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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2101760

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2101760

mardi 16 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2101760
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantSELARL ITINERAIRES AVOCATS - CADOZ-LACROIX-REY-VERNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 25 mars 2021 et 9 mai 2022, Mme B A, demande au tribunal :

1°) de condamner la Métropole Nice-Côte d'Azur à lui verser la somme de 2 676, 16 euros en règlement de ses heures supplémentaires et de la ''prime covid'' ;

2°) de condamner la métropole Nice Côte d'Azur à lui verser une somme de 1 000 euros de dommages et intérêts pour " abus de confiance ".

Elle soutient que :

- elle a dû faire face à un surcroît d'activité en raison du remplacement de sa collègue et a, de ce fait, réalisé des heures supplémentaires liées aux enseignements, visites en entreprises, réunions et préparations de sujets, au titre desquelles elle doit être rémunérée ;

- elle fait partie des agents ayant connu une surcharge de travail pendant la période du confinement et peut, à ce titre, prétendre au versement de la prime Covid servie aux agents de la métropole.

Par des mémoires en défense enregistrés les 10 février et le 25 mai 2022, la Métropole Nice-Côte d'Azur, représentée par Me Verne, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les conclusions indemnitaires de la requérante relatives à l'octroi de dommages et intérêts et aux heures supplémentaires effectuées au titre de sa participation aux conseils de classe et de la préparation de sujets d'examens sont irrecevables pour n'avoir pas été précédées d'une demande préalable ;

- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Il a été décidé d'inscrire l'affaire au rôle d'une formation collégiale de jugement en application de l'article R.222-19 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la délibération du conseil métropolitain n°11.1 du 29 juin 2017, relative aux conditions de reprise du personnel exerçant ses fonctions au sein du centre de formation d'apprentis de la métropole Nice Côte d'Azur ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 décembre 2023 :

- le rapport de Mme Guilbert,

- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,

- et les observations de Mme A et de Me Benyahia, représentant la métropole Nice Côte d'Azur.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a été recrutée en qualité d'attaché contractuel à temps incomplet du 1er septembre 2017 au 31 août 2018 pour exercer les fonctions d'enseignante au sein de la Direction de l'Habitat et de la Dynamique Urbaine au centre de formation des apprentis (CFA) de la Métropole Nice-Côte d'Azur. Par un avenant du 29 janvier 2018, Mme A a bénéficié d'un contrat à temps complet en qualité d'enseignante de mathématiques, sciences physiques et biologie, du 1er septembre 2018 au 31 aout 2019, puis du 1er septembre 2019 au 31 août 2020. Le 24 juin 2020, un avis défavorable au renouvellement de son contrat a été rendu. Par une décision du 29 juin 2020, le président de la métropole a refusé de renouveler son engagement et mis un terme à ses fonctions à compter du 31 août 2020. Par un courrier du 24 août 2020, Mme A a demandé le paiement des heures supplémentaires qu'elle estime avoir effectuées en remplacement de sa collègue ainsi que le versement d'une prime Covid de 500 euros. Par une décision du 25 mars 2021, la Métropole Nice-Côte d'Azur a rejeté sa demande. Mme A demande au tribunal de condamner la Métropole Nice-Côte d'Azur à lui verser une somme de 2 676, 16 euros en règlement de ses heures supplémentaires et de la ''prime Covid'' ainsi qu'une somme de 1000 euros de dommages et intérêts.

En ce qui concerne les heures supplémentaires :

