre son lieu de travail ne saurait s'interpréter comme un abandon de poste.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 8 février 2023 et le 15 mai 2023, la rectrice de l'académie de Nice conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par é ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application de l'article R.611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal est susceptible de se fondé sur le moyen relevé d'office tiré de ce que la décision du 30 juin 2021, par laquelle l'administration l'a maintenu provisoirement sur le poste de fondé de pouvoir, qui a pour seul objet de permettre à l'intéressé de poursuivre une activité en attendant qu'il puisse être reclassé sur des fonctions appropriées ne lui fait pas grief. Il n'est dès lors pas recevable à en demander l'annulation.
Par un mémoire, enregistré le 28 décembre 2023, M. A conclut au maintien de ses conclusions en annulation contre cette décision.
Il soutient que la décision le maintenant sur un poste de fondé de pouvoir lui fait grief en ce qu'elle le maintien dans une position statutaire irrégulière.
Vu :
- les autres pièces des dossiers;
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Guilbert,
- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,
- et les observations de Me Paloux, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Le 22 décembre 2020, M. A, professeur de l'enseignement secondaire, dans l'incapacité d'exercer ses fonctions depuis un accident de service survenu le 15 juin 2010, a adressé à l'administration une demande indemnitaire préalable ainsi qu'une demande de protection fonctionnelle. Le recteur a rejeté ces demandes le 25 janvier 2021. Le ministre de l'éducation nationale a implicitement confirmé ce rejet le 24 février 2021. Le requérant demande au tribunal d'annuler ces deux décisions. Le 2 avril 2021, le recteur a refusé de valider la période préparatoire au reclassement de M. A dans le corps des attachés. Par les présentes requêtes, M. A doit être regardé comme demandant l'annulation de cette décision en tant qu'elle révèle le refus de l'administration de le reclasser en qualité d'attaché d'administration de l'Etat. Le 30 juin 2021, le recteur a refusé d'affecter M. A sur un poste adapté de longue durée, a confirmé son refus de reconversion sur un emploi d'attaché d'administration et l'a maintenu sur les fonctions de fondé de pouvoir au sein du lycée Pierre et Marie Curie. Le requérant demande également l'annulation de cette décision. Le 13 juillet 2021, le recteur d'académie a procédé à la radiation du requérant pour abandon de poste et rupture du lien avec le service, pour n'avoir pas rejoint le 9 mai 2021 le poste de fondé de pouvoir du Lycée Marie Curie. M. A en demande l'annulation. Ildemande également au tribunal de condamner l'administration à lui verser une somme de 50 000 euros en indemnisation du préjudice subi.
Sur la jonction :
2. Les affaires n° 2101634,2101635,2103010, 2104499 et 2104534 ont fait l'objet d'une instruction commune et donnent à juger des questions identiques. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Lauréat du CAPES d'anglais, M. A, alors enseignant stagiaire au collège Victor Hugo, a été victime d'un accident de service le 15 juin 2010. Il a été titularisé au mois de juillet 2010. L'imputabilité de son accident au service a été reconnue le 5 juillet 2011. M. A n'étant pas en capacité de reprendre ses fonctions d'enseignement, il a signé le 21 décembre 2011, avec le délégué académique à la formation professionnelle initiale et continue et le recteur de l'académie de Nice une convention d'accompagnement des mobilités professionnelles au