jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2101814 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D AVOCATS PLENOT-SUARES-ORLANDINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er avril 2021, M. A D, représenté par
Me Suares, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de recettes émis à son encontre le 4 février 2021 par la commune du Rouret pour un montant de 4 932,10 euros ;
2°) de mettre à la charge de la commune du Rouret la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le titre exécutoire attaqué ne comporte aucune signature de son auteur, en violation de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le titre exécutoire attaqué est illégal dès lors qu'il est fondé sur la délibération du conseil municipal de la commune du Rouret du 28 juin 2012 instituant la participation pour l'assainissement collectif qui est elle-même illégale en ce que le mode de calcul forfaitaire de la participation est contraire aux exigences des dispositions de l'article L. 1331-7 du code de la santé publique et en ce que la spécificité des constructions à usage de commerces n'est pas prise en compte ;
- les frais qu'il a déjà exposés afin de raccorder son terrain, pour un montant de 16 966,28 euros, auxquels s'ajoute la somme réclamée au titre de la participation pour l'assainissement collectif dépassent le coût d'une installation d'évacuation ou d'épuration individuelle, en violation des dispositions de l'article L. 1331-7 du code de la santé publique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mai 2021, la commune du Rouret, prise en la personne de son maire en exercice et représentée par Me Fiorentino, conclut au rejet de la requête et demande à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. D au titre des frais liés au litige.
La commune fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
La requête et le mémoire en défense ont été communiqués au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes, qui n'a pas produit d'observations.
Par ordonnance du 21 mai 2021, la clôture d'instruction a été fixée au
21 juillet 2021 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 septembre 2024 :
- le rapport de M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président.
- les conclusions de M. Combot, rapporteur public,
- et les observations de Me Suares, représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. D a obtenu, le 9 mars 2015, un permis de construire aux fins de construction d'un bâtiment à usage de commerces et de bureaux, sur les parcelles situées Chemin des Noisetiers, sur le territoire de la commune du Rouret. Par un titre exécutoire émis à son encontre le 4 février 2021, la commune du Rouret a réclamé le paiement de la somme de 4 932,10 euros au titre de la participation pour l'assainissement collectif. M. D demande au Tribunal de prononcer l'annulation de ce titre exécutoire et dès lors de le décharger du paiement de la somme ainsi mise à sa charge.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la régularité du titre de recette litigieux :
2. Aux termes, d'une part, du second alinéa de l'article 4 de la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations, désormais codifié au premier alinéa de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " () Toute décision prise par l'une des autorités mentionnées à l'article 1er comporte, outre la signature de son auteur, la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ".
3. Aux termes, d'autre part, de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public compétent vaut notification de ladite ampliation. () / En application de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation ".
4. Il résulte des dispositions citées au point 3, éclairées par les travaux préparatoires de la loi du 12 mai 2009 de simplification et de clarification du droit et d'allègement des procédures, d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif doit mentionner les nom, prénoms et qualité de l'auteur de cette décision, conformément aux dispositions citées au point 2, de même, par voie de conséquence, que l'ampliation adressée au redevable, et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titres de recettes comporte la signature de son auteur. Lorsque le bordereau est signé non par l'ordonnateur lui-même mais par une personne ayant reçu de lui une délégation de compétence ou de signature, ce sont les nom, prénom et qualité du signataire qui doivent être mentionnés sur le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif, de même que sur l'ampliation adressée au redevable.
5. En l'espèce, le titre de recette litigieux est mentionné au bordereau 20 du journal des titres de recettes n° 55 de l'exercice 2021, signé le 8 février 2021 à 13h57, par voie électronique, par M. C E, deuxième adjoint au maire, pour M. B F, maire du Rouret, lequel est régulièrement bénéficiaire d'une délégation de signature à cette fin. Par suite, le moyen tiré du défaut de signature de l'auteur du titre de recette du 4 février 2021 doit être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé de la créance objet du titre exécutoire litigieux :
6. Aux termes des dispositions de l'article L. 1331-1 du code de la santé publique : " Le raccordement des immeubles aux réseaux publics de collecte disposés pour recevoir les eaux usées domestiques et établis sous la voie publique à laquelle ces immeubles ont accès soit directement, soit par l'intermédiaire de voies privées ou de servitudes de passage, est obligatoire dans le délai de deux ans à compter de la mise en service du réseau public de collecte. () La commune peut fixer des prescriptions techniques pour la réalisation des raccordements des immeubles au réseau public de collecte des eaux usées et des eaux pluviales. ". Selon les dispositions de l'article L. 1331-2 du même code : " Lors de la construction d'un nouveau réseau public de collecte ou de l'incorporation d'un réseau public de collecte pluvial à un réseau disposé pour recevoir les eaux usées d'origine domestique, la commune peut exécuter d'office les parties des branchements situées sous la voie publique, jusque et y compris le regard le plus proche des limites du domaine public. / Pour les immeubles édifiés postérieurement à la mise en service du réseau public de collecte, la commune peut se charger, à la demande des propriétaires, de l'exécution