jeudi 16 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2102033 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | AMSELLEM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 avril et 29 octobre 2021, la société à responsabilité limitée Tandem Construction, représenté par Me Amsellem, demande au Tribunal, à titre principal, d'annuler la décision du 23 février 2021 par laquelle le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de Provence-Alpes-Côte d'Azur lui a infligé des amendes d'un montant total de 19 500 euros, et, à titre subsidiaire, d'en diminuer le montant.
La société requérante soutient qu'elle est de bonne foi et que le montant total des amendes est disproportionné, dans la mesure où lesdites amendes prennent en compte la présence de 13 ouvriers mais qui ne dépendaient pas d'elle (seuls deux ouvriers dépendaient d'elle).
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 octobre 2021, le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Provence-Alpes-Côte d'Azur conclut à ce que la décision attaquée soit réformée pour ne tenir compte que des travailleurs de la société requérante, au nombre de deux, et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Le directeur régional soutient que trois manquements constatés par l'inspection du travail à l'encontre de la société requérante sont établis (mise à disposition d'un cabinet d'aisance, mise à disposition d'un réfectoire conforme et mise à disposition de distribution d'eau potable) mais ne concernent que deux travailleurs et non pas 13 comme l'a retenu la décision attaquée, qu'il y a dès lors lieu de réformer sur ce point.
L'ordonnance du 12 septembre 2023 a fixé la clôture de l'instruction à la date du 1er octobre 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 novembre 2024 :
- le rapport de M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président ;
- et les conclusions de M. Combot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Les 2 et 16 mai 2019, les services de l'inspection du travail ont effectué un contrôle sur le chantier de construction d'un immeuble de 40 logements, " Les jardins de Thérésius ", situé au 165 Route des Pugets à Saint-Laurent-du-Var, sur lequel ont été constatés l'absence de cabinets d'aisances conformes, l'absence de fourniture d'eau potable et l'absence des équipements nécessaires dans le réfectoire. A la suite d'un courrier de mise en demeure en date du 22 mai 2019, les services de l'inspection du travail ont effectué un nouveau contrôle le 14 juin 2019 et ont constaté, en présence de 13 salariés dont deux de la société à responsabilité limitée (ci-après, " SARL ") " Tandem Construction ", que la situation n'avait pas été totalement régularisée. Par un courrier du 22 septembre 2020, le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de Provence-Alpes-Côte d'Azur a informé la SARL Tandem Construction qu'il envisageait de prononcer à son encontre une amende administrative et l'invitait à lui faire part de ses observations. Par une décision du 23 février 2021, cette même autorité a infligé à ladite société des amendes d'un montant total de 19 500 euros. La SARL Tandem Construction demande au Tribunal, à titre principal, l'annulation de cette décision et, à titre subsidiaire, la réduction du montant mis à sa charge.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 8115-1 du code du travail : " L'autorité administrative compétente peut, sur rapport de l'agent de contrôle de l'inspection du travail (), et sous réserve de l'absence de poursuites pénales, () prononcer à l'encontre de l'employeur une amende en cas de manquement : ()() 5° Aux dispositions prises pour l'application des obligations de l'employeur relatives aux installations sanitaires, à la restauration et à l'hébergement prévues au chapitre VIII du titre II du livre II de la quatrième partie () ".
3. Aux termes de l'article R. 4534-142 du code du travail : " Lorsque des travailleurs prennent leur repas sur le chantier, un local réfectoire est mis à leur disposition. Ce local répond aux exigences suivantes : () 2° Il dispose d'au moins un appareil permettant d'assurer le réchauffage ou la cuisson des aliments et d'un garde-manger destiné à protéger les aliments d'une capacité suffisante et, si possible, d'un réfrigérateur ; () ". Aux termes de l'article R. 4534-143 du même code : " L'employeur met à la disposition des travailleurs de l'eau potable et fraîche pour la boisson, à raison de trois litres au moins par jour et par travailleur. () ". Et aux termes de l'article R. 4534-144 dudit code : " Sur les chantiers, des cabinets d'aisance conformes aux dispositions des articles R. 4228-11 à R. 4228-15 sont mis à la disposition des travailleurs ".