titre de l'année 2011-2012 visant à permettre au requérant de s'initier aux compétences propres aux personnels administratifs. Le 9 juillet 2012, le recteur d'académie a informé M. A de l'avis favorable de la commission administrative paritaire pour une deuxième année de poste adapté de courte durée sur une double affectation répartie entre le centre national d'enseignement à distance (CNED) et le collège Port Lympia de Nice. M. A a, à plusieurs reprises, fait valoir qu'il était inscrit dans un projet de réorientation professionnelle vers des fonctions administratives qui exclut, pour raisons de santé, la reprise de fonctions d'enseignement. Par un courrier non daté, présenté à l'intéressé le 5 septembre 2012 et notifié le lendemain, le recteur de l'académie a refusé le renouvellement de la convention d'accompagnement des mobilités professionnelles au titre de l'année 2011-2012 et lui a enjoint de se présenter au collège du Port Lympia à la date du 3 septembre 2012 sous peine de mettre fin à son affectation en poste adapté de courte durée et de l'affecter en qualité de titulaire sur zone de remplacement. Par courrier du 6 septembre 2012, M. A a de nouveau fait état de son incapacité à assumer ces fonctions. Par courrier du 8 octobre 2012, le recteur a affecté le requérant sur la zone de remplacement Alpes-Maritimes en le rattachant au collège Henri Matisse de Nice. Il l'a mis en demeure le 16 novembre 2012 de se présenter au lycée Estienne d'Orves de Nice pour y effectuer une suppléance du 3 octobre au 23 novembre 2012, puis le 18 novembre 2012, a décidé de faire procéder à une retenue de 18 jours de traitement pour service non fait. Le 13 décembre 2012, le recteur d'académie a de nouveau mis M. A en demeure de prendre son poste. Face au refus de l'intéressé le 17 décembre 2012, le recteur a décidé par arrêté du 1er février 2013, de procéder à la radiation des cadres du requérant, pour abandon de poste. Le requérant a contesté cet arrêté par recours hiérarchique du 10 février 2013. Par un arrêt du 24 mai 2016 n°15MA01601 et 15MA01602, la cour administrative d'appel de Marseille a annulé les arrêtés des 28 août 2012, 8 octobre 2012 et 1er février 2013 et a enjoint au rectorat de procéder à sa réintégration juridique. Par une décision du 19 octobre 2016, le recteur a décidé de le reclasser d'office à compter du 1er janvier 2017 sur un poste vacant au centre régional des œuvres universitaires et scolaires en tant que secrétaire administratif de l'éducation nationale. Il a été installé en surnombre dans ses fonctions de chargé de mission hébergement le 14 novembre 2016. A la suite d'un congé maladie, M. A a réintégré ce poste du 1er septembre 2017 au 2 novembre 2017. Le 13 novembre 2017, il a été nommé en poste adapté de courte durée au collège Les Baous de Saint-Jeannet. Le 30 janvier 2018, le rectorat l'a placé en congé d'office, puis, le 13 avril 2018, en congé de longue maladie d'office pour la période du 30 janvier au 29 juillet 2018, prolongé jusqu'au 29 janvier 2019. Le 12 octobre 2018, M. A a sollicité le bénéfice d'un placement en poste adapté de longue durée. Le recteur a rejeté sa demande le 21 mars 2019. Le 2 juillet 2019, le recteur a informé le requérant de l'avis favorable du comité médical départemental à une reprise d'activité professionnelle sur un poste administratif, et lui a proposé un poste de fondé de pouvoir au lycée Pierre et Marie Curie, qu'il a accepté. Il a été affecté sur ce poste le 19 juillet 2019 pour une prise de fonction effective le 1er septembre 2019. Le 1er octobre 2020, le recteur d'académie a proposé à M. A la signature d'une convention de préparation au reclassement.
