mercredi 21 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2102436 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | GALLIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 3 mai et 2 septembre 2021, et 28 mars 2022, M. B A et Mme D C, représentés par la Me Gallin, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2017, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de condamner l'Etat au versement d'intérêts moratoires en application de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'inscription de la somme de 230 000 euros au crédit du compte courant d'associé de Mme C ouvert dans la société Toizaire relève d'une erreur de comptabilisation ; en outre, depuis l'assemblée générale extraordinaire du 25 mai 2017 et, partant, à la date de la clôture de l'exercice, Mme C n'était plus associée de la société Troizaire ; dès lors, c'est à tort que le service a regardé la somme de 230 000 euros comme un revenu distribué au profit de Mme C sur le fondement du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts ;
- à titre subsidiaire, s'agissant de la demande de substitution de base légale présentée par l'administration fiscale, le montant de la plus-value mobilière imposable doit être fixé à 170 000 euros et non à 226 189 euros, en raison notamment des dégrèvements précédemment octroyés ;
- en outre, un abattement de 65 % doit être appliqué sur la somme de 170 000 euros en application de l'article 150-0 D 1 ter du code général des impôts, de sorte que seule la somme de 59 000 euros peut être soumise au barème progressif de l'impôt sur le revenu.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 16 juin 2021 et 24 février 2022, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, l'imposition de la somme de 230 000 euros sur le fondement du 2° de l'article 109-1 du code général des impôts est fondée ;
- à titre subsidiaire, il demande une substitution de base légale tendant à fonder la rectification en litige sur l'article 150-0 A du code général des impôts.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bergantz, rapporteure ;
- les conclusions de M. Ringeval, rapporteur public ;
- et les observations de Me Margalejo substituant Me Gallin, représentant, M. A et Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. La société Troizaire a fait l'objet d'un contrôle fiscal, à l'issue duquel l'administration fiscale a constaté que le compte courant d'associé de Mme C, qui était associée et gérante de cette société, a été crédité de la somme de 230 000 euros le 26 mai 2017. Le service, considérant que cette somme constituait des revenus distribués, a assujetti Mme C et son époux, M. A, selon la procédure de rectification contradictoire, à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales sur le fondement du 2° du 1. de l'article 109 du code général des impôts au titre de l'année 2017. Mme C et M. A demandent la décharge de ces cotisations supplémentaires et des pénalités correspondantes.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. Aux termes du 1. de l'article 109 du code général des impôts : " Sont considérés comme revenus distribués : () / 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices ". Il résulte de ces dispositions que les sommes inscrites au crédit d'un compte courant d'associé d'une société soumise à l'impôt sur les sociétés ont, sauf preuve contraire apportée par l'associé titulaire du compte, le caractère de revenus imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.
3. Il résulte de l'instruction que pour fonder les rectifications en litige, l'administration fiscale a relevé que le compte courant d'associé de Mme C avait été crédité, le 26 mai 2017, de la somme de 230 000 euros, qu'il a imposée, en tant que revenus distribués, sur le fondement du 2° du 1. de l'article 109 du code général des impôts.
4. Il résulte de l'instruction que, lors de l'assemblée générale extraordinaire du 25 mai 2017, les associés de la société Troizaire ont décidé de l'augmentation de capital par une augmentation de la valeur nominale des parts, de la modification de la forme sociale en SCOP ARL et de l'annulation des parts sociales de Mme C et de ses deux enfants. Le remboursement de l'ensemble de ces parts sociales, pour un montant total de 230 000 euros, a ainsi été effectué sur le compte courant d'associé de Mme C le 26 mai 2017. Les requérants font valoir, qu'à cette date, Mme C n'était plus associée de la société Troizaire conformément à la décision prise la veille en assemblée générale extraordinaire. Il résulte toutefois de l'instruction que le procès-verbal de l'assemblée générale extraordinaire n'a été déposé au tribunal judiciaire de Nice que le 16 juin 2017 et que la modification du capital social de la société Troizaire n'a été publiée au BODACC que le 21 juin 2017. Il en résulte qu'à la date du 26 mai 2017, la perte de la qualité d'associée par Mme C n'était pas opposable à l'administration. Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir que celle-ci n'était plus associée à la date à laquelle la somme en litige a été portée au crédit de son compte courant d'associé. Elle pouvait donc être regardée comme ayant eu la disposition de cette somme, ce que, au demeurant, elle ne conteste pas. Par suite, et alors même que l'inscription de la somme de 230 000 euros au compte courant d'associé de Mme C résulterait d'une erreur involontaire, c'est à bon droit que l'administration fiscale l'a qualifiée de revenu distribué au sens des dispositions précitées du 2° du 1. de l'article 109 du code général des impôts.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par Mme C et M. A doivent être rejetées.
Sur les intérêts moratoires :
6. Aux termes de l'article 208 du livre des procédures fiscales : " quand l'Etat est condamné à un dégrèvement d'impôt par un tribunal ou quand un dégrèvement est prononcé par l'administration à la suite d'une réclamation tendant à la réparation d'une erreur commise dans l'assiette ou le calcul des impositions, les sommes déjà perçues sont remboursées au contribuable et donnent lieu au paiement d'intérêts moratoires () ". Dès lors que le présent jugement ne fait pas droit aux conclusions en décharge de la requête, les conclusions tendant au paiement d'intérêt moratoires doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme C et M. A réclament au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C et M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C et M. B A, et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 7 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Emmanuelli, président,
Mme Raison, première conseillère,
Mme Bergantz, conseillère,
assistés de Mme Katarynezuk, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2024.
La rapporteure,
Signé
A. Bergantz
Le président,
Signé
O. EmmanuelliLa greffière,
Signé
N. Katarynezuk
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation le greffier
No 2102436
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026