4. Pour infliger à la société requérante les amendes litigieuses, le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de Provence-Alpes-Côte d'Azur s'est fondé sur trois manquements aux règles d'hygiène et de sécurité permettant d'assurer des conditions de travail décentes à ses salariés constatés par l'inspection du travail, à savoir un local à usage de réfectoire ne répondant pas aux conditions des dispositions de l'article R 4228-23 du code du travail, l'absence de mise à disposition d'eau potable, et l'absence d'un cabinet d'aisance sur le chantier correspondant aux caractéristiques prévues par les articles R. 4228-11 à R. 4228-15 du code du travail. Concernant le premier manquement susmentionné, ce dernier n'est pas sérieusement contesté par la société requérante, qui se borne à faire état de vols à répétition d'appareils de cuisson et à alléguer qu'un réfrigérateur était présent sur les lieux tout en n'étant pas constamment branché. Concernant le deuxième manquement susmentionné, là encore ce dernier n'est pas sérieusement contesté par la société requérante, qui se borne à soutenir que dès lors que 95% de ses prestations étaient réalisées, elle n'avait plus que deux salariés présents sur le chantier. Et concernant le troisième manquement susmentionné, si la société requérante fait valoir que des cabinets d'aisance correspondant aux caractéristiques prévues par les articles R. 4228-11 à R. 4228-15 du code du travail ne pouvaient être mis en place sur le chantier en l'absence de raccordement possible au réseau d'eaux usées, et qu'ainsi des WC chimiques ont été mis en place en lieu et place, à supposer que cette circonstance ait une incidence sur la matérialité des faits, elle n'apporte aucun élément précis de nature à démontrer la durée de l'impossibilité ainsi alléguée. Dans ces conditions, ce troisième manquement doit, comme les deux précédents, être considéré comme établi.
Sur les conclusions subsidiaires aux fins de diminution du montant de la sanction infligée :
5. En cas de manquement aux dispositions réglementaires citées au point 3 du jugement, il résulte de l'article L. 8115-3 du code du travail que " le montant maximal de l'amende est de 4 000 euros et peut être appliqué autant de fois qu'il y a de travailleurs concernés par le manquement ". Et selon l'article L. 8115-4 du même code : " Pour déterminer si elle prononce un avertissement ou une amende et, le cas échéant, pour fixer le montant de cette dernière, l'autorité administrative prend en compte les circonstances et la gravité du manquement, le comportement de son auteur, notamment sa bonne foi, ainsi que ses ressources et ses charges ".
6. En l'espèce, la décision attaquée a retenu, pour fixer le montant total des amendes infligées, l'autorité administrative a retenu la présence de 13 salariés sur les lieux du chantier contrôlé. Or ladite société fait valoir que seuls deux de ses salariés étaient présents. Dans ces circonstances, nullement contestées en défense, et alors qu'il a par ailleurs été tenu compte de la gravité des manquements constatés par l'inspection du travail et de leur absence de régularisation malgré de précédents contrôles et une mise en demeure à cette fin, il y a lieu de diminuer le montant total de l'amende infligée à la société requérante et de le ramener à la somme de 3 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Le montant de l'amende infligée à la société à responsabilité limitée Tandem Construction par la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de Provence-Alpes-Côte d'Azur est réduit à la somme de 3 000 euros.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Tandem Construction et au directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience du 28 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
M. Holzer, conseiller,
Mme Cueilleron, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 16 janvier 2025.
Le président,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
L'assesseur le plus ancien,
signé
M. Holzer
La greffière,
signé
C. Sussen
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière
No 2102033
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2520806
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B... A... comme manifestement irrecevable. La requérante contestait le refus de la commission d’accès aux documents administratifs de lui communiquer le dossier personnel de son arrière-grand-père. Saisi en plein contentieux, le tribunal a constaté que la requête n'était pas accompagnée de la décision attaquée et que Mme B... A..., résidant en Algérie, n'avait pas élu domicile sur le territoire national comme l'exige l'article R. 431-8 du code de justice administrative. Malgré une demande de régularisation restée sans effet, ces vices n'ont pas été corrigés, justifiant le rejet sur le fondement de l'article R. 222-1 du même code.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2609206
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A... qui demandait d’enjoindre au ministre de l’intérieur de lui délivrer un certificat d’immatriculation pour son véhicule. Le juge a estimé que la mesure sollicitée était manifestement irrecevable car elle aurait pour effet de faire obstacle à l’exécution de la décision administrative de refus d’immatriculation déjà prise. En conséquence, la requête a été rejetée sans instruction ni audience, en application de l’article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2601156
Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a été saisi par M. A... d’une requête en plein contentieux visant à contester le rejet implicite de sa demande de communication des listes électorales des communes du Puy-de-Dôme et à obtenir une injonction de transmission. Le requérant s’est désisté de son instance par un mémoire du 25 avril 2026, désistement pur et simple. Par ordonnance du 1er juin 2026, la présidente du tribunal a donné acte de ce désistement en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Aucune décision au fond n’a donc été rendue sur la légalité du refus préfectoral.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2601189
Le Tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté l'opposition formée par Mme A... contre une contrainte émise par France Travail pour le recouvrement d'un indu d'allocation solidarité spécifique de 3 463,33 euros. La requérante invoquait sa bonne foi et sa situation de précarité financière, mais ces moyens ont été jugés inopérants dans le cadre d'une opposition à contrainte. En application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, la requête a été rejetée sans débat contradictoire.
01/06/2026