En celui concerne les conclusions d'annulation dirigées contre le refus de nomination du requérant sur un poste adapté de longue durée :
4. Par un jugement du 31 mars 2021, devenu définitif, le tribunal administratif de Nice a annulé la décision du 21 mars 2019 par laquelle le recteur de l'académie de Nice a refusé de nommer M. A sur un poste adapté de longue durée..Si le rectorat produit un avis médical défavorable à l'attribution d'un poste adapté au sein du CNED, M. A a également manifesté le souhait d'être affecté sur un poste administratif, dont le rectorat ne démontre pas ne pas disposer. Pour ces motifs, le 22 avril 2021, le tribunal a enjoint au rectorat de réexaminer la demande d'affectation sur un poste adapté de longue durée formulée par le requérant dans un délai de quatre mois. Par la décision contestée du 30 juin 2021, le recteur d'académie a de nouveau retenu que l'emploi de correcteur du CNED sollicité par le requérant était incompatible avec son état de santé et qu'il ne justifiait pas d'un projet professionnel clairement identifié. Le recteur a pour ce motif, rejeté sa demande de poste adapté. En se bornant à réexaminer la demande de l'intéressé au regard des seules fonctions de correcteur au sein du CNED, sans rechercher si un poste adapté de longue durée pouvait lui être proposé sur des fonctions administratives, et alors même qu'il lui appartenait de l'accompagner dans la définition de son projet professionnel, le recteur d'académie a méconnu l'autorité de la chose jugée qui s'attache aux motifs qui ont fondé le jugement d'annulation du 31 mars 2021. Dès lors, il y a lieu d'annuler la décision du 30 juin 2021 en tant qu'elle refuse de nommer le requérant sur un poste adapté de longue durée.
5. Toutefois, compte-tenu de la radiation des cadres ultérieure de l'intéressé, il n'y a pas lieu d'ordonner la nomination de M. A sur un poste adapté de longue durée.
En ce qui concerne les conclusions d'annulation dirigées contre le refus de validation du plan de reclassement :
6. En premier lieu, la décision en litige reprend en détail les considérations qui en constituent le fondement, à savoir, notamment, les lacunes de l'intéressé tant en termes de connaissances que de compétences s'opposant à l'exercice de missions relevant d'un attaché d'administration, ainsi que son refus de prolonger la période de préparation au reclassement. Le moyen tiré du défaut de motivation doit dès lors être écarté comme manquant en fait.
7. En deuxième lieu, M. A ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'alinéa 4eme alinéa de l'article 63 de la loi du 11 janvier 1984, aux termes desquelles " Il peut être procédé au reclassement des fonctionnaires mentionnés à l'alinéa premier du présent article par la voie du détachement dans un corps de niveau équivalent ou inférieur. Dès qu'il s'est écoulé une période d'un an, les fonctionnaires détachés dans ces conditions peuvent demander leur intégration dans le corps de détachement. ", pour fonder un droit inconditionnel au reclassement dans les fonctions souhaitées à l'issue d'une période d'un an.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 2 du décret du 30 novembre 1984 pris pour l'application de la loi du 11 janvier 1984 : " Lorsque l'état de santé d'un fonctionnaire, sans lui interdire d'exercer toute activité, ne lui permet pas de remplir les fonctions correspondant aux emplois de son corps, l'administration, après avis du comité médical, propose à l'intéressé une période de préparation au reclassement en application de l'article 63 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée./ La période de préparation au reclassement débute à compter de la réception de l'avis du comité médical si l'agent est en fonction ou à compter de sa reprise de fonctions si l'agent est en congé de maladie lors de la réception de l'avis du comité médical./ La période de préparation au reclassement prend fin à la date de reclassement de l'agent et au plus tard un an après la date à laquelle elle a débuté. Toutefois, l'agent qui a présenté une demande de reclassement peut être maintenu en position d'activité jusqu'à la date à laquelle celui-ci prend effet, dans la limite de la durée maximum de trois mois mentionnée à l'article 3 du présent décret ". Par ailleurs, aux termes de l'article 2-1 de ce décret : " La période de préparation au reclassement a pour objet de préparer et, le cas échéant, de qualifier son bénéficiaire pour l'occupation de nouveaux emplois compatibles avec son état de santé, s'il y a lieu en dehors de son administration d'affectation. Elle vise à accompagner la transition professionnelle du fonctionnaire vers le reclassement./ La période de préparation au reclassement peut comporter, dans l'administration d'affectation de l'agent ou dans toute administration ou établissement public mentionnés à l'article 2 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, des périodes de formation, d'observation et de mise en situation sur un ou plusieurs postes. Les modalités d'accueil de l'agent lorsque ces périodes se déroulent en dehors de son administration d'affectation font l'objet d'une convention tripartite conclue entre cette administration, l'administration ou l'établissement d'accueil et l'intéressé ".