2. Mme A se prévaut dans le cadre de la présente requête des heures supplémentaires qu'elle estime avoir accomplies par sa participation aux conseils de classe du second semestre, par la préparation de sujets d'examens et le remplacement de sa collègue absente. En application du statut des enseignants du centre de formation des apprentis qui résulte de la délibération du conseil métropolitain n°11.1 du 29 juin 2017, relative aux conditions de reprise du personnel exerçant ses fonctions au sein du centre de formation d'apprentis de la Métropole Nice-Côte d'Azur, annexe 4 : " Pour le personnel affecté à l'enseignement, les missions sont effectuées en annualisation du temps de travail dans la limite de 1607 heures par an. Il convient de préciser que le temps de travail d'un enseignant se décompose en heures de face à face pédagogique et heures de préparation et gestion administrative () Les heures de face à face pédagogique (ou FAF) seront réparties comme il suit : / Pour l'enseignement général : de 16 à 26 heures, du lundi au vendredi ; / Pour l'enseignement professionnel : de 16 à 29 heures, du lundi au vendredi ; / Pour l'enseignement professionnel du secteur alimentaire : de 16 à 32 heures du lundi au vendredi. / Le plafond du FAF est fixé à 714 heures par an mais il pourra y être dérogé après accord expresse de l'agent et être fixé à 734, 744, 754, 764, 784 ou 800 heures. Cet accord fera l'objet d'un avenant au contrat () Pour les heures ne relevant pas du FAF et dont le volume horaire annuel est à due concurrence des 1607 heures annuels, celles-ci comprennent notamment : les heures de préparation du FAF, les heures de correction des copies et devoirs, les heures de travaux de recherche et de veille informative, les heures de présence et de préparation aux conseils de classe, les heures de concertation pédagogique et de prérentrée, les heures de surveillance des examens du CFA, les heures de convocations au rectorat ou jury d'examen, de préparation de sujets ". L'annexe 3 à la délibération du 29 juin 2017 prévoit, en outre, que : " L'indemnité principale est déterminée selon la nature des fonctions, tenant compte des responsabilités, de la technicité ou de l'expérience nécessaire à l'exercice de fonction. Elle est versée mensuellement et intègre notamment les sujétions liées au suivi d'apprentis impliquant un minimum annuel de 40 visites en entreprise ". Il résulte de ces prescriptions, que l'exercice des missions ainsi défini ne peut ouvrir droit au règlement d'heures supplémentaires, qu'en cas de dépassement des volumes horaires ainsi définis d'un total de 1607 heures, dont un maximum de 714 heures de face à face pédagogique et dans lesquels il convient d'inclure un minimum de 40 visites en entreprise. Mme A se prévaut de la réalisation de 701 heures de face à face pédagogique, soit un nombre d'heures n'excédant pas le maximum fixé par l'annexe 4 et d'un total de 33 visites en entreprise, soit un nombre de visites inférieur à celui imposé par l'annexe 3. Si Mme A semble soutenir que les visites en entreprise réalisées en remplacement de sa collègue n'auraient pas été prises en compte, l'administration soutient, sans être contredite sur ce point, que les visites réalisées dans ce cadre étaient au nombre de quatre, ce qui porte le total de visites à 37 soit, un nombre inférieur au minimum de 40 requis. Par ailleurs, si Mme A produit de nombreuses pièces démontrant son implication auprès des apprentis au cours de la période en débat, ces pièces ne permettent pas de démontrer qu'elle aurait été amenée à exercer son activité sur une durée excédant les 1607 heures annuelles dûes au titre de son statut. En outre, l'administration fait valoir, sans être contredite, que Mme A a bénéficié dans le cadre de ses missions au CFA, d'une prime de suivi individuel rétribuant les missions spécifiques exercées auprès des apprentis. Ainsi, en l'état de l'instruction, Mme A n'établit pas avoir réalisé des heures supplémentaires, ni pouvoir prétendre à l'indemnisation de tâches supplémentaires sur la période en litige.

En ce qui concerne la ''prime Covid'' :

3. Mme A soutient que par un courrier du 11 juin 2020, le président de la métropole aurait promis le versement d'une ''prime Covid''. Toutefois, si dans ce courrier, le président de la collectivité salue l'engagement des agents, les termes de ce courrier ne sauraient être interprétés comme un engagement ferme et inconditionnel de l'administration au versement d'une ''prime Covid'' pour l'ensemble de ses agents. Il résulte par ailleurs de l'instruction que par un courrier du 22 avril 2020, le président de la métropole a annoncé le versement d'une prime de 500 à 1000 euros aux agents des EHPAD, des autres services prioritaires et des télétravailleurs les plus mobilisés, sur proposition de leur hiérarchie. Par une délibération 2-1 du bureau métropolitain du 16 octobre 2020, le bureau métropolitain a précisé que sont concernés les " agents qui, par le biais d'un dispositif de télétravail permettant notamment l'accès aux logiciels métiers, ont contribué à la poursuite de l'activité des services en accomplissant leurs missions avec un surcroit de travail significatif, du fait de l'accomplissement de missions supplémentaires ou d'une disponibilité exceptionnelle ". Il a prévu l'attribution d'une prime de 500 euros " pour les agents mobilisés par le biais du télétravail et ayant dû faire face à des sujétions exceptionnelles nécessitant un surcroit de travail significatif, avec un montant journalier fixé selon le cycle de travail ". La hiérarchie de Mme A a considéré qu'entre les mois de mars et mai 2020, son travail n'avait pas connu d'évolution significative. Si Mme A produit diverses éléments attestant de son implication au cours de la période de télétravail, elle ne justifie pas avoir exercé ses missions au-delà du cadre statutaire défini pour les enseignants du centre de formation des apprentis, ni avoir été soumise à des sujétions exceptionnelles nécessitant un surcroit de travail significatif au regard, tant de ses tâches habituelles, que de la charge de travail assumée par les autres enseignants du centre de formation des apprentis au cours de la même période. Dès lors, elle ne justifie pas d'un droit au bénéfice de la ''prime Covid'' sollicitée et par suite, ses conclusions formulées à ce titre doivent être rejetées.

En ce qui concerne les dommages et intérêts :

4. Mme A sollicite le versement d'une somme de 1 000 euros de dommages et intérêts pour " abus de confiance caractérisé ". Toutefois, Mme A, qui n'établit aucune faute de l'administration, n'est pas fondée à se prévaloir d'un tel abus.

5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de ses conclusions, que la requête de Mme A doit être rejetée.

Sur les frais liés à l'instance :

6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la métropole Nice Côte d'Azur au titre des frais liés à l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la Métropole Nice-Côte d'Azur en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la Métropole Nice-Côte d'Azur.

Délibéré après l'audience du 19 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Taormina, président,

Mme Gazeau, première conseillère,

Mme Guilbert, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2024.

La rapporteure,

signé

L. Guilbert

Le président,

signé

G. Taormina La greffière,

signé

L. Bianchi

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière

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