de la partie des branchements mentionnés à l'alinéa précédent. / Ces parties de branchements sont incorporées au réseau public, propriété de la commune qui en assure désormais l'entretien et en contrôle la conformité. / La commune est autorisée à se faire rembourser par les propriétaires intéressés tout ou partie des dépenses entraînées par ces travaux, diminuées des subventions éventuellement obtenues et majorées de 10 % pour frais généraux, suivant des modalités à fixer par délibération du conseil municipal. () ". Aux termes de l'article L. 1331-7 du code de la santé publique : " Les propriétaires des immeubles soumis à l'obligation de raccordement au réseau public de collecte des eaux usées en application de l'article L. 1331-1 peuvent être astreints par la commune, la métropole de Lyon, l'établissement public de coopération intercommunale ou le syndicat mixte compétent en matière d'assainissement collectif, pour tenir compte de l'économie par eux réalisée en évitant une installation d'évacuation ou d'épuration individuelle réglementaire ou la mise aux normes d'une telle installation, à verser une participation pour le financement de l'assainissement collectif. / () / Cette participation s'élève au maximum à 80 % du coût de fourniture et de pose de l'installation mentionnée au premier alinéa du présent article, diminué, le cas échéant, du montant du remboursement dû par le même propriétaire en application de l'article L. 1331-2. / La participation prévue au présent article est exigible à compter de la date du raccordement au réseau public de collecte des eaux usées de l'immeuble, de l'extension de l'immeuble ou de la partie réaménagée de l'immeuble, dès lors que ce raccordement génère des eaux usées supplémentaires. / Une délibération du conseil municipal, du conseil de la métropole de Lyon ou de l'organe délibérant de l'établissement public détermine les modalités de calcul de cette participation () "
7. Il résulte des dispositions de l'article L. 1331-7 du code de la santé publique, que les propriétaires des immeubles devant se raccorder au réseau d'assainissement collectif des eaux usées en application de l'article L. 1331-1 de ce code peuvent être soumis au versement d'une participation au financement de l'assainissement collectif (ci-après " PFAC ") applicable aux constructions neuves et à celles déjà existantes générant des eaux usées supplémentaires, laquelle participation est due en contrepartie pour tenir compte de l'économie par eux réalisée en évitant une installation d'évacuation ou d'épuration individuelle réglementaire ou la mise aux normes d'une telle installation. Elle est déterminée par délibération de l'organe délibérant compétent en matière d'assainissement et exigible à compter de la date du raccordement au réseau public d'assainissement.
8. En premier lieu, le requérant doit être regardé comme excipant de l'illégalité de la délibération du conseil municipal du 28 juin 2012 instituant la PFAC sur le territoire communal et en fixant le montant.
9. En application des dispositions précitées de l'article L. 1331-7 du code de la santé publique, la commune du Rouret a, par une délibération du 28 juin 2021, fixé le taux de la participation pour le financement de l'assainissement collectif à 20 euros par mètre carré de surface de plancher pour les constructions individuelles et les habitats groupés, 15 euros par mètre carré pour l'habitat collectif et 10 euros par mètre carré pour les types d'occupation autre que l'habitat (activités, commerces).
10. D'une part, la délibération du 28 juin 2021, pour fixer à 10 euros par mètre carré le montant de la participation en cause pour les constructions individuelles, a entendu limiter à 80% du coût de l'assainissement individuel le montant maximal de la participation du propriétaire en se référant à un prix moyen du coût d'un assainissement non collectif estimé par le délégataire de services public de la commune du Rouret à 9 000 euros, le coût du branchement étant déduit de ce montant. D'autre part, le requérant ne saurait soutenir une absence d'examen individuel des spécificités des constructions à usage de commerce dès lors que la délibération litigieuse prévoit expressément différentes catégories de construction. Dès lors, même si le montant de la participation a été fixé de manière forfaitaire par mètre carré de surface de plancher, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la délibération du 28 juin 2012 aurait méconnu les dispositions de l'article L. 1331-7 du code de la santé publique.
11. En second lieu, si M. D se prévaut de différents frais, pour un montant total de 16 966,28 euros, ayant permis le raccordement de ses locaux aux réseaux d'eaux usées et potables, avec l'installation d'un poste de relevage et d'une cuve de rétention de 4 m3, de tels travaux ne peuvent être regardés comme devant être pris en compte pour le calcul du montant maximum pouvant être mis à sa charge au titre de la PFAC dès lors qu'il est constant que la construction concernée est raccordée à des installations collectives d'évacuation et d'épuration, au financement desquelles M. D n'a pas contribué. En outre, ce dernier ne démontre pas que le montant de la participation en litige aurait excédé la limite de 80 % du coût d'un assainissement non collectif.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions susmentionnées doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du requérant, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le versement à la commune du Rouret de la somme de 1 500 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : M. D versera à la commune du Rouret la somme de 1 500 sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et à la commune du Rouret.
Copie en sera adressée à la direction départementale des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
M. Holzer, conseiller,
Mme Cueilleron, conseillère,
Assistés de Mme Martin, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 3 octobre 2024.
Le président,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
L'assesseur le plus ancien,
signé
M. Holzer
La greffière,
signé
C. Martin
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne
ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun,
contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière
N°2101814
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026