9. En l'espèce, après avoir été déclaré apte à une reprise d'activité professionnelle, le requérant a été affecté au lycée Pierre et Marie Curie de Menton. L'intéressé a exercé ses fonctions pendant un an sans bénéficier d'une période de préparation au reclassement. Toutefois, face aux lacunes constatées par l'administration dans l'exercice de ses missions, un accompagnement lui a été proposé au mois de septembre 2020, sous la forme d'une convention tripartite ayant pour objet l'organisation d'une période de préparation au reclassement, qu'il a acceptée et signée. Si, en application des dispositions précédemment citées, cette période de préparation au reclassement a été instaurée tardivement, cette circonstance ne saurait toutefois, lui conférer un droit inconditionnel à reclassement dans le corps des attachés de l'Etat. En outre, s'il ne résulte pas des dispositions en vigueur qu'une convention tripartite doive être signée lorsque l'accueil de l'agent en préparation au reclassement s'effectue dans son administration d'origine, aucune disposition ne s'oppose à la formalisation d'un tel document. Partant, le moyen tiré du vice de procédure ne peut qu'être écarté.
10. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment des rapports d'évaluation établis le 9 septembre 2020 et au mois d'avril 2021 que dans l'exercice de ses missions, M. A, bien que faisant preuve de bonne volonté, a démontré une tendance à suivre les procédures de manière très rigide, témoignant de difficultés à s'adapter, un manque d'autonomie et d'initiative, faisant preuve d'attentisme face aux problèmes rencontrés, manquant d'analyse et de synthèse. Malgré les formations dispensées, il ne s'est pas montré en capacité d'aller au-delà des tâches d'exécution, conduisant son encadrement à considérer qu'il ne présente pas les qualités, aptitudes et compétences pour assurer les missions de cadre administratif, que ce soit en qualité de fondé de pouvoir ou sur toute autre fonction de même grade. Par suite, et quand bien-même, ainsi qu'il a été dit au point 3, la décision par laquelle le recteur a refusé de le nommer sur un poste adapté de longue durée est illégale en raison de l'autorité de chose jugée qui s'attache aux motifs et au dispositif du jugement du 31 mars 2021 précédemment cité, il ressort des pièces du dossier que le requérant n'a pas démontré ses capacités professionnelles à assumer pleinement des fonctions de catégorie A. Partant, alors qu'il ne fait état d'aucun élément susceptible de contredire l'évaluation de ses capacités présentée par l'administration, il ne peut sérieusement soutenir que le refus de valider sa période de préparation au reclassement en catégorie A serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation ni que son administration aurait dû chercher à le reclasser sur un poste de catégorie A.
11. Enfin, compte-tenu de ce qui précède, M. A ne démontre pas que la décision attaquée serait intervenue au terme d'un détournement de pouvoir.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre le maintien du requérant sur des fonctions de chargé de pouvoir :
12. M. A soutient que le plan de préparation au reclassement prévu par l'article 63 de la loi du 11 janvier 1984 ne pouvant excéder un an et tout fonctionnaire devant être placé dans une position statutaire, la décision de le maintenir provisoirement sur le poste de fondé de pouvoir au lycée Pierre et Marie Curie serait entaché d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation. Toutefois, cette décision, qui a pour seul objet de permettre à l'intéressé de poursuivre une activité en attendant qu'il puisse être reclassé sur des fonctions appropriées ne lui fait pas grief. Il n'est dès lors pas recevable à en demander l'annulation.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre le refus de protection fonctionnelle :
S'agissant de la qualification de harcèlement moral :
13. Aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, issu de la loi du 17 janvier 2002 de modernisation sociale : "Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la formation, la notation, la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne peut être prise à l'égard d'un fonctionnaire en prenant en considération : /1° Le fait qu'il ait subi ou refusé de subir les agissements de harcèlement moral visés au premier alinéa ; / 2° Le fait qu'il ait exercé un recours auprès d'un supérieur hiérarchique ou engagé une action en justice visant à faire cesser ces agissements ; / 3° Ou bien le fait qu'il ait témoigné de tels agissements ou qu'il les ait relatés. / Est passible d'une sanction disciplinaire tout agent ayant procédé ou ayant enjoint de procéder aux agissements définis ci-dessus. () ".
14. D'une part, il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
15. D'autre part, pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. En revanche, la nature même des agissements en cause exclut, lorsque l'existence d'un harcèlement moral est établie, qu'il puisse être tenu compte du comportement de l'agent qui en a été victime pour atténuer les conséquences dommageables qui en ont résulté pour lui. Le préjudice résultant de ces agissements pour l'agent victime doit alors être intégralement réparé.
16. En l'espèce, M. A soutient que l'administration a adopté à son égard, depuis le mois de juillet 2012, une attitude visant à le mettre à l'écart, refusant de lui octroyer un poste adapté et de prendre en compte l'incapacité d'enseigner devant des élèves résultant de son accident. Il ressort en effet des pièces du dossier que l'administration, estimant que son projet de reconversion impliquait nécessairement d'envisager un retour à l'enseignement, l'a, en dépit de son incapacité médicalement constatée à assumer des fonctions d'enseignement en présentiel et de ses protestations, affecté à 50% sur un poste d'enseignement en classe au collège du Port Lympia. Face à son refus de rejoindre ces fonctions, l'administration a mis fin à sa convention de mobilités professionnelles pour l'affecter sur un poste de titulaire sur zone de remplacement, impliquant l'exercice exclusif de missions d'enseignement en présentiel. Devant son refus persistant d'assumer ces fonctions, l'administration a prononcé, après mise en demeure, sa radiation des cadres. L'administration l'a ensuite affecté sur un poste adapté de courte durée de catégorie B au sein du centre régional des œuvres universitaires et scolaires à compter du 1er janvier 2017 sans justifier d'une quelconque incapacité à l'affecter dans des fonctions relevant de son grade. Placé en arrêt de maladie suite au décès de son épouse,il a été affecté, à sa reprise de fonction, pour une période probatoire au collège de Saint-Jeannet le 13 novembre 2017. Quelques jours plus tard, l'administration lui a proposé une affectation dans un établissement du Var que l'intéressé a refusé en raison du traumatisme vécu dans ce département. Au mois de janvier 2018, sans justifier d'aucune démarche ni motif médical, l'administration a placé M. A en congé de maladie d'office, prolongé en congé de longue maladie non imputable au service. En dépit d'une demande de placement en poste adapté de longue durée, le requérant s'est trouvé placé à demi-traitement, décision retirée après l'introduction d'un référé suspension. Ce n'est que le 2 juillet 2019 que le requérant a été affecté sur un poste de fondé de pouvoir de catégorie A dans un établissement mentonnais. Toutefois, ce n'est qu'à l'issue d'une première période d'un an que lui a été proposée la signature d'une convention de période préparatoire au reclassement. Compte-tenu de ce qui précède et jusqu'à cette date, les faits relatés par M. A, caractérisant la pression exercée par l'administration pour l'amener à accepter l'exercice de fonctions d'enseignement incompatibles avec son état, sa rétrogradation sur des fonctions de catégorie B ou encore son éviction pour motif de santé en dehors de toute procédure réglementaire, sont de nature à faire présumer l'existence de faits de harcèlement à son encontre. Il incombait alors à l'administration de renverser la présomption de harcèlement née de ces agissements par une argumentation contraire, laquelle fait totalement défaut, de sorte que la qualification de harcèlement moral doit être reconnue.
S'agissant de la demande de protection fonctionnelle :
17. Aux termes de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée : " Les fonctionnaires bénéficient, à l'occasion de leurs fonctions et conformément aux règles fixées par le code pénal et les lois spéciales, d'une protection organisée par la collectivité publique qui les emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire au fonctionnaire. () La collectivité publique est tenue de protéger les fonctionnaires contre les menaces, violences, voies de fait, injures, diffamations ou outrages dont ils pourraient être victimes à l'occasion de leurs fonctions, et de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté () ". Ces dispositions établissent à la charge de l'administration une obligation de protection de ses agents dans l'exercice de leurs fonctions, à laquelle il ne peut être dérogé que pour des motifs d'intérêt général. Cette obligation de protection a pour objet, non seulement de faire cesser les attaques auxquelles l'agent est exposé, mais aussi d'assurer à celui-ci une réparation adéquate des torts qu'il a subis. La mise en œuvre de cette obligation peut notamment conduire l'administration à assister son agent dans l'exercice des poursuites judiciaires qu'il entreprendrait pour se défendre. Il appartient dans chaque cas à l'autorité administrative compétente de prendre les mesures lui permettant de remplir son obligation vis-à-vis de son agent, sous le contrôle du juge et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
18. Par son courrier du 22 décembre 2020, M. A a demandé au recteur de l'académie de Nice, au titre de la protection fonctionnelle, la prise en charge des frais et honoraires de l'avocat auquel il a dû faire appel pour l'assister dans les procédures engagées contre l'académie de Nice ayant donné lieu aux annulations du 24 mai 2016 et 31 mars 2021 et relatives aux faits décrits précédemment comme constitutifs de harcèlement. Or, pour refuser de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle, l'administration a retenu que les faits invoqués par le requérant n'étaient pas constitutifs de harcèlement. Compte-tenu de ce qui précède, M. A est fondé à soutenir que cette décision est entachée d'erreur d'appréciation. Les décisions par lesquelles l'administration a refusé de faire droit à sa demande de protection fonctionnelle doivent dès lors être annulées.
19. Compte-tenu du motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique qu'il soit enjoint à la rectrice de l'académie de Nice de lui accorder la protection fonctionnelledemandée pour les faits survenus jusqu'au 2 juillet 2019, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la décision du 13 juillet 2021 par laquelle le recteur d'académie a radié le requérant des cadres de la fonction publique :
20. En premier lieu, la décision en litige reprend les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle vise, notamment, les deux mises en demeure successives adressées à M. A, lui demandant de regagner son poste de travail, ces mises en demeures étant restées infructueuses. Le moyen tiré du défaut de motivation manque ainsi en fait et doit être écarté.
21. En deuxième lieu, une mesure de radiation des cadres pour abandon de poste ne peut être régulièrement prononcée que si l'agent concerné a, préalablement à cette décision, été mis en demeure de rejoindre son poste ou de reprendre son service dans un délai approprié qu'il appartient à l'administration de fixer. Une telle mise en demeure doit prendre la forme d'un document écrit, notifié à l'intéressé, l'informant du risque qu'il court d'une radiation des cadres sans procédure disciplinaire préalable. Lorsque l'agent ne s'est pas présenté et n'a fait connaître à l'administration aucune intention avant l'expiration du délai fixé par la mise en demeure, et en l'absence de toute justification d'ordre matériel ou médical, présentée par l'agent, de nature à expliquer le retard qu'il aurait eu à manifester un lien avec le service, cette administration est en droit d'estimer que le lien avec le service a été rompu du fait de l'intéressé.
22. En l'espèce, M. A a été installé le 1er septembre 2019 comme fondé de pouvoir au lycée Pierre et Marie Curie de Menton. A compter du mois de septembre 2020, il a bénéficié d'une période préparatoire au reclassement dans le corps des attachés d'administration de l'Etat limitée, à sa demande, à une période de 26 jours. Le 24 mars 2021, constatant la fin de cette période préparatoire, M. A, a exigé que lui soient notifiés des arrêtés de reclassement et d'affectation définitifs sur le poste jusque-là occupé et informé la rectrice de ce qu'à défaut, il ne se présenterait pas sur son lieu de travail le 10 juin 2021. Le 2 avril 2021, l'administration a estimé que son niveau de connaissances et de compétences ne permettait pas de valider sa reconversion dans le corps des attachés de l'Etat. Le 31 mai 2021, M. A a informé la rectrice de ce qu'il estimait que la fin de son plan de préparation au reclassement emportait également la fin de son affectation dans le lycée susmentionné. Le 4 juin 2021, la rectrice l'a mis en demeure de rejoindre son poste dans un délai de vingt-quatre heures sous peine de radiation des cadres. Le 10 juin 2021, l'intéressé a signifié son refus de rejoindre son poste renvoyant l'administration à ses précédentes revendications. Le même jour, l'adjoint au secrétaire général de l'académie lui a confirmé les termes de la mise en demeure. Par un courrier du 30 juin 2021 reçu le 5 juillet 2021, le recteur d'académie, renouvelant sa mise en demeure, a confirmé à M. A son affectation provisoire dans cet établissement. Le requérant a toutefois renouvelé son refus express de rejoindre son poste le jour-même, faisant valoir que les mises en demeure adressées étaient dépourvues d'effet tant que ne lui seraient pas adressés les arrêtés d'affectation et de reclassement définitifs sollicités. Il ressort ainsi des pièces du dossier, que M. A, qui s'est cru autorisé à conditionner la reprise de ses fonctions à la satisfaction de ses revendications statutaires, ne se prévaut d'aucun motif d'ordre matériel ou médical de nature à expliquer son refus de rejoindre son poste. En outre, s'il entend désormais se prévaloir du harcèlement qu'il estime avoir subi de la part d l'administration pour s'exonérer de l'obligation de déférer aux mises en demeure qui lui ont été adressées, il n'établit pas, ni même n'allègue, alors qu'il revendiquait son reclassement sur le poste occupé, que le comportement de l'administration constituait un obstacle médical ou matériel à la reprise de ses missions. Il doit dès lors être regardé, en dépit de ses dénégations, comme s'étant placé en situation d'abandon de poste.
Sur les conclusions indemnitaires :
23. M. A demande l'annulation des décisions des 25 janvier et 24 février 2021 par lesquelles l'administration a refusé de lui accorder une somme de 50 000 euros en indemnisation du préjudice subi. La légalité de ces décisions, qui ont pour seul objet de lier le contentieux, est sans effet sur la détermination des droits à indemnisation du requérant de sorte que ces conclusions aux fins d'annulation doivent être rejetées.
24. Ainsi qu'il a été dit précédemment, l'administration a adopté à l'égard de M. A un comportement fautif relevant du harcèlement jusqu'à l'année 2019. Si M. A soutient que les fautes de l'administration lui ont occasionné un préjudice moral qu'il évalue à 50 000 euros, il en sera fait une juste appréciation, faute d'élément contraire, en fixant le montant de son indemnisation à la somme de 3 000 euros.
Sur les frais liés au litige :
25. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 30 juin 2021 est annulée en tant qu'elle refuse la nomination de M. A sur un poste adapté de longue durée.
Article 2 : La décision du 25 janvier 2021 par laquelle le recteur de l'académie de Nice a rejeté sa demande de protection fonctionnelle, ensemble la décision implicite du 24 février 2021 par laquelle le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a confirmé ce refus sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint à la rectrice de l'académie de Nice d'accorder à M. A le bénéfice de la protection fonctionnelle pour les faits survenus jusqu'au 2 juillet 2019, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : La rectrice de l'académie de Nice est condamnée à verser à M. A une somme de 3 000 euros en indemnisation de son préjudice.
Article 5 : L'Etat versera à M. A une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. B et à la ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse, des sports et des jeux olympiques et paralympiques.
Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Nice.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Soli, président,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2024.
La rapporteure,
signé
L. Guilbert
Le président,
signé
P. Soli La greffière,
signé
C. Ravera
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse, des sports et des jeux olympiques et paralympiques en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière
N°s 2101634,2101635,2103010, 2104499 et 2104534
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026